21.03.2009

Généalogie BABARIT


ARCHIVES : Généalogie par Sr Marie-Geneviève.
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JACQUES-FREDERIC BABARIT    (1800-1890) &  MARIE-ANNE PASQUIER(1810-1877)


LES BABARIT : 4 SIECLES D’HISTOIRE :  (1630-2006)
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Sommaire

Préface de Claude Babarit          ………………………………………………… page 3

Introduction………………………………………………………………………… page 4

Tableau généalogique……………………………………………………………… page 5

Généralités …………………………………………………………………………. page 10
PREMIERE PARTIE
Chapitre 1- René Babarit et Perrine Allion ……………………………………… page 12
Chapitre 2- Jacques Barbarit et Renée Landais.……………………………… page 14

Chapitre 3 - Jacques Barbarit et Jeanne Bouju…………………………………page 18

Chapitre 4- Jacques Babarit et Marie Bourreau 1ères noces……….. page 22
Jacques Babarit et Marie-Anne Petiteau, secondes noces
Chapitre 5- Naissance des enfants Babarit-Petiteau…………………………... page 26

Chapitre 6- Jacques-Frédéric Babarit et Marie-Anne Pasquier ……………. page 33

Chapitre 7- Naissance des enfants Babarit-Pasquier,………………………. page 36

Chapitre 8- Mariage des enfants ……………………………………………… page 32

Chapitre 9- Les cousins germains……………………………………………… page 42

Chapitre 10- Les Babarit dans les deux guerres mondiales………………….. page 43

Chapitre 11- Longévité des Babarit, la dispersion…………………………… page 45

Actes d’état civil et paroissiaux, cartes de la Flocellière, Saint-Michel-Mont-Mercure, La Pommeraie, Le Boupère

DEUXIEME PARTIE

Chapitre 12- Les 4-1 Pierre Babarit et Marie-Jeanne Giraud ……………… page 46

Chapitre 13- Les 4-2 Jacques Babarit et Marie-Joséphine Sauvêtre……….. page 53

Chapitre 14- Les 4-3 Marie-Joséphine Babarit et Jean Poirier .……………. page 58

Chapitre 15- Les 4-5 Louise-Henriette Babarit et Pierre-Louis Guesdon…….. page 61

Chapitre 16- Les 4-6 Julien-Eugène Babarit et Mélanie Poirier ………….… page 62

Annexe : Les enfants Babarit-Petiteau et leurs descendants……………….. page 67
Quelques notes………………………………………………………………… page 81

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PREFACE


On connaît l’aphorisme : « Fleuris là où tu es planté ». Mais comment fleurir si l’on n’a pas de racines ? Ces racines, Sœur Marie-Geneviève Baubineau les a retrouvées pour ce qui est des Babarit et nous l’en remercions vivement.
Le défi n’était pas mince. Religieuse, infirmière puéricultrice, Sr. Marie-Geneviève vivait précisément à 100 lieues de ses origines : Pouzauges, la Flocellière et ce bocage vendéen, chargé d’histoire, parfois tragique lors des guerres de Vendée à la Révolution française et dans les conflits du 20° siècle.
Cependant, par vocation et par sa vie professionnelle tout entière, Sr Marie-Geneviève était du côté de la vie. Pourrait-elle dire combien de bébés la puéricultrice qu’elle était a pu porter dans ses bras ?
En fidélité à ses origines et en plus de ses responsabilités dans la vie associative, Sr. Marie-Geneviève s’est donnée une autre tâche, retrouver les chaînons d’une transmission, celle de l’arbre généalogique dans la branche maternelle des Babarit.
Eustelle Baubineau qui deviendra S. Marie-Geneviève est née à Rochetrejoux en 1938. Son père Ulysse Baubineau né en 1912, apprend d’abord le métier de sabotier, puis devient agriculteur. En 1952, il entre chez Fleury-Michon à Pouzauges. La grand-mère paternelle de Sr. Marie-Geneviève, Marie Babarit avait épousé Auguste Baubineau, mineur du temps des mines d’antimoine à Rochetrejoux. Sr Marie-Geneviève est de ce fait une descendante de Pierre Babarit le fils aîné de Jacques-Frédéric Babarit.
A 17 ans et demi, elle quitte Pouzauges pour entrer chez les « Sœurs de Notre-Dame de l’Assistance Maternelle » à Paris. Après trente ans de service à la Maternité Sainte Félicité, dans le 15° arrondissement de Paris, Sr Marie-Geneviève est bénévole à plein temps dans une association venant en aide aux futures mamans en détresse.
Toujours en lien avec sa famille malgré les kilomètres qui l’en sépare, elle fait appel aux parents et amis qui sont restés au pays, à ceux et celles qui pouvaient aller à la recherche de documents, de témoignages, à ceux et celles dont les souvenirs n’étaient pas tout à fait enfouis.
Ce document est daté de ce début de 21° siècle. En facilitant l’accès à leurs origines, puissent-ils donner aux générations montantes un outil supplémentaire pour entrer allègrement dans ce monde qui naît sous leurs pas.
« Si je ne sais pas d’où je viens, comment saurais-je où je vais ? » Nous sommes les héritiers d’une histoire, d’une culture, d’un patrimoine. La foi chrétienne a façonné des générations de Babarit dans ce terroir vendéen où ils ont leurs racines, même s’ils ont tendance aujourd’hui à se répandre aux quatre coins du monde.
Nous ne vivons plus comme nos ancêtres. Eux aussi ont eu à inventer leur quotidien, car la vie ne va pas en arrière. Prenant appui sur ce que nous avons reçu, nous n’en vivrons que plus activement nos solidarités et l’ouverture au monde qui vient. Sr Marie-Geneviève souligne un enracinement que nous découvrons ou redécouvrons grâce à cette plongée dans notre histoire. Ainsi nous l’espérons, les fruits tiendrons la promesse des fleurs.

Claude Babarit

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INTRODUCTION
« …Seigneur, Dieu des vivants,
Fais de nous des témoins
de cette vie donnée, crée, sauvée
appelée à la résurrection … » Mgr Eric Aumonier
Evêque de Versailles    Octobre 2001


Cette vie donnée, quel mystère ! Chaque personne est unique comme nous le prouvent les recherches d’A. D. N. Pour les croyants, elle vient de Dieu et va vers Dieu. Nos ancêtres dont certains ne savent pas signer en ont une conviction profonde.
Ce regard vers le passé n’est pas nostalgie d’un monde disparu ni simple curiosité. C’est une action de grâce, un enracinement dans le présent tourné vers l’avenir.
Ce recueil ne peut pas se lire comme un roman. C’est une base de données amenée à être complétée, corrigée. La lecture est ardue, il faut s’accrocher. Tout d’abord il convient de bien s’imprégner de la page ascendance et descendance de Jacques-Frédéric.
Le document n’est pas fait pour être lu à la suite. Les répétitions sont donc voulues.
Il est le fruit du travail de tous ceux qui ont accepté de nous aider. Qu’ils soient ici chaleureusement remerciés. Un merci particulier à ma famille, mes sœurs et ma belle-sœur. A Georgette Vannod-Gauducheau dont il est difficile d’imaginer les allées et venues, courriers, communications téléphoniques etc...Georgette est la petite-fille de Eugène Babarit dernier enfant de Jacques-Frédéric Babarit. Ma vive reconnaissance va aussi vers madame Parpaillon de Fontenay-le-Comte, descendante de Pierre-Louis dernier enfant Babarit-Petiteau. qui a bien voulu me procurer des photocopies d’actes et ses données après de nombreux voyages aux archives de la Roche-sur-Yon. Enfin, le Père Claude Babarit dont la coopération est si fructueuse par l’apport de ses documents et la correction du recueil. Le Père Claude a une double ascendance Babarit. Il est par sa grand-mère Zélie Babarit descendant de Jacques-Frédéric (4ème enfant Babarit-Petiteau). Par son grand-père Pierre Babarit descendant de Pierre-Louis (septième enfant Babarit-Petiteau).
Il y a des erreurs. Les pages généalogiques ne sont pas complètes ! Il manque souvent une génération, mais nous avons fait pour le mieux. Ceux qui sont oubliés ou dont les données sont erronnées voudront bien nous le signaler et nous pardonner.

Que le Dieu des vivants par l’intercession de la Vierge Marie tant aimée à la Flocellière, prenne dans sa miséricorde tous nos ancêtres connus ou inconnus qui sont dans leur éternité ! Qu’il bénisse et féconde nos familles !

Décembre 2004

Sœur Marie Geneviève


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ASCENDANTS DE JACQUES-FREDERIC BABARIT

BABARIT René mariés ALLION Perrine
Né vers 1630 née en 1646
Décédé le 24-9-1710 (80 ans) décédée 29-6-1711
à Treize-Vents (85) à Treize-Vents (85)
enfant :

BARBARIT Jacques mariés LANDAIS Renée
Né en 1694 6-2-1725 née le 7-12-1706
Décédé le 20-11-1739 (45 ans) à Mallièvre (85) à Mallièvre (85)
Au Tillé de Treize-Vents (85) décédée le 9-2-1779
Aux Châtelliers (85)
enfant :

BARBARIT Jacques mariés BOUJU Jeanne
Né le 3-11-1725 le 8-06-1750 née vers 1728
A Treize-Vents (85) à Treize-Vents (85) aux Epesses
Décédé le 6 décembre 1778 (53 ans) décédée le 25-6-1784 (59 ans)
Tous les deux à la Girardière des Châtelliers (85)

enfant :

BA(R)BARIT Jacques 1ères noces BOUREAU Marie
Né le 9-08-1751 25-2-1783 née en 1752
A Treize-Vents (85) aux Châtelliers décédée le 13 août 1786 (34 ans)
A la Petite Baux des Châtelliers (85)
enfant
BABARIT Marie-Jeanne née le 21-11-1784 aux Châtelliers (85)
Célibataire, fileuse, décédée à la Flocellière (85), le 1er mai 1829

BA(R)BARIT Jacques remarié PETITEAU Marie-Anne
Né le 9-8-1751 le 17-02-1789 née le 6-6-1764
A Treize- Vents (85) à la Flocellière (85) à la Barotière (85)
Décédé à la Flocellière (85) décédée à la Flocellière (85)
Le 5 mai 1826 (75 ans) le 22-04-1844 (80 ans)
Enfants :

BABARIT Louis 1790-1853 ) marié avec Françoise Giraud
BABARIT Pierre-Victor-Jacques (1794- ?)
BABARIT Marie (1798-1831) mariée avec René Moreau
BABARIT Jacques-Frédéric (1800-1890) marié avec Marie-Anne Pasquier
BABARIT Marie-Joseph (garçon) (1803-1865) marié avec Marie-Anne Rigaudeau
BABARIT Marie-Madeleine (1805-1837) mariée avec Alexis Doussaint
BABARIT Pierre-Louis (1808-1865) marié avec Joséphine Caillaud

BABARIT Jacques-Frédéric mariés PASQUIER Marie-Anne
Né le 20-07-1800 le 30-06-1828 née le 30-03-1810
A la Flocellière à la Pommeray (85) aux Châtelliers (85)
Décédé le 26-7-1890 (90 ans) Décédée le 1-04-1877 (67 ans)
au Bois-Pouvreau du Boupère (85) à la Courillère du Boupère (85)


DESCENDANTS DE JACQUES-FREDERIC ET DE MARIE-ANNE PASQUIER


BABARIT Jacques-Frédéric mariés PASQUIER Marie-Anne
Né le 20-07-1800 aux Châtelliers le 30-06-1828 née le 30-03-1810 aux Châtelliers
Décédé le 26-7-1890 (90 ans) à la Pommeray (85) Décédée le 1-04-1877 (67 ans)
au Bois-Pouvreau du Boupère (85) à la Courillère du Boupère (85)

ENFANTS :

4/1 BABARIT Pierre, Auguste né le 18 juillet 1834 à la Brénonnière de la Pommeray (85)
décédé le 9 septembre 1922 ( 88 ans) à la Lègerie de Saint- Prouant (85)
Marié le 18 février 1868 au Boupère avec :
GIRAUD Marie-Jeanne née le 7 juin 1843 à Montravers (79)
Décédée le 29 décembre 1920 (77 ans) à la Lègerie de Saint-Prouant

4/2 BABARIT Jacques né le 13 janvier 1837 à la Brénonnière de la Pommeray (85)
décédé le 18 avril 1919 ( 82 ans) à la Davière du Boupère
Marié le 22 juin 1869 au Boupère avec :
SAUVETRE Marie Joséphine, née le 25 septembre 1844

4/3 BABARIT Marie, Joséphine née le 4 janvier 1839 à la Pommeray (85)
décédée le 13 mai 1916 (77 ans) aux Gornières de Mouchamps
mariée le 22 juin 1869 au Boupère avec :
POIRIER Jean né au Boupère le 21 février 1840
Décédé le 15 février 1914 ( 74 ans) aux Gornières de Mouchamps

4/4 BABARIT Auguste, Marie né le 4 juillet 1842 à la Baudrière de la Flocellière (85)
décédé le 21 avril 1867 au Boupère à 25 ans

4/5 BABARIT LOUISE Henriette née le 25 juin 1846 ( à la Flocellière (85)
décédée le 6 mai 1930
mariée le 21 mai 1878 au Boupère, avec :
GUESDON Pierre-Louis né le 7 mai 1815
Décédé le 17 octobre 1901 ( 86 ans)

4/6 BABARIT Julien, Eugène né le 22 septembre 1848 à la Bue du Boupère (85)
décédé le 6 avril 1935 à la Pinaudière du Boupère (87 ans)
marié le 10 mai 1881 au Boupère, avec :
POIRIER Mélanie, Florence, née le 15 mars 1854 aux Epesses (85)
Décédée le 21 octobre 1899 ( 45 ans) à la Pinaudière du Boupère.


DESCENDANCE TOTALE : 382

• Pierre Babarit-Giraud = 122

• Jacques Babarit-Sauvêtre = 96

• Marie-Joséphine Babarit-Poirier = 113

• Louise-Henriette Babarit-Guesdon = 1

• Julien-Eugène Babarit-Poirier = 44



BRANCHES MATERNELLES

LES LANDAIS

LANDAIS René mariés BLANCHARD Perrine
Né vers 1630 née vers 1625
Décédé le 4-9-1690 Décédée le 18-4-1695
A Mallièvre (85) à Mallièvre (85)
enfant :
LANDAIS Sébastien mariés GUILBERTEAU Michelle
Né vers 1666 à Mallièvre (85) le 7-7-1690 née le 3-10-1667 à Mallièvre (85)
Décédé le 4-10-1714 à Mallièvre (85) décédée le 11-7-1730 (63 ans)
A Mallièvre (85) à Mallièvre (85)
enfant :

LANDAIS Renée mariée BABARIT Jacques


LES FOURIER

FOURIER Denis mariés COUSTAUD Mathurine
Né vers 1610
enfant :
FOURIER Françoise mariés GUILBERTEAU Jacques
Née le 11-5-1631 à Mallièvre (85)
Décédée le 25-01-1711 (80 ans)
à Mallièvre (85)
enfant :
GUILBERTEAU Michelle mariés LANDAIS Sébastien
Née le 3-10-1667 à Mallièvre (85) le 7-07-1690 né vers 1666 à Mallièvre (85)
Décédée le 11-07-1730 (63 ans) à Mallièvre (85) décédé le 4-10-1714
à Mallièvre (85) à Mallièvre (85)
enfant :

LANDAIS Renée mariés BARBARIT Jacques

LES BOUJU


BOUJU Jean mariés PASQUEREAU Perrine
Né vers 1704 avant 1724 née vers 1700
Décédé le 23 mars 1742 décédée le 15 mai 1747(48 ans)
Aux Epesses (85) laboureur aux Epesses (85)
enfant :

BOUJU Jeanne mariés BABARIT Jacques

Perrine Pâquereau est la fille de Louis Pâquereau,(laboureur) la sœur de Jean. Elle s’est remariée à 40 ans le 17 juin 1744 avec René Brosset, aux Epesses.
Louis Pâquereau né vers 1683, est décédé aux Epessses le 22 mai 1746 Témoins : Jean et René ses enfants Il sait signer

LES PASQUEREAU

PASQUEREAU Louis mariés CAILLAUD Mathurine
Né en 1683
Décédé le 22-5-1746 aux Epesses (85) décédée après 1747

enfant :

PASQUEREAU Perrine mariés BOUJU Jean
Née vers 1700 avant 1724 né vers 1704
Décédé le 15 mai 1747 décédé le 23-03-1742
Aux Epesses (85) aux Epesses (85)
enfant :

BOUJU Jeanne mariés BABARIT Jacques


LES PETITEAU
Mathurin Petiteau est le fils d’Honoré Petiteau et de Jeanne Cauteron de la paroisse d’Ardelay.

Marie-Anne PETITEAU est la fille de Mathurin PETITEAU et de Angélique SEGUIN appelée Marie.

SEGUIN Louis (sait signer) mariés MAILLOCHEAU Marie
Né vers 1695- 1700 avant 1727 (ou Maillochon)
Décédé le 13 janvier 1747
A la Barotière [1](85)

enfant :

SEGUIN Marie (Angélique) mariés PETITEAU Mathurin
Née vers 1727 à la Barotière 10/9/1748 décédé le 4-02-1773
Décédée le 12-01 1781 à Mesnard-la-Barotière (85)
A Mesnard- la- Barotière (85) maréchal-taillandier [2]
enfant :

PETITEAU Marie-Anne mariés BABARIT Jacques
Née le 6 juin 1764 Le 17 février 1789 né le 9-08-1751
A la Barotière (85) à la Flocellière (85) à Treize-Vents (85)
Décédée le 22 avril 1844
A la Flocellière (85)

Enfant :

BABARIT Jacques-Frédéric marié avec Marie-Anne PASQUIER

Marie-Anne PASQUIER est la fille de Jean-Baptiste PASQUIER (Pacqué en patois ) et de Marianne GABORIT
Mariée avec Jacques-Frédéric Babarit le 30 juin 1828 à la Pommeray (85)

PASQUIER Jean-Baptiste mariés le GABORIT Marie-Anne
né vers 1774 13 février 1805 fille majeure de
fils de Jean Pasquier aux Châtelliers (85) Pierre Gaborit cultivateur et de Marie Blanchard et de Marie-Anne Boiteau
décédés avant 1805



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GENERALITES

Pourquoi ce patronyme ? Depuis quand est-il porté ?

A
u Moyen-âge, la population augmente, le nom de baptême ne suffit plus pour se distinguer. Dans son ouvrage sur les noms de famille, Michel Vincent [3] nous apprend que : « Dans la France médiévale, les noms de baptême furent peu à peu complétés par des surnoms et à partir du 12e siècle, le surnom se transmit aux enfants pour devenir un nom de famille. Cet usage se généralisa au 13e siècle. Le surnom fut inspiré par un prénom, un nom de métier, un nom de lieu ou de propriété terrienne, un qualificatif relatif à la situation de la maison, à un trait de caractère, à une particularité physique…. Pour distinguer les familles entre elles, ces noms devinrent héréditaires.
Les noms de famille se stabilisèrent définitivement et furent officiellement inscrits sur les registres paroissiaux lorsque le roi François 1er , par ordonnance datée de 1539 et signée à Villers-Cotterêts, rendit obligatoires les registres d’état civil qui furent tenus par les curés des paroisses jusqu’à la Révolution. »

Babarit et Barbarit ?

Sommes nous les descendants d’un barbare ? Les grecs et les romains nomment ainsi les étrangers. Les barbares sont essentiellement des Germains, venus du Nord. Ils envahissent l’empire romain à partir du IVe siècle. Les Vandales et d’autres peuplades passent en effet par notre région. Ceci sans parler des invasions normandes.
Mais assimiler Babarit ou Barbarit à barbare ne va pas de soi. Notre ancêtre peut venir aussi de Barbarie région située en Afrique du nord. Le nom de Barbarie est une altération de celui de Berbérie (pays des Berbères.) Des troupes d’Afrique du Nord ont été vaincues à Poitiers par Charles Martel en 732. Dans les documents que vient de me transmettre le Père Claude Babarit, je note : « A Paris, tout près des Dominicains de la Glacière, rue des Tanneries, on trouve un Babari Mohammed-Akli. »
Le dictionnaire nous apprend que vers 1445, un peintre et graveur italien du nom de Barbari est installé à Venise.
Ni le livre de Michel Vincent déjà cité ni celui de Jean-Louis Beaucarnot [4] ne citent l’origine de Babarit ou de Barbarit. Il semble probable que le premier ancêtre ainsi surnommé n’était pas du cru, il venait d’ailleurs. Il faut cependant être prudent, car les noms au Moyen-âge n’ont pas la même signification. Quand à la différence orthographique, il faut la chercher avant 1665 [5]. Les deux patronymes cohabitent en divers lieux du bocage poitevin, ce qui nous permet de penser qu’il y a un ancêtre commun. A une certaine époque, un « r » a probablement été oublié. La généalogie étudiée est celle des BABARIT, même si certains actes enregistrent Barbarit. Tel l’acte de mariage de Jacques Barbarit-Bouju en 1750. C’est à partir du fils de Jacques Barbarit et de Jeanne Bouju que la différence orthographique va peu à peu s’installer. Les enfants vont à l’école et savent signer. Jacques Babarit-Bourreau-Petitot signe tous les actes Babarit et ses descendants respectent cette singularité.
« Autre particularité : pourquoi ce ‘ t’ à la fin du nom qui ne se prononce pas quand il s’agit des hommes et qui en patois vendéen se prononçait quand il s’agissait des femmes ? Une Barbarite ou peut-être aussi une Babarite. Toujours pour les femmes. » [6]

Quatre-vingt-quinze BABARIT et cent quarante BARBARIT figurent sur le minitel de Vendée en 2004. Sur internet, il est possible d’obtenir bien d’autres indications, telle que la répartition des naissances Babarit par année et dans toute la France.

Les Jacques Barbarit et Babarit

Depuis plus de trois cents ans (1694-2005) ce prénom est porté pratiquement sans discontinuité. Nous connaissons vingt-trois ans d’interruption de 1919 date de la mort de Jacques Babarit-Sauvêtre à la naissance de son arrière-petit-fils Jacques Babarit-Lumineau né en 1942, fils d’Hilaire.
Pour distinguer ces Jacques Babarit, le nom de l’épouse va suivre le patronyme. Ainsi Jacques Barbarit-Landais, Jacques Barbarit-Bouju, puis Jacques Ba(r)barit-Petiteau etc. Jacques Babarit-Barrière, né en 1950, descendant de Jacques-Frédéric Babarit par sa grand-mère et de Pierre-Louis Babarit par son grand-père, a donné ce prénom à son fils Jacques-Emmanuel, né en 1980.

Nos racines

Même si notre ancêtre vient d’ailleurs, les mariages successifs au cours des générations, nous enracinent dans cette région du Haut-Bocage. Située en Poitou jusqu’à la Révolution elle fait partie ensuite du département de la Vendée [7].
Un historien d’origine bretonne, Alain Gérard [8], nomme ces populations du sud de la Loire, les Ambilâtres différents des celtes pictons établis plus près de la mer. Au cours des invasions romaines, les pictons se soumettent à l’envahisseur, les Ambilâtres résistent. Au moment des Guerres de Vendée, cette même population va se soulever, «… leurs descendants renoueront avec cette mystérieuse géographie du cœur. [9] »
Le patronyme Babarit nous sert de fil conducteur, mais nous appartenons par les branches maternelles à bien d’autres familles. ALLION, GUILBERTEAU, FOURIER, COUSTAUD, LANDAIS, BLANCHARD, BOUJU, PASQUEREAU, CAILLAUD, PETITEAU, SEGUIN, MAILLOCHEAU ou MAILLOCHON, PASQUIER, (Pacqué en patois) GABORIT, BLANCHARD, (autre branche) BOITEAU.

Ont-ils adhérés au protestantisme ?

Nous n’avons aucune indication sur ce sujet. La nouvelle religion prêchée à Poitiers après 1535, se répand largement au Boupère et le long du Lay. A l’époque nos ancêtres sont plus au nord.

Différents lieux

Nos aïeux vont nous entrainer de la Chapelle-Largeau dans les Deux-Sèvres, aux Epesses, à Mallièvre et Treize-Vents les premiers lieux connus. Puis à la Flocellière, au Boupère, en passant par la Pommeraie (écrit la Pommeray). Nous irons également à Mesnard-la-Barotière et aux Châtelliers.


Chapitre 1er

RENE BARBARIT (1630-1710) PERRINE ALLION (1646-1711)
SOUS LOUIS XIII, LOUIS XIV, LOUIS XV

P
ierre Babarit et Louise Chabiron habitant un hameau des Châtelliers, parents d’un Jacques Babarit né à Mallièvre le 18 février 1631 comme l’indique Internet sont-ils nos ancêtres ? Dans ce cas, ils nous feraient remonter au début du XVIIe siècle vers 1600.
C’est tout à fait possible, mais il nous manque l’acte prouvant qu’ils sont les parents de René Babarit.

René Babarit et Perrine Allion, nos premiers aïeux retrouvés [10] voient le jour au royaume de France, en Bas-Poitou, à la fin du règne de Louis XIII pour René, au début du règne du Roi Soleil pour Perrine. Versailles n’est donc pas encore en chantier. Richelieu est au Conseil du Roi depuis 1624. Saint Vincent-de-Paul étend son action de charité un peu partout en France.
Nous n’avons pas leur acte de mariage, mais ils se sont épousés avant 1669. René a 16 ans de plus que sa femme.
Sept enfants ont été retrouvés : Perrine, Mathurin, Marie, Laurent, Jean, François et Jacques.
Ils ont habité le Bouc de la Chapelle-Largeau, puisque le baptême de leur fille Marie est noté en ce lieu en 1674. Ils s’installent plus tard à Treize-Vents où a du naître notre ancêtre Jacques, mais les actes sont manquants à cette date. C’est dans cette paroisse que nos premiers ancêtres décèdent au début du XVIIIe siècle.


La Chapelle-Largeau

En 1674, cette paroisse fait partie du Bas-Poitou comme Mallièvre et Treize-Vents qui lui sont limitrophes. Devenue à la Révolution commune des Deux-Sèvres, elle est proche de Mauléon.

LES ENFANTS BABARIT-ALLION

Allion est un patronyme rare, les actes l’écrivent avec fantaisie Aion, Allyon, Halion etc …. Le dictionnaire des noms de famille de Jean Tosti [11] sur internet nous indique que ce patronyme est porté dans le centre (41 et 45) dans le département du nord. Selon M.-T ; Morlet ce serait un diminutif du prénom d’Elie.Variante Allion. Les actes mentionnent un Antoine Allion témoin au mariage de Laurent Babarit et un Estienne Allion parrain de Marie Babarit.

 Perrine, mariée avec François Deniau, est décédée à Mallièvre le 24 mars 1738.
Le ménage habite le bourg. François décède avant 1724 ou 1725.
Trois enfants ont été retrouvés.
- Jeanne mariée à Mallièvre en 1724 ou au début 1725. Mathurin Blanchet est son curateur. Ses oncles Jean, Mathurin, Lorand, Jacques Babarit sont témoins, ainsi que Jean Loiseau et Jacques Loiseau. Mathurin Guéri son beau-frère.
- Jean décédé au bourg de Treize-Vents âgé de 8 ans le 25 octobre 1714. Sont témoins : Jean, Mathurin, Laurent Babarit et François Brebion.
- Pierre décédé au bourg de Treize-Vents âgé de 12 ans, le 21 novembre 1714. Sont témoins : Laurent et Mathurin Babarit ses oncles


1656; Mathurin, né vers 1669, présent à la mort de son père en 1710, à celle de sa mère en
1711, au mariage de son frère Jacques en 1725, au décès de son frère Jean en 1730.
Décédé le 24 avril 1739, à Mallièvre. Il épouse Françoise Ganne. Nous lui connaissons
une fille Françoise, mariée le 24 août 1745 à Mallièvre.
1656; Marie née le 4 avril 1674, au Bouc de la Chapelle-Largeau (79). Elle a pour parrain Esti

enne Allion, pour marraine Perrine Recoquillon.

1656; Jean, né en 1675, épouse à Treize-Vents, Marie Cherbonneau, le 6 juillet 1706 en présence de ses parents : René Babarit et Perrine Allion. Il devient veuf un an plus tard, Marie Cherbonneau décède à 25 ans le 20 janvier 1707. Les Témoins sont Babarit et Grolleau
Il reste vivre avec ses parents à la Maisonneuve de Treize-Vents où il décède le 25 mars
1730. Ses frères Mathurin, Laurent et Jacques sont présents.

 Laurent, marié à Treize-Vents, figure souvent sur les actes. Parrain de deux enfants de Jacques Babarit-Landais. Sa descendance est la plus nombreuse. Il est l’ancêtre de nombreuses familles nommées Barbarit.
Il voit le jour en 1677, décède aux Epesses le 20 avril 1749. Il exerce le métier de
laboureur. Il épouse Perrine Vitet à Treize-Vents, le 28 janvier 1711. Les témoins sont
Louis Arnaud et Antoine Allion ainsi que Jacques Bouchet. Perrine est née vers 1687 à
Saint Mâlo-du-Bois (85). Elle est décédée à Treize-Vents le 2 avril 1742.
Dix enfants ont été retrouvés :
 Jacques Babarit, né le 7 avril 1712 à Treize-Vents. Il a pour parrain Jacques Babarit probablement son oncle et Françoise Vitet comme marraine. Ce Jacques sera plus tard témoin au mariage de Jacques Babarit-Bouju, son cousin. Témoin au décès de son oncle et parrain, Jacques Babarit-Landais en 1739.
Il épouse le 26 février 1737 Jacquette Uvelin qui sera marraine d’un
enfant Babarit Landais et de Jacques Babarit Bourreau-Petiteau, fils de
Jacques Babarit-Bouju.
Le ménage a 9 enfants que nous retrouvons en annexe du recueil.
Jacques est décédé le 22 avril 1793 à Treize-Vents.
 Pierre Babarit, né le 30 novembre 1715 à Treize-Vents. Son parrain est Jacques Grolleau, sa marraine Marie Poupin. Il décède à la Flocellière le 20 novembre 1787 âgé d’environ 70 ans, en présence de son frère Jacques, son beau-frère Pierre Roy. Ses enfants Mathurin et Pierre.
 Elise Babarit née le 29 décembre 1717 à Treize-Vents.
 Laurent, né le 16 septembre 1720 à Treize-Vents. Il a comme parrain François Vitet, comme marraine, Jeanne Denaud. Il décède le 16 mars 1751 aux Epesses.
 Marie-Anne, née en 1724 à Treize-Vents.
 Marie-Renée Babarit, née vers 1725 à Treize-Vents. Son parrain est François Baranger, sa marraine, Renée Landais, sa tante par alliance sans doute. Elle est servante aux Epesses. Elle épouse Jacques Lanoue aux Epesses le 21 novembre 1747. Leur fille prénommée Marie-Madeleine est née le 20 juillet 1749 aux Epesses (85)
 Perrine née le 23 février 1729 à Treize-Vents épouse André Texier.
 Hélène épouse Louis Bodin.
 Renée se marie à Treize-Vents le 26 février 1737, avec Pierre Roy.
Ce dernier est parrain d’un enfant Barbarit-Landais. Il est témoin au
décès de Jacques Babarit-Landais. Leur fille Perrine est née le 14 avril
1738 à Treize-Vents.
 Renée épouse à Treize-Vents le 26 février 1737 François Gonort.

Les deux sœurs portant le même prénom se marient le même jour. Il y a également Marie-Renée. Comment s’y retrouvent-ils ?

 François né vers 1683 est décédé à Treize-Vents le 25 mai 1704 à l’âge de 21 ans ou environ. Il semble que ce soit à la Maisonneuve. En présence de son père René Barbarit et de Jean son frère.

 JACQUES notre ancêtre né en 1694 est cité le dernier comme témoin. Il est sans doute le plus jeune, né 20 ans après sa sœur Marie. Son père a 64 ans, sa maman en a 48.

Joies et peine chez les Babarit-Allion

René Barbarit notre ancêtre a 74 ans à la mort de son fils François âgé de 21 ans.
En 1706, les vieux parents assistent au mariage de leur fils Jean. A son veuvage un an plus tard.
René est décédé à 80 ans le 24 septembre 1710 à Treize-Vents. Les témoins sont Laurent et Jean les Barbarit et Mathurin Barbarit. Pourquoi Mathurin est-il à part ? Je pense que le curé connaît bien Laurent et Jean qui habitent Treize-Vents. Il connaît moins Mathurin domicilié à Mallièvre [12]. Jacques notre ancêtre n’est pas mentionné, il n’a que 16 ans.
Renée Allion va assister au mariage de son fils Laurent le 28 janvier 1711.
Elle décède à Treize-Vents quelques mois plus tard le 29 juin 1711, âgée de 65 ans.

Chapitre 2

JACQUES BARBARIT, (1694-1739) ET RENEE LANDAIS (1706-1739)
sous LOUIS XIV, LOUIS XV

D
ans l’état actuel de nos recherches, il ne nous est pas possible de savoir où est né Jacques, par contre, Renée Landais vient au monde à Mallièvre le 7 décembre 1706, à la fin du règne de Louis XIV.

Mallièvre

Ses 17 hectares en font la plus petite paroisse de France, située au sud de Saint-Laurent-sur-Sèvre. Elle jouxte Treize-Vents à l’est, Saint-Mâlo-du-Bois à l’ouest, les Epesses au sud. Ce 6 février 1725, nos mariés et leur famille, peuvent voir le château érigé en baronnie en 1650, puis réuni au Puy-du-Fou et devenu ruine à la Révolution.
Certains de nos ancêtres ont peut-être écouté les derniers sermons du ¨Père de Montfort décédé à Saint-Laurent-sur-Sèvre en 1716 au cours d’une mission.
Nos Mallièvrais élèvent des moutons et l’activité lainière est florissante, les tisserands sont nombreux.
Aujourd’hui, Mallièvre, baigné par la Sèvre Nantaise sur sa rive droite, a crée la Maison de l’Eau que l’on peut visiter au n° 7 rue de la Poterne [13].


LES LANDAIS

Renée notre ancêtre, voit le jour à Mallièvre le 7 décembre 1706. Elle porte le prénom de son grand-père paternel, d’oncles et de tantes, de sa marraine. Mathurin Papin est son parrain, Renée Janet ( ?) sa marraine.
A sa naissance, ses grands-parents paternels sont décédés.

Les grands-parents paternels : René Landais, Perrine Blanchard, leurs enfants

René Landais a vu le jour vers 1630. Il est inhumé le 3 septembre 1690 à Mallièvre. Sa femme, Perrine Blanchard née vers 1625 est décédée également dans cette paroisse, le 18 avril 1695.
Le couple va élever quatre enfants :
 Renée née vers 1656, épouse le 28 novembre 1676 à Mallièvre Pierre Papin né vers 1651.
 René vient au monde à Mallièvre le 4 juillet 1661. Il épouse Françoise Brebion. Ils ont cinq enfants que nous retrouvons en annexe.
 Perrine née le 20 juin 1664 à Mallièvre, épouse René Jeanneau.
 SEBASTIEN notre ancêtre né vers 1666, épouse Michèle Guilberteau.
Voilà pour les oncles et tantes paternels de notre ancêtre.

Mariage de Sébastien Landais et de Michèle Guilberteau

C’est à 24 ans que Sébastien Landais épouse à Mallièvre, une jeune fille de 23 ans, Michèle Guilberteau.
Sébastien est inhumé dans cette même paroisse le 4 octobre 1714, âgé de 48 ans.
Michelle, née le 3 octobre 1667 à Mallièvre va vivre 63 ans. Elle est inhumée à Mallièvre le 11 juillet 1730.

Grands-parents maternels : Jacques Guilberteau et Françoise Fourier.
Arrières-grands-parents : Denis Fourier et Mathurine Coustaud.

Le grand-père de Michèle, Denis Fourier né aux environs de 1610, a épousé Mathurine Coustaud.
C’est en ligne directe, le plus ancien ancêtre retrouvé. A cette époque, Richelieu est évêque de Luçon. Je pense que Mallièvre dépend du diocèse de Poitiers ou de celui de Maillezais [14].

Nous leur connaissons deux enfants :

 Françoise, notre ancêtre, née le 11 mai 1631 à Mallièvre, décédée le 25 janvier 1711 à Mallièvre, a épousé Jacques Guilberteau.
Deux enfants ont été retrouvés :
o Michelle notre ancêtre, née le 3 octobre 1667 à Mallièvre, mariée le 7 juillet 1690 avec Sébastien Landais.
o François, né le 4 juillet 1676 à Mallièvre.
 Sébastien

LES ENFANTS LANDAIS-GUILBERTEAU

Notre ancêtre Renée grandit au milieu de frères et sœurs. Elle n’est sûrement pas l’aînée, car elle a deux ans au mariage de sa sœur Françoise.
 Françoise Landais épouse le 13 novembre 1708 à Mallièvre Pierre Coutant né vers 1687 à Treize-Vents et décédé le 18 septembre 1729 à Mallièvre.
Ils ont un enfant :
o Sébastien, Patrice.
 Marie
 Thérèse, mariée à Mallièvre le 14 février 1716, avec René Bazin (ou Basin) né le 8 mars 1682 à Treize-Vents et décédé le 28 décembre 1727 à Treize-Vents.
Ils ont 5 enfants :
o François René né le 10 janvier 1718 à Treize-Vents et décédé avant 1784.
Il est témoin au décès de son oncle Jacques Barbarit en 1739. Marié le 3 novembre 1746 avec Jeanne Baranger née après 1721 au Longeron (49) et décédée après 1784.
o Thérèse née le 1er décembre 1719 à Treize-Vents, elle est décédée à Montravers le 19 mars 1771. Elle a épousé à Treize-Vents le 13 juin 1741, Ambroise Caillaud, né le 3 mai 1721 à Treize-Vents et décédé à Montravers le 29 décembre 1769.
o Pierre né le 25 juin 1722 à Treize-Vents et décédé avant 1787. Il a épousé Jeanne Drouineau.
o X, né le 14 octobre 1724 à Treize-Vents et décédé le même jour
o René, né le 3 juin 1727 à Treize-Vents décédé après 1787.
Thérèse reste veuve au bout de 11 ans de mariage, son fils René a quelques mois. Elle se remarie avec Jacques Recoquillon parrain d’un enfant Babarit-Landais.

 René
 Sébastien
 François
 RENEE notre ancêtre, née le 7 décembre 1706, mariée à Mallièvre avec Jacques Barbarit, le 6 février 1725.



LES BABARIT-LANDAIS


Le jour du mariage de Jacques et de Renée, le 6 février 1725, Jacques n’a plus ses parents. Venu au monde tardivement, René Barbarit et Perrine Allion sont décédés. Renée est orpheline de père.
Jacques a pour témoin ses frères Jean, Mathurin, et Laurent (Lorant)
Renée a comme témoin Pierre Coutant son beau-frère, mari de Françoise sa sœur aînée et René Bazin (Basin) son autre beau-frère, mari de sa sœur Thérèse.
Le couple quitte Mallièvre après le mariage et s’installe d’abord à la Maisonneuve de Treize-Vents où habite également Jean, le frère de Jacques décédé dans ce village. C’est à la Maisonneuve que naissent les premiers enfants. Vers 1733, la petite famille s’intalle un peu plus loin, au Tillé.

Treize-Vents

Cette petite cité en plein cœur du bocage, borde le département du Maine-et-Loire et compte aujourd’hui environ 1030 treize-ventais. Le bourg est juché à 190 mètres, cette situation serait à l’origine de son nom. On peut lire dans les chroniques paroissiales : Sur une colline, la cité est un petit empire d’Eole balayé par la rose des vents. Mais dans ces mêmes chroniques on parle aussi de van, panier d’osier servant à mesurer le grain. Au Moyen-Age, les treize vans de récolte servaient à payer la dîme d’impôt payé aux moines de Noimoutier. [15]
Le château de la Boulaie a été un centre important pour les soldats de 1793 autour de Lescure.
Nos ancêtres arrivent à Treize-Vents après 1674. Ils retrouvent une autre famille installée à Villeneuve, village situé au nord près de la Chapelle-Largeau. Les actes mentionnent un Pierre Babarit et ses descendants. Ce Pierre et notre ancêtre René sont-ils frères ou cousins ? A ce jour, il ne nous est pas possible de connaître les liens de parenté, pas plus qu’avec un Antoine Babarit domicilié au bourg dès 1625.
Après son mariage, Laurent le grand frère de Jacques habite cette paroisse et veille sur son frère. Renée retrouve sa sœur Thérèse Landais installée aussi en ce lieu.

Naissance des enfants Barbarit-Landais

 JACQUES, notre ancêtre né le 3 novembre 1725 à la Maisonneuve de Treize-Vents. Son oncle Laurent Barbarit est son parrain, il a pour marraine, sa tante Thérèse Landais.
 Marie, née le 9 décembre 1727 à la Maisonneuve de Treize-Vents. Son cousin Jacques Barbarit est son parrain, et Renée Barbarit sa marraine. La petite fille décède à huit ans, le 24 septembre 1735, à Treize-Vents.
 Pierre, Jacques né le 9 août 1729 à la Maisonneuve. Il a pour parrain Jacques Recoquillon (second mari de Thérèse Landais ???) pour marraine Marie Gaborit
 Marguerite Renée voit le jour à Treize-Vents le 7 mai 1732.
 Pierre vient au monde un an plus tard au Tillé, le 29 novembre 1733. Il a pour parrain Pierre Roy, son cousin par alliance. Pour marraine Marie Guery.
 Perrine arrive le 7 juillet 1735. Son parrain est François Roy, sa marraine Hélène Barbarit fille de Jacques.
 René vient au monde le 29 juillet 1737. Il a pour parrain René Coutant fils de Françoise Landais-Coutant, pour marraine Renée Barbarit sa cousine.
 Jean est né le 11 août 1738 au Tillé. Il a pour parrain Laurent Barbarit son oncle ou le fils de ce dernier, pour marraine Jacquette Uvelin, cousine par alliance.

Nous avons vu que nos ancêtres ne sont pas seuls à Treize-Vents, ils ont le soutien de leurs aînés. Mais les deuils ne vont pas manquer.
Tout d’abord, le veuvage de Thérèse Landais. Son mari, René Bazin décède le 28 décembre 1727. Ses enfants ne sont pas élevés.
Le 25 mars 1730, c’est l’enterrement de Jean Barbarit, le grand frère de Jacques décédé à la Maisonneuve où habite le jeune ménage.
Quelques mois plus tard, le 11 juillet 1730, Renée enterre sa maman Michelle Guilberteau-Landais à Mallièvre.

Décès de Jacques Barbarit au Tillé de Treize-Vents le 20 novembre 1739

Pour Renée, le coup est dur, la voici veuve comme sa grande sœur Thérèse. Jacques notre ancêtre devient soutien de famille à 14 ans, Jean le petit dernier est un bébé de 17 mois.
Laurent le grand-frère est le premier témoin ainsi que son fils Jacques, Pierre Roy son gendre, François Basin le fils aîné de Thérèse Landais-Basin. René Texier (peut-être un fils de Perrine Barbarit marié avec André Texier.)

Chapitre 3

JACQUES BARBARIT ( 1725- ?) ET JEANNE BOUJU 1724 ?-1784)
Sous LOUIS XV, Louis XVI


J
acques Barbarit, l’aîné des enfants Barbarit-Landais est né à la Maisonneuve de Treize-Vents le 3 novembre 1725. Orphelin de père à 14 ans, il devient soutien de famille. Il épouse à 25 ans, une jeune orpheline mineure, Jeanne Bouju qui habite la paroisse de Treize-Vents. Son père Jean est décédé aux Epesses le 23 mars 1742. Sa maman, Perrine Pasquereau est décédée également aux Epesses le 15 mai 1747.

LES BOUJU

Jean Bouju-Pasquereau est le fils de qui ? Les Bouju sont aussi nombreux à Treize-Vents sous le règne de Louis XIV que les Barbarit, ils sont également aux Epesses.
Jean Bouju a une sœur Jeanne, née en 1697 mariée avec Mathurin Gaborit. Jeanne est décédée aux Epesses le 5 février 1767.
Un lien existe entre les descendants de Michel Bouju-Amiot et Jeanne la petite mariée, nous le verrons sur l’acte de mariage, mais lequel ?

 Michel Bouju-Denaud-Amiot né vers 1655, épouse à Treize-Vents en premières noces Jeanne Denault le 4 juillet 1681. Une fille naît de cette union :
 Perrine Bouju née le 27 avril 1682
Michel devenu veuf se remarie le 10 juillet 1685 avec Catherine Amiot de la Renollière [16] de Treize-Vents. Les témoins sont Jan Guitton et Janne Rampillon, vitrier. Du dit Bouju, de Vincent Morin et Célestin Amiot beaux-frères de la dite Amiot. Un enfant vient au monde la même année :
 Françoise, née en 1685 a pour parrain Mathurin Poupelin. Le nom de sa marraine n’est pas lisible.
 Jeanne Bouju née avant 1700, épouse le 4 mars 1726, Laurent Echasserieau. Son père Michel est décédé. Elle a comme témoins : Charles Denaud, Pierre Bouju, Mathurin Echasserieau, Michel et René Bouju, Mathurin Denaud, Nicolas Lusseau.
 Pierre Bouju, né avant 1700, épouse en 1726, Anne-Marie Echasserieau (appelée Marie). Les témoins sont : Michel et René Bouju ses frères. Mathurin Denaud, Nicolas Lusseau, Charles Denaud, Pierre Bouju, Mathurin Echasserieau. Il décède au Portau ( ?) de Treize-Vents le 22 mars 1740.
 Michel Bouju dit frère au mariage de Pierre Bouju-Echasserieau.
C’est probablement lui qui épouse Perrine Martineau.
 René dit frère au mariage de Pierre Bouju-Echasserieau.
Jeanne et Pierre Bouju-Amiot épousent le même jour, Laurent et Marie Echasserieau-Bouju.
Jean notre ancêtre est peut-être un neveu de Michel Bouju-Amiot, nous retrouvons souvent ses enfants ; Jeanne Bouju-Echasserieau, et Pierre Bouju-Echasserieau comme témoins ou parrain et marraine des enfants Babarit-Bouju.
Michel est décédé à la Renollière de Treize-Vents le 5 septembre 1724. René, Michel et Pierre ses enfants sont présents ainsi que Nicollas Lusseau du Temple.
Autres Bouju de Treize-Vents :

 Michel Bouju-Martineau, né vers 1690, épouse Perrine Martineau. Des enfants ont été retrouvés :
 Jeanne Bouju, née le 16 octobre 1718, son parrain est Pierre Bouju, sa marraine Jeanne Bouju
 René Bouju, (jumeau), né le 22 septembre 1721. Son parrain est René Bouju,
sa marraine Françoise Bouju.
 Louise Bouju, (jumelle), née le 22 septembre 1721. Son parrain est Charles Marion, sa marraine Louise Charbonneau.
 Pierre, né le 16 avril 1726, son parrain est Pierre Martineau, sa marraine, Renée Lusseau.
 Marie, née le 15 septembre 1727, son parrain est Laurent Echasserieau, sa marraine, Marie Echasserieau.
Michel Bouju-Martineau est proche parent de notre ancêtre, nous retrouvons les mêmes parrains et marraines.
 René Bouju-Denaud, né vers 1690, marié avec Françoise Denaud. Ils ont comme enfants :
 Mathurin, né le 2 juillet 1719. Son parrain est Mathurin Denaud, sa marraine Catherine Amiot.
 Marie-Elizabeth Bouju, née le 30 novembre 1723. Son parrain est Mathurin Denaud, sa marraine Perrine Denaud.
 René Bouju-Galant, né vers 1695, épouse Renée Galant. Ils ont deux fils :
 Laurent, né le 13 août 1727, son parrain est Laurent Echasserieau, sa marraine Jeanne Picaud.
 Jean, né le 13 mars 1729
 Pierre Bouju-Echasserieau, né vers 1695, fils de Michel Bouju et de Catherine Amiot, épouse Marie Echasserieau en 1726. Ils ont un fils :
 Jean né le 28 décembre 1728 qui a pour parrain Laurent Echasserieau comme marraine Jeanne Bouju.

Mariage de Jacques Barbarit avec Jeanne Bouju le 8 juin 1750 à Treize-Vents

Jacques épouse le 8 juin 1750 à Treize-Vents une orpheline, Jeanne Bouju.
Jeanne est mineure, ses parents ; Jean Bouju et Perrine Pasquereau sont décédés aux Epesses. Son oncle et curateur, Mathurin Gaborit [17] des Epesses, veille « sur sa personne et ses biens. »
Le marié a comme témoins : Jacques Barbarit, Pierre Barbarit ses cousins, fils de Laurent Barbarit qui ne savent pas signer, puis Laurent Echasseriau.
La mariée est entourée de Mathurin Gaborit, de Pierre Bouju qui signent l’acte de mariage.
Mathurin Gaborit est l’oncle et le curateur de Jeanne, il habite les Epesses et il a épousé Jeanne Bouju sœur de Jean Bouju.
L’observation de cet acte nous permet de constater que le « j » est remplacé par le «ï». Ainsi, iaque Barbarit, Bouïu pour Bouju. Claude Babarit me précise qu’il s’agit de la prononciation latine ; Jacques = Jacobi en latin se dit : iacobi. Le «y» s’utilise très fréquemment ( ex. moy, ce jour d’huy).


LES PASQUEREAU


Perrine Pasquereau, la maman de Jeanne Bouju est née entre 1699 et 1704 aux Epesses. Elle est la fille de Louis Pasquereau né en 1683 et de Mathurine Caillaud. Nous voici chez les spicéens.
Le grand-père de Jeanne, Louis Pasquereau est décédé aux Epesses le 23 mai 1746. Mathurine est morte après 1747.

Les Epesses

La paroisse doit son nom à son implantation dans un endroit de taillis et d’épines, mais pourvu de nombreux points d’eau.
Son église date du XIe siècle, rénovée par les Seigneurs du Puy du Fou, elle porte le nom de chapelle Saint Jean. Elle est classée. Sur les hauteurs s’élève la chapelle de la Colonne. La commune compte aujourd’hui plus de 2000 habitants.




LES ENFANTS BABARIT-BOUJU


Naissance et baptême de Jacques Barbarit-Bouju, le 9 août 1751 à Treize-Vents, ses frères et sa sœur.

 JACQUES voit le jour un an après le mariage de ses parents, le 9 août 1751, il est baptisé le jour même. L’acte est signé : ferchaud Curé de Treseventz. Le nouveau né a pour parrain Jacques Barbarit son cousin et pour marraine Jacquette Huvelin épouse de ce dernier.
Le jeune Jacques fréquente l’école, nous le verrons signer tous les actes concernant les siens, mais il signe Babarit.
 JEAN né aux Epesses vers 1765 décède le 14 avril 1786 aux Epesses, à 21 ans environ.
 FRANCOIS, né le 18 décembre 1767, à Treize-Vents, a comme parrain, Jacques son frère aîné âgé de 16 ans. Le bébé a pour marraine sa cousine Marie-Anne Babarit. Jacques signe l’acte de baptême.
 LOUIS, serviteur domestique à Notre-Dame du Châtelliers, épouse aux Epesses, le 25 février 1783, Jeanne Landreau, née aux Epesses le 2 octobre 1759. Elle est décédée dans le bourg le 20 avril 1814.
Louis est décédé à la Loge des Epesses le 14 octobre 1794. Nous leur connaissons huit enfants signalés dans l’annexe.
 NICOLAS
 PIERRE, décédé après 1779, laboureur à la Girardière des Châtelliers.
 PERRINE mariée le 14 avril 1779 aux Châtelliers, avec Alexis François Bibard. Ce beau-frère de notre ancêtre Jacques est son témoin lors de son remariage à la Flocellière avec Marie-Anne Petiteau.

Les Châtelliers

Depuis 1825, Châteaumur est relié aux Châtelliers par ordonnance royale. Les castelmurois sont fiers de leurs vestiges du passé. Un des bourgs est situé sur la Butte à 212 mètres d’altitude, il regroupe l’église en partie du XIIe, la mairie et l’école. L’autre bourg est situé plus bas à 1,5 km où vit une grande partie de la population.
L’église et le vieux donjon du XIIe également, sont inscrits à l’inventaire des Monuments historiques.
Pendant des siècles, certains de nos ancêtres ont sans doute vécu aux Châtelliers, nous le verrons plus tard pour les ancêtres de Marie-Anne Pasquier.
Les Châtelliers semblent avoir été épargnés par le passage des Colonnes infernales. Contrairement à Châteaumur où le Curé à dû se cacher, les Châtelliers ont un prêtre jureur. En 1794, lorsque Grignon arrive avec ses soldats, le docteur Vincent Chapelain est maire républicain de Châteaumur, des Châtelliers et de la Flocellière [18]. C’est lui qui reçoit Grignon aux Châtelliers, ce dernier lui ordonne de le conduire à la Flocellière. Le médecin va assister épouvanté aux horreurs commises tant chez les patriotes que chez les insurgés. Il en a laissé le
récit inachevé, la plume lui tombe des mains. Comme médecin il n‘arrive plus à d’écrire tant d’horreurs [19].


Le dimanche, les Babarit prient pour le pape Clément XIII puis Clément XIV alors au gouvernement de l’Eglise.






Chapitre 4

JACQUES BABARIT (1751-1826)
PREMIERES NOCES, MARIE BOURREAU (1752-1786)
SECONDES NOCES : MARIE-ANNE PETITEAU (1764- 1844)
SOUS LOUIS XV, LOUIS XVI, LA REVOLUTION , LE 1ER EMPIRE, LOUIS XVIII.


L
e 9 août 1751, les cloches de Treize-Vents ont carillonné le baptême de Jacques Barbarit fils de Jacques Barbarit et de Jeanne Bouju, nous l’avons vu dans le chapitre précédent.
Notre ancêtre a 32 ans lorsqu’il épouse en premières noces aux Châtelliers Marie Boureau née en 1752. Le mariage a lieu le 25 février 1783.
Un an plus tard, le 21 novembre 1784, une fille leur est donnée, prénommée Marie-Jeanne.
Leur bonheur est de courte durée, Marie Boureau décède aux Châtelliers le 13 août 1786. Marie-Jeanne a deux ans.
La maman de Jacques, Jeanne Bouju est décédée aux Châtelliers le 25 juin 1784.



SECOND MARIAGE DE JACQUES 17 FEVRIER 1789

La Barotière (Mesnard-la-Barotière)

La nouvelle épouse, Marie-Anne ou Marianne Petiteau est née à la Barotière, le 6 juin 1764, baptisée dans la vieille église [20] aujourd’hui désaffectée datant du 12e et 14e siècle, décorée de fresques récemment restaurées d’un très grand intérêt. Connue dès le 12e siècle, la Barotière aurait été la résidence des Barroteau, puis des Mesnard, seigneurs du lieu au 17e siècle. Notre ancêtre a quatre ans en 1768, lorsque le nom de Mesnard est ajouté à celui de la Barotière.
L’acte de baptême de Marie-Anne Petiteau nous apprend que son papa, Mathurin Petiteau est maréchal taillandier. Il est le fils d’Honoré Petiteau et de Jeanne Cauteron d’Ardelay. Il sait signer. Sa maman se nomme Marie Seguin appelée Angélique sans doute pour la distinguer, les Marie étant très nombreuses. Ils se sont mariés à la Barotière, le 10 septembre 1748. Elle a pour parrain Jean Mandin tailleur d’habit qui signe l’acte et pour marraine Jeanne Seguin sœur de sa maman.

Maréchal-taillandier 1695-1700

Nos ancêtres Seguin, Maillocheau, Petiteau habitent la Barotière depuis longtemps sans doute. Ils battent l’enclume et fabriquent des outils dans ce coin du Haut-Bocage poitevin.
Le grand-père de Marie-Anne, Louis Seguin est né aux environs de 1695-1700 sous le règne de Louis XIV. Nous lui connaissons deux frères René et Mathurin.

René épouse Renée Boudaud. De cette union naît Françoise le 28 mars 1722, Louis Seguin est son parrrain et Marie Gallon sa marraine. René décède à la Chauvière ? des Herbiers le 4 juin 1734.
Son frère Mathurin Seguin est son témoin ainsi que sa femme et son cousin germain René Seguin.
Louis exerce le métier de maréchal taillandier, il épouse Marie Maillocheau ou Maillochon avant 1727.
Il décède le 13 janvier 1747 à la Barotière. Ses enfants Louis, Jacques, Jeanne et Marie sont ses témoins.
Les actes de la Barotière permettent de retrouver cinq enfants Seguin-Maillocheau :
 Louis, marié avec Marguerite Barreau vers 1763 a une fille Marie-Françoise en 1764 qui a comme parrain Pierre Fonteneau garçon taillandier et Marie Pinauchon comme marraine. Marie-Françoise décède en 1767.
Une autre fille leur est donnée, mariée avec René Gennière (orthographe peu
sûre)
Louis Seguin-Barreau, décède le 12 avril 1771 en présence de son frère Jacques maréchal-taillandier de la paroisse de Chavagnes. De René Gennière son gendre de la paroisse d’Ardelay. De Louis-Jérôme Sarsac poilier ( ?) de cette paroisse son neveu de Jacques Maillocheau, maréchal taillandier son cousin germain de cette paroisse.
 Jacques maréchal taillandier à Chavagnes [21]. Doit avoir un fils Jean témoin à la mort de sa tante Marie-Seguin Petiteau.
 MARIE appelée ANGELIQUE, notre ancêtre, née vers 1727, mariée avec Mathurin Petiteau.
 Jeanne peut- être mariée avec Louis Remigereau ?

 Catherine, née le 9 février 1729 ou 1732 décédée à 6 semaines

Les enfants Petiteau- Seguin

Marie-Angélique et Mathurin se sont mariés le 10 septembre 1748 sous le règne de Louis XV. Une petite Marie-Anne leur est donnée 16 ans plus tard, le 6 juin 1764. Son parrain Jean Mandin est tailleur d’habit et signe l’acte, sa marraine, Jeanne Seguin est une sœur de sa maman.
La forge est installée dans le bourg. Marie-Anne grandit au milieu de deux frères et de deux sœurs.
Nous ne les citons pas dans l’ordre :
 Pierre, maréchal taillandier, témoin à l’enterrement de son père et de sa mère est installé à Chantonnay.
 Louis garçon taillandier vit aux Herbiers témoin à l’enterrement de sa mère.
 D’après les actes, une fille serait mariée avec François Soulard ?
 Une seconde aurait épousé François Syaudeau (Suaudeau) ?
Ces deux François sont dits ses beau-frères sur l’acte de mariage de Marie-Anne.

Les enfants orphelins

Marie-Anne n’a pas neuf ans, ce 6 février 1773 lorsque le malheur frappe les Petiteau-Seguin. Le glas sonne pour Mathurin Petiteau « mort dans la communion de l’église ».

Présent : son fils Pierre maréchal, Louis-Jérôme Sarsac son neveu et Jacques Maillocheau son cousin, maréchal. »Ils savent signer.
Huit ans plus tard c’est Marie-Angélique qui quitte les siens, le 12 janvier 1781, « âgée d’environ 54 ans. Présent : Pierre Petiteau, taillandier de la paroisse de Chantonnay,
Louis Petiteau garçon taillandier de la paroisse des Herbiers ses enfants. Jacques Maillocheau de cette paroisse son cousin germain. Jean Seguin son neveu de la paroisse de Chavagnes ? »

La Flocellière

La Flocellière, sur le canton de Pouzauges est un charmant bourg de 2000 habitants, appelés flocéens. La croix du Puy-Lambert que nos aïeux n’ont pas connue, [22] d’une hauteur de 15 mètres surplombe le bourg et offre un magnifique panorama. Le passé de ce petit bourg est riche et les flocéens en sont fiers.
L’Abbé Billaud nous dit ignorer la signification du nom. De Floscellariis et Floscellaria au XIe siècle, la Flocelère et de Flocèleria au XIIIe, la Floscelière en 1600, la Flocelière au XVIIe siècle [23].
Le dictionnaire [24] des noms de lieux donne en étymologie : Dérivé relativement récent du nom de personne Flocel à rattacher à un ancien floc désignant une houppe, une touffe (du latin floccus « flocon de laine ».

Promenade dans le bourg de la Flocellière

Une église existe en 1090. David, Seigneur de la Flocellière en fait don à l’abbaye de Mauléon. Cette construction est remplacée au XIIe siècle, remaniée au XVe et XVIe siècle. En 1863, elle est restaurée et agrandie mais on peut admirer son portail du XIIIème siècle .
En plus de l’Eglise paroissiale, le bourg possède une chapelle dédiée à Notre-Dame de Lorette, édifiée par le Père Dalin, sur les ruines de l’ancienne église des Carmes devenue grange et serre-bois après la Révolution. Elle fut bénie le 12 août 1867.
Il faut ajouter une copie de la Sainte Maison de Lorette en Italie. D’autres monuments religieux rappellent les missions : la Chapelle du Carmel (1864). Bien plus tard, la Croix de Puy-Lambert (1937), le Tombeau (1946).

L’église des Carmes

La Flocellière doit l’installation des Carmes sur la paroisse au repentir du marquis Jacques de Maillé-Brézé [25]. Une jeune princesse écossaise, Miss Hamilton dotée d’autant d’esprit que de beauté, tombe malade lors d’un séjour à la cour de France, sous Louis XIII. La reine régente, demande à l’élégant marquis de distraire la jeune princesse. Mais le jeune homme l’ennuie plutôt. Ce dernier ébloui par tant de beauté fait enlever Miss Hamilton à la Flocellière. D’abord résistante, la jeune écossaise accepte ce compagnon. Sur les instances de Lady Hamilton gravement malade le marquis se décide à régulariser sa situation et le mariage
est célébré le 20 janvier 1617. Elle demande au marquis par testament le 26 février 1617 de construire un couvent à ses frais. Les Carmes sont choisis et installés en 1640 seulement. Ils vont y rester jusqu’à la Révolution.
Jacques Babarit devenu veuf de Marie Bourreau et père d’une fille de huit ans épouse une orpheline : Marie-Anne Petiteau.
Nous sommes à l’aube de la Révolution, mais à cette date, Louis XVI et Marie-Antoinette règnent au royaume de France depuis 1774. Ce qui se passe à Versailles n’est pas complètement étranger aux habitants de la Flocellière. En 1744, le Seigneur du lieu, le marquis Charles François de Granges de Surgères fait baptiser son fils aîné à Paris. Le parrain du bébé n’est autre que le Dauphin fils de Louis XV, père de Louis XVI. Une chronique rapporte qu’en 1743, le Dauphin assista au mariage de Charles-François à la Flocellière [26].
A Rome Pie VI veille sur l’Eglise.
Cet acte de mariage extrêmement bien rédigé par le Curé-Prieur Bondu nous donne un vrai cours d’histoire sur cette époque pré-révolutionnaire [27].

« Ce dixseptième jour du mois de février 1789. après la publication d’un ban de mariage de Jacques Barbarit Veuf de marie bourreau de cette paroisse et de marie-anne petiteau fille mineure de défunt mathurin petiteau et de défunte marie Séguin procédente sous l’authorité de Monsieur Seguy son curateur ad hoc aussy de cette paroisse d’autre part faite en cette église dimanche dernier pour la première et dernière attendu que les susdites parties ont obtenu dispence des deux autres qui leur à été accordée à luçon sous le sceau des armes de sa grandeur, le seing de son secrétaire et le sou seing du sousecrétaire le 10 février 1789. Signé Quérenet vic. gen. Et Le brass [28]e posarée (posecrétaire) insinuée et controllée au greffe et controlle ecclésiastique de luçon le même jour et an que Dessus Signée joüaneau. Sans quit soit venu à notre connaissance aucun empéchement ou opposition quelconque et après la Cérémonie des fiançailles faite aussy en cette église le 13. du même mois et an que dessus je soussigné ay recu consentements mutuel de mariages des parties cy devant dénommées et leurs ay donné la Bénédiction nuptiale présents et consentants du côté de l’époux Alexis bibard [29] son beau frère Michel benoist et autres, du côté de l’épouse : Mr. Séguy son curateur Louïs Remigeau [30] son oncle, françois Syodeau, françois soullard Beaufrères et autres qui se sont soussignés hors ceux qui ont déclares ne le savoir. »

jacques babarit Seguy ? françois Suaudau
M Mauviz ? alexis bibard
Jean morain
Bondu prieur-curé de la flocellière

Cet acte nous permet de constater :

1. Que la majorié est à 25 ans jusqu’à la Révolution nous l’avons déjà vu.
2. Qu’il y a une cérémonie de fiançailles à l’église et trois publications de bans.
3. Des dispenses sont souvent demandées et souvent accordées lorsque les demandeurs sont bien connus nous dit le Père Baudry archiviste à Luçon
4. Il ne lui est pas possible d’obtenir le motif de la dispense de bans demandée.




La Révolution

Le premier enfant Babarit-Petiteau prénommé LOUIS voit le jour dans le bourg, en pleine Révolution, le 15 juin 1790.
La Vendée se soulève en mars 1793. Si certaines communes comme Pouzauges ou le Boupère sont divisées, il n’en est pas de même à la Flocellière, devenue chef-lieu de canton jusqu’en 1802.
Les combattants appelés « brigands » par les Républicains font partie de l’armée de Lescure et de la Rochejacquelein apparentés aux châtelains du lieu et sont commandés par Daniaud-Dupérat, officier d’ordonnance de Lescure, homme d’une bravoure extraordinaire nous apprend l’abbé Billaud [31]
Pierre Séguy [32] le curateur de Marie-Anne au moment de son mariage est procureur de la commune, il organise le soulèvement et délivre des passeports il va le payer de sa vie.

Dénontiations, les Colonnes Infernales

Après la défaite des Vendéens, Pierre Séguy le procureur et Jacques Guignard secrétaire et greffier de la municipalité sont dénoncés. Le tribunal criminel de Fontenay-le-Comte les condamne à la peine de mort et les fait guillotiner le 4 décembre 1793 [33].
Les derniers jours de janvier 1794, la répression arrive à la Flocellière, commandée par Grignon, elle est terrible. Les habitants se cachent et fuient. Jacques Babarit notre ancêtre, sa femme Marie-Anne Petiteau enceinte de sept mois, Louis, leur fils, bambin de quatre ans et Marie- Jeanne Babarit-Bourreau échappent au massacre. Où se sont-ils cachés ?
Le 30 janvier, Grignon quitte la Flocellière et rapporte à son chef le général Turreau, que le Château, l’église des Carmes et les métairies ont brûlé ainsi que tous les moulins à eau et à vent. Il n’a pas pu emporter tout le grain faute de charrettes [34].
Il est possible de voir dans l’église de la Flocellière un christ en croix ayant échappé au désastre, caché sous la voûte de l’église.


Chapitre 5

NAISSANCE DES SEPT ENFANTS BABARIT-PETITEAU
1790-1808
LA REVOLUTION, 1ERE REPUBLIQUE, CONSULAT, 1ER EMPIRE


Les Babarit-Petiteau sont-ils déjà bordiers au Château après leur mariage en février 1789 ? Les actes ne nous apprennent rien. Nous savons que plusieurs enfants naissent au bourg. Seul l’acte de décès de leur dernier, Pierre-Louis mentionne qu’il est né au château en
1808. De quelle borderie s’agit-il ? Celle du vieux Château qui est en ruine où celle de l’autre Château en partie incendié en 1794 et propriété du marquis de Surgères décédé à Paris en 1795 ?




Le calendrier républicain

Il fut en usage durant 13 ans, du 24 novembre 1793 au 1er janvier 1806, (aboli par Napoléon le 8 septembre 1805).
La dénomination des mois est due à Fabre d’Eglantine, poète et conventionnel.

Mois républicains :

Pluviose = janvier Prairial = mai Vendémiaire = septembre
Ventose = février Messidor = juin Brumaire = octobre
Germinal = mars Thermidor = juillet Frimaire = novembre
Floréal = avril Fructidor = août Nivose = décembre


 LOUIS leur aîné voit le jour le 15 juin 1790 à la Flocellière. Son prénom est celui de son parrain, Louis Remigereau, grand oncle du côté Petiteau. Il a pour marraine une sœur de sa maman, Jeanne Petiteau.
Le petit garçon va vivre les angoisses du soulèvement de 1793 et les massacres de 1794.

 PIERRE-VICTOR-JACQUES vient au monde après la tourmente, le 20 avril 1794, ou selon le calendrier républicain l’an deux du mois de floréal. Il a pour parrain et marraine : Pierre Guignard et Louise Péault. Je pense qu’il a du mourir en bas âge, il n’est pas retrouvé sur les actes comme témoin alors que Louis son frère aîné et Jacques-Frédéric sont très présents.

 MARIE est née le 19 juin 1798, ou mois de messidor an VI à la Flocellière.. Elle a pour parrain Jean Jarousseau et Marie-Anne Moreau veuve Arnaud comme marraine.

 JACQUES-FREDERIC notre ancêtre naît le 20 juillet 1800 ou le 6 Thermidor an VIII, à la Flocellière ou aux Châtelliers d’après les dernières recherches.
Son parrain est Jacques Blanchard, sa marraine Marie Blanchard.

 MARIE-JOSEPH (garçon) voit le jour le deux nivose de l’an XI de la République, à neuf heures du soir, (23 décembre 1803) à la Flocellière. La famille Babarit-Petiteau à la joie d’entendre le carillon du baptême. Depuis 1802, la Flocellière possède une cloche venue remplacer les quatre fondues sous la Terreur [35]. Le bébé a pour parrain Pierre Orion et pour marraine, sa demi-sœur [36] Marie-Jeanne Babarit-Bourreau dite majeure. La jeune fille a en effet 23 ans. La majorité est maintenant à 21 ans.
 MARIE-MAGDELEINE est déclarée par son père qui indique que sa fille est venue au monde au bourg de la Flocellière, « ce jourd’huy sur les huit heures du matin » le 27 septembre 1805. Le cinquième jour du mois de vendémière de l’an XIV de la République. Sa maman Marie-Anne est appelée Titeau. A cette époque, les noms de famille ont soit des diminutifs des traductions en patois ou sont féminisés. Sur les actes du Boupère, une Drapeau devient Drapelle.

 PIERRE-LOUIS, le petit dernier voit le jour le 30 janvier 1808 au Château de la Flocellière où ses parents sont bordiers. Son père a 57 [37] ans, sa maman en a 44. Il est appelé couramment Pierre.

Comment nos ancêtres ont-ils vécu après le passage des Colonnes Infernales en regagnant la Flocellière en plein hiver 1794, et retrouvant le bourg dévasté ? Dans qu’elles conditions Marie-Anne a-t-elle mis au monde son fils Pierre-Jacques en avril 1794 ? Peut-être sont-ils restés quelque temps aux Châtelliers.
Le marquis de Surgères bien que décédé à Paris en 1795 est considéré comme émigré et l’amenage du Château est mis en vente vers 1796. Une autre vente s’effectue le 8 avril 1798. Il comprend le Château en partie incendié, et la borderie estimée à 42 boisselée en fait partie. Louis Perreau de Fontenay et ses associés Bonnamy et Bounard se portent acquéreurs.
Il semble bien que la Flocellière n’ait plus d’école pendant la Révolution. Les aînés des enfants Babarit-Petiteau contrairement à leur père ne signent aucun acte. Par contre, Marie-Joseph ( ce n’est pas sûr) et Pierre-Louis vont en bénéficier.

Jacques Ba(r)barit élu agent habilité à signer les actes d’état civil en 1796-1797

Durant environ un an notre ancêtre va signer les registres d’état civil, puisque ces derniers ne sont plus paroissiaux, tenus par les prêtres, mais communaux. « Du 25 fructidor de l’an IV de la République au 7 prairial de l’an V il est élu agent pour constater naissances, mariages, décès. » Du 11 septembre 1796 au 26 mai 1797. Ce n’est pas bien long il ne va pas en signer beaucoup. Les citoyens de la Flocellière ne semblent pas chauds pour effectuer cette démarche.
Jean Guesdon adjoint a été élu. Il est assisté de Sébastien Jean Dillon fermier [38], assisté de son beau-frère, notaire : Jean-Baptiste Gabriel Brunet [39] propriétaire, demeurant sur la commune du Boupère et de Jacques Barbarit cultivateur âgé de 46 ans.
Ce Jacques appelé Barbarit et qui signe Jacques Babarit est-il bien notre ancêtre ? Ceux qui font des recherches savent bien qu’il faut être vigilant. J’ai envoyé ma sœur Mijo relever des actes pour étudier les signatures. C’est avec celle de son mariage qu’il faut comparer, à la naissance de Marie-Joseph, au mariage de sa fille Marie, il signe Babarit seulement.
Il n’y a pas de doute c’est bien notre ancêtre, un acte donne même son âge.
Ce Sébastien Jean Dillon laisse l’Abbé Billaud perplexe. N’est-il pas le parent de Dominique Dillon ex-curé jureur du Vieux-Pouzauges et farouche ennemi des prêtres qui n’ont pas prêté
serment. Le 16 Janvier 1796 il fait baptiser son fils Amant dont la mère est Marie-Françoise Péault. Le parrain n’est autre que Amant Petit de Vasselot un chef vendéen
représenté par Jean, Baptiste, Gabriel Brunet et la « mareine » n’est autre que Delle Donissant dame de l’Escure [40] représentée par Louise, Rose Péault.
Nous avons pu avoir la photocopie d’une partie de « l’acte civil » signé par notre ancêtre, concernant le petit Amant.
Jean Dillon bien que parent du prêtre jureur ne partage pas forcément les mêmes idées. De plus Jean Dillon est flocéen, régisseur des Surgères. Ces derniers nous l’avons vu sont apparentés aux Lescure et à la famille de la Rochejacquelein. Il est tout normal qu’au moment de l’insurrection il soit parti au combat avec les flocéens faisant partie de l’armée de Lescure. C’est sans doute là qu’il a connu le parrain de son fils Amant. Par les mémoires de Madame de La Rochejacquelein, nous savons que les femmes suivaient les combattants. Il n’est pas invraisemblable de penser que Marie-Françoise Péault ait accompagné la marraine du bébé, à ce moment là, madame de Lescure.
Que vient faire le notaire du Boupère beau-frère de Jean Dillon ? Probablement l’aider à remettre sur pied les actes d’état civil à l’abandon. Au début, c’est le prieur-curé Bondu qui a été élu maire, donc pas de problème. Il est parti, Pierre Séguy a été guillotiné, les registres ont été détruits. Il faut tout réorganiser. Les gens ont du mal à se nourrir. C’est la grande misère et la pagaille.
Il est indiqué que l’enfant n’a pas été enregistré plus tôt, les registres n’étant pas tenus à cause de l’insurrection.
Jacques notre ancêtre est élu parce qu’il habite le bourg, et sait signer. Peut-être est-il déjà bordier du Château dont Jean Dillon est le fermier- régisseur ?

Retour à la vie normale

A la naissance de Pierre-Louis en 1808, son dernier enfant, Jacques peut compter sur ses deux aînés. Marie-Jeanne Babarit-Bourreau célibataire de 27 ans exerce le métier de fileuse et seconde sa belle-mère à la maison. Louis Babarit-Petiteau a maintenant 18 ans et tient la ferme avec son père. Les autres garçons sont placés comme domestiques. Nous trouverons sur les actes Pierre-Jacques à la Pommeraie puis, Jacques-Frédéric à la Blaire de Saint-Michel-Mont-Mercure, Marie-Joseph est désigné comme jardinier et domestique en la ville de Pouzauges.
Doucement, la Flocellière relève ses ruines. En août 1808, Napoléon Ier visite la Vendée, traverse des contrées dévastées et décide d’accorder une aide à la reconstruction.

25 août 1812, mariage du fils aîné Louis : et premiers petits-enfants

A cette époque, les mariages ont plutôt lieu en hiver, mais celui du fils aîné de Jacques a lieu après les moissons, avant les vendanges. C’est à 22 ans seulement que Louis épouse Françoise Giraud. Pour l’époque, Louis semble bien jeune, est-ce pour échapper à la conscription de Napoléon qui subit de cuisantes défaites en Russie [41] ?
Le ménage s’installe pendant de longues années à la borderie ; Jacques le père n’est plus tout jeune.
- Le petit-fils Jacques-Louis voit le jour au Château le 26 février 1817. Il est appelé Jacques.
- Jean naît le 1er février 1819
- suivi de Marie-Françoise le 25 décembre 1820,
- de Pierre-Louis le 16 novembre 1822, (appelé Louis)
- Marie-Victoire le 26 septembre 1826
- de Victor Henri le 25 septembre 1828, (appelé Henri)
- Marie-Louise le 3 août 1830
- Marie-Alexis le 15 août 1832

La Mission (1817)

Cette mission, la première donnée à la Flocellière et dans toutes les campagnes de Vendée obtint un vrai succès [42]. Monseigneur Paillou en eu l’initiative, elle fut prêchée par 5 missionnaires de Saint Laurent. Il y eu renouvellement des promesses du baptême, processions etc...
Pendant plusieurs annés, les jeunes n’ont pas été catéchisés. Nous devinons l’émotion de Jacques et de Marie-Anne, de pouvoir revivre ce qu’ils ont vécu profondément dans leur jeunesse. Ils quittent la borderie pour se joindre aux paroissiens. Marie-Jeanne, la fille de Jacques les accompagne ainsi que Louis et sa femme Françoise. Marie, Marie-Magdeleine, Marie-Joseph sont là avec le jeune Pierre-Louis qui a 9 ans. Peut-être Pierre-Jacques et Jacques-Frédéric déjà placés ont-ils pu se joindre à la ferveur des leurs ? A cette époque, les kilomètres ne font pas peur. L’église résonne des chants du Père Louis-Marie Grignion de Montfort :
« Vive Jésus, vive sa croix !
Oh qu’il est bien juste qu’on l’aime !
Puisqu’en expirant sur ce bois.
Il nous aima plus que lui-même. »
Nos flocéens ont certainement chanté la Vierge Marie comme nous l’avons fait étant plus jeunes :
« Par l’Ave Maria !
Le péché se détruira.
Par l’Ave Maria !
Toute grâce nous viendra. »

La noce en deuil, mariage de Marie Babarit avec René Moreau le 17 août 1825

Le père du marié est décédé un mois avant la noce. A cette époque, le protocole des deuils n’est pas une petite affaire et il est respecté. Marie n’a sûrement pas eu de fête pour son mariage.
Notre ancêtre, bien qu’aillant fêté ses 74 ans signe l’acte de mariage de sa fille Marie. Son gendre René Moreau figure comme témoin sur plusieurs actes concernant les Babarit. Le ménage va vivre à la Flocellière où René se dit cultivateur propriétaire [43].

- Un petit René Jean voit le jour au bourg le 8 août 1826, il décède à deux mois le 11 décembre 1826.

- René Pierre va naître en 1829

5 mai 1826, décès de notre ancêtre Jacques Babarit-Petiteau

Deux des fils du défunt, les « sieurs Louis Babarit bordier au Château âgé de trente-six ans et Jacques Babarit domestique à la métairie de la Bierre de Saint Michel, âgé de vingt six ans », ont déclaré le décès de leur père au « sus dit lieu du Château de la Flocellière ». L’inhumation est faite par le curé Marchand. Sur l’acte religieux, Louis est témoin avec son beau-frère René Moreau.

20 novembre 1827 Marie-Magdeleine épouse un veuf : Alexis Doussaint

Marie-Anne Babarit-Petiteau n’a pas le temps de s’apesantir sur le décès de son mari. Il lui faut prévoir le mariage de sa fille Marie-Magdeleine.
Alexis est veuf de Thérèse Giraud, il est meunier à Malgand [44] de la Flocellière.
Trois enfants naissent de cette union :
- Marie-Anne le 14 décembre 1828
- Alexis-François le 25 février 1831
- Jean-Louis le 30 novembre 1833
- Marie-Geneviève, le 24 juin 1836. Elle décède à la Flocellière le 14 mai 1838, deux ans après le décès de sa maman.

30 juin 1828, mariage à la Pommeray de Jacques-Frédéric et de Marie-Anne Pasquier

Marie-Anne se rend à la Pommeray avec son fils Louis pour le mariage de Jacques- Frédéric qui épouse une orpheline de mère âgée de 19 ans. La jeune fille vit chez son père Jean-Baptiste Pacqué (Pasquier) qui est métayer.
Les époux ont respectivement 28 ans pour Jacques-Frédéric (l’acte indique 26), et 19 ans pour Marie-Anne Pasquier. Le ménage s’installe à la Brénonnière de la Pommeray, Marie-Anne voit naître leurs premiers enfants :

- Pierre-Auguste le 18-07-1834
- Jacques le 13-01-1837
- Marie-Joséphine le 4-01-1839
- Auguste le 4-07 1842 (le ménage s’est installé à la Baudrière de la Flocellière.)

1er mai 1829 décès de Marie-Jeanne Babarit-Bourreau

Trois ans après la mort de son père, Marie-Jeanne âgée de 48 ans, fileuse, célibataire, quitte les siens. Louis et Pierre ses demi-frères viennent déclarer son décès. Marie-Jeanne habite le bourg, il est vraisemblable qu’elle a toujours vécu avec sa belle-mère.

28 juillet 1837, mariage de Pierre-Louis avec Joséphine Caillaud

Le marié Pierre-Louis a 29 ans, Joséphine née le 3 mai 1809 aux Châtelliers en a 28.
Le grand frère Louis est de nouveau témoin ainsi que son autre frère Jacques-Frédéric.
Pierre-Louis est à la Pommeraie (à cette époque La Pommeray) au moment de son mariage, il vient s’installer au Château et remplace son grand frère Louis parti prendre une ferme à l’Aubonnière de Saint-Michel. Son aîné Jacques a maintenant 20 ans, son second fils Jean en a 18 et sont en mesure de l’aider.
Marie-Anne va voir naître les premiers enfants de Pierre-Louis :
- Pierre né en 1840
- Jean né en 1842

Douleur d’une mère : 6 octobre 1831 décès de Marie Babarit-Moreau, 4 décembre 1837, décès de Marie-Madeleine Babarit-Doussaint

Marie, habite le bourg comme sa maman. Elle met au monde une petite fille Marie-Louise, le 26 novembre 1831. La joie est de courte durée. Marie ne se remet pas et décède le 6 décembre 1831, à 32 ans. Elle laisse un bébé de quelques jours et un petit garçon de deux ans.
Après dix ans de mariage, Alexis Doussaint devient veuf pour la seconde fois, Marie-Madeleine quitte ce monde à trente-sept ans. Le coup est rude pour la vieille maman, il ne lui reste plus de filles.

28 juin 1841, dernier mariage pour Marie-Anne, son fils Marie-Joseph épouse Marie-Anne Rigaudeau

Le 28 juin 1841, sera la dernière fête de Marie-Anne sur cette terre. Son fils Marie-Joseph épouse Marie-Anne Rigaudeau.
D’abord installé à la Flocellière comme jardinier, nous retrouvons Marie-Joseph domestique à Pouzauges ville. Leur premier enfant naît l’année suivante :

- Marie-Pierre le 25 août 1842 à la Flocellière

Décès de Marie-Anne Petiteau-Babarit, le 22 avril 1844

Quel chemin parcouru en 80 ans, un vrai roman ! Nul besoin d’en inventer les événements et les personnages.
A sa naissance en 1764, la royauté brille de tous ses feux à Versailles. A Mesnard-la-Barotière, Marie-Anne grandit avec le bruit du marteau sur l’enclume, le rougeoiment des outils, les bêtes amenées par les paysans.
A neuf ans sa vie bascule avec la mort de son père. Quelques années plus tard, elle n’a plus de maman. Elle épouse un veuf, avec une petite belle-fille à élever. Puis vient la Révolution, le soulèvement de 1793, l’épouvante des Colonnes Infernales. Enfin la vie reprend, avec la naissance de ses enfants, le 1er Empire de Napoléon, puis la Restauration avec Louis XVIII. La préparation des mariages et la naissance de ses premiers petits-enfants. Mais aussi la mort de ses deux filles de sa belle-fille et de plusieurs petits-enfants.
Malgré son éloignement à l’Aubonnière de Saint-Michel, Louis vient déclarer le décès de sa mère avec son frère Jacques-Frédéric installé à la Baudrière de la Flocellière.

Les petits-enfants retrouvés sur les actes, les liens de famille

Après la mort de Marie-Anne, d’autres petits-enfants vont naître, je vais essayer de comptabiliser par famille ceux que nous avons retrouvé :

Chez Louis et Françoise Giraud , 8 enfants : Jacques-Louis (Jacques), Jean, Marie-Françoise, Pierre-Louis (Louis), Marie-Victoire, Victor-Henri (Henri), Marie-Louise, Marie-Alexis.

Nous ne savons rien de Pierre-Jacques, né nous l’avons vu deux mois après le passage des Colonnes infernales.

Chez Marie et René Moreau, 3 enfants : René Jean (mort à 3 mois) René Pierre venu au monde en 1829 et Marie-Louise.

Chez Jacques-Frédéric et Marie-Anne Pasquier, 6 enfants : Pierre-Auguste (Pierre), Jacques, Marie-Joséphine, Auguste, Louise-Henriette, Julien- Eugène (Eugène)

Chez Marie-Joseph et Marie-Anne Rigaudeau, 3 enfants : Marie-Pierre, Marie-Louise, Jacques-Victor

Chez Marie-Magdeleine et Alexis Doussaint, 4 enfants : Marie-Anne, Alexis François, Jean-Louis et Marie-Geneviève.

Chez Pierre-Louis et Joséphine Caillaud, 5 enfants : Pierre, Jean, Baptiste-Victor (Victor), Joseph-Louis, Alexis-Marie ?

Pour l’instant nous retrouvons vingt-neuf petits-enfants Babarit-Petiteau. Il y en a d’autres sans doute.
Les actes nous permettent de suivre un peu chacun des enfants jusqu’à la fin du XIXe
siècle. Louis fait souche à Saint-Michel-Mont-Mercure. Nous perdons la trace de Pierre-Jacques. Marie décède en 1831, Marie-Magdeleine en 1837. Pierre-Louis reste à la Flocellière, alors que Jacques-Frédéric et sa descendance envahissent le Boupère avec un fils de Louis. En annexe, je rapporterai ce que nous avons pu recueillir comme renseignements sur chacun des enfants Babarit-Petiteau et leurs descendants.

Chapitre 6

JACQUES-FREDERIC BABARIT (1800-1890) MARIE-ANNE PASQUIER (1810-1877)


J
acques-Frédéric ouvre le siècle au Châtelliers, le 6 thermidor an VIII de la République, c’est-à-dire le 20 juillet 1800. Sa demi-sœur : Marie-Jeanne, ses deux grands-frères : Louis et Pierre-Victor-Jacques (?), ainsi qu’une autre sœur : Marie, accueillent le bébé. Son père Jacques a déjà près de 50 ans, sa maman 36 ans. Le baptême n’est pas carillonné les cloches sont installées deux ans plus tard.
Jacques et Marie Blanchard sont ses parrains et marraines probablement.
La paix revient doucement en Vendée, Bonaparte est premier Consul.
Jacques-Frédéric va traverser ce siècle et en vivre tous les bouleversements : du premier Empire de Napoléon Ier à Louis XVIII, en passant par Charles X, Louis-Philippe, puis le second Empire de Napoléon III. La guerre de 1870 etc …
Six papes vont se succéder au gouvernement de l’Eglise : Pie VII, Léon XII, Pie VIII, Grégoire XVI, Pie IX et Léon XIII. Il va entendre parler du curé d’Ars, de la Médaille miraculeuse après 1831, des Apparitions de la Salette en 1846, celles de Lourdes en 1858.
Très jeune sans doute Jacques part à la « Bierre [45] » ( je pense qu’il s’agit de la Blaire) de Saint-Michel-Mont-Mercure où il est domestique.

Mariage de Jacques-Frédéric et de Marie-Anne Pasquier, 30 juin 1828

Charles X, frère de Louis XVI et de Louis XVIII est au pouvoir lorsque Jacques-Frédéric épouse le 30 juin 1828, une jeune fille de 19 ans, Marie-Anne PASQUIER née en 1810 aux Châtelliers et fille de JEAN-BAPTISTE PASQUIER ET DE MARIANNE GABORIT. Les Pasquier sont nombreux partout. A l’origine ce patronyme désigne des pasteurs.
Lisons une partie de cet acte de mariage

« L’an mil huit cent vingt-huit le 30 du mois de juin, sur les dix heures du matin …comparus pour contrer Mariage, Jacque Babarit domestique âgé de vingt-six ans ( erreur, il en a 28 ) demeurant commune de Saint Michel MonMalcus, né à la Flocelière le six thermidor an huit suivant un extrait etc…
et Marieanne pacqué , âgé de dix-neuf ans née en la commune du Châtellier le trente du mois de mars mil huit cent dix etc fille mineure de Jean Baptiste pacqué Métayé âgé de cinquante cinq ans. »
Certains vont se demander ce que vient faire ce Mont Malcus. Saint Michel est appelé anciennement [46] : De Monte Mercurii, au XVIe, puis Saint Michel-Mont-Marcus. Au XVIIIe et XIXe siècle : Saint Michel-Mont-Malcus. Pendant la Révolution le bourg est appelé Mont Malcus tout simplement. La dénomination officielle que nous connaissons aujourd’hui à été promulguée en 1846. Continuons notre lecture :

«….avons dressé acte en présence des Sieurs Louis Babarit Métayé âgé de trente huit ans frère de l’époux demeurant commune de la flocelière et de Jean Goussié tisserand âgé de quarante trois ans et de auguste Barrion propriétaire âgé de 22 ans Et de pierre pacreau domestique âgé de quarante une ans. Les trois demeurant en cette commune et amis des époux. »

Faisons plus ample connaissance avec les parents de Marie-Anne. Que savons-nous des Pasquier et des Gaborit ?



LES PASQUIER ET LES GABORIT

Les Châtelliers

Depuis 1825, Châteaumur est relié aux Châtelliers par ordonnance royale. Mais la petite mariée née le 30 mars 1810, est née et a été baptisée aux Châtelliers.
Les castelmurois sont fiers de leurs vestiges du passé. Un des bourgs est situé sur la Butte à 212 mètres d’altitude, il regroupe l’église en partie du XIIe où fut baptisée Marie-Anne, la marie et l’école. L’autre bourg est situé plus bas à 1,5 km où vit une grande partie de la population.
L’église et le vieux donjon du XIIe également, sont inscrits à l’inventaire des Monuments historiques.
C’est aussi dans cette église que fut enterré le 28 avril 1815 Marianne Gaborit, laissant un jeune veuf de 42 ans et une orpheline de 5 ans.
Pendant des siècles, certains de nos ancêtres ont sans doute vécu aux Châtelliers.
En ce début d’année 1805, la paix est revenue en Vendée, Napoléon 1er est empereur depuis un an.
Les Châtelliers semblent avoir été épargnés par le passage des Colonnes infernales. Contrairement à Châteaumur où le Curé à dû se cacher, les Châtelliers ont un prêtre jureur. En 1794, lorsque Grignon arrive avec ses soldats, le docteur Vincent Chapelain est maire républicain de Châteaumur, des Châtelliers et de la Flocellière [47]. C’est lui qui reçoit Grignon aux Châtelliers, ce dernier lui ordonne de le conduire à la Flocellière. Le médecin va assister épouvanté aux horreurs commises tant chez les patriotes que chez les insurgés. Il en a laissé le
récit inachevé, la plume lui tombe des mains. Comme médecin il n‘arrive plus à d’écrire tant d’horreurs [48].
Les Pasquier sont-ils déjà à Langibaudière ?

Mariage de Jean-Baptiste Pasquier et de Marie-Anne Gaborit, le 13 février 1805

Nous devinons le bonheur des familles après tant d’années de troubles. Lisons en partie cet acte fort bien rédigé [49] :
« Le treizième jour du mois de février mil huit cent cinq, après les publications de trois bans par trois Dimanches consécutifs, sans aucun empêchement canonique, et les fiançailles entre jean Baptiste Paquier cultivateur, fils majeur des défunts jean Pasquier et Marie Blanchard, Et Marie-Anne Gaborit, fille majeure de Pierre Gaborit et de Marie-Anne Boiteau, je soussigné ai donné la Bénédiction nuptiale à jean Baptiste Paquier et à Marie-Anne Gaborit, en présence de Pierre Pasquier cultivateur …. Paroisse de treize-vent frère du marié de françois Niveau Maréchal à malièvre cousin germain du marié, de Pierre Gaborit Père de la mariée et de Pierre Gaborit son frère. »

LES PASQUIER

Cet acte nous apprend que Jean-Baptiste a pour parents : Jean Pasquier et Marie Blanchard, nés vers 1740, mariés aux environs de 1770. Ils sont décédés avant 1805.
Ils ont au moins deux fils :

 Jean-Baptiste notre ancêtre né vers 1774 comme nous le constatons sur
certains actes. Il est cultivateur aux Châtelliers puis va être métayer à la
Pommeraie.
 Pierre, cultivateur, témoin au mariage de son frère et à la naissance de son neveu Jean-Pierre.


LES GABORIT

Patronyme extrêmement fréquent dans ce coin du bocage. Pierre Gaborit et Marie-Anne Boiteau sont présents au mariage de leur fille.
Nous leur connaissons deux enfants :

 Marie-Anne notre ancêtre qui a plus de 21 ans à son mariage

 Pierre, son frère, témoin à son mariage ainsi qu’à la naissance de Jean-Pierre Pasquier son neveu.

Les enfants Pasquier-Gaborit

Le ménage s’installe à Langibaudière des Châtelliers. Un an après leur mariage, un garçon vient au monde :

 Le 11 mars 1806 Jean-Pierre Pasquier voit le jour. Ses oncles Pierre Pasquier et Pierre Gaborit sont témoins.
 Aimé-Joséphine arrive le lendemain « de la Noël » 26 décembre 1809. Leur bonheur est de courte durée. La petite fille va mourir à 3 mois, le 27 mars 1809 sur les onze heure du matin.

 Marie-Anne Pasquier notre ancêtre vient au monde l’année suivante le 30 mars 1810.

Décès de Marie-Anne Gaborit-Pasquier

Le 28 avril 1815, dix ans après leur mariage, Jean-Baptiste accompagne le cortège funèbre de Marie-Anne. Ses parents décédés ne peuvent le consoler.
Qui va élever Jean-Pierre 9 ans et notre ancêtre Marie-Anne âgée de 5 an ?
Peut-être les grands-parents Gaborit ? Les actes manquent aux Châtelliers ainsi que le temps pour aller consulter ceux de la Roche-sur-Yon.
Le jour de son mariage, nous avons vu Marie-Anne habiter avec son père qui est métayer à la Pommeraie.
Jean-Pierre son frère ne figure pas comme témoin. Est-il décédé ou parti vivre au loin ?

Chapitre 7

NAISSANCE DES ENFANTS BABARIT-PASQUIER
(1834 à 1848)

LA POMMERAY, LA FLOCELLIERE, LE BOUPERE


La Pommeray

Un peu moins de mille Pommeraisiens vivent en bordure de la Sèvre Nantaise et de la Flocellière. Ce lieu appelé aujourd’hui : Pommeraie-sur-Sèvre doit son nom à une villa gallo-romaine Pommeria [50], (la maison du pommier). Visitons les ponts gallo-romains. Louis XI est venu au château de Toucheprès demeure de son maître d’hôtel Olivier Mesnard de Toucheprès. Ce château est aujourd’hui détruit, mais subsiste celui du Deffend.
Notre promenade nous mène à l’église style Plantagenêt enrichie de fresques Renaissance représentant les péchés capitaux. C’est là que furent baptisés trois des enfants Babarit-Pasquier.

S
ix enfants vont égayer le foyer de Jacques et de Marie-Anne. Sur les actes de naissance, mariage et décès, nous ne trouvons plus aucune trace de la famille Pasquier.
Mariés en 1828, ce n’est que six ans plus tard que naît leur aîné Pierre-Auguste. Leurs premiers enfants sont peut-être morts en bas âge ?

• PIERRE, AUGUSTE voit le jour le 18 juillet 1834 à la Brénonnière de la Pommeray. Le frère aîné Louis est encore là comme témoin, cultivateur au château de la « Flocelière ». Marie-Joseph, appelé Marie est présent également, il est domestique à la ville de Pouzauges âgé de trente et un an.
• JACQUES vient au monde un peu plus tard le 13 janvier 1837, lui aussi à la Brénonnière de la Pommeray.
• MARIE, JOSEPHINE, naît le 4 janvier 1839, toujours à la Pommeray
• AUGUSTE MARIE, par contre arrive à la Baudrière de la Flocellière le 4 juillet 1842
• LOUISE-HENRIETTE quelques années plus tard en ce même lieu le 24 juin 1846.
• JULIEN- EUGENE, le dernier, naît à la Bue du Boupère, le 22 septembre 1848

Le prénom de Frédéric

Ceux qui vont consulter les actes en très mauvais état vont se demander où nous trouvons ce prénom de Frédéric alors que notre ancêtre est pratiquement appelé Jacques sur tous les documents. En 1834, pour la naissance de son fils Pierre à la Pommeray les deux prénoms sont mentionnés ainsi qu’en 1868, sur l’acte de mariage de ce même fils. Ce qui se comprend, la mairie du Boupère ayant copié l’acte de naissance fournit par la Pommeray. Nous retrouvons des Frédéric Babarit à la Grange du Boupère sans que nous ayons établi de relations avec cette branche. Ce prénom [51] n’est pas très fréquent, mais il se donne au XIXe siècle (Frédéric Ozanam 1813-1853, récemment béatifié ou canonisé. Ecrivain et fondateur des Conférences de Saint Vincent de Paul).

Les aînés des enfants Babarit-Pasquier ne semblent pas avoir fréquenté l’école. Jacques-Frédéric s’en est passé et n’en voit sans doute pas la nécessité pour ses enfants. Dès leur plus jeune âge Pierre et Jacques vont seconder leur père, Marie-Joséphine va aider sa maman.
Les clôtures électriques n’entreront en fonction qu’un siècle et demi plus tard. En attendant il faut garder les troupeaux. Plus souvent des moutons que des vaches.
Seul Julien-Eugène né au Boupère signe les actes et a sûrement fréquenté l’école. Georgette sa petite fille me rapporte que son grand-père dictait ses lettres à un voisin. Sur un acte, il signe Ugène (cette prononciation est encore en usage chez des anciens.)

Au Boupère : les envahisseurs

Après avoir quitté la Pommeray entre 1839 et 1842, vécu à la Baudrière de la Flocellière quelques années Jacques-Frédéric et Marie-Anne Pasquier s’installent au Boupère
comme cultivateurs entre 1846 et 1848 et ce sera pour longtemps. Eux-mêmes vont y vivre et mourir, certains de leurs descendants y sont encore aujourd’hui.

Nous allons retrouver les Babarit-Pasquier à la Bue, puis à la Courillère où s’éteint Marie-Anne, en passant par le Bois-Sorin tout au nord du Boupère. Joseph Babarit fils d’Eugène se souvient avoir visité son grand-père dans ce lieu-dit [52]. Jacques meurt au Bois-Pouvreau en 1890, comblé d’années, d’enfants et de petits-enfants.
Les enfants vont vivre à la Davière, et aux Roches ainsi qu’à la Maisonnette.

Chapitre 8

MARIAGE DES ENFANTS, PREMIERS PETITS-ENFANTS
(1868-1881)


L
e Boupère sur le canton de Pouzauges, compte actuellement 2800 habitants. Les tout premiers textes désignent ce bourg sous le nom de Alba petra (Pierre blanche en 1239), puis Aubepeyre en 1402, ensuite Aubepierre en passant par Baupère et le Bonpère, l’origine du nom du Boupère se perd dans la nuit des temps. L’église fortifiée est imposante. Bien des baptêmes, mariages et enterrements concernant nos ancêtres vont s’y dérouler.
Après la Flocellière, c’est le Boupère qui voit les actes d’état civil et les registres paroissiaux envahis de Babarit ou Barbarit.
Deux neveux, les deux premiers fils de Louis sont présents également en ce lieu. L’aîné Jacques-Louis a épousé Modeste Pasquier fille de François Pasquier et de Suzanne Charbonneau. Ce n’est donc pas une sœur de notre ancêtre. Ils sont installés à la Grivière.
Jean le second a épousé à Pouzauges Jeanne Joséphine Maudet, le 29 septembre 1850.
Il semble que ce soit lui que l’on trouve témoin d’une naissance en 1870, il habite La Bue.
Plus tard des descendants de Pierre-Louis, le dernier enfant Babarit-Petiteau vont vivre au Boupère.

Grand deuil pour Jacques-Frédéric et Marie-Anne

Le 21 avril 1867, Auguste Marie né le 4 juillet 1842 à la Baudrière de la Flocellière quitte les siens, âgé seulement de 25 ans. Nous devinons le chagrin de ses parents, de ses frères et sœurs. Son père accompagné de son fils Pierre vient déclarer le décès. Une première tombe est creusée au cimetière du Boupère.

18 février 1868, mariage de Pierre avec Marie-Jeanne Giraud, naissance de leurs enfants

Jacques et Marie-Anne ne restent pas sur leur peine. Il faut préparer le mariage du fils aîné, les temps sont durs, cette fête est importante pour leurs enfants.
Ils sont maintenant bien habitués au Boupère, mais la famille de la Flocellière est présente. Tous se dirigent vers l’imposante église forteresse.
Pierre a 34 ans, la jeune mariée Marie-Jeanne en a 25, née le 7 juin 1843 à la Marondière de Montravers (Deux-Sèvres). Mary Giraud et Jeanne Tricot ses parents sont installés à la Réhortelière tout au nord du Boupère près des terres de la Flocellière.
René Moreau malgré ses 72 ans est venu de la Flocellière pour le mariage de son neveu. Jacques, frère de Pierre est son second témoin.
Pour Marie-Jeanne, c’est son oncle de 61 ans Jacques Tricot [53] habitant le Boupère et son cousin germain, Jean Tricot cultivateur aux Epesses qui sont ses témoins.
L’acte est signé par René Moreau, Jacques et Jean Tricot ainsi que par Marie Giraud le papa de Marie-Jeanne.
Comme je l’ai mentionné plus haut, à cette occasion, Jacques indique son second prénom de Frédéric. Par contre, Marie-Anne est appelée seulement Marie.
Si nous parcourons les actes du Boupère à partir de 1850, nous retrouvons plusieurs Jacques Babarit, comment les distinguer sans attraper le tournis ?

- Jacques-Frédéric Babarit-Pasquier, notre ancêtre, à la Courillère, puis au Bois-Serin et au Bois-Pouvreau.
- Jacques Babarit-Sauvêtre son fils qui va vivre à la Davière
- Jacques Babarit-Pasquier, ( Modeste) le fils de Louis, frère aîné des Babarit-Petiteau
est à la Grivière.
- Jacques Babarit-Rampillon le fils du précédent est également cultivateur à la Grivière

La cohabitation à la Courillère

Pierre s’installe avec ses parents dans la ferme, quelle maisonnée ! Plus tard ce sera Joséphine et Jean Poirier. A l’époque et jusque vers les années 1960-1970, cette cohabitation est habituelle en Vendée et ailleurs probablement. Georgette Vannod-Gauducheau est allée dernièrement visiter les lieux. C’est très grand, la personne qui habite la Courillère a aimablement sorti les documents et pense qu’à l’époque, il y avait bien 44 hectares de terres.
Combien de temps y sont-ils restés ? La famille arrive après 1848, puisque le dernier fils Julien-Eugène est né à la Bue. Ils y sont avant 1867 date de la mort de leur fils Auguste. Ils ont quittés les lieux, pour la Saint Georges 1888 [54].
Nous avons vu qu’une tradition orale rapporte que Jacques-Frédéric a habité le Bois Sorin. Sûrement peu de temps, car en 1884, lorsqu’il vient déclarer sa petite fille Ilda, Eugénie, l’acte mentionne qu’il est cultivateur à la Courillère. A l’époque la retraite n’existe pas.
Tous les enfants Babarit-Giraud vont naître dans ce lieu-dit situé dans la partie nord-est du Boupère :

• Tout d’abord, PIERRE, FRANÇOIS, MARIE vient au monde le 19 décembre 1868
• Deux ans plus tard, naît MARIE-LOUISE ALEXANDRINE, le 30 août 1870
• MARIE-AUGUSTE voit le jour le 2 décembre 1873. Le bambin contracte une méningite et reste handicapé. Il meurt au Boupère le 16 mai 1904.
• Sept ans plus tard, MARIE-AUGUSTINE voit le jour le 21 juillet 1880
• La dernière ILDA, EUGENIE, LOUISE est née le 14 octobre 1884.
Est-ce à cause des vendanges ? C’est son grand-père, Jacques-Frédéric âgé de 84 ans [55] qui vient déclarer sa petite-fille nous l’avons vu.

22 juin 1869, double mariage à la Courillère, Jacques et Marie-Joséphine Babarit

Un an après le mariage de Pierre, Jacques âgé de 32 ans, le second fils, épouse Marie Joséphine Sauvêtre âgée de 24 ans, née le 25 septembre 1844 au Boupère domiciliée à la Davière du Boupère où son père Julien Sauvêtre et sa mère Rose Travert sont bordiers.
Le jeune ménage s’installe à la Davière, où vont naître leurs enfants :

• AUGUSTE, EUGENE, MARIE voit le jour le 20 avril 1870
• MARIE-LOUISE naît trois ans plus tard le 1er février 1873
• ROSE, EUGENIE, ZELIE arrive un peu plus tard, le 5 mars 1879

Avec Jacques, c’est Marie-Joséphine qui, à 30 ans, épouse Jean Poirier d’un an plus jeune, venu au monde le 21 février 1840 au Boupère. Son père Jean Poirier est présent, Marie Galard sa maman est décédée.
Jacques a pour témoin son frère aîné Pierre et son cousin germain un autre Pierre Babarit âgé de 27 ans donc né vers 1842.

Marie-Joséphine et Jean Poirier vivent tout d’abord à la Courillère Il partent ensuite pour les Gornières où sont encore leurs descendants.

Trois enfants leur sont donnés :

• JEAN-EUGENE vient au monde le 8 juin 1871 à la Courillère.
• EUGENE en 1872 peut-être
• LOUISE voit le jour le 4 juin 1873

Deuil à la Courillère, décès de Marie-Anne Pasquier

En ce début avril 1877, le glas sonne au Boupère. Le 1er avril 1877, sur les 7 heures du soir Marie-Anne Pasquier âgée de 66 ans est entrée dans l’éternité.
Que se passe-t-il à la Courillère ? Sont-ils tous malades ? C’est le 3 avril seulement que les neveux de la Flocellière viennent déclarer le décès de leur tante par alliance. En effet, c’est Jean âgé de 34 ans, cultivateur à la Flocellière (probablement le fils de Pierre-Louis) et René Moreau (le fils de Marie) âgé de 47 ans, lui aussi cultivateur à la Flocellière qui viennent déclarer ce décès. C’est curieux !

Le 21 mai 1878, mariage de Louise-Henriette avec Pierre-Louis Guesdon

Louise a 31 ans, le marié Pierre-Louis né au Boupère le 7 mai 1845 en a 33. Il est domestique au Boupère où son père Pierre est bordier à la Maisonnette, Véronique Herpin sa mère est décédée le 30 juin 1877.
La mariée a ses deux grands-frères comme témoins, Pierre et Jacques.
Pour le marié, c’est son cousin germain Jules Pain de 26 ans et Louis Préau de 27 ans un autre cousin germain. Tous les deux sont de Saint-Michel-Mont-Mercure.
Triste nocée sans doute, car les mamans des mariés sont décédées l’année précédente.
Le ménage va vivre à la Maisonnette du Boupère où va naître leur fils :

• AUGUSTE, LOUIS, ETIENNE Guesdon, le 25 décembre 1883


Dernier mariage, 17 mai 1881 Julien-Eugène épouse Mélanie Florence Poirier

Jacques-Frédéric bien qu’âgé de 81 ans, a le bonheur de voir le mariage de son dernier fils. Julien-Eugène appelé Eugène. A 33 ans, il épouse Mélanie Florence Poirier âgée de 27 ans, née aux Epesses le 15 mars 1854. Ses parents Jean Poirier et Gimbretière sont métayers au Boupère.
Eugène a pour témoins Pierre et Jacques Babarit ses grands frères.
Mélanie, Baptiste Poirier et Charles Rangeard.

Le ménage va vivre à la Pinaudière, où vont naître leurs 5 enfants :

• EUGENE naît le 1er février 1882
• AUGUSTE deux ans plus tard le 29 octobre 1883
• JOSEPH-JEAN, BAPTISTE le 6 août 1886
• MARIE, MELANIE EUGENIE voit le jour le 11 août 1889 appelée Marie
• MELANIE, BERNADETTE, MARIE naît le 4 novembre 1896 appelée d’abord Mélanie puis Bernadette lorsqu’elle sera au Bois-Pouvreau.

Décès chez les cousins Babarit de la Grivière, le 12 août 1884, Jacques, Alexandre Babarit meurt au Maroc.

Au cours de nos recherches sur les actes du Boupère, un long paragraphe attire notre attention et intrigue. Qui est ce Jacques, Alexandre appelé (Alexandre) Babarit fils de Jacques Babarit et de Modeste Pasquier [56] décédé de la thyphoïde le 12 août 1884 à Souk-el-Djémaa au Maroc ?
Nous l’avons vu plus haut, il s’agit d’un petit-neveu de Jacques-Frédéric, petit-fils de son frère aîné Louis. Le jeune soldat de 2ème classe effectue son service militaire, il meurt loin des siens. Nous devinons ce que fut le retour du corps au Boupère et le chagrin des parents.
Jacques de la Grivière est décédé à 70 ans le 18 janvier 1887. Modeste sa femme est décédée le 9 mai 1888. Elle est née vers 1826 à la Flocellière, elle est la fille de François Pasquier et de Suzanne Charbonneau.

Jacques-Frédéric Babarit et ses petits-enfants

Les treize ans de veuvage de notre ancêtre vont être égayés par bien des naissances.

- Chez Pierre et Marie-Jeanne Giraud, 5 enfants : Pierre, Marie-Alexandrine, Auguste, Marie, Ilda-Eugénie.
- Chez Jacques et Marie-Joséphine Sauvêtre, 3 enfants : Auguste-Eugène, (Auguste ?) Marie-Louise, Zélie.
- Chez Marie-Joséphine et Jean Poirier, 3 enfants : Jean, Eugène et Louise
- Chez Louise-Henriette et Pierre Guesdon, 1 enfant : Auguste
- Chez Julien-Eugène et Mélanie Poirier, 5 enfants : Eugène, Auguste, Joseph, Marie, Bernadette.

Nous dénombrons 17 petits-enfants, sans être sûres de les avoir tous. Que les descendants de ceux que nous n’avons pas retrouvés veuillent bien nous pardonner.
Les prénoms ont changé en une génération, Eugène, Auguste font une apparition en force pour les garçons. Eugénie et Louise sont en grande vogue chez les filles. Bernadette est une nouveauté, sans doute à cause des apparitions de Lourdes. Les pèlerinages ont déjà commencé.
Tout comme à la génération précédente deux enfants de la même famille peuvent porter le même prénom par exemple Marie Babarit-Petiteau (fille) mariée Moreau et son frère déclaré Marie-Joseph, mais appelé Marie. Les mêmes prénoms se retrouve chez les cousins. Comment cela se passe-t-il à l’école ? Que les maîtres s’y retrouvent. En tout cas, moi je m’y perds un peu, car quel est le prénom usuel ? Ce n’est pas forcément le premier.
Ce qui n’a pas changé, c’est l’âge des mariés, autour de 30 ans pour les hommes, 25 ans pour les femmes.

Le Bois-Pouvreau donne du souci à Louis XIV, le royaume des lapins

Pierre et Marie Jeanne Giraud sont venus s’installer au Bois-Pouvreau à la Saint- Georges 1888. Jacques-Frédéric est venu les rejoindre peu de temps avant sa mort.
Comment ce lieu-dit situé en bordure de forêt à l’ouest du bourg du Boupère a-t-il put inquiéter le Roi Soleil ? Je résume ce que nous apprend l’Abbé Billaud dans l’Histoire religieuse du Boupère [57]. Un rapport arrive à Versailles en mars 1698, prévenant le monarque, qu’une assemblée de 5 à 6000 protestants s’est tenue le 16 du mois dans une ferme du Poitou au Bois-Pouvreau. Un récent recensement avait donné tous les protestants comme pratiquement éradiqués, presque tous convertis. L’organisatrice de cette réunion est une dame Boisson gouvernante au château de la Débuterie, appartenant à l’époque à monsieur des Minières, en prison pour cause de religion. Le roi fit envoyer un régiment en Bas-Poitou pour contenir les religionnaires. Esther Boisson fut jugée à Fontenay.
Jacques trop âgé n’a pas pu aider beaucoup son fils Pierre, mais le travail n’a pas manqué comme nous le dit l’Abbé Billaud qui a vécu à la Chaumerie toute proche.
« Chaque soir à la première étoile, les lapins sortaient en cohortes pressées des sous-bois avoisinants. On avait installé une sorte de ligne Maginot, faite de grillages. Ils se moquaient des grillages qu’ils franchissaient en dessous. Une fois dans le champ de blé ou de choux riverains de la forêt, ils se mettaient à l’ouvrage. Il leur fallait moins de temps pour sectionner net un pied de chou qu’il ne faut aujourd’hui pour le planter avec la planteuse la mieux servie. Quant au blé, ils vous le rasaient à la taille, ils n’oubliaient que l’herbe. »
C’est dit avec humour, mais nous laisse imaginer la peine qui fut celle de nos aïeux.

26 juillet 1890 décès de Jacques-Frédéric

Le jour même, 26 juillet, Pierre son fils du Bois-Pouvreau et Pierre Guesdon gendre du défunt, journalier et habitant la Maisonnette viennent déclarer le décès de Jacques- Frédéric qui vient d’entrer dans sa quatre-vingt onzième année, comme il est né le 20 juillet 1800. Le lendemain dimanche, l’Abbé Morin préside les funérailles nous apprend le registre
paroissial. Jacques a quitté cette terre, dans la communion de la sainte Eglise catholique, après s’être confessé et avoir reçu le sacrement de l’Extrême- Onction [58].
Ses enfants sont tous là ainsi que tous ses petits-enfants, sauf Bernadette née en 1896.


Chapitre 9

LES COUSINS GERMAINS


D
e la Courillère puis du Bois-Pouvreau, de la Davière, de la Maisonnette, de la Pinaudière et d’ailleurs, les enfants se retrouvent à l’école, pas très longtemps pour certains. La loi de Jules Ferry la rend obligatoire en 1881. Les enfants de Joséphine Poirier-Babarit sont sans doute déjà aux Gornières.
Les filles vont à l’école des Sœurs de Mormaison nouvellement construite [59]. Ces dernières sont arrivées au Boupère en 1841. Leur enseignement de qualité fait que même après les lois laïques de 1881, elles tiennent encore l’école communale en 1896.
La longévité du grand-père permet de réunir petits et grands.

Les garçons :

• Pierre-François , 1868 et Marie Auguste 1873, (handicapé) les enfants de Pierre.
• Auguste-Eugène, 1870 le fils de Jacques
• Jean, 1871, et Eugène dont nous ne savons rien, les fils de Louise Joséphine Babarit-Poirier
• Auguste, 1883, le fils de Louise-Henriette Babarit-Guesdon
• Eugène, 1882, Auguste, 1883, Joseph 1886, les enfants de Julien-Eugène.

Les filles

• Marie-Alexandrine, 1870, Marie 1880, Eugénie 1884, les filles de Pierre.
• Marie-Louise, 1873 et Zèlie 1879, les filles de Jacques.
• Louise, 1873 la fille de Louise Joséphine Babarit-Poirier.
• Marie 1889 et Bernadette 1896, les filles de Eugène-Julien.

La première du canton

Marie, la seconde fille de Pierre Babarit-Giraud, passe son certificat à Pouzauges, elle est reçue première du canton. De 16 ans plus jeune, sa filleule et cousine, Bernadette apprend aussi très facilement. Les Religieuses voudraient les voir poursuivre leurs études, mais Pierre et Eugène refusent. Marie-Jeanne Babarit-Giraud, maman de Marie conserve un billet d’honneur comme ont pu en recevoir les autres cousines telle Zélie fille de Jacques, d’un an plus âgée. Une composition est également préservée.

De jeunes orphelins, 21 octobre 1899

Un long cortège quitte tristement la Pinaudière en ce mois d’octobre 1899. Julien-Eugène vient de perdre sa femme Mélanie Poirier. Cette mère de famille de 45 ans laisse un fils aîné Eugène âgé de 17 ans, le second Auguste a 16 ans et Joseph le troisième 13 ans. Les petites filles sont encore bien jeunes : Marie a 10 ans et va partir en pension tandis que Mélanie-Bernadette petit bout de chou de trois ans rejoint son oncle Pierre au Bois-Pouvreau. De ce deuil, la petite fille s’en remettra mal. Nous en reparlerons.


Chapitre 10

LES BABARIT DANS LES GUERRES 1914-1918, 1939-1945

E
n pleines « métives [60], » ce samedi soir 1er août l’effrayante nouvelle arrive à la Flocellière au Boupère, Rochetrejoux, la Pommeraie : la guerre est déclarée. La mobilisation générale a lieu le lendemain 2 août. Combien de descendants de Jacques
Babarit-Petiteau vont-ils partir ? Il ne nous est pas possible de les dénombrer. Quatre petits-fils de Jacques-Frédéric Babarit-Pasquier ne reviendront pas.
Vers 1917, les événements sont tragiques pour la France monsieur le Curé du Boupère appelle ses paroissiens à donner leurs économies pour sauver la France. Jacques Babarit qui a près de 80 ans, sort la bourse brodée contenant ses louis d’or et demande à son petit-fils Fernand de compter ; 1500 francs or pour la patrie. Trois de ses neveux Babarit sont déjà morts.
Citons ceux qui sont tombés au Champ d’honneur et que nous retrouvons sur les momuments aux morts en essayant de les rattacher à leur ancêtre.
L’abbé Billaud nous apprends qu’au Boupère, il y eu 137 morts en 1914-1918 et 98 morts à la Flocellière.

- BABARIT AUGUSTE-JOSEPH, né le 29 octobre 1883, petit-fils de Jacques-Frédéric, fils
de Eugène Julien Babarit-Poirier. Décédé le 2 octobre 1915 à 32 ans, (monument
aux morts de Saint-Mesmin.)
Marié avec Marcelline Vrigneau, il laisse deux enfants : Joseph et Auguste.

- BABARIT EUGENE-PIERRE, né le 1er février 1882, petit-fils de Jacques-Frédéric. Fils de Eugène-Julien.
Décède à Ailles (Aisne) le 16 avril 1917 à 36 ans, il a reçu la croix de guerre avec
médaille d’argent pour son exceptionnelle bravoure, (monument aux morts du
Boupère)
- AUGUSTE BAUBINEAU, le mari de Marie Babarit petite-fille de Jacques-Frédéric, et fille de Pierre, décède le 21 février 1919 au Luc dans le Var, à 38 ans, ( monument aux morts de Rochetrejoux.).
Il laisse deux enfants Ulysse et Madeleine.
- AUGUSTE GUESDON, né le 25 décembre 1883, petit-fils de Jacques-Frédéric, fils unique de Louise-Henriette Babarit-Guesdon, mort pour la France le 7 septembre 1914, à 31 ans, à la bataille de la Marne, (monument aux morts du Boupère)

Descendants de Pierre-Louis, les cousins

- BABARIT PIERRE-AUGUSTE , né le 29 juin 1886 à la Flocellière, petit-fils de Pierre-
Louis, fils de Jean Babarit -Rochais. Décédé le 9 juin 1915 à Hébuterne (Pas-de-
Calais) d’un éclat d’obus à la tête et au ventre. Soldat au 137ème régiment [61]
d’infanterie, (29 ans). Marié avec Armandina, Eugénie, Henriette, Massé. Habite
aux Roches.
Monument aux morts du Boupère.

- BABARIT JOSEPH-BAPTISTE, né en 1914, arrière-petit-fils de Pierre-Louis, habitant
Salboeuf de la Flocellière. Son grand-père Baptiste, Victor est le troisième fils de
Pierre-Louis. Il est fils de Baptiste, le frère aîné de Pierre-Victor.
Il décède à la libération (monument aux morts de la Flocellière.) Guerre de 1939-
1945.

Descendants de Louis, les cousins

BABARIT GUSTAVE GABRIEL MARCEL né à Saint Michel-Mont-Mercure le 2 juillet 1887, tué à l’ennemi le 8 juin 1916, Ferme Thiau ? 337e d’Infanterie 2ème classe.

Dans ses mémoires, Fernand Babarit parle de sa rencontre en 1940 avec son cousin germain, tous les deux battant retraite à Virvim d’Aisne. Ils ne se reverrons plus. Fait prisonnier, il est tué par les Russes dans l’assaut d’une maison juste au moment d’être libéré, en 1945.

Babarit morts pour la France non rattachés à leurs ancêtres

- Barbarit Louis, habitant la Bretonnière, du 114e R. I. Mort le 13 juin 1918 à Méry (Oise). Monument aux morts de la Flocellière.
- Barbarit Henri habitant le Vivier du 293e R.I. Mort le 10 juillet 1916 à Sénoncourt (Meuse). Monument aux morts de la Flocellière.
- Barbarit Louis Valentin né le 16 juin 1873, fils de Auguste Barbarit et de Augustine Blanchet, époux de X. Sachot. Habitant La Grange. Soldat au 268e Régiment territorial d’infanterie, 4éme B.E. 16ème compagnie. Mort à Liverdun lieu-dit « Le trou des Fées. » Disparu le 29 novembre 1917, retrouvé noyé le 30 janvier 1918. Monument aux morts du Boupère.


Chapitre 11

LONGEVITE DES BABARIT, LA DISPERSION

I
Ls sont costaud ces Babarit ! Nous avons vu que notre ancêtre Jacques Babarit-Petiteau est décédé à 75 ans et qu’à 74 ans, il signe au mariage de sa fille Marie. Jacques-Frédéric fait mieux puisqu’il meurt au Bois-Pouvreau à 91 ans. A quatre-vingt quatre ans il part de la Courillère et vient déclarer sa petite-fille Ilda-Eugénie. Ses fils ne sont pas en reste. Pierre l’aîné s’éteint à quatre-vingt-huit ans à la Lègerie de Saint-Prouant, son frère Jacques meurt à la Davière à 82 ans. Eugène-Julien le plus jeune va vivre 87 ans et s’éteint à la Pinaudière. Pierre-Victor, descendant de Pierre-Louis, marié avec Zélie Babarit est encore capable à 80 ans d’effectuer le trajet de la Davière à la Turpinière, à bicyclette, et en sabots de
bois qu’il va porter jusqu’à sa mort à 90 ans passés ! Son fils Fernand Babarit fait mieux puisqu’il entre dans l’éternité à 94 ans en 2001.

Décennies mortelles au Boupère

Pierre, Jacques, et Eugène-Julien vivent longtemps, mais ils ont le chagrin de voir mourir une belle-sœur un beau-frère, certains de leurs enfants et des neveux et nièces.
Après la mort de Mélanie Poirier-Babarit en 1899, c’est Pierre-Louis Guesdon le mari de Louise-Henriette Babarit qui décède en 1901.
En 1904, Auguste, l’enfant handicapé de Pierre s’éteint à 31 ans.
En 1911, Louise Poirier, la fille de Louise-Joséphine mariée avec Jean-Baptiste Mercier meurt à 38 ans laissant deux orphelins : Alexandre et Marie-Louise.
En 1913, Pierre-François, fils aîné de Pierre meurt à 45 ans, laissant trois jeunes enfants.
Vers cette même époque, Marie-Alexandrine, fille de Pierre décède, laissant une toute petite fille.
Puis nous l’avons vu, s’ajoute les morts de la guerre 1914-1918 : un gendre de Pierre, Auguste Baubineau, le fils de Louise-Henriette, Auguste Guesdon, deux fils de Julien-Eugène, Auguste et Eugène.

Sur certaines familles, je ne sais pas grand chose, je vais essayer de résumer le parcours des petits-enfants Babarit-Pasquier. Quelques uns restent au Boupère, d’autres partent à Pouzauges, aux Herbiers, à Rochetrejoux, à Mouchamps.
Où sont-ils maintenant ? Une grande partie en Vendée ou dans les départements limitrophes, un certain nombre en région parisienne, un de mes neveux, Jacques Fresnais vit en Suède.
Afin de mieux suivre les pages généalogiques, je vais indiquer la numérotation :
Le chiffre 4 indique le nombre d’ascendants retrouvés. (Ce jour, en juillet 2005, il y en a 5). Ainsi :

Jacques Babarit-Landais = 1
Jacques Babarit-Bouju = 2
Jacques Babarit-Petiteau = 3
Jacques-Frédéric Babarit-Pasquier = 4

. Pierre Babarit-Giraud mon arrière grand-père est l’aîné, il est donc : 4-1
Marie Babarit-Baubineau ma grand-mère, sa 4ème enfant est donc 4-1-4
Ulysse Baubineau-Brémand, mon père, son fils aîné est 4-1-4-1


DEUXIEME PARTIE

Chapitre 12

PIERRE BABARIT (1834-1922), MARIE-JEANNE GIRAUD (1843-1920) ET LEURS ENFANTS

Les 4-1
(pages généalogiques bleues de 5 à 25)

La Courillère, le Bois-Pouvreau au Boupère, La Lègerie à Saint-Prouant

N
ous l’avons vu dans la première partie, Pierre, Auguste, le fils aîné de Jacques-Frédéric Babarit et de Marie-Anne Pasquier, a vu le jour le 18 juillet 1834 à la Pommeray.
« .. est comparu Jacques-Frédéric Babarit, cultivateur à la Brénonnière de cette commune, âgé de trente trois ans… »
La joie doit être grande, car le ménage est resté six ans sans enfants.
Il seconde son père aux travaux des champs et le suit à la Flocellière, puis à la Courillère du Boupère. A 34 ans, il épouse le 18 février 1868, Marie-Jeanne Giraud, une voisine de la Réhortelière, née le 7 juin 1843 à Montravers dans les Deux-Sèvres. Tous les deux s’installent avec Jacques-Frédéric et Marie-Anne Pasquier à la Courillère où vont naître leurs enfants.

 Pierre, François, Marie le 19 décembre 1868
 Marie-Louise Alexandrine, le 30 août 1870
 Marie, Auguste, le 2 décembre 1873
 Marie, Augustine, le 21 juillet 1880
 Ilda, Eugénie, Louise, le 10 octobre 1884

Ils quittent la Courillère pour le Bois-Pouvreau en 1888. Comment savoir exactement à quel moment Pierre et Marie-Jeanne ont quitté le Boupère ? Entre 1913 et 1915 je pense. Ils vont terminer leurs jours à la Lègerie de Saint Prouant où leur dernière fille, Eugénie mariée avec Louis Vendé tient une ferme. Ils voient naître presque tous leurs petits-enfants sauf Alfred Vendé qui vient au monde un mois après la mort de son grand-père.

 Pierre, Eugène et Marie-Louise, chez Pierre-François Babarit-Villeneuve.
 Menitte chez Marie-Alexandrine Babarit Bouchaire
 Ulysse et Madeleine chez Marie Babarit-Baubineau
 Louis, Jean, Marcel et Alfred (appelé Fédé) chez Eugénie Babarit-Vendé.

Au total dix petits-enfants.
Les deuils ne les ont pas épargnés avec le décès prématuré de Pierre-François à 45 ans, laissant trois jeunes enfants. La mort de leur fils handicapé. Celui de leur fille Marie-Alexandrine laissant une fille orpheline. Puis en 1919 celle d’Auguste Baubineau, leur gendre laissant aussi deux jeunes enfants.
Marie-Jeanne a vécu 77 ans, elle quitte les siens à la Lègerie le 29 décembre 1920, son gendre Louis Vendé vient déclarer le décès.
Pierre s’éteint à 88 ans, le 9 juillet 1922, c’est aussi son gendre qui vient déclarer le décès.


PIERRE-FRANCOIS BABARIT (1868-1913), ET MARIE-LOUISE VILLENEUVE (1875-1943)
4-1-1
Les Roches au Boupère, la Souffrenière à Mouchamps

L’aîné PIERRE-FRANÇOIS né le 19 décembre 1868 épouse Marie-Louise, Julie Villeneuve née le 17 janvier 1875. Le couple s’installe aux Roches du Boupère où naissent leurs enfants :
• PIERRE mon parrain, vient au monde le 11 janvier 1902, et reste célibataire. Longtemps garde au château de Buchignon appartenant à la famille de Lambilly à Fougeré. Il s’achète une moto après la guerre et le dimanche, vient voir sa sœur Marie-Louise à la Souffrenière. A cette époque nous habitons sur le bord de la route à la Clé de Mouchamps, Pierre ne manque jamais de s’arrêter. A sa retraite, il se retire au foyer des Genêts aux Herbiers. Très actif encore, il s’occupe du jardin, ses abeilles sont dans le parc du Landreau. C’est au foyer qu’il décède le 19 octobre 1993, à 91 ans comme son arrière-grand-père Jacques- Frédéric.
• EUGENE né le 15 juillet 1903 reste également célibataire et décède à la Souffrenière de Mouchamps le 2 avril 1934 âgé de 31 ans.
• MARIE-LOUISE, née le 13 novembre 1904, épouse un maçon Henri Lucas. Elle va vivre à la Souffrenière et y mourir le 18 décembre 1968. Le ménage a un fils, né le 2 septembre 1939, prénommé Henri « Riri », maçon [62] comme son père installé dans le Maine- et- Loire :
10 rue du Moulin Victor, 49450 Villedieu-la-Bouère

Marié avec Andrée Fièvre, ils ont cinq enfants.

Deuil Babarit aux Roches du Boupère, 12 octobre 1913

Revenons en arrière au Boupère. Les enfants Babarit-Villeneuve sont devenus orphelins bien jeunes. Leur père cultivateur aux Roches décède à 45 ans le 12 octobre 1913. Les enfants ont 11 ans, 10 ans et 9 ans. Marie-Louise Babarit-Villeune reste veuve 30 ans et meurt le 19 février 1943.


MARIE-ALEXANDRINE BABARIT 1870-1907), ET JEAN-LEON-PIERRE BOUCHAIRE (1870-1943-1944 ?)
4-1-2
La Davière au Boupère

Née le 30 août 1870, Marie-Alexandrine épouse aussi un Boupérien le 15 novembre 1905. Léon, Jean, Pierre Bouchaire (il porte son 3ème prénom) né au Boupère le 12 avril 1870. Les Bouchaires vivent à la Davière.
Deux ans plus tard le 27 juin 1907 une fille leur est donnée, prénommée Marie, Alexandrine, Eugénie. Pour tous elle reste « Menitte » de la Davière. La naissance se passe très mal, Marie Alexandrine devient aveugle et malade, roulée en fauteuil roulant. Camille Rangeard se souvient l’avoir entendu dire par sa maman. Elle ne se remet pas et meurt peu après. Mais où ? peut-être à l’hôpital ?

• MENITTE est donc orpheline de mère très tôt. Elle est d’abord recueillie par une sœur de son père, Angèle Malvina Bouchaire mariée avec un mineur, Louis Girardeau, ils habitent la Davière.
Pierre Bouchaire son grand-père, né à Chantonnay marié avec Marie Gaborit et journalier à la Davière meurt le 22 avril 1912.
Marie Babarit-Baubineau sa tante, choisit Menitte comme marraine de sa fille Madeleine en 1915.
Plus tard, Menitte va vivre avec son oncle Alexandre Bouchaire et sa tante Florine [63], tous les deux célibataires et nés au Boupère. Ils partent vivre à Royan et tiennent un magasin d’alimentation et gèrent un immeuble qui fait hôtel. Ils y sont en 1927. Ulysse mon père a toujours parlé de ce voyage à Royan lorsqu’il avait quinze ans.
Pierre Bouchaire resté à la Davière paralyse [64]. Il rejoint sa fille à Royan et va vivre chez son frère et sa soeur. Il décède vers 1943-1944 à Royan. Il est enterré dans cette ville.
Les intenses bombardements obligent les Bouchaire à revenir en Vendée où ils rapportent ce qu’ils ont pu récupérer.
Tous les trois vivent un certain temps à Rochetrejoux, pas loin de la mine. En 1941, Ulysse Baubineau choisit Menitte sa cousine germaine, comme marraine de sa dernière fille Marie-Joseph (Mijo).
Tous les trois regagnent la Davière et s’installent dans la maison où a vécu Pierre Bouchaire. Alexandre ancien séminariste tient l’orgue du Boupère.
Menitte très travailleuse va en journées, brode comme une fée. Sur ses vieux jours, sa filleule Mijo Baubineau, mariée Roy, vient la voir souvent et veille au nécessaire ainsi que la famille et les voisins dont certains sont des cousins. Menitte part quelque temps à la Roche-sur-Yon, elle décède le 23 janvier 1992.


MARIE-AUGUSTE BABARIT (1873-1904)

4-1-3
Le Bois-Pouvreau au Boupère

Il vient au monde le 2 décembre 1873 à la Courillère du Boupère. Après une méningite, le petit garçon reste handicapé. Il meurt au Bois-Pouvreau le 16 mai 1904. Son oncle Eugène habitant le Bois Pouvreau et son frère Pierre-François des Roches viennent déclarer le décès.


MARIE, AUGUSTINE BABARIT (1880-1957), ET AUGUSTE BAUBINEAU (1880-1919)

4-1-4
Le Bois-Pouvreau au Boupère, Rochetrejoux, Monsireigne

Marie ma grand-mère, née le 21 juillet 1880, épouse tardivement [65] le 19 octobre 1909 à 29 ans un mineur venu avec sa famille de Saint-Laurs dans les Deux-Sèvres.
Auguste BAUBINEAU est né en ce lieu le 5 août 1880.


Pierre Babarit et Marie-Jeanne Giraud sont heureux de marier leur fille. Marie a comme témoins Marie Giraud, un oncle, frère de sa mère et son grand frère Pierre-François Babarit des Roches.
Ce mariage est aussi un grand événement pour Marie-Astérie Fréman-Bobineau, veuve depuis longtemps et arrivée depuis quelques années seulement au Boupère. Auguste a comme
témoin son oncle de la Chapelle-Thireuil dans les Deux-Sèvres Joseph Bobineau [66] frère de son père Jean-Antoine Bobineau. Son frère Jean-Baptiste Bobineau.
Les deux époux ont le même âge, Auguste travaille d’abord comme mineur à la Ramée.
Assez vite, le ménage s’installe au Bois-Luneau de Rochetrejoux où la mine d’antimoine vient d’être exploitée. Un fils vient au monde le 2 août 1912, il est prénommée Ulysse.
Au début de la guerre, Auguste étant au front, Marie part s’installer chez ses parents et sa sœur Eugénie Babarit-Vendé. C’est là que vient au monde leur fille Madeleine le 16 octobre 1915 à la Lègerie de Saint-Prouant.
Marie retourne ensuite à Rochetrejoux. Si l’armistice est un énorme soulagement, ce n’est pas la fin de la guerre pour autant. Plusieurs mineurs de Rochetrejoux sont envoyés dans le Var au Luc où une mine de bauxite est exploitée. Marie reçoit une lettre le 21 janvier 1919 ou Auguste lui annonce la libération de son frère Jean-Baptiste père de 5 enfants. Il ne lui cache pas qu’il en a assez, mais en principe dans un mois, ils sont démobilisés, alors courage et patience. Un mois plus tard, la grippe espagnole ravage le midi. Ces mineurs aux poumons déjà fatigués, ne résistent pas à l’épidémie, cinq soldats de Rochetrejoux meurent loin des leurs.
Essayons d’imaginer la stupeur de ces femmes qui attendent le retour imminent de leur mari et cette nouvelle si triste pour le petit bourg de Rochetrejoux. Un voyage est organisé, toutes partent pour le Luc. Ma grand-mère a gardé la note de frais, médecin, crucifix, cierges, un trentin. Ils sont enterrés sur place. Marie doit loger chez l’habitant, elle sympathise avec une dame qui lui promet d’entretenir la tombe et lui envoi une photo. Les cinq mineurs bien que n’étant pas morts au front figurent sur le monument aux morts de Rochetrejoux. Depuis, les tombes ont été relevées.
La même année, Marie perd sa belle-mère, Marie-Astérie Fréman-Bobineau, l’année suivante sa maman et en 1922 son père.
Marie va vivre de sa pension, vend aussi des gâteaux le dimanche et « prie aux enterrements. » [67] Elle meurt à Monsireigne chez sa fille Madeleine, le 4 janvier 1957.
• ULYSSE mon père après avoir appris le métier de sabotier et avoir été en ferme, se marie le 9 septembre 1935. Il épouse à 23 ans, Eustelle Brémand d’un an son aînée qui vient de reprendre le magasin de sa grand-mère Guerry-Gobin à Rochetrejoux. Peu de temps après, ils s’installent à la Pelletrie de Rochetrejoux avec la mère d’Eustelle veuve depuis plusieurs années.
Leurs cinq enfants vont naître en ce lieu :
- Marie née en 1936, mariée avec Bernard Fresnais (décédé), ils ont eu 4 enfants.
- Eustelle (Sœur Marie Geneviève) en 1938,
- Auguste en 1939, marié avec Renée Etourneau, (décédée) ils ont 3 enfants.
- Octave en 1939, (décédé) marié avec Françoise Ouvrard, ils ont 2 enfants.
- Marie-Joseph, (Mijo) née en 1941 mariée avec Ulysse Roy, ils ont 4 enfants.
Marie et Mijo vivent à Pouzauges rue de Chaffignon, ainsi que la femme d’Octave décédé en 1986, habite 40 rue des Cordiers. Auguste est en retraite à Saint-Philbert-du Pont-Charrault [68].
Eustelle, (Sœur Marie Geneviève).Je suis entrée en 1955 chez les religieuses de Notre-Dame de l’Assistance Maternelle à Paris. J’ai travaillé 30 ans à la Maternité Sainte Félicité comme infirmière-puéricultrice. Pendant douze ans, j’ai été bénévole à plein temps dans une Association venant en aide aux futures mamans en détresse. Depuis quelques jours, je me suis retirée de l’Association afin de venir en aide à mes sœurs plus âgées et m’initier aux comptes de la communauté.
La Congrégation s’est retirée près de la Porte de Versailles : 36 rue Vaugelas
75015 PARIS

A la déclaration de guerre en 1939, Ulysse est parti pour Brest, la naissance de ses jumeaux l’a fait revenir en novembre. Les pères de 4 enfants n’étant pas mobilisés.
En 1942, la ferme de la Pelletrie est vendue, la famille Baubineau vient s’installer à la Clé de Mouchamps dans une petite borderie. Les enfants grandissent, aussi, en 1952, Ulysse vient travailler à Fleury-Michon et va y rester jusqu’à sa retraite.
Ulysse et Eustelle sont décédés dans leur maison rachetée ensuite par Marie leur fille aînée et située :

6 rue de Chaffignon
85700 Pouzauges.

Ulysse est décédé le 7 mars 1994 et Eustelle le 23 juin 1997

• MADELEINE née le 15 octobre 1915 à la Lègerie de Saint Prouant, apprend le métier de couturière, elle épouse à Rochetrejoux, un maçon le 16 juin 1937 ; Gabriel Héraud, né le 9 novembre 1913 aux Gornières de Saint Prouant.
Gabriel est fait prisonnier en Belgique dans la débacle de 1940. Il va revenir 5 ans plus tard, en mai 1945 après un incroyable périple, et avoir souffert de la faim, des durs travaux.
Le ménage vit avec Marie Babarit-Baubineau. Ils quittent Rochetrejoux pour vivre plusieurs années à Monsireigne où Madeleine et Gabriel exercent leur métier.
Marie Babarit-Baubineau décède à Monsireigne le 4 janvier 1957 âgée de 77 ans.
Madeleine et Gabriel adoptent deux enfants :
- Joseph qui vit à la Largère de Thouarsais-Bouildroux.
- Marie-Cécile mariée avec Gérard Briffaud est installée au Vigneau de Monsireigne.
Ils ont 5 enfants.
La famille va vivre un certain temps à la Chaume, rue du Sémaphore, villa Pax.
Sans délaisser la Chaume, Madeleine et Gabriel ont fait construire à Saint-Germain-de-Prinçay où est décédée Madeleine, le 25 août 1997
Gabriel Héraud habite :
32 rue Marchegay
85110 Saint Germain-de-Prinçay



ILDA, EUGENIE BABARIT (1884-1950) ET LOUIS VENDE ( 1888-1963)

4-1-5

Le Bois Pouvreau du Boupère, Rochetrejoux, La Lègerie de Saint Prouant, L’ Aubier de Sainte Cécile

La dernière des enfants de Pierre Babarit et de Marie-Jeanne Giraud vient au monde le 14 octobre 1884, à la Courillère, nous avons vu que c’est son grand-père de 84 ans qui vient déclarer sa petite fille. Les prénoms de Ilda, Eugénie, Louise lui sont donnés. Mon père, son filleul l’appelle tante « Génie », elle porte donc son second prénom. Louis Vendé son mari est aussi le parrain de mon père.
Eugénie épouse au Boupère, Louis, Vendé le 10 octobre 1910. Ils sont cultivateurs et assez vite le ménage s’installe à Rochetrejoux au Bois-Luneau où vient au monde leur fils aîné :
 Louis, Arthur, Auguste, le 6 janvier 1913
 Jean naît à la Lègerie de Saint-Prouant le 9 avril 1915
 Marcel, le 17 juin 1919 à la Lègerie
 Alfred le 4 août 1922 également à la Lègerie.

Plus tard, ils vont s’installer à l’Aubier de Sainte Cécile avec leur fils aîné Louis.

• LOUIS, se marie pendant la guerre, le 11 juin 1941 avec Marguerite Roturier née le 24 mai 1920.
Leurs 4 enfants viennent au monde à l’Aubier :
- Louis appelé (Lili) le 24 juillet 1941. Lili célibataire vit avec sa maman Marguerite
Roturier-Vendé aux Clous de Chantonnay.
- Pierre le 29 avril 1945 est divorcé de Annie Seguin, ils ont 4 enfants.
- Bertille le 27 juillet 1951 mariée avec Michel Boutin a 3 enfants.
- Marie-Line le 1er mai 1954 est célibataire.

Louis est décédé le 23 avril 1992

• JEAN né le 9 avril 1915 épouse Odile Guillet le 5 juillet 1945. Installés aux Chaffauds de Sainte Cécile, le ménage tient un magasin et Jean est épicier itinérant.
Deux enfants leur sont donnés :
- Jean-Claude vient au monde 31 mai 1946. Mais le 22 septembre 1968, une triste
nouvelle parvient aux Chaffauds, Jean-Claude est tué dans un accident de voiture, il a
22 ans.
- Jacqueline née le 30 juillet 1947, épouse le 27 mars 1970, Claude Gâteau. Le ménage
a deux enfants et vit dans les Charentes à Aytré.

• MARCEL né le 17 juin 1919 épouse le 23 août 1959, Henriette Gauducheau sœur de Gaston le mari de Georgette Vannod-Gauducheau.
-Leur fille Sylvie est née le 9 décembre 1962, elle a épousé Serge Paradis, le ménage a
4 enfants.

Marcel est décédé le 1er juin 1993, Henriette vit à Longrais de Chantonnay.



• ALFRED né le 4 août 1922 a épousé Céline Godreau le 14 novembre 1944.
Céline née le 27 mai 1922, va mettre au monde 8 enfants :

- Alfred, né en 1945, marié avec Roseline Péquin ils ont 2 enfants
- Gilles, marié avec Anicette Grolleau a 3 enfants. Il est décédé le 25 juillet 2002
- Marie-Claude mariée avec Michel Maquineau a 4 enfants, elle est décédée le 24 octobre 2001.
- Michel, marié avec Monique Rousseau a 2 enfants
- Ghislaine morte à quelques mois de la maladie bleue, enterrée à Saint-Prouant.
- Joël, marié avec Jocelyne Jovend a 2 enfants.
- Annie a un enfant : Valentin.
- Véronique et Lionel Gauducheau, ont 2 enfants.

Alfred et Céline Vendé habitent au :
47 rue Voltaire
85110 Chantonnay.

Eugénie Babarit-Vendé est décédée à Sainte Cécile, le 24 février 1950 à 66 ans. Louis son mari est décédé le 16 décembre 1969 à Longrais de Chantonnay.
Vers 1953, je me souviens avoir vu Louis Vendé, parrain de mon père venir en bicyclette à un enterrement à Pou
Chapitre 13

JACQUES BABARIT (1837-1919), MARIE-JOSEPHINE SAUVETRE (1844- ?) ET LEURS ENFANTS

Les 4-2
(pages généalogiques jaunes de 27 à 38

La Davière du Boupère

J
acques, le deuxième enfant Babarit-Pasquier a vu le jour le 13 janvier 1837 à la Brénonnière [69] de la Pommeray où ses parents sont cultivateurs.
Fernand Babarit-Boudaud son petit-fils, se souvient avoir vu vers 1915 le cadre souvenir de l’image de communion de son grand-père, faite à la Pommeray.
Bien des détails sur Jacques, Pierre et Fernand Babarit ont été relevés sur les notes aimablement données par Claude Babarit.
La famille Babarit-Pasquier quitte la Pommeray pour vivre quelques années à la Baudrière de la Flocellière et s’installe ensuite au Boupère, d’abord à la Bue puis à la Courillère, c’est là qu’est domicilié Jacques au moment de son mariage, il a 32 ans.
Il épouse le 22 juin 1869, une jeune boupérienne de 24 ans, Marie-Joséphine Sauvêtre, née le 25 septembre 1844, domiciliée à la Davière où ses parents ; Julien Sauvêtre [70] et Rose Travert sont bordiers.
Jacques a comme témoins : Pierre Babarit âgé de 33 ans, son frère aîné.
Pour Marie Sauvêtre, c’est son oncle Jean Travert âgé de 50 ans.
Le ménage s’installe comme cultivateur à la Davière du Boupère.

La Davière, un fief des Babarit

Ce grand village est situé à l’ouest du bourg du Boupère. L’abbé Billaud [71] rapporte qu’il est le plus religieux des villages et aussi le plus populeux. En 1890, il compte 217 habitants. Au recencement de 1911, sur 2826 habitants que compte le Boupère, 165 sont de la Davière.
Le 26 mai 1890, lundi de la Pentecôte, un nouveau chemin de croix, payé par les habitants est érigé dans la chapelle bâtie 20 ans auparavant.
Le 24 août de la même année, une grande cérémonie a lieu pour la bénédiction d’un nouveau calvaire dressé au milieu du village. « Le Christ est porté par quatre hommes du village, quatre jeunes gens portent les cordons tressés par les religieuses. En tête de nombreuses jeunes filles en blanc [72]. » Le hameau est décoré de guirlandes, de houx décorés, d’arcs de triomphe. Cette croix en remplace une plus ancienne.
En 1999, le calvaire est restauré par une association paroissiale du Boupère chargée de veiller à la conservation de son patrimoine religieux. Une bénédiction rassemble à nouveau les habitants du hameau et le journal Ouest-France relate l’événement dans son édition du 10 décembre.


Ce calvaire est situé en face la maison que Pierre et Zélie Babarit, les enfants de Jacques vont faire construire vers 1920 [73].

Les enfants Babarit-Sauvêtre

 Auguste, Eugène, Marie né à la Davière le 20 avril 1870, marié à Pouzauges le 25 juillet 1898, avec Ernestine Vigneron née le 15 avril 1871.
 Marie, Louise née le 1er février 1873 à la Davière du Boupère, épouse Pierre Baizé, le 19 février 1900.
 Rose, Eugénie, Zélie, née à la Davière le 5 mars 1879, épouse le 15 novembre 1904, Pierre, Victor, Auguste Babarit, né le 23 novembre 1873 à la Brunière de la Flocellière.
Avant d’essayer de retracer l’itinéraire de chacun des enfants nous voyons que Jacques n’a pas quitté la Davière.
Leurs trois enfants se marient successivement, Auguste le cantonnier à Pouzauges en 1898, deux ans plus tard, en 1900 c’est Marie, qui part vivre aux Herbiers, et Zélie en 1904 reste au Boupère.
Jacques et Marie Sauvêtre connaissent le bonheur d’être grands-parents et voient naître :
- Marthe, Hilaire et Marie-Thérèse chez Auguste Babarit-Vigneron ;
- Abel et Clovis chez Marie Babarit-Baizé
- Zénob, Fernand et Zélie chez Zélie Babarit-Babarit.

Au total 8 petits-enfants, mais Zénob, l’aîné des enfants de Zélie meurt à six mois, le 7 juin 1906.

Jacques décède à 82 ans, le 18 avril 1919. La déclaration est faite par Auguste Babarit son fils, âgé de 48 ans, il est dit cantonnier.
Jacques est veuf, je n’ai pas la date du décès de Marie-Joséphine Sauvêtre. En 1914, il a vu partir son fils et ses deux gendres pour le front, il a eu la joie de vivre l’armistice de 1918. Nous avons vu qu’il n’a pas hésité à verser toutes ses économie à l’appel de son curé, pour sauver la patrie.


AUGUSTE BABARIT (1870-1934), ET ERNESTINE VIGNERON (1871-1936)

4-2-1

Auguste, Eugène, Marie voit le jour à la Davière le 20 avril 1870, il épouse à Pouzauges le 25 juillet 1898, Ernestine Vigneron, née le 15 avril 1871.

Ils ont trois enfants :

• MARTHE, née le 17 mai 1898, se marie en avril 1922 avec Louis Rangeard, né le 2 février 1896. Le ménage est installé à la Davière où naissent 3 enfants :
- Camille né le 2 avril 1923 à la Davière
- Marie-Marthe née le 26 mars 1925 à la Davière, mariée avec Albert Gallon né le 18 juillet 1924, ils ont 3 enfants.

- Lucette née le 1er janvier 1934 à la Davière aussi, je pense, épouse Jean Grolleau, ils ont 5 enfants.


Un très chaleureux merci à Camille Rangeard pour les précieux renseignements qu’il nous a donnés. Son aide a été très précieuse.

• HILAIRE né le 29 juin 1902, épouse le 13 septembre 1926, Clotilde Sachot, née le 19 novembre 1906.
Ils ont 5 enfants :
- Roger né en 1927 marié avec Monique Pin, le ménage a 3 enfants
- Renée née en 1931, mariée avec Hubert Liaigre, ils ont 4 enfants
- Huguette, mariée avec X. Chaigneau, ils ont 3 enfants
- Michelle, née en 1940, mariée avec Joseph Billaud
- Jacques né en 1942, marié avec Cécile Lumineau, ils ont 4 enfants.

• MARIE-THERESE, née le 3 juillet 1911, épouse le 2 juin 1937, Alcide Vincendeau.
Le ménage a 4 enfants :
- Odette née en 1930 mariée avec Albert Martineau , ils ont 2 enfants
- Marie, née en 1938, mariée avec Jean Perraudeau, ils ont 3 enfants
- Jean, né en 1941, marié avec Anne-Marie Rigaudeau, ils ont 2 enfants
- Guy, né en 1946, marié avec Maryvonne Fortin, ils ont 1 enfant.

Auguste s’éteint à la Davière en mai 1934, Ernestine vit un long veuvage et meurt le 1er mars 1968.

MARIE BABARIT (1873-1952) ET PIERRE BAIZE ( ?-1947)

4-2-2

Les Herbiers

Marie-Louise voit le jour à la Davière le 1er février 1873, elle épouse Pierre Baizé le 19 février 1900. Le jeune ménage s’installe aux Herbiers, 2 rue du Bignon. Pierre gagne sa vie en exerçant le métier de sabotier. Deux enfants leur sont donnés :

• ABEL décédé le 28 février 1921 à 18 ans
• CLOVIS né le 4 janvier 1910, marié le 17 octobre 1932 avec Geneviève Moreau, née le 3 février 1912. Ils ont une fille Annie, née le 14 janvier 1934, mariée le 18 septembre 1957, avec Bernard Giffaud, né le 18 septembre 1933. Commerçants , ils développent avec leurs enfants un important complexe de conditionnement et distribution de viande porcine dans toute la région .
.

Marie, est décédée aux Herbiers le 9 novembre 1952 et Pierre Baizé le 26 avril 1947.
Ils ont eu la joie de connaître leur petite fille Annie.
Clovis est décédé le 17 mars 1965 et Genevieve Moreau-Baizé le 27 février 1958.



ZELIE BABARIT (1879-1924) ET PIERRE BABARIT (1873-1963)

4-2-3

La Davière du Boupère

Rose, Eugénie, Zélie vient au monde à la Davière du Boupère le 5 mars 1879, et porte son troisième prénom. Elle fréquente sûrement la nouvelle école tenue par les Sœurs du Sacré-Cœur de Mormaison. Le 15 novembre 1904, à 25 ans, elle épouse Victor, Auguste, Pierre Babarit. Lui aussi, porte son troisième prénom. Son cousin est né le 23 novembre 1873 à la Brunière [74] de la Flocellière. Il est le fils de Victor-Baptiste Babarit et de Augustine Boissinot. Son oncle Pierre habitant la Brunière est venu déclarer son neveu et sans doute son filleul.
Comment Zélie Babarit et Pierre Babarit sont-ils cousins ? A l’époque, c’est très fréquent.
Zélie est la petite fille de Jacques-Frédéric Babarit-Pasquier, le 4ème enfant de Jacques Babarit-Petiteau.
Pierre est le petit-fils de Pierre-Louis Babarit-Caillaud, le dernier enfant Babarit-Petiteau. Son père Victor-Baptiste est le 3ème enfant de Pierre-Louis. Ils sont cousins issus de germains en patois « remuent germains »
Pierre et Zélie font construire une maison en face du calvaire de la Davière, ils acquièrent également quelques terres et des vignes.
Trois enfants leur sont donnés :

• ZENOB, Pierre, Auguste, Marie, Hubert, voit le jour le 11 janvier 1906. Ce prénom peut paraître curieux, mais il est à l’époque très chic, porté par Zénob Frotier de Bagneux maire du Boupère vers 1870. IL y a aussi à la même époque, Zénob de Lespinay à Chantonnay. Une de mes grande-tante Gobin épouse à Rochetrejoux, Zénob Blanchard.
Le bébé aux quatre prénoms ne vit que six mois et meurt le 7 juin 1906 à la Davière du Boupère.

• FERNAND, Baptiste, Arthur, vient au monde l’année suivante, le 1er avril 1907, il épouse à la Flocellière, le 6 mai 1930, Angèle, Madeleine, Florestine Boudaud (ou Boudeaud) née le 11 août 1908. Le ménage s’installe à la Turpinière [75] de la
Flocellière où vont naître leurs enfants :

- Une petite fille meurt à la naissance en 1931, Angèle souffre d’albumine. Un prénom n’a pas encore été choisi (Gisèle peut-être )
- Claude, Fernand, Pierre, Maurice, est né le 5 mai 1935. Claude est ordonné prêtre à 26 ans en 1961, il est ensuite professeur au séminaire de Chavagnes-en-Paillers. En 1966, vicaire au Bourg-sous-la-Roche. Puis départ pour la région parisienne vers 1970 : Draveil, Notre-Dame-des Cités à Viry-Châtillon, Massy.
Chaque année à cette époque, l’évêque de Vendée vient rencontrer ses prêtres dispersés. Plusieurs fois, cette réunion a eu lieu au 37 rue Saint Lambert dans le réfectoire de notre communauté situé au 6ème étage de la maternité. Même si nous
nous étions rencontrés, nous ne savions pas que nous avions des ancêtres communs.
Claude retourne en Vendée en 1982, curé de Saint-Hilaire-de-Loulay, Aumônier diocésain de la Jeunesse Indépendante Chrétienne, curé de Saint André-d’Ornay, puis en paroisse à N.Dame et St Pierre des Sables-d’Olonne. Depuis 1997, prêtre coopérateur aux Brouzils où il réside :
Cbabarit@aol.com

- Guy voit le jour à la Turpinière en 1938, il épouse en 1961 Renée Bonnin. Le
ménage va exploiter les terres de la Turpinière. Ils ont deux enfants. Anne-Claude
et Cyril. Guy et Renée sont retraités dans le bourg de La Flocellière 85700

- Jacques naît à Fontenay-le-Comte plus tard, en 1950. Fernand a été près de 6 ans prisonnier de guerre. Jacques épouse en 1979 Anne Barrière.
Ils ont 3 enfants, Aurélien, Jacques-Emmanuel et Agnès. Ils habitent : 49420 Pouancé.

Fernand prisonnier de guerre

Le 2 septembre 1939, la guerre est déclarée. Deux jours plus tard, Fernand quitte sa femme, Claude, son fils âgé de 4 ans et demi et Guy un nourisson de an et demi. En 1940, les troupes françaises massées en Belgique tentent de contrer l’avancée allemande. Mal armés, ils sont défaits et d’ interminables convois de prisonniers se dirigent vers l’Allemagne.
Avec Fernand, un autre prisonnier vit le même drame, le mari de Madeleine Baubineau. Fernand est dans les Sudètes près de la Tchécoslovaquie, Gabriel en Pomméranie,
puis près de la Baltique. Ils vont connaître la faim le dur travail et surtout l’incertitude du lendemain. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Gabriel n’a pas d’enfants, mais Fernand en a deux qu’il ne voit pas grandir.
Tous les deux ont laissés le récit de ces années de cauchemard. Ne connaissant pas toutes les familles des descendants de Jacques-Frédéric, il y a sûrement d’autres prisonniers de guerre dont je ne peux pas relater le parcours. Qu’ils ne m’en tiennent pas rigueur.


Fernand et Angèle ont terminé leurs jours en maison de retraite. Angèle est décédée la première, le 26 janvier 2001, à 93 ans et Fernand peu après, le 6 février 2001, à 94 ans.

• ZELIE prénommée comme sa maman voit le jour en 1909, et épouse Ernest Blanchard.
Le ménage a trois enfants :

- Monique, née en 1935, épouse en 1954 Paul Rapin (Monsireigne)
- Pierre, né en 1940 marié avec Danielle Boisseau. (Mainborgère) Ils ont 3 enfants : Philippe, Isabelle et Delphine.
- Claude, né en 1950, mariée avec Marie Genty. (Belleville-sur-Vie). Ils ont trois enfants : Nicolas, Aurélie et Laure.

Pierre-Victor et Zélie vont vivre et mourir à la Davière dans la maison qu’ils se sont fait construire. Pierre va vivre près de 40 ans de veuvage, car Zélie décède le 3 mars 1924, et Pierre s’éteint en 1963 à 90 ans passés.



Chapitre 14

MARIE, JOSEPHINE BABARIT (1839-1916) , JEAN POIRIER (1840-1914) ET LEURS ENFANTS

Les 4-3
(pages généalogiques vertes de 39 à 50

Le Boupère, Les Gornières de Mouchamps

C
omme ses deux frères aînés, Marie, Louise, Joséphine vient au monde le 4 janvier 1839, à la Pommeraie [76], puis vient habiter la Baudrière de la Flocellière, ensuite la Bue du Boupère et enfin la Courillère. Quel est son prénom usuel ? Marie ? Joséphine ? Ou Marie-Joséphine comme l’indique son acte de mariage ?
Marie-Joséphine, appelons là ainsi a 30 ans et habite la Courillère lorsqu’elle épouse Jean Poirier le 22 juin 1869, le même jour que son frère Jacques. Quelle fête !
Jean est un peu plus jeune, né le 21 février 1840 au Boupère. Il porte le prénom de son père présent à ce mariage, sa maman Marie Galard est décédée.
Marie-Joséphine a pour témoins son frère aîné Pierre et un autre Pierre Babarit son cousin germain.
Ils habitent tout d’abord la Courillère, puis partent aux Gornières. Le ménage a 3 enfants :

JEAN POIRIER (1871-1949) ET MARIE MARGUERITE RAVELEAU (1875-1959)

4-3-1

• JEAN EUGENE, né le 8 juin 1871 épouse Marie-Marguerite Raveleau, née le 21 avril 1875, ils ont 4 enfants :

- Eugénie née le 11 mai 1898 épouse Alphonse Bourasseau né le 24 avril 1893. Ils se
marient le 19 avril 1922. Ils vont avoir 5 enfants : Marie-Thérèse (1923) mariée
avec Joseph Remigereau, Hilaire (1925) marié avec Cécile Brisseau. Madeleine,
(1927) décédée à 3 ans. Jeannine 1931 mariée avec Jean Chaphan. Thérèse (1932)
mariée avec Gaston Paillat.
- Louis voit le jour le 6 décembre 1902, il épouse le 12 juin 1928, Ernestine Rouillon
née le 10 décembre 1903. Ils vont avoir 3 enfants : Louis (1929) marié avec Sonia
Roiran , ils ont 2 enfants. Jeanne (1932) mariée avec Maurice Morin, ils ont 6
enfants. Marie-Louise (1936) mariée avec Lucien Maudet, ils ont 2 enfants.
- Alfred ( je n’ai aucune indication.)
- Maria est née le 12 avril 1911 elle épouse Gabriel Bourasseau. Ils ont un enfant
Roger marié avec Colette Ageneau ils ont 3 enfants.

Les Gornières

Un document du 5 mai 1298 [77], cite le village de la Goronnière qui va devenir les Gornières.



J’avais moins de quatre ans lorsque j’ai entendu parler de ce village par ma grand-mère Marie Babarit-Baubineau. Venue nous rendre visite à la Pelletrie, elle décide de nous emmener ma sœur aînée Marie et moi aux Gornières en passant par le Gué je crois. Grand-mère, est prieuse d’enterrement et grande marcheuse, elle connaît tous les raccourcis. En passant dans un chemin creux, je n’ai pas pu enjamber une flaque d’eau et me voilà embourbée. Ma grand-mère me tire de ce mauvais pas, mais un de mes petits sabots est resté dans la boue. Je revois encore sa perplexité se demandant si elle allait arriver à bon port. Je suppose après coup que nous allions voir Maria Poirier, parente de ma grand-mère, mais aussi compagne d’école de maman. A un mois près, elles ont le même âge.
En relevant la généalogie, j’ai découvert que le fils de Maria, Roger Bourasseau, a épousé une de mes compagnes d’école, Colette Ageneau [78].
Maria Poirier et Gabriel Bourasseau ont eu le chagrin de voir mourir leur fils unique Roger, à 38 ans, laissant 3 jeunes enfants.
- Serge est marié avec Laurence Préau, ils ont 2 enfants.
- Marie-Gladys et Olivier Boucard, ont aussi deux enfants.
- Yvon a épousé Marie-Anne Mandin ils ont 2 enfants.

Jean Poirier est décédé le 25 février 1949 et Marie-Marguerite Raveleau, dix ans plus tard, le 23 octobre 1959.

LOUISE POIRIER (1873-1911) ET JEAN-BAPTISTE MERCIER (1870-1943)

4-3-3

Louise est née le 4 juin 1873, elle épouse le 21 juin 1897, Jean-Baptiste Mercier de trois ans son aîné, venu au monde le 25 janvier 1870.
Ils ont deux enfants :

• ALEXANDRE, né le 1er juin 1898, il épouse le 11 juillet 1921, Marie Dion née le 6 septembre 1901.
Le ménage va avoir 4 enfants :
- Gabrielle (Gaby) née le 27 novembre 1922, elle épouse Bernard Vincendeau. Ils ont
3 enfants et habitent :
La Baudière
85510 Rochetrejoux

- Lucienne née le 28 janvier 1929 se marie avec Roger Gréau. Ils ont élevé des
enfants qui sont comme les leurs et vivent :
Les Forges
85510 Rochetrejoux

- Marie-Thérèse née le 30 décembre1930 est la filleule de mon père Ulysse
Baubineau. Elle se marie à Rochetrejoux le 8 janvier 1952, avec Félix Charrier.
Toute notre famille a été invitée à cette noce.
Ma sœur aînée et moi, jeunes adolescentes, avons été conviées à la fabrication des roses un dimanche précédent les noces. C’était déjà la fête à la Baudière, nous étions très



intimidées. Notre cousine « Marie Dion » comme nous l’appelions nous a accueillies avec une telle affection que nous avons été vite mises à l’aise.
Marie-Thérèse et Félix ont eu 10 enfants. Après avoir vécu à Rochetrejoux, le ménage est parti vivre un certain temps en Charente. Puis ils se sont installés dans une ferme [79] située
sur la route de Pouzauges à Chantonnay. Quand Félix a pris sa retraite, tous les deux se sont retirés à Saint-Germain-de Prinçay.
5 rue l’Abbé Mosnay
85110 Saint-Germain-de-Prinçay.

Félix est décédé le 1er août 1989.

- Madeleine est née le 18 juillet 1935, elle à épousé Louis Sérit né le 9 février 1933. Ils
ont 2 enfants et 3 petits-enfants. Ils vivent :
8 rue Georges Clémenceau
85210 Saint Aubin de la Plaine.

• MARIE-LOUISE a vu le jour le 15 mai 1903. Comme beaucoup d’enfants des régions du grand ouest, la petite fille a une claudication (elle boite). Cette prédisposition osseuse est maintenant diagnostiquée à la naissance et peut être corrigée. Louise va en souffrir. Elle gagne sa vie comme couturière. Quand nous étions chez notre grand-mère, Marie-Louise venait prendre son petit déjeuner le dimanche matin après avoir reçu la communion donnée à 9 heures. A cause du jeûne eucharistique, très peu de fidèles communiaient à la grand-messe de 11 heures.
Marie-Louise a habité la Guicharderie, les Forges, elle est décédée au bourg de Rochetrejoux en 1986.

Comment expliquer les liens d’affection et la place tenue par la famille Mercier dans la vie de ma grand-mère ? Les nombreuses photos retrouvées en sont la preuve. Plusieurs raisons sans doute.
A la mort de mon grand-père en 1919 ma grand-mère s’est retrouvée bien seule dans le bourg de Rochetrejoux. Je pense que Alexandre et Marie Dion se sont installés à la Baudière de Rochetrejoux, peu après leur mariage. Du côté Mercier, en regardant les dates des décès, je me suis rendu compte, qu’Alexandre et sa petite sœur Marie-Louise ont été très tôt orphelins de mère.
Louise Poirier-Mercier née en 1873 et Marie Babarit-Baubineau ma grand-mère née en 1880 sont cousines germaines.
Louise décède à 38 ans le 2 décembre 1911, et laisse deux jeunes enfants : Alexandre a 13 ans et Marie-Louise n’a que 8 ans.
A Rochetrejoux, ils se retrouvent et vont s’entraider. Ma tante Madeleine est marraine de la dernière fille Mercier-Dion.
Alexandre est décédé le 6 décembre 1958 et sa femme Marie Dion, le 11 juillet 1982 à Rochetrejoux.


Chapitre 15

LOUISE-HENRIETTE BABARIT (1846-1930) ET PIERRE-LOUIS GUESDON (1845-1901) ET LEUR ENFANT

Les 4-5
Page généalogique rose, 51


La Maisonnette au Boupère

L
ouise-Henriette a vu le jour à la Baudrière de la Flocellière le 25 juin 1846. Ses parents n’y sont pas restés longtemps.
Elle suit la famille à la Bue du Boupère et habite la Courillière chez son père au moment de son mariage le 21 mai 1878. Pierre-Louis Guesdon son mari est un an plus âgé né le 7 mai 1845 au Boupère. Louise-Henriette a 31 ans et Pierre-Louis 33.
Jacques-Frédéric est seul pour entourer sa fille, car Marie-Anne est décédée depuis un an, en avril 1877. Pierre-Louis n’a pas sa mère non plus, Véronique Herpin est décédée la même année, en juin 1877, mais Pierre Guesdon bordier à la Maisonnette du Boupère est présent.
Les témoins sont pour Louise-Henriette ses deux frères aînés, Pierre (43 ans) et Jacques Babarit (41 ans). Tous les deux sont métayers.
Pierre-Louis est entouré de Jules Pain son cousin germain de 26 ans, et de Louis Préau de Saint Michel-Mont-Mercure, âgé de 27 ans.

• AUGUSTE, LOUIS, ETIENNE leur fils voit le jour au Boupère le 25 décembre 1883.
Auguste à le chagrin de perdre son père bien jeune. Pierre Guesdon décède au Boupère le 17 octobre 1901.
La tristesse est grande à la Maisonnette au moment de la mobilisation de 1914. Louise-Henriette devenue veuve voit partir son fils unique pour le front.
Son régiment participe à la bataille de la Marne où tant de vendéens vont mourir. Il tombe le 7 septembre 1914, âgé de 31 ans.

Louise-Henriette décède le 6 mai 1930.


Chapitre 16

EUGENE , JULIEN BABARIT (1848-1936), MARIE MELANIE FLORENCE POIRIER (1854-1899) ET LEURS ENFANTS

Les 4-6
Pages généalogiques ocres de 52 à 57

La Pinaudière du Boupère

L
es Babarit-Pasquier ont quitté la Flocellière depuis peu lorsque Julien-Eugène (il porte son second prénom) voit le jour à la Bue du Boupère située au nord de la commune. Il suit ensuite la famille à la Courillère où il va quelque temps à l’école, il sait signer. Pierre, son frère aîné est installé à la ferme, comme il est le plus jeune, il doit se gager.
Le 17 mai 1881, il épouse à 33 ans, une fille de cultivateur : Mélanie Florence Poirier née aux Epessses le 15 mars 1854, âgée de 27 ans.
Jean Poirier et Gimbretière sa femme sont métayers au Boupère.
Eugène signe son acte de mariage. Il a comme témoins ses deux grands frères Pierre et Jacques Babarit qui ne signent pas.
Les témoins de Mélanie, Baptiste Poirier et Charles Rangeard signent cet acte.
Remarquons que les trois fils de Jacques-Frédéric et de Marie-Anne Pasquier se sont mariés à plus de trente ans.
Georgette Vannod-Gauducheau sa petite fille ne sait pas s’il y a parenté entre Jean Poirier le mari de Joséphine et Mélanie. C’est possible, car à cette époque les jeunes se rencontrent souvent aux noces.
Les indications données pour les 4-6 m’ont été fournies par Georgette.
Il semble que le ménage s’installe à la Pinaudière où vont naître leurs 5 enfants :

• Eugène le 1er février 1882
• Auguste le 29 octobre 1883
• Joseph, Jean-Baptiste, le 6 août 1886
• Marie, Mélanie, Eugénie, le 11 août 1889
• Mélanie, Bernadette, Marie, le 4 novembre 1896.

Deuil à la Pinaudière

Le 22 novembre 1899, l’église du Boupère sonne le glas pour Mélanie Poirier- Babarit, maman de 5 enfants dont la dernière a trois ans. Elle est décédée à la Pinaudière âgée de 45 ans.
La vie des enfants et d’Eugène est bouleversée, surtout celle des deux filles. Marie a 10 ans et est envoyée en pension avant d’être gagée.
Mélanie-Bernadette, la petite, vient vivre au Bois-Pouvreau chez son oncle Pierre Babarit et sa tante Marie Giraud. Elle y trouve sa marraine Marie, ma grand-mère, ce qui explique les liens profonds qui existent entre les deux familles. Elle n’en garde cependant pas un bon souvenir. Sa maman lui manque terriblement. Cette plaie ne s’est jamais fermée.
Eugène devient domestique au Bois-Pouvreau chez son frère pour rester près de sa petite dernière.
L’oncle Pierre a beaucoup de tendresse pour Bernadette, la fille de son plus jeune frère. Georgette rapporte une anecdote.
« Quand Pierre va à la foire, il s’arrête au café du Boupère. Pour qu’il ne rentre pas trop tard et en mauvais état, Marie-Jeanne sa femme, envoie une de ses filles, Marie ou Eugènie chercher leur père. Elles emmènent la petite cousine Bernadette. En l’apercevant Pierre lui dit :
« Viens ma mignonne »
Celle-ci en profite pour lui dire :
« Il faut rentrer Tonton ! »
« Oui ma petite fille dit Pierre en se levant. Se retournant vers ses copains il leur recommande : « Que personne ne fasse de mal à cette enfant, il aura à faire à moi !

Pour les 11 ans de Bernadette, en 1907, Eugène regagne la Pinaudière.
Il va vivre l’angoisse de la mobilisation. Ses deux fils aînés Eugène et son frère Auguste ne vont pas revenir.
Il décède à la Pinaudière le 6 avril 1936, à 88 ans.
Suivons le parcours de ses 5 enfants :

EUGENE BABARIT (1882-1917)

4-6-1

Un an après le mariage de ses parents, un fils leur est donné prénommé Eugène commme son père. Il fréquente l’école jusqu’à 8 ans seulement. La loi de Jules Ferry l’a rendue obligatoire depuis peu, mais je ne sais pas jusqu’à quel âge. Le petit garçon est gardien de troupeaux.
Devenu jeune homme, il devient ouvrier agricole.
La mobilisation générale de 1914 l’arrache aux siens et à ses occupations.
Il meurt le 16 avril 1917 au chemin des Dames, à Ailles (Aisne), il a 35 ans. Il est décoré à titre posthume de la croix de guerre avec étoile d’argent et de la médaille militaire. Son exceptionnelle bravoure est soulignée.


AUGUSTE BABARIT(1883-1915) MARCELLINE VRIGNAUT (1886-1958)

4-6-2

Saint-Mesmin

Auguste a vu le jour le 29 octobre 1883, accueilli par un grand frère d’1 an et demi plus âgé. Lui aussi ne fréquente pas l’école très longtemps et garde les troupeaux comme son grand frère.
A 26 ans, le 26 avril 1909, il épouse Marcelline Vrignaud, âgée de 23 ans, maman d’un jeune garçon qu’il reconnaît.

• JOSEPH est né le 1er avril 1906, il épouse Armance Bireaud, ils ont 2 enfants.
De leur union vont naître deux autres garçons :
• AUGUSTE, né le 1er mai 1910, il épouse Hélène Fuseau, ils ont 2 enfants. Il est garagiste au Boupère.
• RAYMOND, voit le jour le 20 janvier 1913, il se marie avec Marie Bouju de Saint Jouin-les-Châtillon, née le 29 octobre 1913. Ils ont 3 enfants.
Marcelline voit partir Auguste pour la guerre. Il meurt au combat, le 2 octobre 1915.
Il laisse une veuve et 3 orphelins. Son nom figure sur le monument aux morts de la Pommeraie.
Marcelline s’est remariée avec un Fuseau, je pense qu’il s’agit du père d’Hélène, la femme de son fils Auguste ce qui fait une parenté curieuse me dit Georgette. Marcelline a deux autres enfants :
Joseph et Andrée Fuseau.
Ce remariage n’empêche pas Marcelline et ses enfants de rester très attachés à la famille Babarit. Nous la voyons venir au mariage de Bernadette sa belle-sœur avec son aîné Joseph Babarit.
Marcelline est décédée le 1er juin 1958, à 72 ans.


JOSEPH BABARIT (1886-1970) ET JULIA NEUPONT (1889-1968)

4-6-3

Paris, Perdrauville de Gambais (Yvelines)

Le troisième fils d’Eugène, Joseph, Jean-Baptiste, vient au monde le 6 août 1886 au Boupère. Comme ses frères, il garde les troupeaux puis gagne sa vie comme ouvrier agricole.
Après son service militaire, Joseph monte à Paris en 1908. Il se place comme valet de chambre dans une famille et épouse la cuisinière, Julia Neupont, le 10 décembre 1912.
Joseph a 26 ans et Julia 23. Pendant la guerre, Julia continue à travailler.
A la démobilisation en 1919, ils prennent la direction de l’hôtel d’Astorg qu’ils vont tenir jusqu’en 1928. Deux petites filles viennent au monde :

• ANDREE née le 21 mai 1920. Elle épouse René Escure, ils ont 2 enfants :

- Françoise née le 29 juillet 1947, mariée avec Mario Portuesi, ils ont deux enfants.
- Martine, née le 10 juin 1950.

René Escure est décédé le 10 novembre 1975 et sa femme Andrée le 19 mars 2002.

• MARIE-THERESE, venue plus tardivement, le 22 mars 1928, se marie le 29 septembre 1951 avec Robert Lasserre, ils ont 1 enfant :
- Denis, né le 11 septembre 1960, marié le 17 juin 1995, avec Christine Loriot. Ils
sont parents de 3 enfants.

Joseph et Julia achètent l’hôtel Nesles où ils sont restés jusqu’à leur retraite. Ils se sont ensuite retirés à Perdreauville de Gambais dans les Yvelines.
Julia est décédée le 24 juin 1968 et Joseph deux ans plus tard, le 17 juillet 1970.



MARIE BABARIT (1889-1982) ET FRANCOIS TOUREILLE (1875-1946)

4-6-4

Saint-Quentin, Coulommiers

Marie, Mélanie, Eugénie, naît à la Pinaudière du Boupère, le 11 août 1889. Une fille après trois garçons !
Marie fréquente l’école du Boupère jusqu’à 10 ans, ou sa vie bascule avec la mort de sa maman. Il lui faut partir en pension. Cette séparation ne l’empêche pas de rester très attachée aux siens.
Jeune fille, Marie quitte la Vendée pour se placer. Elle rencontre un veuf père de trois enfants, François Toureille, elle l’épouse le 15 mai 1920.
François gagne sa vie comme électricien. Une fille leur est donnée :

• CHRISTIANE, voit le jour le 5 mai 1921. En 1943, elle se marie avec Pierre Charpentier, le couple est parent de deux enfants :
- Alain qui voit le jour en pleine guerre le 15 mars 1944, il épouse le 22 avril 1969,
Catherine Pageon, ils ont une fille.
- Bernard est né le 15 juillet 1950, il se marie avec Dany Bécontini le 22 juillet 1972
Ils sont parents d’une fille.

Pierre Charpentier est décédé le 10 août 2002. Avec Christiane, ils sont venus voir mes parents à Pouzauges.
François Toureille de 14 ans plus âgé que Marie est décédé le 13 février 1946, à Saint Quentin.
Marie est morte à Coulommiers le 22 avril 1982 et repose à Changis-Saint-Jean-les-deux-Jumeaux, en Seine-et-Marne.
Marie et sa petite sœur Bernadette sont très proches, leurs filles, Christiane et Georgette ont deux ans de différence. Elles vont vivre comme des sœurs.

BERNADETTE BABARIT (1896-1980) ET MARCEL VANNOD (1899-1970)

4-6-5

Paris, rue de la Procession, Le Puybelliard de Chantonnay

Comme ses aînés, Mélanie, Bernadette, Marie voit le jour à la Pinaudière du Boupère, le 4 novembre 1896. Des grands frères l’accueillent ainsi qu’une sœur de six ans, Marie.
Ce prénom de Bernadette a dû provoquer une vraie révolution au Boupère. Marie Giraud-Babarit a bien essayé d’innover avec Ilda sa dernière, mais sa fille va porter le prénom
d’Eugénie très commun à l’époque. Je pense que les pèlerinages de Lourdes déjà organisés ont pu être à l’origine de cette nouveauté.
A trois ans, la mort de sa maman oblige la fillette à venir habiter au Bois Pouvreau où son papa se place pour rester avec elle.
Comme Marie sa marraine Bernadette apprend bien. Les religieuses veulent la voir poursuivre ses études pour devenir institutrice. Comme Pierre avec Marie, Eugène déclare qu’il n’en est pas question, les autres ont travaillé jeunes. Bernadette a conservé une très belle écriture.
Eugène place sa fille chez une couturière, qui l’emmène dans les fermes où les « creux de maison » transportant la machine à coudre dans une brouette.
Pour ses 18 ans, Joseph son troisième frère la fait venir à Paris. Ne lui trouvant pas de place elle travaille dans son hôtel.
Les jours de sortie, Bernadette va rejoindre une amie du Boupère placée chez monsieur et madame de Villedieu.
Monsieur de Villedieu est directeur du Crédit Commercial de France (C C F ). Il est également châtelain de la Baudrière à la Réorthe en Vendée. C’est au cours de ces visites qu’elle rencontre Marcel Vannod qui va devenir son mari.
La maman de Marcel est femme de ménage dans cette famille. Elle est maman de deux garçons Georges né en 1896 et Marcel né en 1899.
Monsieur et madame de Villedieu deviennent tuteurs des enfants à la mort de leur maman usée par le travail, Georges a 14 ans et Marcel 11 ans.
Le plus jeune, Marcel est envoyé au Château. L’aîné est placé chez les Orphelins Apprentis d’Auteuil où il apprend le métier de typographe, il obtient son diplôme de fin d’apprentissage. C’est un bon métier et l’avenir lui sourit.
Au la déclaration de guerre, en 1914, Georges a tout juste 18 ans, il s’engage pour éviter que trop de pères de famille soient mobilisés. Il meurt sur un champ de Bataille oubliant nous dit Georgette : « qu’il était la seule famille de Marcel. »
Marcel reste au Château jusqu’à sa majorité où il revient à Paris et c’est là qu’il rencontre Bernadette.
Le mariage est célébré à Paris, le 25 janvier 1923, pour les 27 ans de Bernadette. Marcel à 24 ans va entrer dans une grande famille. La photo de groupe nous permet de revivre ce grand moment de bonheur.
Eugène le papa n’a pas pu faire le voyage, mais Joseph le grand frère est là. La sœur aînée Marie, son mari François Toureille et leur fille Christiane sont présents. Marcelline Vrignaut, veuve d’Auguste a fait le déplacement avec son fils Joseph.
• Georgette leur unique enfant naît à Paris XIVème le 13 novembre 1923. Elle épouse le 23 décembre 1970, Gaston Gauducheau, frère de Céline Gauducheau marié avec Marcel Vendé. En raison du deuil récent il n’y a pas de fête.
Tous les deux vivent au :
4 rue de la Motte
Le Puybelliard
85110 Chantonnay

Marcel et Bernadette vont vivre à Paris rue de la Procession dans le XVème arrondissement, jusqu’à leur retraite, Marcel gagne sa vie comme chauffeur livreur au B H V et Bernadette est gardienne d’immeuble.
Chaque été est l’occasion d’un retour en Vendée avec visite de la famille, tout comme les Vendéens sont accueillis rue de la Procession.
Marcel meurt à Paris le 27 novembre 1970 et Bernadette s’éteint au Puybelliard dix ans plus tard, le 2 août 1980

Je remercie encore Georgette pour son immense travail de recherche. Sans son aide, ce recueil n’aurait pas pu se faire

merci de nous aider à rectifier les éventuelles erreurs   sgv3assmat6@orange.fr 

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ANNEXE

LES ENFANTS BABARIT-PETITEAU ET LEURS DESCENDANTS

A
u cours de nos recherches nous avons trouvé des actes concernant les descendants des enfants Babarit-Petiteau. Cette liste est forcément incomplète, mais peut aider des recherches futures.

1er

LOUIS BABARIT (1790- avant 1855) ET FRANÇOISE GIRAUD, LEURS DESCENDANTS

La borderie du Château de la Flocellière, l’Aubonnière de Saint Michel-Mont-Mercure

LOUIS Babarit né le 15 juin 1790 à la Flocellière épouse le 25 août 1812, Françoise GIRAUD. Il est décédé avant 1855.
Françoise Giraud est la fille de Pierre GIRAUD né vers 1771, carelier à la Bégassière de la Flocellière.
Le couple s’installe comme bordier au Château de la Flocellière avec Jacques Babarit et Marie-Anne Petiteau les parents. Nous les retrouvons vers 1837 à l’Aubonnière de Saint-Michel-Mont-Mercure. En 1858 au mariage de son fils Victor- Henri, Françoise Giraud veuve, est dite propriétaire.
Louis en tant qu’aîné est premier sur les actes lors des déclarations. Je pense qu’il est décédé à Saint-Michel-Mont-Mercure ?

Huit enfants ont été retrouvés, tous nés à la borderie du Château de la Flocellière :

A/ JACQUES-LOUIS, né le 26 février 1817 au Château de la Flocellière
Il épouse le 30 avril 1850, MODESTE PASQUIER [80]
Ils s’installent comme cultivateurs à la Grivière du Boupère où il décède à 70 ans le 18 janvier 1887.
Les témoins à son décès sont : Jacques Babarit son fils de 34 ans cultivateur à la Grivière et Eugène Coutant son gendre de 36 ans, charron à Voireau du Boupère.
Modeste Pasquier Babarit est né vers 1826 à la Flocellière. Elle est décédée au Boupère le 9 mai 1888. Elle n’est pas la sœur de Marie-Anne Pasquier, puisqu’elle est la fille de François Pasquier et de Suzanne Charbonneau.

Trois enfants ont été retrouvés :

 Jacques, François, (appelé Jacques) né le 18 août 1852 et marié avec Victoire Rampillon. Le ménage va vivre à la Grivière du Boupère avec Jacques Babarit et Modeste Pasquier les parents.
Nous avons relevé 3 enfants :

- Alexandre Louis Eugène, né ou décédé le 20 septembre 1884. En présence de Eugène Coutant son oncle de Voireau âgé de 34 ans, charron et de son grand-père Jacques Babarit âgé de 67 ans cultivateur à la Grivière.
- Léontine, Hortence, Marie, née en 1885, mariée au Puybelliard avec Jules ? Décédée au Puybelliard le 30 mars 1949
- Angélina, Louise, Lyda, née le 7 novembre 1886

 Alexandre, Jacques né le ? Soldat de 2ème classe, décédé de la thyphoïde à Souk-El-Djémaa au Maroc, le 12 août 1884. Habitait à Saint Michel-Mont-Mercure avant son service militaire.
 Marie, Henriette, Modeste, mariée avec Jean, Eugène, Coutant, charron à Voireau. Décédée à 67 ans à Voireau du Boupère, le 8 février 1922.

B/ JEAN, né le 1er février 1819, à la Flocellière (au Château). La déclaration est faite par son père Louis Babarit, son grand-père Pierre Giraud carelier à la Bégassière, âgé de 58 ans et Jean Chalet, métayer âgé de 46 ans.
Marié le 29 octobre 1850 à Pouzauges avec Jeanne Joséphine MAUDET.
Jean a pour témoin son frère Louis Babarit âgé de 26 ans et son autre frère Henri de 22
ans. Tous les deux habitant Saint-Michel-Mont-Mercure.

Trois enfants naissent à Pouzauges, une fille et des jumeaux :

 Marie-Joséphine née le 1er octobre 1852 et décédée à 2 jours le 4 octobre 1852.
 Henri le 17 septembre 1854
 Jean-Baptiste, Louis, le 17 septembre 1854
Je suppose qu’ils sont ensuite partis habiter la Bue du Boupère. Un Jean figure comme témoin sur un acte et il a le même âge ?

C/ MARIE-FRANCOISE, née le 25 décembre 1820 au Château de la Flocellière.

D/ PIERRE-LOUIS, (appelé Louis) né le 16 novembre 1822 au Château de la Flocellière. Il est témoin au mariage de son frère Jean.

E/ MARIE-VICTOIRE née en 1826

F/ VICTOR-HENRI, (appelé Henri) né le 25 septembre 1828 au Château. Il est également témoin au mariage de son frère Jean.
Il épouse le 23 juin 1858, à Saint Michel-Mont-Mercure, Marie, Louise Paquiet, née le 25 septembre 1831 à Saint Paul-en-Pareds, servante à la Gaubretière. Fille de Pierre Paquiet propriétaire cultivateur et de Jeanne Ferchaud domiciliés à Saint Paul-en-Pareds.
Victor-Henri a pour témoins, son frère aîné Jacques, âgé de 42 ans, son plus jeune frère Alexis âgé de 26 ans.
Marie-Louise est entourée de son oncle François Ferchaud âgé de 57 ans, cultivateur à Saint-Paul-en-Pareds.
De son beau-frère Jean Vinet âgé de 32 ans, tourneur à Saint-Paul-en-Pareds.


G/ MARIE-LOUISE, née aussi à la borderie du Château le 3 août 1830. Son père vient la déclarer ainsi que son oncle Jacques-Frédéric Babarit de la Brénonnière de la Pommeraie et son oncle Marie-Joseph Babarit, domestique à Pouzauges.
Marie-Louise se retrouve sur les actes prénommée Marie ou Marie Jeanne. Elle épouse au Boupère, le 20 juin 1860 Louis Mathurin GODARD né le 17 janvier 1827 à Treize-vents. Marie-Jeanne décède à l’Erablet de Mouchamps le 5 mars 1891.
Nous avons trouvé 2 enfants :
 Louis né en 1862, habite l’Erablet en 1891 lorsqu’il vient déclarer le décès de sa mère.
 François né le 1er juillet 1865 à la Petite Châtaigneraie de Treize-Vents

H/ MARIE-ALEXIS, né au Château de la Flocellière le 15 août 1832. Les témoins à cette naissance sont Pierre-Jacques habitant la Pommeraie, frère de Louis. (plutôt Jacques-Frédéric ?

Marie-Alexis épouse à 23 ans, à Saint-Michel-Mont-Mercure, le 6 septembre 1855 Marie-Henriette Ferchaud. Il habite chez ses parents à l’Aubonnière.
Marie-Henriette a 18 ans, elle est fille de Pierre Ferchaud voiturier à Saint Michel et de Henriette Moreau.
Les témoins sont ses frères : Jacques 36 ans (plutôt 38, né en 1817), Henri 26 ans.

Deux enfants ont été retrouvés :
 Alexis, Henri, né le 7 mai 1859, marié avec Marie-Jeanne Puaud
Le ménage va avoir 5 enfants :
- Alexis Jean, né le 2 mars 1885 marié avec Marie-Louise Ravaud.
Ils sont parents de : Gaston né le 23 octobre 1922 et marié avec
Marie-Thérèse Pasquier le 8 novembre 1950.
- Nathalie, Eugénie, Adélaïde, née le 26 mars 1886, mariée avec Louis, Marie, Joseph, Puaud. Décédée le 22 octobre 1952.
- Gustave, Gabriel, Marcel, né le 2 juillet 1887. Mort pour la France le 24 août 1916.
- Armandine, Marie, Alexandrine, née le 3 juin 1890.
- Hélène, Armandine, Juliette, née le 20 février 1892, mariée le 20 février 1924 avec Ferdinand Coutant .
Décédée le 10 novembre 1951 à Saint-Michel-Mont-Mercure.

 Eulalie Marguerite, née le 11 décembre 1877, mariée avec Marie, Louis, Bourreau.


2ème

PIERRE, VICTOR, JACQUES (1794)

La Pommeraie

Le deuxième fils Babarit-Petiteau voit le jour à la Flocellière deux mois après le passage des Colonnes Infernales, le 20 avril 1794, au mois de floréal an II de la République. Nous ne le retrouvons plus sur les actes.



3ème

MARIE BABARIT (1798-1831) ET RENE MOREAU ( 1795- ?)

Le bourg de la Flocellière

Marie a vu le jour au bourg de la Flocellière le 19 juin 1798. Elle épouse le 17 août 1825, René Moreau, bordier au bourg, né le seize floréal an III (6 juin 1795) à la Flocellière, un ami de son frère Jacques-Frédéric.
René a été à l’école et signe son acte de mariage. Il est fils de Marie-Anne Bertrand et de René Moreau décédé le 14 juillet dernier [81].
Marie a pour témoins : Louis Babarit son frère dit bordier au bourg, âgé de 36 ans et son frère Marie-Joseph âgé de 22 ans dit aussi bordier.
René a pour témoins : Son beau-frère Sébastien Mardeau tisserand âgé de 30 ans. Jacques Babarit âgé de 25 ans domestique à la Baire ? de Saint-Michel-Mont-Mercure et dit ami de l’époux. C’est aussi le frère de Marie.
Les époux Moreau vont devenir propriétaire d’une borderie dans le bourg de la Flocellière [82].
René est témoin sur le registre paroissial à l’enterrement de son beau-père en 1826. Il est témoin le 31 août 1847 à la naissance de son neveu Jacques-Victor, fils de Marie-Joseph et de Marie-Anne Rigaudeau.
A 72 ans, il est également témoin au mariage de son neveu Pierre en 1868, le fils de Jacques-Frédéric, son beau-frère et son ami.

Nous avons trouvé 3 enfant :

A/ RENE JEAN qui a vu le jour le 8 septembre 1826 il est décédé le 11
décembre 1826.

B / RENE PIERRE né en 1829.

C/ MARIE-LOUISE GENEVIEVE, née le 26 novembre 1831

En 1877, René-Pierre est à la Flocellière, il vient avec son cousin Jean Babarit qui habite également la Flocellière, déclarer le décès de leur tante par alliance Marie-Anne Pasquier, femme de Jacques Frédéric.
Marie décède à 32 ans quelques jours après la naissance de Marie-Louise, Geneviève le 6 décembre 1831.


4ème
JACQUES-FREDERIC (1800-1890) ET MARIE-ANNE PASQUIER (1810-1877)

La Pommeraie, La Flocellière, Le Boupère

Nous avons relaté leur histoire et leur généalogie.
Jacques Frédéric est né le 6 Thermidor an VIII de la République, (le 20 juillet 1800)
Aux Châtelliers ??? d’après les sources fournies par Stéphane Lelaure. Ce qui est tout à fait possible, puisque son père Jacques a habité le Châtelier jusqu’à son second mariage.



5ème

MARIE-JOSEPH (garçon) (1803-1865 ) ET MARIE-ANNE RIGAUDEAU ( ?-avant 1865)

La Flocellière, Pouzauges

Nous possédons son acte de naissance à la Flocellière, le 2 nivose an XI de la République (23 décembre 1803) il est appelé Marie comme sa sœur. A l’époque, il n’y a pas de problème.
La photocopie est mauvaise, mais l’acte est signé par son papa.
Les témoins sont Pierre Orion (maréchaud ?)
Marie-Jeanne Babarit-Bourreau dite sa sœur, en réalité sa demi-sœur. Sans doute sa marraine. Elle a 23 ans et dite majeure. Depuis la Révolution la majorité est à 21 ans.
Marie-Joseph se marie à la Flocellière le 28 juin 1841. Sa femme, Anne-Marie RIGAUDEAU est née en 1814 elle est décédée avant 1865.
Marie-Joseph est témoin en 1834 à la naissance de Pierre et en 1842, à celle de Auguste tous les deux fils de Jacques-Frédéric, il dit être jardinier.
A la naissance de son fils Jacques-Victor, né à la Flocellière, il est domestique à Pouzauges.
Il est décédé à la Flocellière le 3 avril 1865. Son beau-frère Alexis Doussaint, âgé de 67 ans, toujours meunier, vient déclarer le décès.
Nous avons retrouvé 3 enfants :

A/ MARIE-PIERRE née le 25 août 1842 à la Flocellière

B/ MARIE-LOUISE née le 21 mars 1845 à la Flocellière

C/ JACQUES-VICTOR, né le 31 août 1847 à la Flocellière. Son père a 45 ans et sa
maman 33 .
Les témoins sont René Moreau son oncle par alliance, propriétaire cultivateur à la Flocellière.
Alexis Doussaint autre oncle par alliance, meunier de 48 ans, veuf de Marie-Madeleine Babarit.
Les deux témoins signent.

6ème

MARIE-MADELEINE (1805-1837) ET ALEXIS DOUSSAINT (1797- ?)

La Flocellière

Son acte de naissance nous apprend qu’elle est née à la Flocellière le 5 vendémière an XIV de la République (le 20 septembre 1805) sur les trois heures du soir.
Le bébé est présenté par son père âgé de 55 ans, née ce jourd’huy sur les huit heures du matin, au bourg de la commune.
Sa maman est appelée Marie-Anne « Titeau. »
Marie-Magdeleine épouse un veuf, un an après la mort de son père, le 20 novembre 1827.
Ses témoins sont sa maman Marie-Anne Petiteau
Son frère Louis, bordier âgé de 38 ans.
Son autre frère Marie (Joseph) âgé de 24 ans.
Son mari, Alexis Doussaint est né le 1er Janvier 1797 à la Flocellière, il est fils de Alexis Doussaint décédé le 29 mars 1821 et de Marguerite Clouot ici présente.
Il est veuf de Thèrèse Giraud décédée à la Flocellière le 3 avril 1825.
Il a pour témoins : François Péault son beau-frère métayer aux Châtelliers-Châteaumur.
René Moreau bordier âgé de 32 ans son beau-frère. Il va l’être deux fois.
Alexis est témoin à la naissance de Jacques-Victor son neveu, fils de Marie-Joseph. Au décès de Marie-Joseph. Il sait signer.
Nous avons retrouvé quatre enfants :

A/ MARIE-ANNE, née le 14 décembre 1828 à la Flocellière.

B/ ALEXIS-FRANCOIS, né le 25 février 1831 à la Flocellière

C/ JEAN-LOUIS, né le 30 novembre 1833 à la Flocellière.

D/ MARIE-GENEVIEVE, née le 24 juin 1836 à la Flocellière. Décédée le 14 mai 1838 à
la Flocellière.

Il semblerait qu’Alexis Doussaint se soit remarié une troisième fois et qu ‘un autre enfant soit né de cette union.

Marie-Madeleine est décédée à 32 ans le 4 décembre 1837 à la Flocellière.



7ème

PIERRE-LOUIS (1808-1865) ET JOSEPHINE CAILLAUD (1805- 1876), LEURS DESCENDANTS

La borderie du Château, La Brunière de la Flocellière.

Son acte de naissance nous apprend qu’il est né au bourg de la Flocellière le 30 janvier 1808 à 3 heures du matin. Son père a 57 ans. Sa mère appelée Marie-Anne Thiteau en a 44.
Pierre Thibaudeau et Jean Pignon sont les témoins.
Pierre-Louis appelé Pierre a sûrement été à l’école car il signe. Au moment de son mariage, il habite la Pommeraie.
Il épouse à 29 ans le 28 janvier 1837 Joséphine CAILLAUD née aux Châtelliers-Châteaumur le 3 mai 1809. le mariage a lieu à la Flocellière.
Joséphine est fille de Louis Mathurin Caillaud et de Rose Marie Brosset.
Les témoins sont : Louis, son frère aîné cultivateur âgé de 47 ans.
Son autre frère Jacques-Frédéric, cultivateur.
Après leur mariage, ils prennent la succession de Louis parti s’installer à l’Aubonnière de Saint-Michel-Mont-Mercure. Ils sont donc bordiers au Château.
C’est à la Brunière de la Flocellière qu’ils finissent leurs jours.
Pierre est décédé le 23 février 1865, à 58 ans.
Son frère Marie-Joseph, domestique à la Flocellière est venu déclarer ce décès, il a 63 ans.
Marie-Joséphine Caillaud est décédée également à la Brunière le 11 août 1876, 11 ans plus tard.

5 enfants ont été retrouvés :

A / JEAN né le 25 mai 1842 au Château de la Flocellière.

Il épouse le 6 juin 1877 au Boupère, Julie, Victorine Rochais née le 30 septembre 1846 au Boupère.
Jean meurt à 45 ans le 11 juin 1887 au Coudreau de la Flocellière.
Julie, Victorine reste veuve longtemps, avec 6 enfants à élever, un bébé de 1 an et des jumelles de 5 ans. En 1915, elle a le chagrin d’apprendre la mort de son petit dernier à la guerre.
Elle s’éteint au Boupère le 30 décembre 1926, à 80 ans.
Ce sont les grands-parents de Madame Parpaillon de Fontenay-le-Comte qui m’a fourni beaucoup d’actes et ses données.
Je pense que c’est Jean Babarit-Rochais qui en avril 1877, vient avec son cousin René Moreau déclarer le décès de sa tante par alliance ; Marie-Anne-Pasquier Babarit. Il est dit habiter la Flocellière et avoir 34 ans. A moins qu’il y ait un autre Jean Babarit du même âge à la Flocellière.
Voici les noms de leurs 6 enfants :

 Auguste, Joseph, né le 3 avril 1878 à la Flocellière, épouse le 25 septembre 1906 à Monsireigne, Augustine, Léontine, Charrier née le 26 juillet 1879 à Monsireigne.
Auguste, Joseph est décédé le 31 août 1929 au Boupère.
Augustine, Léontine reste veuve longtemps et décède le 1er février 1969
au Boupère.
 Marie-Louise, est née le 31 août 1879 au Coudreau de la Flocellière, elle épouse X. ? Rondeau et décède à Ardelay le 15 septembre 1954.
 Jean, François, Gabriel est né le 14 décembre 1880 à la Flocellière. Il épouse à Pouzauges Eugénie, Zélie, Prudence Sarrazin née à Pouzauges.
Jean décède le 25 décembre 1963 à Mortagne-sur-Sèvre.
 Mélanie, Marie, Madeleine, née aussi au Coudreau de la Flocellière le
20 février 1882.
Elle est décédée à Paris le 15 janvier 1963
 Julie, sœur jumelle, est née au Coudreau le 20 février 1882
 Pierre-Auguste né le 29 juin 1886 à la Flocellière. Il épouse Armandina,Eugénie, Henriette Massé. Soldat au 137ème régiment d’infanterie, il meurt pour la France à Hébuterne (Pas-de-Calais) le 9 juin 1915. Figure sur le monument aux morts du Boupère.

B/ LOUIS PIERRE né le 25 mai 1844 à la Flocellière. Il y a un problème sur cet acte. En marge, le bébé est appelé Louis, dans l’acte il est déclaré Pierre.
Déclaré par son père et par son oncle Marie-(Joseph) domestique au Chef-lieu du canton à Pouzauges. L’acte est signé par son papa.
.
C / BAPTISTE, VICTOR, est né le 20 juillet 1846 à 10 heures du soir à la Flocellière.
Les témoins pour cette naissance sont Marie (Joseph) Babarit, domestique 43 ans
demeurant au chef-lieu, son oncle.
Jacques (Frédéric) Babarit cultivateur demeurant à la Baudrière de la Flocellière
son oncle également.

Baptiste, Victor épouse Augustine Boissinot née vers 1842
Leur généalogie a été constituée. Le Père Claude Babarit m’en a envoyé une copie.

Ils ont eu 3 enfants :

 Jules, Ernest, Baptiste (il porte son dernier prénom ?) né au Caillou-Blanc du Boupère, le 10 mars 1870. C’est le père de Joseph mort peu de jour avant la libération, habitant Salboeuf de la Flocellière (monument aux morts de la Flocellière)
 Victor, Pierre appelé Pierre est né le 23 novembre 1873 à la Brunière de la Flocellière, il épouse Zélie Babarit. Ils vont vivre à la Davière. C’est le grand-père de Claude Babarit.

 Auguste né en 1875 épouse Germaine Gaborit, ils vont vivre au « Moulin au Chat » de la Flocellière.

D / JOSEPH- LOUIS, né le 9 juin 1849 et décédé à 20 ans, le 10 novembre 1869 à la Flocellière.

E/ ALEXIS-MARIE est né le 26 février 1851 à la Flocellière.




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Les Babarit de Treize-Vents : Villeneufve, le Bourg, La Maison Neuve, Boisnière

Les Babarit de Treize-Vents sont-ils parents de René Babarit et de Perrine Allion? Il est difficile de faire le lien. Dès 1632 les Babarit sont à Villeneufve où un Pierre Babarit est parrain de Gabriel Bauldry fils de louys Bauldry. Ils sont à la Boisnière en 1664. A la Maison Neuve en 1665.
Figurent sur les registres :
• Jehan Babarit-Brifault , marié avec Jehanne Brifault, est né avant 1610. Ils habitent le bourg et sont les parents de :
- Andrée Babarit née le 26 mars 1625, elle a pour parrain et marraine : André Pyet du Coup Chapon et Louise Bazin de la Boynière de Treize-Vents. Elle serait décédée le 15 décembre 1625 où une sépulture d’une fille de Jehan est mentionnée ?
- Pierre Babarit né le 5 décembre 1626 dans le bourg.
- Nycollas Babarit est baptisé à Treize-Vents le 15 février 1630, fils de Jehan Babarit et de Jehanne Brifault
• Un Pierre Babarit de Villeneufve, né en 1611 décède à 70 ans le 27 septembre 1681. C’est probablement lui qui est parrain de Gabriel Bauldry en 1632, il habite Villeufve où habite aussi son filleul.
• Guyonne Babarit du bourg, mariée avec François Poupelin. Enfant :
- François Poupelin baptisé le 10 novembre 1661 qui a pour parrain et marraine : Jean et Guyonne Poupelin.
Serait décédée le 10 novembre 1670
Mathurine Babarit de la Boisnière , mariée avec Michel Marrot . Enfant :
- Jeanne Marrot née le 8 mars 1663. Marraine Mathurine Blein, parrain, Antoine
Babarit.
• Pierre Babarit, né avant 1630 père de Mathurin Babarit-Motet. Décédé après 1679, il sait signer.
• X mariée avec Michel Piet de la Maison Neuve. Enfant :
- Jean Piet baptisé le 8 avril 1665
• Pierre Babarit prêtre vicaire à Saint-Amand en 1679, signe au mariage de Mathurin Babarit-Motet. Son lien de parenté n’est pas signalé. Pierre est également le parrain de Pierre Babarit né le 18 septembre 1663, fils d’un autre Mathurin Babarit, marié Recoquillon. Le prêtre est donc apparenté aux deux Mathurin.
• Mathurin Babarit-Motet, fils de Pierre, marié avec Mathurine Motet de la Chapelle-Largeau. Il habite Villeneufue. Aujourd’hui, un village de Treize-Vents très proche de la Chapelle-Largeau s’appelle Villeneuve. A l’époque, il n’y a pas encore de départements. Ces deux paroisses font partie du Poitou.
• Mathurin Babarit-Recoquillon, marié avec Renée Recoquillon. Il habite également Villeneufve. Il est fils de Pierre Babary de 1611 et de Renée Audouy. Est-il un cousin de l’autre Mathurin ou un frère portant le même prénom comme on le voit à cette époque ?
• François Babarit, parrain de François Babarit fils Recoquillon.
• Antoine Babarit, parrain de Antoine Babarit fils Recoquillon.
• Mathurine Babarit, marraine de Mathurin Babarit fils Recoquillon en 1669. Elle habite la Boisnière de Treize-Vents. Presque un siècle plus tard, en 1767, va naître à la Boisnière François Babarit petit-fils de Jacques Babarit-Landais.




Les enfants de Mathurin Babarit et de Renée Recoquillon

1) Pierre Babarit, né le 18 septembre 1663, a pour parrain Mr. Pierre Babarit, prêtre, comme marraine Renée Recoquillon.
2) François Babarit né le 7 juin 1665 a pour parrain François Babarit, pour marraine, Marie Recoquillon.
3) Antoine Babarit baptisé le 3 octobre 1666, a pour parrain Antoine Babarit et pour marraine Mathurine Girard
4) Mathurin Babarit né le 30 mai 1669, est baptisé le 31. Il a pour parrain Mathurin Recoquillon du Puy-Saint-Bonnet, pour marraine, Mathurine Babarit de la Boisnière de Treize-Vents.
5) François, Babarit né le 25 février 1672 à Treize-Vents baptisé le même jour. Décédé le 21 décembre 1741 à Treize-Vents.

LES ENFANTS BABARIT-ALLION

 Mathurin, né vers 1669, présent à la mort de son père en 1710, à celle de sa mère en
1711, au mariage de son frère Jacques en 1725, au décès de son frère Jean en 1730.
Décédé le 24 avril 1739, à Mallièvre, marié avec Françoise Ganne.

 Marie née le 4 avril 1674, au Bouc de la Chapelle-Largeau (79)

 Jean, né en 1675, épouse à Treize-Vents Marie Cherbonneau, le 6 juillet 1706.
Il décède à la Maisonneuve de Treize-Vents le 25 mars 1730. Ses frères Mathurin, Laurent
et Jacques sont présents.

 Laurent, marié à Treize-Vents, figure souvent sur les actes. Parrain de deux enfants de Jacques Babarit-Landais.
Il voit le jour en 1677, décède aux Epesses le 20 avril 1749. Il exerce le métier de
laboureur. Il épouse Perrine Vitet à Treize-Vents, le 28 janvier 1711. Perrine est née
vers 1687 à Saint Mâlo-du-Bois (85). Elle est décédée à Treize-Vents le 2 avril 1742.
Dix enfants ont été retrouvés :
 Jacques Barbarit, né le 7 avril 1712 à Treize-Vents. Il a pour parrain Jacques Babarit probablement son oncle et Françoise Vitet comme marraine. Ce Jacques sera plus tard témoin au mariage de Jacques Babarit-Bouju, son cousin. Témoin au décès de son oncle Jacques Babarit-Landais en 1739.
Il épouse le 26 février 1737 Jacquette Uvelin qui sera marraine d’un
enfant Babarit Landais et de Jacques Babarit Bourreau-Petiteau, fils de
Jacques Babarit-Bouju. Il est décédé le 22 avril 1793 à treize-Vents.

Voici la liste de leurs neuf enfants :

1. Pierre-Jacques, né le 17 novembre 1737 à Treize-Vents. Marié le 8 août 1769 à Treize-Vents avec Perrine Grégoire.
2. Jacques, né le 2 novembre 1751 à Treize-Vents.
3. Louis, marié le 31 janvier 1785 aux Epesses avec Marie-Anne Gendreau.
4. Marie-Anne, mariée avec Pierre Valton.
5. Françoise, mariée le 3 juillet 1771 à Treize-Vents avec Pierre Coutant
6. René né le 18 novembre 1754 à Treize-Vents, marié avec Marie-Anne Baudry.
7. Renée mariée avec Louis Hay.
8. Marie, mariée le 20 novembre 1765, à Treize-Vents avec André Grégoire. Leur fils André a épousé Pélagie Jeanne Babarit.
9. Mathurin, né le 5 octobre 1763 à Treize-Vents.

 Pierre Barbarit, né le 30 novembre 1715 à Treize-Vents. Son parrain est Jacques Grolleau, sa marraine Marie Poupin. Il décède à la Flocellière le 20 novembre 1787 âgé d’environ 70 ans, en présence de son frère Jacques, son beau-frère Pierre Roy.
o Ses enfants Mathurin et Pierre.
 Elise Barbarit née le 29 décembre 1717 à Treize-Vents.
 Laurent Barbarit, né le 16 septembre 1720 à Treize-Vents. Il a comme parrain François Vitet, comme marraine, Jeanne Denaud. Il décède le 16 mars 1751 aux Epesses.
 Marie-Anne, Barbarit née en 1724 à Treize-Vents.
 Marie-Renée Babarit, née vers 1725 à Treize-Vents. Son parrain est François Baranger, sa marraine, Renée Landais, sa tante par alliance sans doute. Elle est servante aux Epesses. Elle épouse Jacques Lanoue domestique aux Epesses, le 21 novembre 1747.
o Leur fille prénommée Marie-Madeleine est née le 20 juillet 1749 aux Epesses (85)
 Perrine Barbarit née le 23 février 1729 à Treize-Vents épouse André Texier.
 Hélène Barbarit épouse Louis Bodin.
 Renée se marie à Treize-Vents le 26 février 1737, avec Pierre Roy.
Ce dernier est parrain d’un enfant Barbarit-Landais. Il est témoin au
décès de Jacques Babarit-Landais.
o Leur fille Perrine est née le 14 avril 1738 à Treize-Vents.
 Renée épouse à Treize-Vents le 26 février 1737 François Gonort.
Les deux sœurs portant le même prénom se marient le même jour.

 François né vers 1683 est décédé à Treize-Vents le 25 mai 1704 à l’âge de 21 ans ou environ. Il semble que ce soit à la Maisonneuve. En présence de son père René Babarit et de Jean son frère.

 JACQUES notre ancêtre né en 1694 est cité le dernier comme témoin. Il est sans doute le plus jeune, né 20 ans après sa sœur Marie. Son père a 64 ans, sa maman en a 48.
Il épouse le 6 février 1725 Renée Landais née le 7 décembre 1706 à Mallièvre.
Jacques est décédé le 20 novembre 1739 au Tillé de Treize-Vents.
Voci leurs enfants



GENEALOGIE LAURENT BA®BARIT

BA®BARIT René marié ALLION Perrine
Né vers 1630 née en 1646
Décédé le 24-09-1710 décédée le 29 juin 1711
A Treize-Vents (85) à Treize-Vents

Enfants : 7
(Marie, Mathurin, Laurent, François, Perrine, Jean, Jacques)

BA®BARIT Laurent marié VITET Perrine
Né en 1677 le 28 janvier 1711 née 1687 St. Mâlo-du-Bois (85)
Décédé le 20-04-1749 à Treize-Vents décédée le 2-04-1742
Aux Epesses (85) laboureur à Treize-Vents

Enfants : 9
( Renée, Jacques, Pierre, Hélène, Laurent, Marie-Anne, Marie, Perrine, Renée)

BA®BARIT Jacques marié HUVELIN Jacquette
Né le 7-04-1712 26 février 1737 née le 3 juin 1719
à Treize-Vents à Treize-Vents à Treize-Vents
Décédé le 22-04-1793 décédée le 4-01-1789
A Treize-Vents à Treize-Vents
Enfants : 10
( Pierre-Jacques, Marie-Madeleine, Marie-Anne, Françoise, Renée, Jacques, René, Louis, Mathurin, Marie )

BARBARIT René marié BAUDRY Marie-Anne
Né le 18-11-1754 à Treize-Vents 23-11-1774 née le 16-9-1742
Habite St Amand en 1809 à Treize-Vents à Treize-Vents
Décédé le 19-09-1821 à la Pommeraie/S décédée après 1775
Enfants : 10
( René, Marie-Anne, Jeanne, René, François, Pierre, Jean (François), Jean Marie, Marie,Y)

BARBARIT René Joseph marié BODIN Jeanne
Né le 18-03-1781 le 5 novembre 1809 née le 3-03-1783
A Saint Amand-sur-Sèvre (79) à la Pommeraie fille de René Bodin et de Louise Brossard
Décédé le 13-03-1858 décédée le 14-01-1844
A la Pommeraie (85) à la Pommeraie

Enfants : 4
( François, Marie, Jeanne, Louise, Pierre )

BARBARIT Pierre marié PASQUIER Marie
Né le 30-01-1820 le 29-1-1850 née le 14-11-1829
Aux Embrandières à la Pommeraie à Saint Jouin-sur-Châtillon (79)
De la Pommeraie/s/S
Enfants : 4
( Marie-Jeanne, Anasthasie Marie Flavie, Amélie Rosalie, Marie Auguste )

BARBARIT Marie Auguste marié POUPIN Françoise
Né en 1872 née le 20-10-1875
A la Brétonnière de la Flocellière à Pouzauges
Décédé le 7-11-1957 (85 ans)
A la Bretonnière de la Flocellière

Enfant :





BARBARIT Joseph, Octave mariés FERCHAUD Madeleine, Augustine, Rose
Né le 14 –9-1903 le 12-11-1930 née le 31-1-1913
A la Flocellière (Bretonnière) à la Flocellière à la Mongie de la Pommeraie S./S
Décédé le 26-11-1994 décédée le 7-10 1999
A la Tarrionnière de Sigournais (85) à la Tarrionnière de Sigournais

Fille de FERCHAUD Jean-Baptiste Eugène
Né le 8 mai 1875 à la Chambaudière de St. Michel M.Merc. (85)
Décédé le 29-3-1962 à la Tarrionnière de Sigournais
Marié avec MOREAU Marie Augustine
Née le 1er juin 1878 à la Mongie de la Pommeraie-sur-Sèvre
Décédée le 18 juillet 1947 à L’Angellière de la Flocellière (85)

Enfants : 15

1. BARBARIT Joseph né à la Flocellière le 28 septembre 1931, marié le 4 octobre 1955 avec Zélie PUAUD, née le 3 octobre 1937, décédée le 14 septembre 2001. Cinq enfants

2. BARBARIT Marie-Claude, née à la Flocellière le 28 décembre 1932, mariée le 18 novembre 1953, avec René VINCENDEAU, né le 16 octobre 1928 décédé le 9 juin 1997. Trois enfants

3. BARBARIT Bernard, né à la Flocellière le 8 juillet 1934
Décédé le 20 octobre 1998

4. BARBARIT Gérard, né à la Flocellière le 8 décembre 1936 marié à Sigournais le 6 septembre 1960 avec Chantal HERAUD née à Sigournais le 19 novembre 1937.Quatre enfants

5. BARBARIT Yvette née à la Flocellière le 7 mars 1939, mariée le 20 août 1958 avec Armand RUAUDEL né le 1er janvier 1929. Quatre enfants

6. BARBARIT René né à la Flocellière le 7 mars 1939
Décédé le 6 janvier 2005

7. BARBARIT Michel, né à la Flocellière le 21 février 1941, marié le 26 juillet 1969 avec Camille GALMIER née le 21 août 1958.Trois enfants.

8. BARBARIT Christian né à la Flocellière le 27septembre 1942, marié à Sigournais le 3 octobre 1964 avec Lucienne HERAUD née le 6 avril 1943 à Sigournais.
Cinq enfants.

9. BARBARIT Raymond né à la Flocellière le 4 décembre 1943, marié le 17 juin 1967, avec Annick MOREAU, née le 25 mai 1945. Quatre enfants.

10. BARBARIT X , mort-née le 23 septembre 1945 à la Flocellière

11. BARBARIT Madeleine née à la Flocellière le 31 janvier 1947, mariée le 3 septembre 1966, avec Georges GIRAUD, né le 4 juin 1948, décédé le 13 avril 2003. Trois enfants.

12. BARBARIT Josette née le 1er juin 1948, mariée le 24 août 1968 avec Daniel RACAUD né le 12 décembre 1947. Trois enfants.


13. BARBARIT Maurice né à la Flocellière le 16 février 1950, marié le 26 janvier 1976 avec Jacqueline TOULET née le 10 avril 1955. Deux enfants.


14. BARBARIT Marie-Annick, née à Sigournais le 22 janvier 1952 décédé le 30 avril 1952 à Sigournais


15. BARBARIT Béatrice, née le 5 janvier 1954 à Sigournais, décédée le 30 décembre 1955 à Sigournais










QUELQUES NOTES

LES BOUJU

Jean ou Pierre Bouju-Pasquereau est le fils de qui ? Ils sont aussi nombreux à Treize-Vents sous le règne de Louis XIV que les Babarit. Les derniers renseignements fournis par Stéphane Le Laure, nous emmènent aux Epesses. Je reportent en annexe ceux que nous avons trouvés à Treize-Vents.
Les Bouju fréquentent l’école et savent signer particulièrement après 1700.

 René Bouju-Ogier né vers 1640, épouse Nicolle Ogier, nous avons retrouvé une naissance :
 Perrine ou Pierre né (e) le 6 mars 1671. Le parrain est Etienne Martineau, la marraine Jacquette Babarit. Dès cette époque, un lien existe donc entre les deux familles.

 Jean Bouju, né vers 1641, décédé à Treize-Vents le 12 décembre 1686, à 45 ans.

 Jacques Bouju-Brebion, né vers 1635 épouse Perrine Brebion. Plusieurs enfants sont retrouvés :
 Michel Bouju né aux environs de 1655, témoin au mariage de François Bouju et dit son frère.
 Joseph Bouju témoin au mariage de François et dit son frère.
 François Bouju-Pasquier né avant 1660, épouse le 7 février 1687, Françoise Pasquier. Ses frères Michel et Joseph sont témoins.
 Michel Bouju-Guillocheau, né avant 1660, épouse Philippes [83] (fille) Guillocheau et habite Chambon. Quatre enfants ont été retrouvés :
 Louise Bouju, née le 24 juillet 1682. Lui ont été donnés comme parrain, Mathurin Morin, et Mathurine Jehanneau comme marraine.
 Marie née le 1er mai 1684. Son parrain est François Bouvier (?), sa marraine Françoise Pasquier
 René Bouju né entre 1674 et 1687. Il a pour parrain Michel Ageneau, pour marraine Renée Guillocheau.
 François, né le 1er juin 1686 a pour parrain François Morin pour marraine Renée Guillocheau.
 Michel Bouju-Denaud-Amiot né vers 1655, épouse en premières noces Jeanne Denault le 4 juillet 1681. Une fille naît de cette union :
 Perrine Bouju née le 27 avril 1682
Michel devenu veuf se remarie le 10 juillet 1685 avec Catherine Amiot de la Renollière [84] de Treize-Vents. Les témoins sont Jan Guitton et Janne Rampillon, vitrier. Du dit Bouju, de Vincent Morin et Célestin Amiot beaux-frères de la dite Amiot. Un enfant vient au monde la même année :
 Françoise, née en 1685 a pour parrain Mathurin Poupelin. Le nom de sa marraine n’est pas lisible.
 Jeanne Bouju née avant 1700, épouse le 4 mars 1726, Laurent Echasserieau. Son père Michel est décédé. Elle a comme témoin : Charles Denaud, Pierre Bouju, Mathurin Echasserieau, Michel et René Bouju, Mathurin Denaud, Nicolas Lusseau.
 Pierre Bouju, né avant 1700, épouse en 1726, Anne-Marie Echasserieau (appelée Marie). Les témoins sont : Michel et René Bouju ses frères. Mathurin Denaud, Nicolas Lusseau, Charles Denaud, Pierre Bouju, Mathurin Echasserieau. Il décède au Portau ( ?) de Treize-Vents le 22 mars 1740.
 Michel Bouju dit frère au mariage de Pierre Bouju-Echasserieau. C’est probablement lui qui épouse Perrine Martineau.
 René dit frère au mariage de Pierre Bouju-Echasserieau.
Jeanne et Pierre Bouju Amiot vont épouser le même jour, Laurent et Marie Echasserieau-Bouju.
Jean notre ancêtre est peut-être un neveu de Michel Bouju-Amiot, nous retrouvons souvent ses enfants ; Jeanne Bouju-Echasserieau, et Pierre Bouju-Echasserieau comme témoins ou parrain et marraine des enfants Bouju-Landais.
Michel est décédé à la Renollière de Treize-Vents le 5 septembre 1724. René, Michel et Pierre ses enfants sont présents ainsi que Nicollas Lusseau du Temple.

 Guyonne (?) Bouju du Bourg est décédée le 10 mars 1670

 Marie Bouju, née vers 1675, épouse Jean Echasserieau. Ils habitent les Epesses. Ils sont les parents de Laurent Echasserieau, mari de Jeanne Bouju, fille de Michel Bouju -Amiot et de Anne-Marie Echasserieau, mariée avec Pierre Bouju, fils de Michel Bouju et de Catherine Amiot. Marie décède avant 1726.
 Michel Bouju-Le Maître né vers 1660 épouse le 26 février 1683 Vincente Le Maître. Un enfant a été retrouvé :
o Michel Bouju né le 25 avril 1684 a comme parrain Michel Bouju, comme marraine Françoise Ble.. ?
 Marie Bouju-Godard, née vers 1688, épouse François Godard, ils ont une fille :
 Marie Godard, née le 11 mai 1713. Son parrain est Mathurin Blanchard, sa marraine, Marie Denaud ( ?)
 Michel Bouju-Denaud né vers 1690 épouse, Françoise Denaud . Françoise décède le 5 novembre 1724 à 25 ans. Les témoins sont Michel Bouju son mari, René et les autres.
 Jean Bouju-Thibau né avant 1700 épouse Françoise Thibau. Un enfant leur est donné :
 Jean, né le 9 décembre 1725. Il a comme parrain René (X) comme marraine Françoise Guitton.
 Jacques Bouju-Bourseguin, né vers 1695, épouse Catherine Bourseguin. Ils ont un fils :
 Jean Bouju, né le 22 janvier 1726, son parrain est Jean Bouju, sa marraine Françoise Barbault.
 Michel Bouju-Martineau, né vers 1690, épouse Perrine Martineau. Des enfants ont été retrouvés :
 Jeanne Bouju, née le16 octobre 1718, son parrain est Pierre Bouju, sa marraine Jeanne Bouju
 René Bouju, (jumeau), né le 22 septembre 1721. Son parrain est René Bouju,
sa marraine Françoise Bouju.
 Louise Bouju, (jumelle), née le 22 septembre 1721. Son parrain est Charles Marion, sa marraine Louise Charbonneau.
 Pierre, né le 16 avril 1726, son parrain est Pierre Martineau, sa marraine, Renée Lusseau.
 Marie, née le 15 septembre 1727, son parrain est Laurent Echasserieau, sa marraine, Marie Echasserieau.
Michel Bouju-Martineau est proche parent de notre ancêtre, nous retrouvons les mêmes parrains et marraines.
 René Bouju-Denaud, né vers 1690, marié avec Françoise Denaud. Ils ont comme enfants :
 Mathurin, né le 2 juillet 1719. Son parrain est Mathurin Denaud, sa marraine Catherine Amiot.
 Marie-Elizabeth Bouju, née le 30 novembre 1723. Son parrain est Mathurin Denaud, sa marraine Perrine Denaud.
 René Bouju-Galant, né vers 1695, épouse Renée Galant. Ils deux un fils :
 Laurent, né le 13 août 1727, son parrain est Laurent Echasserieau, sa marraine Jeanne Picaud.
 Jean, né le 13 mars 1729
 Pierre Bouju-Echasserieau, né vers 1695, fils de Michel Bouju et de Catherine Amiot, épouse Marie Echasserieau en 1726. Ils ont un fils :
 Jean né le 28 décembre 1728 qui a pour parrain Laurent Echasserieau comme marraine Jeanne Bouju.

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Pour toute correspondance concernant les pages qui précèdent: Cbabarit@aol.com.
ou sgv3assmat6@orange.fr


LES BABARIT & les autres

Pour toute correspondance concernant les pages qui suivent : Cbabarit@aol.com.


Il était une fois la famille Babarit


1. Histoire de Fernand Babarit, né au Boupère le 1° avril 1907

2. Histoire d'Angèle Boudeaud, son épouse, née à la Flocellière le 11 août 1908.
3.Le prisonnier de guerre : récit de la captivité. Fernand raconte
4. Enfances à la Flocellière : l’école des garçons, la paroisse.

5. Itinéraire de Claude Babarit, né en 1935
Environnement familial, séminaires, ordinations.
Ministères exercés, passions partagées.

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Au début du 20° siècle on écrivait encore indifféremment Babarit ou Barbarit comme on le voit déjà pour un certain Louis Ba®barit, né en 1699 à St Hilaire de Mortagne et décédé le 9 juillet 1773 dans la même localité.
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1. Fernand Babarit est né le premier avril 1907 au foyer de Pierre (1873-1963) et de Zélie Babarit (1879-1923 (?) à la Davière du Boupère, à 2 kms du bourg.
Zélie, sa sœur est née en 1909. Au temps de l’école il allait au bourg chaussé de ses sabots de bois, comme son père. Un peu de paille au fond des sabots pour tenir la chaleur. Son père Pierre, aura porté toute sa vie des sabots de bois, y compris pour faire de la bicyclette quand, à 80 ans passés, il venait encore à la Turpinière, sur la Flocellière, voir son fils et sa famille. Pierre, de forte constitution, n’aura jamais vu le médecin que dans ses derniers jours, sur les 90 ans à la Davière. Il était installé comme bordier, donc propriétaire de sa maison, de quelques hectares de terre cultivables, d’un peu de vigne et de bâtiments agricoles.

Fernand raconte: " Au début de la guerre 14-18, Mr le Curé a demandé aux paroissiens de donner tout l’or et l’argenterie qu’ils pouvaient avoir, afin de sauver le pays. Mon grand' père, (le père de ma mère : il avait 80 ans. Son père Julien Sauvêtre avait fait 6 ou 7 ans de guerre de Crimée ) est venu avec tout ce qu'il avait. Il a renversé la bourse sur la table et m'a dit :" Toi qui sais bien compter " dis combien il y a là ". J’ai compté 75 pièces de chacune 20 francs-or. Il les a échangé à la mairie contre du papier monnaie.

L’ECOLE C’était peu de temps après les nouvelles lois sur la laïcité de l’école publique. Comme presque tous les parents au Boupère, mes parents nous ont mis ma sœur et moi à l’école libre qui venait de s’ouvrir dans la paroisse. Un instituteur à fort accent alsacien était arrivé, Mr Guéné. Tous les après-midis il sortait son violon pour un cours de musique. Comme je n'arrivais pas à prendre la note, il a voulu me donner un coup d’archet sur la tête. Je me suis reculé. L'archet de son violon s’est brisé sur le coin de la table. Mr Guéné s’est fâché et ça n’allait plus du tout. Ma mère m'a mis à l'école publique tout l'hiver. Le curé Raffugeau a fait appeler ma mère en disant que c'était un scandale, qu'il aurait fallu le dire plus tôt, que cela aurait pu s'arranger. A l'école publique l’instituteur venait discuter avec nous sur la cour car on n'était pas nombreux. Il parlait de la politique et de tout ce qui se passait: il n'aimait pas que l'on parle mal et il corrigeait notre patois. L'année suivante l'instituteur de l'école libre a été changé. J’y suis retourné. » Au printemps et tout l’été, les garçons n'allaient plus à l'école : on avait besoin d’eux pour les travaux des champs.
Voici l’âge de la bicyclette : la petite reine, comme on l’appelait à l’époque, n’était pas encore démocratisée mais le père Pierre voulut faire plaisir à ses enfants, Fernand et Zélie. Il leur acheta à chacun son vélo chez son frère Jules Babarit. On sait qu'au début du siècle un vélo coûtait très cher. Un instituteur que voulait se procurer une bicyclette devait y consacrer un mois et demi de sa paye.
Jules Babarit, le vendeur, s’était établi comme mécanicien à l’Oie, sur la demande du Comte de Chabot car il fallait un mécanicien pour les premières automobiles qui arrivaient au Parc Soubise. Pour Fernand quel merveilleux outil que la bicyclette ! Pour tout éclairage, la nuit tombée, il n’y avait que la lanterne à bougie accrochée au guidon. Un soir la maréchaussée à cheval attendait le jeune cycliste qui roulait sans lumière. Premier procès. Parmi les gendarmes de Pouzauges l’un d’eux s’appelait Cabichoux et il était redouté dans la population. Un paysan qui ne l’aimait pas, avait appelé ses deux bœufs Cabichoux et Dangereux. Ce qui lui permettait tout en criant ces noms par desssus les sillons, de se défouler en aiguillant l’un ou l’autre. 60 années vont passer avant que Fernand n’écope d’un second procès. Ce sera à Mobylette cette fois, à plus de 80 ans, quand le même Fernand sera verbalisé pour avoir roulé sans casque sur la route de Sainte Anne à la Turpinière.
On travaillait la terre à la Davière mais la borderie ne suffisait pas à employer à temps plein deux hommes en pleine force, même si à certains moments il y avait des travaux qui sortaient de l’ordinaire. Ainsi le père et le fils creusèrent ensemble, à la pioche et à la pelle, un puits de 7 mètres de profondeur du côté de l’aire à battre le blé.

A 20 ans, service militaire à Vannes. Pendant 2 ans Fernand y apprend non seulement à s’occuper des chevaux qui devaient encore traîner les pièces d’artillerie mais aussi à devenir un bon cavalier comme en témoignent quelques photos.
En 1929 c’est en vélo que Fernand se rend à la Flocellière pour le mariage de sa cousine Madeleine Babarit (1906-1977). Il y fait connaissance d’ Angèle Boudeaud, la sœur du marié Pierre Boudeaud. Pour ce mariage Angèle fait fonction de « fille d’honneur ». Par décision de la maman de la mariée, Angèle aura Fernand comme « cavalier ». Ils ne se connaissaient pas mais ils se plurent tout de suite. La jeune Angèle pourra dire, et jusque dans ses 90 ans, qu’elle n’était pas allé le chercher mais qu’il lui avait été donné. Dès lors, les dimanches après-midi, par les routes poussières de l’été ou les chemins détrempées de l’hiver, en protégeant souliers et costumes pour ne pas les salir, Fernand franchissait les collines de part et d’autre du Mont Mercure pour aller rencontrer sa dulcinée.

6 Mai 1930, mariage dans la tradition à la Flocellière : après la mairie et l’église et précédés du violonneux, les mariés s’arrêtent aux 4 coins du bourg avant d’arriver chez le traiteur au café Germain où se fera la noce. On prolonge la noce un jour ou deux encore à la ferme de la Turpinière. Au pays l’allure distinguée des nouveaux mariés les faisait souvent prendre pour des instituteurs.
Pour l’immédiat on vivra en communauté à la Turpinière. Avec son épouse Angèle il est chez ses beaux-parents. Sa belle-mère, Angèle Boudeaud soigne son propre père Jean Puaud de la Tréquinière venu finir ses jours chez son unique fille Angèle Puaud mariée à Pierre Boudeaud..
Après la naissance de Claude en 1935, c’est 4 générations qui se côtoient à la Turpinière. On a gardé les commentaires de Claude sur le « pépé Yan (Jean) et son bonnet de nuit ». Cet arrière-grand’père est décédé en 1938 suite à un problème de prostate, non guérissable à l’époque.

Le quotidien de la Turpinière avant 1939 :

Après la fête du mariage, Fernand prendra place auprès de son beau-père et ses deux beaux-frères. C’est une ferme de 30 hectares, considérée comme importante pour l’époque. De la Toussaint à décembre, l’un des hommes est à la charrue avec un attelage de 6 bœufs. Ce sera le travail de Fernand. Il se révèlera très vite comme ayant une grande résistance à la fatigue. Le reste de l’hiver il faut manier la serpe, la hache, la faucille et le « godron » cette scie d’environ deux mètres de long et maniée par deux hommes. Abattage du bois de travail pour faire des échelles, des clôtures, des paniers, etc. bois de chauffage aussi que l’on débite en « cordes de bûches » et en fagots. Il faut ébrancher les chênes, hêtres et autres futaies, tailler les haies en mettant en fagot la fournille qui servira à chauffer le four à pain. Les petites branches sont utilisées pour les chaudronnées de pommes de terre aux cochons mais aussi pour faire bouillir les lessives ou cuire la fressure.
Avant d’aller au bois l’hiver, il fallait souvent couper les choux, aliment vert très prisé du bétail à l’écurie mais travail pénible quand les terres étaient très mouillées, que les sabots de bois s’enfonçaient dans la boue et qu’il fallait porter, sur les épaules, jusqu’à la charrette de volumineux fagots de choux reliées par des « rautes».
Au printemps la journée entière se passait à tenir les poignées de la petite charrue tirée par un cheval. Il s’agissait de désherber les rangs de vignes. L’emploi de désherbant était tout à fait inconnu.

Au plus fort de l’été, et pendant 5 à 6 semaines Fernand était dans cette ferme celui qui partait chaque matin pour faire « les batteries ». C’était un système d’entraide. Pour avoir 30 ou 40 hommes dans l’aire de la Turpinière quand la machine à battre le blé arriverait, il fallait donner 30 ou 40 journées chez les fermiers des environs.
L’ambiance était gaie. On y mangeait toujours bien et il s’y buvait, dans les meilleures journées, une ou deux barriques de vin de la production locale et qui n’était très fort en alcool. De la mi-juillet à la fin août Fernand était « parti battre », se levant tôt, revenant tard. Parfois il y avait les 3 repas sur place. Son beau-frère, Maurice y allait aussi quelquefois quand « les batteries » avaient lieu en deux fermes différentes le même jour.
Un renard dans le poulailler :

“Un jour avec Maurice , mon beau-frère, c'était un dimanche matin nous étions occupés à ramasser des pommes dans le jardin .On entend un affolement général parmi les poules qui étaient en liberté en ce temps -là. Un renard fonçait sur elles. Maurice est allé chercher son fusil de chasse. Il tire et le renard s'écroule. On décide de le porter chez un tanneur pour en faire une fourrure que ma femme portera selon la mode de l’époque. Me voilà parti avec un vieux vélo jusqu'a Bressuire- 15 kms- avec le renard sur le porte-bagages dans la chaleur, et l'odeur qui me poursuivait. L’empailleur a fait ce qu’il fallait.”
Le renard devenu fourrure pour mettre autour du cou a traversé les années. Il a trôné longtemps dans le grand séjour à la Turpinière, puis à la maison de retraite jusqu’en 2001 avant d’échouer chez Anne-Claude l’une des petite filles d’Angèle et Fernand.
« A Bressuire, raconte Fernand, il y avait aussi le tonton Sourisseau. La tante était la demi-soeur de mon père. Il était concierge au collège où il était logé avec sa famille. Il chantait les offices et jouait de l’ orgue à l’église. Un soir, en militaire, j'arrive chez lui avec la petite Marguerite leur fille qui avait peut-être 10 ans. Comme nous n’avions pas mangé, la Mère Supérieure de la Communauté du collège nous a servi un très bon repas. »
La guerre :
Peu avant la guerre 1935, naissance de Claude, puis Guy en 1938. 1939 : Fernand qui est de la première réserve part dès le 3 septembre, lendemain de la déclaration de guerre. (Voir document souvenirs de guerre).
Quelques permissions. Monté au front mais sans arme comme les autres soldats de son régiment Fernand est fait prisonnier. 300 ( ?) kms à pied dira t il. Il deviendra le n° 36 372 au stalag IV C, du côté de Dresde jusqu’en 1945. Après plusieurs mois sans pouvoir donner de nouvelles le prisonnier eut droit à une première lettre de son épouse et un colis par mois. Il pouvait écrire aussi sur papier spécial. Parfois la censure rendait illisible telle ou telle ligne.

9 mois au travail dans une usine d’essence synthétique puis chez un riche exploitant agricole mais, la journée finie, il fallait rentrer au camp : un camp de 3.000 prisonniers à Komoto (Chomutov). Des baraques de 70 lits chacune. On y mangeait mal mais le soir et le dimanche beaucoup s’adonnaient aux jeux de cartes pour « tuer le temps » dans cette cruelle privation de liberté. Fernand préférait lire grâce à la bibliothèque du camp que la Croix Rouge Française avait été autorisée à équiper.
Débarquement des Alliés le 6 juin 1944. Avancée des fronts russes et Américains. Avec quelques camarades, 80 kms à pied pour être libérés par les Américains plutôt que par les Russes.

Eté 1945. Retour à la maison. Fernand souffre d'une demi-surdité contractée en Allemagne .Le prisonnier de retour au pays a droit à une longue convalescence. C’est le bonheur pour son épouse et les enfants après 5 ans de séparation. On va visiter parents et amis.

On faisait une fête dans chaque famille pour le retour du prisonnier. A la Turpinière il fut décidé que l'on fêterait tout ensemble la " grande communion" de Claude et le retour de son père Fernand: ce qui retarda de presque un an la fête du retour. Cela paraissait très long à un enfant de 11 ans. Mais ce fut une grande fête: on tua les chevreaux spécialement élevés pour ce jour. Mr Le Curé Soulard et son vicaire vinrent déjeuner à la maison: il y avait plus de 50 personnes.

Pierre Babarit, le père de Fernand, sur ses 75 ans avait décider de partager entre son fils Fernand et sa fille Zélie, ce qu’il avait chez lui à la Davière comme mobilier mais aussi les carrés de vigne. Il n’y avait pas encore de caisse de retraite dans l’agriculture, pas plus que dans l’artisanat. Pierre est complètement pris en charge chez sa fille et son gendre Ernest Blanchard. Il garde l’usufruit de ses lopins de terre. Veuf depuis les années 20, il reste chez lui.
Un carnet en date du 15 septembre 1945 donne une idée des conditions de ce partage :
Partage de l’intérieur de la maison.

Série n° 2 attribuée par tirage au sort à sa fille Zélie Babarit :
Un lit en chêne garni - Un lit en cerisier garni - Une machine à coudre - Un buffet en chêne - 4 chaises ( 2 en paille et 2 en jonc) - 13 draps - 4 barriques - une petite table de cuisine - une douzaine d’assiette.
Sur cette série le Père Babarit réserve pendant sa vie un lit en chêne garni, un buffet en chêne, 2 chaises. En outre le Père Babarit réserve pendant sa vie objets non partagés : Un mirus - Une glace - 26 draps -15 essuie-mains - 4 torchons - 2 nappes - un pot gras Fait à la Davière le 15 septembre 1945 en présence de Pierre Babarit d’une part et de ses enfants.
Lu et approuvé par son fils Fernand et de sa belle-fille Angèle Boudeaud, femme Babarit et de son gendre Blanchard Ernest et de sa fille Zélie Babarit
. Série n° 1 attribuée par tirage au sort à Babarit Fernand, son fils :
Un lit en cerisier, petite longueur garni - Une table à rallonge en cerisier - Cuisinière - Pendule - 4 chaises ( 2 en paille, 2 en jonc) - armoire en cerisier(voir ci-après pour des renseignement sur le cheptel bovin vers 1890 ) - une porte - un pétrin - 12 draps - 6 barriques une1/2 douzaine d’assiettes - soupière Le Père Babarit réserve pendant sa vie sur cette série, pendule, table à rallonge, la douzaine d’assiette et la soupière.
Fernand racontera plus tard que la table en cerisier avait été réalisée sur place par le menuisier qui était venu travailler à la maison pendant plus d’une semaine.
La porte de l’armoire attribuée à Fernand servait de bloc-notes. Quand on l’ouvrait on pouvait lire écrit sur le bois, à l’intérieur : « La vache Mouton a servi le 30 du mois de juillet de l’année 1891 – elle a servi chez Auguste Guilloteau – (taure de l’année) - Muscadin a servi chez Auguste Guilloteau - Joly le 9 novembre –
Pigeon le 3 octobre – Joly le 2 octobre- Muscadin a servi le 4 août - Joly a servi le 1° juillet – Muscadin a servi le 4 juin, renouvelé le 22 juillet - Joly a servi le 15 décembre- Pigeon le 11 juillet - ….. le 1° août - Perdrix le 18 juillet – la vache Pigeon a servi le 15 mai - Muscadin le 18 juin - Joly a servi vers le 15 décembre - la taure a servi le 8 mai - Joly au commencement d’octobre. »

Toutes ces vaches portaient un nom, pour être attelées et tirer charrue et charrette. La jeune taure ne devait pas encore avoir reçu de nom. Les inscriptions de cette armoire nous renseignent sur le cheptel de la borderie autour de 1890. Le mobilier fut déménagé dans un charroi, avec cheval et carriole vers la Turpinière, à l’automne 1945.

Le tournant des 40 ans pour Fernand Babarit, après le retour de captivité en Allemagne.
Quel avenir à la Turpinière ?
A la ferme, la priorité restait aux fils de la maison, le gendre ne venant qu’après. Mais le seul fils encore là, Maurice, à 43 ans, n’était pas marié et il n’était pas pensable qu’il prenne la succession de son père, Pierre Boudeaud dans une aussi grande ferme sans une femme à la maison. Mais se marierait-il ?
Si oui, Fernand pourrait partir, par exemple dans la fonction publique et peut-être la gendarmerie : avec 5 ans de guerre qui comptaient double et le service militaire cela lui ferait déjà 12 à 13 ans de carrière et la possibilité de prendre assez vite une demi-retraite. Après quoi il aurait droit à des emplois réservés, par exemple un bureau de tabac.

Il pourrait aussi, avec son épouse, exploiter la petite ferme de la Tréquinière, à quelques kilomètres de là. Une propriété de ses beaux -parents Boudeaud. Mais on ne pouvait en déloger un oncle, handicapé et qui de surcroît venait de perdre son épouse, laissant deux garçons encore adolescents. En attendant il fallait des bras à la Turpinière. Fernand va reprendre la charrue et les travaux des champs, laissant à son beau-frère le soin des animaux à l’écurie. Fernand s’était acheté un vélo tout neuf chez les mécaniciens Caillé-Rouzeau qui venaient de s’installer à la Flocellière. Angèle avait fait réparer le sien. Pour les courses plus importantes le grand’père Boudeaud prêtait la voiture attelée par une jument demi-sang qui trottait bien.

A son compte avec son beau-frère, vers 1946. Le grand’père Boudeaud cède sa part de cheptel et de matériel. Il prend sa retraite en même temps que son épouse Angèle, née Puaud. Maurice, célibataire et les conjoints Fernand et Angèle Babarit sont associés en communauté. On démarre sans argent. A ce Noël-là les enfants n’auront qu’un porte-plume et des oranges.

1950 : naissance de Jacques, le 16 août. Inquiétude avant l’accouchement. A cette époque les naissances avaient lieu pour la plupart à domicile. Comme la maman avait souffert d’une fracture du bassin, lors d’un accident de travail, il fut décidé qu’elle irait en maternité à Fontenay le Comte, chef-lieu de l’arrondissement, dans l’attente de la naissance.
Son frère Maurice la conduit en « Celtaquatre Renault », une voiture achetée d’occasion aussitôt la guerre. Pour aller visiter son épouse, dans la semaine qui suit, Fernand prend son vélo : 100 kms aller – retour dans la journée.
Baptême de Jacques le dimanche qui suit le 16 août, à la chapelle de la maternité de l’hôpital. On baptisait presque aussitôt la naissance. Présents :la marraine Marguerite Gelot, le parrain Claude frère aîné, et Guy, enfin l’oncle et chauffeur Maurice. Tout s’était bien passé finalement. En remerciement la grand’mère, Angèle Boudeaud, 66 ans, fait une neuvaine à la grotte de Chateaumur, c'est-à-dire qu’elle s’y rend à pied pendant 9 jours par le chemin du Moulin au Chat, pour y prier quelques instants
Claude, du haut de ses 15 ans, aurait été bien utile pour aider mère et grand’mère pendant les vacances mais c’était le moment de l’ouverture du petit Séminaire des Herbiers et il fallait que tous les élèves, de la terminale à l’entrée en troisième donnent 15 jours à la fin août pour les travaux à terminer.
Il s’agissait de ramasser les cailloux de l’ancienne voie de chemin de fer du petit train, en bordure de la Nationale des Herbiers à la Roche, de charger ces cailloux dans un camion, puis de les rouler sur des wagonnets pour empierrer les cours de récréation. Les travaux au séminaire ont pris du retard et la rentrée n’a lieu que le 17 octobre Ce report permit aux jeunes de faire les vendanges avant la rentrée cette année-là. C’était une fête quand 12 ou 15 séminaristes de la Flocellière et de Chateaumur montaient sur le tracteur pour aller vendanger à 12 kilomètres les vignes que Fernand tenait de son père à la Davière, auxquelles s’étaient ajoutées celles de la Limousinière, propriété de la famille Boudeaud-Puaud, dans la famille de son épouse.

Les bœufs ou le tracteur ?
1950. Avec le beau-frère de Salboeuf, Pierre Boudeaud, et Maurice à la Turpinière, Fernand achètent en copropiété un tracteur Renault très gourmand en essence. Les associés achètent plusieurs autres matériels agricoles: moissonneuse-lieuse d’abord, puis moissonneuse-batteuse tractée, suivant de très près la modernisation des machines.

Toujours pas de mariage en vue pour le beau-frère Maurice. Ses parents, Pierre et Angèle lui propose de devenir propriétaire de la Tréquinière et d’aller y vivre, moyennant quoi il céderait à sa sœur et son beau-frère Fernand, la petite propriété de Sainte Anne qu’il s’était acquise en 1953. Maurice se fait tirer l’oreille. Sur l’insistance de Mr Chapeau, greffier à Pouzauges et ami de la famille il signe et s’établit peu à peu à la Tréquinière. .
Guy Babarit, adolescent, s’intéresse au travail de la ferme. Il poursuivra une formation en «maison familiale » en alternance avec le travail avec son père Fernand.
Fin 1958 :Guy après quelques semaines de caserne en France, part pour l’Algérie. Fernand rachète des bœufs. En l’absence de son fils, il engage un domestique. C’est Hilaire Morin, un voisin, un fort tempérament, et qui plus est, demeure un ami.
Claude après la guerre d’Algérie revient au grand séminaire de Luçon. Il fait l’acquisition, pour ses parents, de la vieille 501 Peugeot, cédée par l’économe du grand séminaire de Luçon. Une grande voiture dont le moteur tourne comme une horloge. Mais les pneus ne sont pas très bons. On va remplacer ceux de l’arrière par les 2 pneus de l’ancienne moissonneuse-lieuse qui sont comme neufs. Les jantes sont du même type quoiqu’un peu plus grandes, ce qui augmente la vitesse roulante et permet du 130 sur la route de St Michel aux Herbiers, à une époque où il n’y avait pas de limitation de vitesse. En raison de la surdité contractée en Allemagne Fernand n’a pas appris un conduire. Il se débarrasse de la voiture et se contente d’une mobylette « haut de gamme » à fourche télescopique, une nouveauté pour l’époque.

1960 Guy rentre d’Algérie. Fernand vend les bœufs pour acheter un tracteur Hanomag chez son cousin Jules Babarit, mécanicien à l’Oie. Puis c’est la 2 chevaux Citroën toute neuve, achetée grâce à la vente d’une paire de bœufs. Angèle qui aimait bien conduire les chevaux, a passé avec succès le permis de conduire à l’âge de 55 ans et se met à la « Dedeuche ».

Au retour d’Algérie, Guy se marie Son épouse, Renée Bonnin arrive de l’Audrière, une autre ferme, située à l’autre bout de la commune. C’est en 1962. A cette époque les jeunes ménages dans les fermes commençaient à s’établir en autonomie (toute relative) par rapport à leurs parents. Des travaux sont entrepris dans la maison du bas. Chaque couple aura sa cuisine au rez-de-chaussée. A l’étage de deux chambres on en a fait 4 chambres. Avant son mariage Renée travaillait dans une usine de chaussures aux Epesses. Mais il n’était guère pensable qu’une jeune femme garde un travail à l’extérieur de la ferme. Et puis la naissance d’un premier enfant s’annonce. Fernand et Angèle d’une part et Guy et Renée d’autre part s’établissent en communauté sur la Turpinière.
1970 Avec la naissance d’Anne-Claude et Cyril les deux couples se trouvent à l’étroit dans cette partie de la maison.. Fernand et Angèle se font arranger cuisine et salle d’eau, puis grand séjour dans le vieux bâtiment : ils montent à l’étage pour y vivre au quotidien.
19… La famille Landry vend la ferme. Guy et Renée, « aidés et encouragés » par Fernand et Angèle en font l’acquisition.

Retraité déjà : 1972 : Fernand, pensionné de guerre pour surdité contractée à la guerre, est autorisé à prendre sa retraite avant l’âge, mais son bonheur sera de continuer à aider Guy son fils dans les écuries ou dans les champs. Il pourra aussi chaque jour aller à Sainte Anne, entretenir les clôtures et les arbres, donner à manger « aux poulains » comme il dit, les 3 poneys de race et leurs petits. Il faut aussi surveiller la basse-cour établie là-bas.
1980 : Fernand et Angèle réalisent une donation-partage devant notaire: ils se réservent l’usufruit de Sainte-Anne et du champ des Ajots (3 hectares) en même temps qu’un droit d’usage et d’habitation pour la Turpinière. Les petits-enfants, Anne-Claude et Cyrille vont à l’école à la Flocellière, puis au collège à Pouzauges. Anne-Claude deviendra interne au collège Notre-Dame à Fontenay le Comte. Cyrille prépare un BTS en agriculture.
Jacques, le troisième enfant d’Angèle et de Fernand, étudiant en fac de droit à Nantes, se marie avec Anne Barrière, infirmière en dermato, là où son père est chef de service au CHU de Nantes. Le jeune couple s’établi à Cholet où naissent leurs enfants.
Des dispositions légales ont été prises en faveur des jeunes agriculteurs qui veulent s’installer ou agrandir leur exploitation. Ce qui permet à Guy de prendre une retraite anticipée à la Toussaint 1994. Avec Renée Guy décide de vendre les bâtiments d’habitation, la grande maison ancienne et les bâtiments d’élevage. Il mettra les terres agricoles en location à des voisins.
La maison de retraite à la Flocellière.
Changement de perspective pour Fernand et Angèle qui avaient pensé finir leurs jours à la Turpinière comme dans les générations précédentes. L’évolution de la société, le développement de la médecine, l’allongement de la vie rendent difficile la perspective de finir ses jours dans la maison que l’on aimait. Il faut envisager la maison de retraite.

1995 : Fin janvier. A Sainte Anne, Fernand fait brûler ce qu'il a taillé au plus court dans les clôtures et buissons. C’est la bonne saison.
Au printemps, Fernand et Angèle mûrissent la décision d’entrer en maison de retraite à la Flocellière. Ils ne seront pas coupés de leurs racines. Après avoir visité une chambre proprette et ensoleillée, ils téléphonent leur accord : ils entrent le 2 mai 1996 .
Le lundi 15 mai en route vers Sainte Anne , Angèle prend une dernière fois, le volant à Kerennic. Elle conduit par la route de la Sicotière jusqu'à la Vrignais, mais les réflexes sont plus lents. A 88 ans elle décide de vendre sa voiture.
L’adaptation à la maison de retraite se fait assez bien. Fernand joue aux boules avec les hommes du voisinage l’après-midi.
Janvier 1997 Le Jour de Noël 96 Claude, alors en études à l’Université Catholique de Paris pour un an, célèbre la messe à la Maison de Retraite. puis emmène les parents à la Turpinière où tous déjeunent chez Guy et Renée en présence de leurs enfants et petits-enfants. Mauvaise chute pour Angèle. Elle est hospitalisée à Cholet pour fracture du col du fémur.

Il s’en suivra trois semaines de maison de repos à la Chataigneraie. C’est la première fois que Fernand n’a plus son épouse à ses côtés pour aussi longtemps, depuis le retour de captivité en Allemagne.
Seul dans sa chambre à la Flocellière, pendant le séjour de son épouse à l’hôpital, Fernand continue de recevoir la visite quotidienne d'Abel Bourreau. Ce voisin et fidèle ami, s’était installé à Theurat, à proximité de la Turpinière, mais, redevenu seul dans la vie, il réside tout près de la maison de retraite.
La vie continue. Claude emmène son père en voiture à Sainte Anne le 1° avril : jour de ses 90 ans. Fernand veut dériver l'eau qui court sur le chemin. Il chausse ses bottes, puis prend pelle et pioche et creuse dans la caillasse. Quelle santé pour ses 90 ans !
1997: le grand âge tout de même: la santé de son épouse se dégrade. Fernand roule 2 fois par jour le fauteuil d’Angèle qui ne peut plus se rendre à la salle à manger sur ses jambes. Les journées sont consacrées à la lecture du journal quotidien et de nombreux romans, judicieusement choisies par l’animatrice de la maison qui connaît bien les goûts et les attentes des résidents.
Guy et Renée qui habitent désormais dans le bourg passent chaque jour et font face aux nécessités immédiates, en lien avec le personnel que l’on sait attentif. Claude et Jacques qui sont plus loin, viennent à quinzaine ou chaque mois.

Septembre 98 : Avec tous les cousins de Salboeuf et de la Davière pour les 90 ans d’Angèle, chez Guy et René. Tous ou presque sont là en cette rentrée de septembre.

Janvier 2000 : Séjour de Fernand à la Polyclinique de Cholet : intervention sur la prostate. Anesthésie générale. Le patient supporte bien. Température et tension artérielle normale. On pense au 1° avril pour fêter les 93 ans et au 6 mai pour les 70 ans de mariage ! Les jambes faiblissent et l’équilibre fait défaut, mais l’esprit reste clair…
Moment charnière, à l'aube des 70 ans de mariage. Les verront-ils ensemble Angèle et Fernand? A l’aube du troisième millénaire nous aimons nous adosser encore à la génération qui précède, même si, dans le grand âge qui est le leur, nous avons d'abord à leur porter secours. Le corps va vers la démaîtrise, mais l’esprit reste éveillé. Ayant traversé presque tout le siècle qui s’achève et « rassasiés de jours » comme le dit la Bible, ils ont la chance d’être encore ensemble, ce qui est rare à cet âge de la vie. A la maison de retraite un personnel vigilant, des proches attentifs, assurent pour que des « vieux mariés », parmi les plus anciens de la commune, coulent encore parmi nous des jours paisibles.

--- 1° avril 2000 : pour les 93 ans de Fernand et, en prévision des 70 ans de mariage, goûter organisé à la maison de retraite en présence des enfants, Claude, Guy et Renée, Jacques et Anne, leurs petits enfants : Anne-Claude et Marius Briand, Cyrille et Isabelle (Garnier) Babarit, chez Guy et Renée, les-arrière petits enfants, : Constance et Marius Briand à Nantes, Yohanna et Théo Babarit à Treize-Vents.
Chez Jacques et Anne : Aurélien est à l’Ecole Centrale à Nantes Jacques-Emmanuel poursuit en fac des études en informatique, à Nantes également. Agnès est en classe de Première à Combrée où ses deux frères ont fait tout le secondaire.

De vie à trépas
Pour Fernand, ce fut le vendredi soir 26 janvier 2001, dix jours après son épouse Angèle Le jeudi midi pourtant il était lui aussi descendu déjeuner avec tous. Fernand avait l’estime de tous, jouant parfaitement le jeu de la vie communautaire.

Dès le vendredi matin l'infirmière s'inquiète. Elle appelle la famille par téléphone. Jacques et Anne se trouvaient retenus à Pouancé. Guy et Renée gardaient leurs petits enfants à Nantes. Aucun symptôme trop alarmant pour l'instant. Claude, informé par Jacques, arrive vers 12 h 15 et prend son plateau repas en présence de son père qui, lui, n'absorbait plus que du jus d'orange. En début d’après-midi, plusieurs personnes du service sont passées lui dire au revoir avant de partir en week end.

Elisabeth Puaud, une cousine religieuse, qui avait prévu de venir le voir ce jour, arrive en début d'après midi.

A la question "ça va "? Fernand répond chaque fois : "ça va pour l'instant ". L'abbé André Pasquier prêtre de la paroisse, passe, un peu par hasard. Ils prient ensemble : "Je vous salue Marie…Priez pour nous, maintenant à l'heure de notre mort". Le médecin constate une tension artérielle à 6, mais à la question de Claude "Est ce que tu as mal? ", Fernand répond encore non. Un peu plus tard il demande qu'on lui enlève son appareil auditif.

Vers 17 h. une personne du service arrive pour lui parler. Il semble ne plus entendre. Nous nous approchons. La respiration se fait plus rapide et plus difficile. Au bout d'une dizaine de minutes une respiration plus forte, puis un arrêt et paisiblement un dernier soupir. Le grand passage est fait.

Beaucoup de monde aux deux célébrations d'adieu qui se sont succédées à environ une semaine d’intervalle en l’église de la Flocellière. La première, pour Angèle, fut présidée par l’abbé André Pasquier, prêtre de la paroisse. La seconde par l’abbé Georges Morin, de la formation permanente au diocèse et qui avait rencontré les parents au motif que sa propre famille avait habité la Turpinière.

"C'est toujours par le plus petit côté que les grandes choses arrivent. Il y a peu d'évènements dans une vie. Les guerres, la fête et tout ce qui fait du bruit, ce ne sont pas des évènements. L'évènement est la vie qui survient dans une vie." Christian Bobin "Le Très-bas p. 18

----- 2. Angèle Boudeaud, épouse de Fernand Babarit

C'est tout un siècle ou presque, d'histoire de la Flocellière que nous revisitons avec Angèle, née à la Turpinière le 11 août 1908. Ecolière, avec ses sabots et par les chemins creux, sur 4 kms le matin et 4 le soir, elle fait chaque jour le chemin jusqu’à l’école des Filles. A pied par l'étang du Coudreau, la montée du "cerisier des danses"(crisé do donces), les buttes des Ajots et de Carmel. Le dimanche on va tous ensemble à la messe en voiture à cheval, avec les parents et les deux frères aînés Pierre et Maurice.
6 ans en 1914. Le père d’Angèle, Pierre Boudeaud quitte la Turpinière pour la guerre, ainsi que le beau-frère, Mathurin Lanoue. Ce dernier ne reviendra pas.
10 ans en 1918, l'armistice du 11 novembre, Pierre Boudeaud en terminait avec 4 ans de guerre, Période qui avait déjà été précédée de 3 ans de service militaire à Nantes où il découvre la bicyclette qui commençait à faire fureur. Mais sa véritable petite reine c’était sa fille. Elle avait souvent manqué l’école à cause de la distance.

A la rentrée de 1920 pour ses 12 ans elle devient pensionnaire au Brandon, route de la Roche aux Herbiers. Chez les Religieuses, elle apprend l'art de la dentelle et du tricot, selon l'éducation donnée aux filles en ce temps-là. Dure séparation. Le jeudi 3 février 1921 Augustine Coutand, son ainée d’un an (Besseau) lui écrit depuis la Petite Métairie. Les deux fermes n’était qu’à un kilomètre à vol d’oiseau. Il n’y avait ni route, ni chemin : il fallait traverser à gué la rivière à Teurat. Le pensionnat les a éloignées :
Chère Petite cousine J’ai été très heureuse hier de recevoir ta gentille petite lettre qui me prouve que tu m’oublies pas. Il en est ainsi de moi. Je n’oublie jamais ma petite cousine. Tu me dis que ta santé est bonne. Je me porte également très bien, ainsi que toute la famille. Nous allons tous les trois en classe tous les jours mais de ce moment nous sommes en vacances. Il me tarde que les vacances de Pâques soient arrivées pour te revoir car il m’est impossible d’aller te voir jusqu’aux Herbiers. Hier j’ai été voir ta maman qui avait la compagnie de ta grand’mère. Elles se portent très bien. Je lui ai demandé ton adresse. Papa, maman et mes petits frères te disent le bonjour ainsi que tout la famille. En attendant le bonheur de te revoir reçois un bon baiser. Ta petite cousine qui t’aime. Augustine.
On remarquera que l’orthographe est parfaite. (En janvier 2000 Mamé, consultée sur cette lettre dit qu’Augustine faisait tout pour ressembler à sa cousine Angèle, son aînée d’un an : « j’aurais dû faire comme toi » disait Augustine.) Pierre Boudeaud rappelle sa fille au bout d'un an, disant que c’était déjà beaucoup trop d’avoir été privé de la voir grandir pendant les 4 ans de la guerre14- 18.

Adolescence : dans le groupe des jeunes filles pieuses de la paroisse, il lui faut choisir entre la confrérie des "Enfants de Marie" et la bicyclette, trouvée indécente pour les jeunes personnes de sexe féminin. Ce fut la bicyclette qui l'emporta, pour cause de distance du bourg.

20 ans en 1928 pendant ces fameuses années qualifiées de " folles".

1930, Angèle rencontre Fernand, l'élu de sa vie, aux noces de son frère aîné Pierre.
30 ans, en 1938 au moment de l' Anschluss et de Munich. Tout le monde croit que les perspectives de guerre sont définitivement écartées.
Septembre 39, Claude a passé 4 ans et Guy aura bientôt un an. C'est la séparation pour 5 années d'un mari très aimé, qui deviendra prisonnier en Allemagne. Angèle reste avec ses parents à la ferme avec aussi son frère, une bonne et un domestique.

20 mai 1945, après de longues semaines de silence, un télégramme de Metz annonce le retour du prisonnier. Fernand reprend sa place au foyer.

40 ans, dans les années de la reconstruction et du baby-boum, le bonheur d'une nouvelle naissance. 16 août 1950 : Jacques arrive. Naissance quasi-simultanée chez la belle-soeur, Zélie Blanchard au Boupère pour un petit Claude. 50 ans, quand la IV° République est devenue la V°. Les deux aînés, Claude et Guy, maintenus l'un après l'autre en Algérie. Près de 5 ans au total, à tous les deux: c'était la 3° génération qui connaissait la guerre. 60 ans dans la mythique année 68 : Angèle venait de passer le permis et d'accéder à la 2 CV. Joie de conduire ensuite pour un quart de siècle.

70 ans en 1978, en cette drôle d'année qui vit 3 papes (fin de Paul VI, début et fin de Jean-Paul Ier, et début de Jean-Paul II) Angèle et Fernand mariaient Jacques, leur 3° fils.

80 ans et toujours à la Turpinière,"Avec son cher époux", comme elle disait alors, c’était toujours un grand bonheur de rassembler encore enfants et petits-enfants dans la grande maison jusqu’au début 95.. Au printemps 95, Fernand et Angèle mûrissent la décision d’entrer en maison de retraite à la Flocellière.
Janvier 1997
Le Jour de Noël 96 Claude, alors en études à l’Université Catholique. de Paris, célèbre la messe à la Maison de Retraite puis emmène les parents à la Turpinière où nous déjeunons chez Guy et Renée en présence de leurs enfants et deux petits-enfants.
Elle s’inquiète de ne pas trouver ses boucles d'oreilles avec pendentifs viennent, dit-elle, de sa propre grand'mère Puaud de la Tréquinière, qui les tenait elle-même de chez Ernest Puaud, mort jeune encore ainsi que sa femme et sa fille. Angèle rappelle qu'étant jeune, elle avait perdu l'une des ces boucles d'oreille chez Angélina Berteaud, soeur de tante Gabrielle Puaud des Herbiers, puis l'avait retrouvée. Elle dit qu'il manque toujours un pendentif. Il est prévu que ces boucles d'oreilles reviendront à Anne-Claude et pour Agnès, l’autre petite-fille il y aurait le service de vaisselle: « aussi il faut le mettre en des caisses » dit Angèle, prévoyant une issue prochaine. Complicité de la grand’mère avec ses deux petites filles.
14 janvier. Décision annoncée de trois semaines de maison de repos à la Chataigneraie. Retour à la maison de retraite plutôt que prévu. Restrictions financières dans les services de santé, obligent. Au début fauteuil roulant poussé par papé pour aller à la salle à manger. Lit médicalisé et repas du soir dans la chambre.

1° avril 1997 : jour des 90 ans de son époux. Au bras de Maïté, aide-soignante, Angèle risque quelques pas dans la rue en s'appuyant aussi sur sa canne.
Septembre 98 Avec tous les cousins de Salboeuf et de la Davière pour les 90 ans d’Angèle, chez Guy et René. Tous ou presque sont là en cette rentrée de septembre. 90 ans en 1998 et établi depuis 3 ans au deuxième étage dans une chambre donnant sur l’entrée du château et sur le clocher de l’église. C’est le combat quotidien pour la santé, avec le soutien d'un mari attentif et d'un grand secours.

Angèle quitte paisiblement ce monde le 16 janvier 2001. Et Fernand, non moins paisiblement, le 26 janvier. Angèle a quitté ce mardi matin de janvier. La veille encore, elle était descendue déjeuner avec tous à la salle à manger. Ce soir là, elle s'endormit paisiblement pour ne pas se réveiller. Telle elle se trouvait la veille au soir en s'endormant, telle elle était quand la veilleuse de nuit est passée au petit matin. Simplement elle n'allait plus rouvrir les yeux sur ce monde.

A –Dieu à vous aussi papé et mamé, comme vous appelaient affectueusement vos petits enfants et arrière petits enfants. Nous vous aimions, tous les deux. Vous êtes, à présent, dans la lumière de Dieu.
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UN XX° SIECLE marqué par la guerre
La guerre, 3 générations en ont souffert: - La première guerre 14-18 a précipité des veuves, nombreuses, dans les "creux de maison", et ce fut le cas de la très aimée tante Florestine Lanoue à la Flocellière qui va quitter la Turpinière pour un « creux de maison » rue de Lorette. –Seconde guerre mondiale : 39-45. Jusqu'à l'âge de10 ans pour Claude, et 7 ans pour Guy, ces enfants ne pouvaient même pas se représenter comment était leur père. Et puis ce prisonnier en Allemagne reviendrait-il vraiment ?
La troisième guerre, en Algérie, a tenu ces mêmes enfants, devenus de jeunes hommes, au-delà des mers en des combats qu'eux-mêmes, avec beaucoup d'autres, considéraient comme tout à fait inutiles et injustes. Les générations de ce siècle ont vécu l'angoisse de longues séparations, l'inquiétude pour des êtres chers engagés dans la guerre ou retenus dans les camps de prisonniers, affamés, mal vêtus, vivant dans la promiscuité et le manque d'hygiène. Pourtant demeurait l'espoir, malgré la pénurie de presque tout, pour cause de guerre.
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3. " ON L'APPELAIT FERDINAND "
Récit de Fernand Babarit dans la guerre de 1939-45

Partir : La guerre a été déclarée le 2 Septembre 1939 et je suis parti dès le deuxième jour, étant de la première réserve. J'ai pris le train à Pouzauges avec Auguste RONDARD, boulanger à la FLOCELLIERE. Son beau-père Henri BROSSEAU nous a emmenés en auto jusqu'à la gare de Pouzauges.

Au moment de quitter la maison, Angèle, mon épouse était dans ce que nous appelions la cave mais qui comportait une grande cheminée et un foyer de larges dalles de granit ; où l’on faisait du feu pour la cuisine. Elle était assise au coin de la cheminée. Elle avait sur ses genoux, notre deuxième enfant Guy, âgé alors de 10 mois. Claude avait 4 ans et demi. Nous étions mariés depuis 9 ans déjà.
A la ferme de la Turpinière, avec mon beau-père, Pierre Boudeaud et mon beau-frère Maurice, nous étions 3 hommes à travailler dans ce qui était considéré à l'époque comme une grande ferme. Mon beau-frère Maurice a été mobilisé aussi, mais à la débâcle de 1940, il a pu s'échapper en « zône libre » et revenir à la maison. Il était encore célibataire.
J'ai rejoint le 35eme d'artillerie à VANNES. De VANNES à MEUCON nous sommes partis à pied, c'était un régiment qui se formait alors. Nous sommes passés au magasin :"Habillez vous". On a reçu tout le barda: bidon, musette, deux masques à gaz, mais aucun n'était utilisable. C'était du vieux matériel de la guerre 14 18. Plus tard les Allemands se moquaient de notre équipement.

Les convois
Au bout d'un mois à VANNES, nous avons conduit à la gare les chevaux et les canons. Chacun des wagons pour chevaux avaient deux hommes pour les garder. En tant que conducteur je m'occupais aussi des chevaux. Il fallait 8 chevaux pour tracter un canon de 155 court. Le canon pesait 3 515 kilos. Les canons étaient montés sur des wagons plats. Les chevaux demandaient beaucoup de soins : il fallait leur donner à manger, à boire, les brosser, les atteler. Les faire monter dans le train était un véritable sport. Les servants s'occupaient des canons et des caisses de munitions à charger dans les wagons.
Nous avons quitté Vannes. A Paris nous sommes passés par la petite ceinture, puis direction REIMS. On s'arrêtait pour manger la soupe. On emmenait la roulante: une grande chaudière sur roues. On s'approchait avec chacun sa gamelle dans laquelle la soupe était versée. Par dessus la gamelle individuelle, il y avait un compartiment plat da,s lequel était déposé un morceau de « barbaque ». On recevait aussi un quart de pinard.
Après REIMS, nous sommes partis vers la MEUSE jusqu'à CHAMPIGNY. Pour dormir on a trouvé des toits à cochons. Il a fallu enlever le fumier, nous avons mis de la paille et nous avons dormi là. Les chevaux étaient attachés par groupes de quatre. Des piquets avaient été plantés pour les attacher. Des sentinelles montaient la garde auprès des chevaux et des canons.

De CHAMPIGNY jusqu’à la MEUSE on a compté 48 heures de marche. Le lendemain nous sommes partis pour la MEURTHE et MOSELLE. Nous y sommes restés 15 jours. De là nous sommes partis dans la MOSELLE, à Ilayance . Puis direction les ARDENNES. De là nous sommes montés en BELGIQUE.

On n'avait rien à faire Nous étions là comme des touristes ou comme un cirque en déplacement Un jour ici, un jour plus loin. On emmenait nos quatre batteries, nos fourgons et nos chariots, toujours tirés par les chevaux. Les servants étaient assis sur les caissons des batteries, des caissons dans lesquels il n'y avait rien. Car nous n'avions toujours pas de munition.
J'avais deux chevaux à conduire. Ils tiraient les canons qu'il fallait garder à distance l'un de l'autre. Parfois les chevaux étaient énervés et difficiles à tenir.
A THIONVILLE, je devais faire chauffer la chaudière pour la cuisine, chauffage au bois, bien sûr. Le bois vert taillé dans la forêt brûlait mal, mais en y ajoutant 2 ou 3 kilos de graisse, le feu démarrait quand même.
Le cavalier :
J'avais remplacé un cuisinier dans le moment où les ouvriers spécialisés étaient rappelés par leur patron. J'avais aussi remplacé un ajusteur à la cuisine. Le chef cuistaud était un ancien boucher de la Villette, qui travaillait une boucherie chevaline. Il s’y connaissait en chevaux et ce jour-là il m'avait confié deux canassons, signalés comme "très dangereux" sur leur fiche. Mais on ne m'en avait rien dit.
"L'ordre de service en campagne" arrive. On part, toujours sans munition, mais avec les canons. Mes deux chevaux ont été joints à deux autres qui ne voulaient pas démarrer. Les miens se cabrent tout debout. On a enlevé les deux autres et les miens ont démarré au grand galop. Je tenais les guides, mais une fois sur la route, les chevaux ont commencé à lever le cul, à danser de gauche et de droite. J'étais sur l’un d’eux et je ne pouvais pas descendre. Il y a eu de la casse: un timon cassé en deux morceaux et qu’il a fallu changer. On en installe un autre et 10 mètres plus loin, il casse aussi. L'adjudant qui était là, au lieu de m'aider me regardait. J'ai fini par réussir à sauter à terre. Je n'ai jamais pu remonter et il a fallu faire les 15 kilomètres à pied.
En arrivant le capitaine me dit: "Dites donc, vous, vous n'avez pas peur. Vous auriez pu vous faire tuer"
Par la suite nous menions nos chevaux aux champs. On était là. On tournait en rond. L'armée avait loué un pré pour y mettre les chevaux. Des paysans nous vendaient du cidre à cent sous le litre.

Alors il y eut un concours du plus bel équipage de cavalerie. Il a fallu astiquer les harnais, bien brosser les chevaux. Les copains m'ont dit:"Toi, tu monteras, nous on va briquer le matériel, on s'occupera de tout". Le capitaine en personne est venu m'équiper Je suis parti pour le défilé, avec tout un harnachement: musette, masque à gaz, tenue de cavalerie… Il a fallu défiler au galop, au trot, au pas, faire tête droite, tête gauche devant le colonel. Au classement final j'étais le deuxième du régiment. Le Capitaine était content, car un gars de sa batterie avait eu la récompense. Grâce à la prime nous avons terminé par un Pernod avec les copains.

Face à l’ennemi :
Tout cela a duré environ 9 mois. Les Allemands ont attaqué la Belgique. La plupart du temps il faisait beau, un temps clair, avec un beau soleil.
Mais la guerre était là. Les Allemands ont tourné la ligne Maginot et envahi la BELGIQUE. A cette nouvelle nous sommes partis en un quart d'heure, toujours avec les chevaux. Un copain Fernand Vandick, du bureau du Commandant me dit: "Tu sais, ça va mal. On part à la rencontre des Allemands. Ils ont envahi la BELGIQUE."
Nous avons marché durant plusieurs jours, principalement de nuit.

Le 8 mai, on prend position à 4 heures du matin, soi-disant pour arrêter les Allemands, mais ils avaient déjà passé la MEUSE. Les canons étaient en position de tir. Des camions devaient nous amener des obus, mais on n'en n'avait toujours pas. On devait aller à l’attaque, mais sans munition.
Un chauffeur est tout de même arrivé avec un grand camion d'obus, en nous demandant où les mettre. Nous ne savions pas quoi lui dire. Finalement on ne s'est jamais servi de nos canons.
L'armée allemande a fait irruption avec des chars, alors que nous n’avions que des chevaux. Nous avons été encerclés, les chars allemands devant et les automitrailleuses derrière. La mitraille tombait. Des avions nous survolaient.
Le Commandant s'avance vers les Allemands. C'était le Comte de Lambilly, un breton. Il est allé à leur rencontre, révolver au poing. A l'approche des Allemands il a balancé son révolver. Nous avons couru sur une centaine de mètres, mais les Allemands sont restés calmes. Des haut-parleurs invitaient les soldats à rester sur place Ils disaient "Rappelez vos camarades." Sur mon cheval, j'ai levé les bras en l'air, le cheval allait dans tous les sens car il était excité. Face à moi et arborant un insigne à tête de mort, un soldat allemand. Un copain me crie :" Attention, il va te descendre".A cause de mon étui de révolver, il pouvait me croire armé.
On ne nous a pas tiré dessus car nous n'apparaissions pas comme dangereux. Pour tout équipement militaire je ne disposais que d'un masque à gaz et mon étui de révolver était vide.
Les soldats allemands ont regroupé les chevaux dans un parc. Le Commandant allemand qui parlait français, a dit à nôtre commandant :"Ce n'est pas très fort pour un Commandant de se rendre sans se battre." Et notre Commandant a répondu: "Pour se défendre, encore faut il avoir des armes." Les allemands savaient que nous étions sans armes. Nous avons été faits prisonniers. Notre chance, malgré tout, a été d'être sans armes. Ils nous ont dit:"Il nous faut des travailleurs en Allemagne. Vous serez payés."

Des hordes de prisonniers

Nous avons marché pendant 8 à 9 jours. Quand on demandait à manger, on s'entendait répondre :"Débrouillez-vous." Il était déjà impossible de s'évader. Nous avions marché jusqu'à Virvim d'Aisne et de là nous sommes partis, toujours à pied jusqu'à Bastogne en Belgique.
C'est là que j'ai rencontré un cousin, Baptiste BABARIT de Salboeuf à la Flocellière. Je ne le reverrai jamais. Fait prisonnier lui aussi, il sera tué par les Russes dans l'assaut d'une maison, au moment d'être libéré en 1945.

On nous donnait quand même à manger, mais il y avait deux heures d'attente pour une gamelle de soupe. Une gamelle qui souvent n'était que de l'eau ou presque. Quand arrivait votre tour, parfois il ne restait plus rien.
Les marches étaient interminables. En une semaine, on a peut-être fait 300 kms. On dormait la nuit sur la banquette (bord de la route). On marchait n'importe quand. Les Allemands ne nous forçaient pas. D'ailleurs il n'y avait plus de train. Toute la division Korapt avait été ramassée là.

C'est à Bostogne, qu'on nous a donné un bout de pain avec un peu de saucisson.
Embarqués sur des wagons à bestiaux, on ne pouvait pas même pas s’allonger pour dormir. Tout juste un peu d'air pour respirer. La Croix Rouge est passée, elle a demandé nos gamelles et nous a donné un peu de soupe servie avec une grande louche.
On nous a débarqués à MULBERG en Saxe. Nous étions là une file de 500 prisonniers, à la queue leu-leu. Nous y sommes restés un mois dans une chaleur abominable, envahis par les puces laissées par les Polonais qui venaient de partir.
Question nourriture, nous avions droit à une gamelle de bouillon. Pas plus.
Difficile encore de donner des nouvelles à la famille. Pour la première carte que j'ai pu expédier, nous n'avions le droit qu'à quelques mots:"Je suis en bonne santé." C'est tout.

La vie dans les camps
Nous étions un convoi de 1500 prisonniers et je fus envoyé dans les Sudètes, près de la Tchécoslovaquie comme travailleur forcé dans une usine d'essence synthétique où nous étions 28 000 ouvriers. L'usine s'étalait sur 16 kms carrés. Devant mon peu d'empressement à travailler pour l'ennemi, le contre-maitre, qui était gros et gras me traitait de "gross faoud" autrement dit "grand fainéant". On travaillait à ciel ouvert, quand il pleuvait trop une sentinelle finissait par crier: " aux baraques!". Alors on nous conduisait aux baraquements. UN camp de 3000 prisonniers.
La faim ne nous lâchait pas: on avait une gamelle de choux pour tenir jusqu' au lendemain soir et quelques grammes de pain de seigle. Après le travail, avant de retrouver les baraques de prisonniers, j'allais chercher dans les poubelles.
Parfois je trouvais quelques patates plus ou moins avariées, je les glissais dans ma vareuse. Pour les faire bouillir il fallait voler du charbon ou du bois en déjouant la surveillance du S.S. de faction. Quand on était exempt de service, on était de corvée de pluches. Bonne occasion pour en dissimuler dans les poches. Pour survivre on essayait d’en voler n’importe où mais il aurait été dangereux de toucher aux silos qui étaient très surveillés. Dans cette usine et ces baraques, c’était « la mort à petit feu." J'ai réussi à en sortir au bout de neuf mois.
A la zinguerie
Je travaillais avec un Parisien qui était agent d'assurances, 6 mois à NEVERS, 6 mois à PARIS. Quand les tôles partaient, il fallait les dégager. Elles passaient sur des rouleaux, sur une machine par séries. Ensuite sur des chariots qui roulaient sur des wagonnets. Lui poussait les tôles, moi je les attrapais. Elles étaient brûlantes et nous n’avions pas de gants. Pour les mettre sur le chariot, il fallait faire très vite. Le parisien et moi, on avait de la peine à se coordonner.
Exploité
Un soir après la douche, -j'y allais souvent à l'usine,- à mon retour, le contre-maître me dit:"Ferdinand, viens m'aider car une autre équipe va arriver et il faut mettre une série de tôles dans l'acide chlorydrique. Il y en a pour dix minutes".
En fait, cela a duré une demie heure et lui n'est pas resté. Quand il a été parti, je prenais les tôles sur les wagonnets et je les mettais directement dans la cuve, il m'a accusé de sabotage. Je lui ai dit:" Tu m'avais dit qu'il y en avait pour cinq minutes et voici une demie heure que je suis là et toi tu es parti." Il s'est radouci. J'ai pu m'en aller, mais arrivé au commando, les sentinelles s'inquiétaient, au point d'avoir téléphoné à l'usine pour savoir si je m'y trouvais encore.
Par la suite, des déportés Russes sont arrivés. Ils étaient un groupe de 22. Après nous, ils ont assuré ces travaux de manutention.

Une évasion
Un camarade qui travaillait avec nous s'est évadé. Aussitôt on nous a accusé d’être complices. Il s'appelait "BONNET", de St ETIENNE. Il avait combiné son évasion avec un civil allemand qui travaillait à la zinguerie. Il avait fait venir des costumes civils. C'était un jeune actif, blond, les yeux bleus. Il vendait colis qui lui arrivaient de France (chocolat, tabac,) pour acheter des effets . Il s'était procuré un petit chapeau et un transcoth. Il voulait m'emmener avec lui. Il a pris un billet de train pour STUTGART. C’est là qu’il a été repris. Le Chef de poste nous en a informés. Il était parti dans la nuit, il avait scié les barreaux du commando. Un copain les avait recollés et ça ne paraissait pas du tout. Tous les soirs il y avait l'appel, mais le matin pour aller au travail, il n'y avait pas d'appel. A la zinguerie, quand on est arrivé au travail le matin, on nous a dit:" Où est BONNET?". On a dit qu'on ne savait pas. On a dit que l'on ne l'avait pas vu. Mais le soir à l'appel il n'était toujours pas là. L'interprète a montré les barreaux qui avaient été sciés. Le mois suivant, tous les jours on était contrôlé. Si on arrivait légèrement en retard à l'usine qui était à 5 mn du commando, il fallait dire pourquoi.

Violences
Un jour, un Russe qui avait avalé un litre de schnapp m'envoie un coup de poing. Il s'appelait PREKOP. Il a commencé par me demander des cigarettes et moi je n'avais pas de tabac. Les mots nous manquaient pour s’expliquer entre Russes et Français. Il me fait comprendre qu’on le méprisait, alors que les Russes sont les plus forts, que les Français ont perdu la guerre, qu'il fallait bien trois Français pour faire un Russe… Il m'envoie un coup de poing qui me projette en arrière.
Je reviens sur lui. On se bagarre à terre. J'étais dessous, l'autre était dessus. Il était costaud. Au bout d'un moment pourtant, j’avais le genou sur lui et il commençait à pâlir. Les autres disaient:" Tu n'as qu'à le finir, on fera un trou et personne n'en saura rien."
Je leur dis:"On n'est pas fou, on ne peut pas aller si loin."
Je lui dis:"Moi, je n'ai pas bu de schnapp, je n'ai bu que de l'eau, tu me dis qu'il faut trois Français pour battre un Russe, regarde, je suis tout seul". 1l me dit:" ia, ia". Par la suite il a continué de m'en vouloir.

Stratagème
Un type qui était de ma piaule m’avait dit:"Vas à l'infirmerie. Il y a deux infirmiers qui donnent des soins l'après- midi. Le grand est bon gars, mais le petit est vache. J'y suis allé. L'infirmier a bien vu que je n'avais pas grand' chose, mais il m'a mis un jour et demi exempt de service.
L'exemption de service s'est prolongée: tous les jours j'allais à la visite médicale mais on ne me donnait pas de soins. Après 15 jours environ, l'infirmier me dit:" Demain, Arbeit. "

Là on travaillait nuit et jour. L'usine ne s'arrêtait jamais. Les gaz de la zinguerie étaient toxiques. J'en avais marre. De temps en temps je me faisais porter malade et j'allais à la visite. Je voulais quitter ce travail. Je suis allé voir l'infirmier, un Belge. Je lui dis carrément que je n'étais pas spécialement malade, mais il me dit:"Il faut avoir un motif pour quitter la zinguerie, il me dit:"Je ferai tout ce que je pourrai pour toi, tu ne diras rien".
Le stratagème a marché. Je suis appelé et le commandant fait venir l'interprète.
J'avais pris la précaution de fumer des cigarettes polonaises, les plus dures. Il y en a 100 par paquet, j'en avais peut être fumé 50. J'arrive en toussant comme un tuberculeux. Je toussais sans arrêt, car cela me piquait à la gorge. Il ne m'a même pas ausculté. Il a pensé que j'avais les bronches prises. Il a dit:" Changez le de travail, travail léger (leich arbeit). Déjà à la zinguerie, il avait remarqué que je demandais souvent d'aller à la visite médicale et le sous officier Allemand m'avait dit:" Si tu n'es pas reconnu, cela ira mal pour toi."
Au moment de retourner à la baraque, l'interprète de la baraque, un Français m'appelle par mon numéro :"le 38372, tu pars demain matin". Il m'a dit:" Je ne sais pas où tu vas, mais en tous cas tu seras mieux que là. Sois au poste de police demain matin à 7 heures." Je n'ai pas dormi de la nuit et à 6H30 j'étais devant le poste de police.
C est là que j'avais rencontré Eloi ABADIE, de Samatan dans le Gers. Il y avait aussi un maréchal-des-logis-chef, de RENNES, mais originaire de VENDEE et qui s'appelait "COINDREAU". C'était un engagé. Sous-officier-de carrière, il était maitre-sellier, galonné, avec de grosses bagues aux doigts. Il y avait aussi un professeur de LIMOGES qui avait enseigné à la ROCHE/sur/YON Henri Besnard. Il parlait anglais et allemand. A la déclaration de guerre, il était devenu aspirant officier de réserve. Il a été fait prisonnier comme sergent. Tous m’appelaient « Ferdinand ».

Nous avons été con
duits à "KOMOTAU". Le maitre-sellier travaillait chez un patron en ville. Il s'est pris de querelle avec lui, affirmant que les Allemands étaient "kapout". Il a été embarqué, peut-être pour un camp de concentration. On ne l’a jamais revu.
Après 9 mois de zinguerie
Nous sommes déposés chez un architecte. Ce patron qui était actionnaire d'une usine de guerre avait dit au professeur de Limoges:"Je ne vous donne pas cher, je vous donne 70 pfennings par jour, mais vous ne les gagnez pas". L'autre lui répondit:"Je ne vous demande rien".

On avait d'abord à déblayer cette usine qui avait brûlé: une ancienne fabrique de portes et de fenêtres dans une entreprise générale du bâtiment. Ce patron avait aussi deux ou trois vaches, une paire de bœufs et trois chevaux. Il avait également, nous a-t-on dit, une usine d'automobiles à Prague. Nous avions surtout des travaux de manutention entre la gare et l'usine

Jardinier
Comme j’étais censé être malade des poumons, le commandement allemand m’envoie travailler chez un fleuriste. Ici j'ai passé un an à cultiver les fleurs. Les serres étaient chauffées l'hiver. Les murs étaient recouverts de carreaux de mosaïque. Le patron diplômé de l'école de PRAGUE, arrivait en cravate et souliers de daim. Au potager il récoltait des radis dès le mois de Février. Il m'en donnait pour le commando où je retournais chaque soir avec les autres prisonniers. Un jeune jardinier est arrivé, le patron voulait me garder, mais cela faisait trop.
Je suis devenu cocher et je faisais du transport notamment vers la gare. J'avais ma pipe. On trouvait plus facilement du tabac que de la nourriture. Heureusement, il y avait les colis envoyés de France par la famille.

Bombardements
Dans les bombardements, tout le bâtiment du commando était ébranlé Les bombes les plus terribles étaient les bombes soufflantes. Elles arrachaient tout. La première fois qu'ils ont bombardé la ville de Komotau, nous étions ensemble: ABADIE, BENARD et moi. Après les bombes, nous sommes partis déblayer, ramasser les arbres coupés, les volets ou les portes arrachées. Nous étions tous les trois avec nos pelles et nos pioches. Une bombe à retardement a éclaté tout près de nous au moment où nous passions devant une usine. Heureusement, elle était à demi-enterrée dans une terre calcaire. J’étais couvert de terre. Les deux chevaux se sont cabrés. Les civils couraient, affolés.
Nous n’étions pas loin de la ville de Dresde, tristement célèbre, pour les bombardements américains qui ont fait 200.000 en 1945.

72 lits dans une baraque
Dans ce commando on dormait à 72 dans la même pièce, sur des lits superposés. Je dormais tout en bas. Dans le commando, nous étions de toutes sortes de profession : mécanographes, dentistes, électriciens, mécaniciens, imprimeurs. Nous n'étions que deux paysans, Eloi ABADIE et moi. Nous arrivions d'un peu partout, MARSEILLE, TOULOUSE, PARIS. Deux autres vendéens, un sergent originaire de St ANDRE D'ORNAY et un huissier de justice, venant de BEAUVOIR SUR MER.

On connaissait les nouvelles car nous avions un poste de radio dans le commando. Certains patrons n'étaient pas favorables à la politique du pouvoir nazi et ils le faisaient savoir.
Quant à nous on écoutait les postes clandestins. On disait aux sentinelles que c'était radio-Vichy. On s’était remis à espérer.
Quand un gardien arrivait et qu'on écoutait Radio-Londres, on fermait tout de suite mais après on revenait dessus tout naturellement.
A d'autres moments, des sentinelles nous disaient: "Si chacun de vous nous donne une cigarette, ce soir vous pourrez écouter Radio-Londres ou Radio-Moscou".

Quand les Américains ont débarqué en NORMANDIE le 6 juin 1944, la population allemande ne l'a pas su tout de suite. Nous l'avons appris et ce fut la fête. On a tapé sur les casseroles. L'officier, devant ce barouf est venu trouver la sentinelle pour savoir ce qui se passait. Elle a répondu:" Ah, vous savez depuis cinq ans qu'ils sont là, ils sont un peu fous, un peu malades." 'ia, ia " répond l'officier. Il ferme la porte puis il s'en va. Le lendemain matin la sentinelle dit à notre interprète:"Komm, Komm, viens, viens: Les Américains ont débarqué." On ne lui a pas dit qu'on le savait depuis la veille. On a fait les étonnés. On savait tout ce qui se passait.

Marche vers la liberté
Plus tard quand les Russes sont arrivés à PRAGUE, la dernière semaine a été abominable. Nous étions encerclés. La première usine où j'avais travaillé a été bombardée 17 fois. Il y avait 4 ou 5 usines de guerre et une gare de triage importante à Komotau. Les Russes arrivaient à PRAGUE, les Américains à KARLSBAD et les Anglais à DRESDE et les Français étaient à STUTGART. Nous étions situés près du dernier noyau de résistance de l'Allemagne nazie. Quand le Commandant allemand a capitulé, on nous a fait dire qu'on était libres. C'était le 7 ou le 8 Mai 1945."Allez où vous voulez, les Américains sont à KARLSBAD. Les Russes sont à PRAGUE, ils vont arriver ici."
Nous redoutions d'être libérés par les Russes. Ils avaient la réputation de tirer sur tout ce qui bouge sans regarder si c'est Français ou Allemand, ami ou ennemi.
Qui allait arriver les premiers? Le maire de Komotau avait dit : Si c'est les Russes, je me défendrai coûte que coûte. Si c'est les Américains, je hisse le drapeau blanc.
Les S.S.pris dans la poche de résistance ont été grillés au lance-flammes par les soldats russes.
Pour rejoindre les Américains, nous avons marché pendant 72 kms dans les montagnes des Sudètes. Nous étions un groupe de 80 ou 100 ensemble. Nous avions entendu les AMERICAINS nous dire, sur les radios clandestines:"Restez en groupes homogènes pour éviter d'être attaqué individuellement".
Il devint vite très difficile de circuler. On voyait arriver beaucoup d'Allemands, des civils de tous les côtés, qui fuyaient les Russes. Les « Military Police » circulaient avec des haut parleurs sur la route en disant:"Dégagez, dégagez. Les Anglais d'abord et puis les Français."

A tombeau ouvert derrière une chenillette
Au contrôle de police, il suffisait montrer sa plaque métallique avec son numéro matricule. On nous a demandé de nous rendre à HEIDEGER mais il fallait y aller par ses propres moyens, soit 80 Kms à pieds.
Nous étions quatre ensemble dont Henri BAUDU, l'ami vendéen de St Pierre du Chemin, un cuisinier du HAVRE, ancien de la marine marchande et un quatrième prisonnier du JURA, du nom de Genté qui nous dit:"Si on trouvait une voiture…, moi, chez moi j'en conduis une ».
Et voilà que se trouve là une belle voiture décapotable, mais... pas d'essence! ... Il demande un jérican d'essence aux soldats Américains, qui refusent. Voilà que passe une chenillette à bord de laquelle se trouve un Français. Au moyen d'un câble on attache la voiture derrière. La chenillette tombait constamment en panne, mais comme il y avait deux ou trois mécaniciens dans la bande elle repartait toujours. Une bonne fois, elle s'arrête complètement.
Surgit un camion américain conduit par un Noir. Il s'arrête, on attelle la chenillette derrière le camion et la voiture décapotable, derrière la chenillette. On roule à tombeau ouvert dans les lacets de la montagne. Genté, le conducteur de la voiture décapotable attelé en 3° position nous dit: "Eh les gars! jusque là on a eu la vie sauve, mais maintenant je ferme ma gueule". Tout à coup, on entend un grand choc. La chenillette s'immobilise et prend feu. Le chauffeur noir arrête son camion, défait le câble et s'en va.
Un officier de la Military Police survient. Il parle très bien le français, il nous dit:"Qu'est ce que vous faites dans cette caisse? Balancez moi ça, c'est un danger public! Et attendez ici. Cela demandera une heure ou plus, mais on vous ramassera tous. Je ne veux pas voir tout ce monde au long de la route."

Des camions sont arrivés au bout de quelques heures, on nous a fait monter à 30 ou 40 par camion. Aux affamés que nous étions, on a remis des rations américaines avec jambon, pâtes, oeufs, cigarettes.
Nous sommes restés 8 à 15 jours dans un camp. Nous étions à BAMBERCK. Puis on a pris le train qui nous laissait de camp en camp. On dormait sur la paille : deux jours ici, deux jours plus loin. On attendait que les trains soient prêts et que le ravitaillement arrive.


Retour au pays -6 ans après.
Il a bien fallu 5 à 6 jours pour arriver en France. Le train s'arrêtait souvent pour laisser passer les convois qui montaient sur le front. On a rejoint METZ où j'ai pu envoyer un télégramme à la famille qui était sans nouvelle depuis des semaines.
Pendant ces années de captivité tout le courrier était censuré. On ne pouvait pas mettre un mot de critique sur 1'Allemagne nazie. On nous remettait des imprimés comme papier à lettres. Dans le courrier qui nous arrivait, comme dans celui qui partait, certaines lignes étaient barrées de noir pour les rendues illisibles. Dans les dernières semaines aucun courrier ne passait.

Le train nous a conduit à NANTES en évitant PARIS. Et puis à la ROCHE/sur/YON où un centre d'accueil est ouvert pour les prisonniers. De là, le train jusqu'à POUZAUGES, avec Henri BAUDU qui descend une station ou deux avant.
Personne à la gare. Dans la rue je trouve quelqu'un qui me dit:"Mais tu es un ancien prisonnier!" Je lui réponds que oui et que je me rends à pied chez moi: 10 kms. Il me dit :"Il faut prévenir chez Mr VENDE de POUZAUGES." C'est lui qui est chargé d'accueillir les prisonniers qui arrivent."
Il me prend en voiture avec le maire de la Flocellière. Les deux hommes me déposent à distance de la maison pour que je fasse seul mon entrée. Ils ne veulent pas s'imposer quand je m'avance vers les miens. L'émotion est forte. »
Claude (10 ans à l’époque) se souvient de cette arrivée :
En tenue mi civile, mi militaire, Fernand, son père, traverse seul la grande cour de la ferme, son chauffeur s’étant retiré par discrétion. On s'embrasse sans parole. Beaucoup d'émotion et les mots ne viennent guère. On monte à l'étage. L’ex-prisonnier s'avance jusqu'à la chaise longue. Explications pour l'accident.

On s'asseoit autour de la table dans la grande pièce auprès du pilier central
Retrouvailles. On approche la chaise longue de l'accidentée auprès de la table. On ne sait comment se parler: "Veux tu prendre quelque chose? "
Mais il ne faut pas trop lui donner à manger : on nous a dit que les prisonniers qui ont été longtemps privés de nourriture ont l'estomac rétréci et que, s’ils mangent trop d'un seul coup c'est dangereux. Certains en sont morts paraît il.
On ose quelques questions sur le voyage, la libération. Comment cela s'est-il passé ? On sait que le cousin Joseph Babarit, de Salboeuf a été tué par les Russes juste au moment d'être libéré. Femand l'avait rencontré un jour par hasard.
Alors que les autres ont le bonheur de rentrer enfin, la maman de Joseph, sa mère, sa fiancée, son frère et sa soeur ne l'attendront plus. Une grenade l'a tué sur un pas de porte par méprise.

Il faut parler fort. Fernand n'entend pas bien. La, fatigue du voyage sans doute? "Tu vas te reposer. " Les enfants vont découvrir comment c'est un père et que c'est bien agréable de l'avoir avec soi, même s'il garde encore un accent méridional pour avoir partagé le quotidien avec des prisonniers marseillais et toulousains.

Il lui faudra aller vite à l'hôpital pour les examens de santé obligatoires et tenter de soigner cette demi surdité qui s'est installée par manque de soins. Pour l'instant on lui déconseille de travailler. Qu'il retrouve peu à peu la vie normale. On aura tout l'été pour faire avec lui le tour de toute la famille, les oncles, les cousins, les amis. Un chance pour les enfants : c’est les vacances. Une épouse retrouve un mari qu'elle n'avait pas vu depuis 6 ans. Deux enfants découvrent un père.

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4. Enfances à la campagne. Les années de la Turpinière ( 85700 La Flocellière)

Lors de la guerre 1939-45
C’est une exploitation agricole, dans le haut-bocage vendéen à la Flocellière, où vivent et travaillent 6 à 8 personnes dont deux enfants. 35 hectares ce qui est grand pour l'époque.

Des animaux: trois paires de boeufs. Une dizaine de vaches, presque autant de veaux et des génisses. Un ou deux juments avec poulains. Des cochons, chèvres, canards, oies et poules et pigeons nombreux dans la poivrière accrochée à un angle de la maison, sans compter les chats, chiens, tous animaux familiers.

Dans le petit matin les hommes sont les premiers levés : Maurice, le fils de la maison, célibataire, la trentaine. André, le domestique, Pierre, le grand père, la soixantaine alerte.
Tout de suite ils vont vers les écuries. On allume la lampe tempête à pétrole et l'on commence à "donner à manger aux bêtes". Il y a la lampe à carbure qu'on aura préparée la veille. Il aura d'abord fallu la charger, enlever la poudre consommée, mettre un peu d'eau dans la partie haute, craquer une allumette et régler le robinet d'eau. Une flamme claire se dégage si le bec est propre. Parfois un sifflement strident et continu s'en dégage et la flamme s'élève.

Les femmes, la mère, Angèle, la grand’mère, prénommée Angèle et la bonne (on en changeait souvent) se lèvent un peu plus tard. La toilette est sommaire. Il n’y a pas de salle d’eau. Chacune attrape une lampe pigeon, une bougie ou une lampe à pétrole et l’on se met au travail. La bonne et Angèle dont le mari Fernand est prisonnier en Allemagne vont traire les vaches. Elles prennent les seaux métalliques à la cave. Deux ou trois seaux de lait frais sont versés dans l’écrémeuse la bonne prend le « brassaille » c'est-à-dire la manivelle pour « passer le lait » à l'écrémeuse. La crème d’un côté, le lait écrémé de l’autre. Matin et soir en tournant l’écrémeuse la bonne est d’humeur à chanter.Il n’y a de radios mais des carnets de chants que l’on a appris pour les noces et autres fêtes villageoises. « Je cherche fortune …Bercés par la houle… La crème sera mise au frais en attendant de brasser le beurre à la main avec un pilon qu'on appelle « baratin », car il sert pour la baratte. S'il y a beaucoup de crème on fait le beurre à la baratte mécanique qu'il faut tourner aussi avec une manivelle. Le petit lait sera pour les cochons et les volailles.

Il faut maintenant allumer la cuisinière: de la paille d'abord, du menu bois de fagot ensuite et quelques rondins. Voilà que la cuisine ronronne. Quand le vent est "bas" c'est à dire au sud ouest le tirage est mauvais et la fumée se répand dans la grande pièce. Alors il faut entrouvrir porte ou fenêtre pour créer un appel d'air.

Plus tard dans la journée, on allume la grande cheminée; on y met un demi fagot de bois et, pour tenir le feu, la moitié d'un arbre. Quand les hommes arrivent pour le petit déjeuner tout est prêt. Les deux Angèle, mère et grand mère ainsi que la bonne qui remonte « de l'écrémeuse » auront tout préparé pour un petit déjeuner copieux: pâté, rillettes, oeufs sur le plat, beurre, grillées de pain et quelquefois la soupe avec du pain trempé et du lait.

L'école.
Vers 07 heures, heure solaire, l'heure officielle étant une heure plus tard ou même deux heures du temps des Allemands, la maman réveille les enfants pour l'école: Guy et Claude. Une heure pour se préparer et encore une heure pour faire la route à pied. Parfois le grand père BOUDEAUD attelle la voiture à cheval mais, le plus souvent, ils s'en vont tous deux à pied sur la route du MOULIN AU CHAT,
Ils sont suivis à quelque distance par la jeune voisine, Monique Caillaud. Garçons et filles ne
ne se rencontrent pas. Séparés sur la route, séparés à l'école, séparés à l'église pour le catéchisme, comme pour la messe.
A l'école des gars, ceux qui mangent tous les jours leur casse croûte du midi sous le préau, quelle que soit la température ou la saison, commencent par mettre au crochet la "goujette" contenant leur manger. Par grand froid cependant on aura la permission d'entrer dans la classe avant l'heure, pour se chauffer autour du grand poêle, bourré de sciure de bois.

Monsieur BOUILLAUD, le directeur, (avant lui on disait le régent) fait son apparition. Au coup de sifflet on se met en rang deux par deux devant la porte d'entrée de chacune des deux ou trois classes de l'époque. Au signal on rentre en silence. L’hiver c’est plus rapide. L’été il y a quelque attente. Un matin, à la saison des cerises,avant de nous faire entrer, l’instituteur voulait absolument savoir qui était monté dans un cerisier route de la Sicotière, la veille au soir. Le propriétaire était venu demander qu’il ait une punition mais personne ne s’est dénoncé. L’hiver il fait un peu sombre, car il n’y a pas encore d’électricité dans ces salles de classe. Debout, chacun à sa place on commence par réciter la prière du matin tous ensemble. Puis la classe commence par l'heure de catéchisme et la récitation des leçons.

Le catéchisme du diocèse de Luçon, on l'apprend par coeur, y compris le supplément en petites lettres et parfois même l'évangile du dimanche. On apprend aussi par coeur les fleuves de France et leurs affluents, les départements, les préfectures et sous préfectures.

Pendant la récré, par temps de pluie, on reste groupé dans la poussière ou dans la boue du préau. C'est le moment de se risquer sur la scène du théâtre dans la salle paroissiale voisine : un véritable terrain d'aventure dans l'obscurité de ses trois niveaux, du sous sol aux passerelles qui surplombent la scène. Il y a une trappe d'où les acteurs pouvaient tomber sur un matelas, des échelles pour monter sur les passerelles au dessus des décors entassés, des vieux revolvers, des épées, d'étranges costumes. Mais il ne faut pas que l'instituteur nous voit. Quand la récré est finie, on entre à nouveau en rangs et en silence. A midi, la classe se termine à l'Angélus.

C'est alors qu'à certaines époques, les écoliers se rendent à l'Eglise pour le catéchisme assuré par Monsieur le Curé Soulard, coiffé de sa barrette et de sa grande soutane noire. Il se fâchait tout rouge quand les garçons étaient dissipés mais curieusement c'était le seul moment de la semaine où filles et garçons se trouvaient réunis. Encore que les filles se trouvaient derrière, dans les bancs des grandes personnes, que les garçons en étaient réduits à les entendre si elles étaient interrogées et à tourner la tête s'ils voulaient les voir. Ce qui était réprimandé.

On vivait à l'école sous l'image de PETAIN. Le chant le plus répété était:
"Maréchal, nous voilà devant toi, le Sauveur de la France.
Nous jurons nous tes gars de servir et de suivre tes pas…"

A la Libération l'image du Général DE GAULLE en uniforme remplace celle du Maréchal PETAIN et l'on ajoute une affiche représentant un homme debout sur un fond de cheminée d'usine avec cette légende " Retroussons nos manches ".

Chaque samedi avant de quitter l'école deux médailles étaient remises pour les porter, épinglées à la messe du dimanche le lendemain: la médaille du plus méritant et la médaille de celui qui avait les meilleurs résultats. Dans la grande classe elles allèrent assez souvent de Paul Doussaint à Claude Babarit et réciproquement.

Certains hivers furent très rudes: une année, la neige demeura longtemps au sol et un "routin" avait été ouvert dans la neige, au milieu de la route jusqu'à la FLOCELLIERE. Les écoliers marchaient en le suivant à travers les blancs espaces par les collines des Ajots, des Quatre Chemins, de Carmel. Le soir, la bande s'élargit avec ceux du Coudreau, tous des garçons. L'été il y aura souvent des prétextes pour allonger la route: un bulletin ou des carnets de tombola à vendre aux AGEAUX, un arrêt au MOULIN AU CHAT pour déposer un papier à Georges Gaborit l'invitant à une répétition de la clique.

L'hiver cependant on va au plus vite ? en mangeant sur le chemin, la tartine sortie du cartable que l’on porte sur le dos. Le froid mord, ou la pluie dégouline sur l'imperméable, tout au long de ces quatre kilomètres de route.
Le midi, les jours d’école :

Guy et Claude allaient prendre le repas de midi chez le père Eugène GELOT. Le Père Eugène réparait les barriques de vin en vue des prochaines vendanges. C'était son métier. Par beau temps il s'installait près de la croix de Mission, route de Chateaumur, pour préparer les cercles de barrique à partir de branches de châtaignier qu'il tournait lui même. A d'autres moments on l'entendait frapper fort dans son atelier pour enfoncer les cercles autour des barriques.

A midi on passait à table avec lui et sa famille. Dès les premiers tintements de l' Angélus sonné à l'église par le père Maurice Abert, secrétaire de mairie et sacristain, le père Gelot se découvrait posait sa casquette sur le coin de la table et commençait en latin " ANGÉLUS DOMINI NUNTIAVIT MARIA..." "Ave Maria gratia..." Tous répondaient : "." Et concepit.." "Sancta Maria...

Il y avait dans cette maison une grande cheminée de granit et, chose étonnante pour les enfants, une grande boite d'où une voix arrivait avec les premiers postes de radio. Il paraît aussi qu'il y avait une méchante bête dans la cave, ressemblant à un crapaud. Les écoliers en demi pension ne savaient pas si l'animal allait surgir de l'escalier de la cave, de la trappe en bois qui était devant le poste de radio ou bien encore de la boîte elle même. Il fallait donc se tenir sage et manger ce qui était prévu.

Au menu souvent un oeuf sur le plat et de la mojette. Avant de retourner à l'école, jeux avec les enfants du quartier: les enfants Marquis et Blanchard qui habitaient l'ancienne école laïque près de la cure. L'hiver on allait chez François Godet. Pour une partie de petits chevaux on s'asseyait dans l'escalier des chambres car la maison était petite et la famille nombreuse.

A l'école des garçons il y avait deux cours de récréation, séparées par une rangée de platanes: celle des grands et celle des petits, on ne se mêlait pas. Sur la cour des grands, on y jouait interminablement à la balle au chasseur, au drapeau double ou au drapeau simple ou bien à "Biche", jeu connu ailleurs sous le nom du "sorcier".
On sortait quelquefois les nombreux boucliers en bois et l'on se prenant pour des "Croisés" tirant sur les infidèles avec des balles en chiffon. Il y avait aussi les rouges et les bleus. Quelquefois, un jeune instituteur se mêlait à nos jeux.

Le gouvernement de Vichy avait décrété que tous les élèves passeraient la visite médicale mais ce serait dans la classe elle même. Il fallut donc se mettre tout nu devant les autres, venir un par un devant le bureau donner ses mensurations et répondre aux questions d'un médecin, ce-pendant qu'une jeune secrétaire prenait des notes: ce qui émoustillait les plus grands. Un avant goût du conseil de révision que chaque garçon devra passer plus tard au chef lieu de canton.

Dans la classe de Mr BOUILLAUD, nous subissions les colères du maître qui se fâchait très fort, non sans raison sans doute, et donnait des coups de règles sur les doigts ou bien condamnait toute la classe à conjuguer à tous les temps et à tous les modes le verbe "bavarder". Tant qu'on n'avait rendu sa copie votre nom restait affiché au tableau noir. Les plus astucieux effaçaient discrètement leur nom ou celui du copain.
Une autre punition fréquente, c'était les tours de cours, 50 ou 100 à faire pendant la récré, mais on s'arrangeait pour arrondir les angles.


L'été, après la classe, les plus grands restaient pour une heure d'étude: c'était un bon moment dans une ambiance décontractée, surtout avec l'arrivée d'un jeune directeur quand la guerre de 39- 45 a été finie : Mr Emile COUTAND. On y faisait de l'algèbre, d'autres dictées que celles du jour. On apprenait le solfège, le chant grégorien en écriture moderne dans le manuel de l'abbé Jean Prim. Mais aussi des chansons profanes avec le livre de musique de Claude Auger, livre qui avait déjà servi à notre mère dans la génération précédente. Le maître nous initiait aussi à l'algèbre. C’était le meilleur moment de la journée.

Recrutement
On préparait le certificat d'études et les meilleurs élèves étaient repérés par le Père Arnaud qui recrutait pour le séminaire. Chaque année 3 ou 4 garçons étaient pris en entretien particulier chez Mr le Curé puis partaient faire 3 jours de retraite spirituelle pendant les vacances d'été à Saint Laurent sur Sèvre où l'on discernait déjà des vocations possibles. François Godet et Claude Babarit y ont été conduits par le père de François en voiture à cheval. Deux heures de route environ.
gNous avons été impressionnés par le film "La Relève" dans lequel un jeune garçon se destine à devenir prêtre. Cette retraite d’enfants, c’était 3 jours intenses. Repas en silence en écoutant une lecture. Temps libres où le jeune abbé Cornuau, tout juste rentré du « service du travail obligatoire en Allemagne », nous invitait à faire des sacrifices, par exemple une dizaine du chapelet les bras en croix ou à genoux sur des petits graviers dans la cour.
Il y avait aussi des récréations où les jeux étaient très animés.
D'autres garçons, parfois les mêmes, étaient remarqués par le frère recruteur de St Gabriel mais sans suite semble t il à la Flocellière. Les jeunes garçons de la Flocellière ne se sentaient pas attirés par la vocation de Religieux frères, c'est-à-dire non prêtres. On recrutait aussi de futurs "instituteurs libres" pour l' École Normale libre de la Tourtelière, sans doute parmi ceux que perspective du célibat perpétuel ne réjouissait guère..

L’étang du Coudreau

Chaque année l'étang du COUDREAU, sur la route de l'école, était vidé pour la pêche. Cet étang appartenant à la Famille DE ROQUEMOREL; propriétaire du château de KER ENNIC, faisait l'admiration des enfants qui passaient tous les jours sur le chemin de l'école. L'hiver, quand l'étang était couvert de glace, on se risquait sur l'eau gelée. Quand on y lançait des cailloux, ceux ci roulaient loin sur la glace. L'été on prenait les barques qui n'étaient pas cadenassées et l'on ramait jusque dans les roseaux qu'on appelait des "rouches".
A la belle saison, l'essence manquant pour aller à la mer, le bord de l'étang se transformait en plage. Un spectacle peu édifiant selon la grand mère Boudeaud: ce qui dispensait les enfants de l'obligation de rester aux Vêpres le dimanche après-midi à l'église. Pour leur plus grand bonheur car rester aux Vêpres signifiait encore 4 kilomètres à pied alors que'le reste de la famille rentrait en voiture après la messe. Pour les enfants faire cette route à pied les jours d'école c'était déjà beaucoup sans y rajouter le dimanche!

Plus tard, après la guerre quand l'essence sera revenue, des courses de canots hors bord sont organisées sur l'étang. Les moteurs, pétaradant, donnent l'impression d'une très grande vitesse, en tournant indéfiniment sur le petit plan d'eau. Sur le pré, à côté, la kermesse des écoles avec de nombreux stands et la musique de la clique de la Flocellière : clairons, trompettes, cor de chasses et tambours.
Pendant les vacances d'été, l'abbé Henri Guicheteau, séminariste rentrant de captivité venait à la maison donner des cours particuliers de français et de calcul. La leçon terminée il emmenait Claude et Guy pour se baigner avec lui à la queue de l'étang. Lui nageait loin. Les enfants faisaient trempette au bord.

A la fin de l'année scolaire il fallait laver les encriers, et comme il y en avait autant que d'élèves cela représentait un joli tas dans la cour de récréation. Avec de l'eau de javel et du sable l'on frottait, puis l'on rinçait à grande eau, près de la pompe qu’il fallait actionner. On cirait aussi les pupitres, chacun amenait de l’encaustique. Cela sentait bon la cire d'abeille.

Quand les travaux d'usage étaient terminés l'instituteur de la grande classe emmenait tous ses élèves se baigner au Coudreau. Par endroits l'eau était boueuse et l'on attrapait des sangsues ou bien l'on voyait des orvets. Les grands de la classe faisaient croire qu'ils savaient nager en s’éloignant du bord et en avançant les mains en appui sur le fond.

Après l'école quand nous revenions à la maison le soir, la première question était toujours "Qu'est qui est venu aujourd'hui ?" ou "Qu'est ce que le facteur a apporté ?" Et nous n'avions pas de cesse que nous ayons obtenu une réponse. Parfois, c'était une carte ou une lettre du papa prisonnier en ALLEMAGNE, longue lettre que notre mère nous récitait d'une voix claire et que nous écoutions religieusement. Il y avait des lignes complètement rayés par la censure allemande et on se demandait ce qu'on avait voulu nous cacher. Fernand n’avait pas le droit d’envoyer plus d’une lettre par mois.

A la bonne saison nous rentrions de l'école à l'heure de traire les vaches dans l'écurie et nous y buvions un grand bol de lait, encore tout chaud. A d'autres moments, on nous faisait boire du lait de jument, soi-disant bien meilleur pour la croissance des enfants.

A cette heure là on faisait sortir les animaux dans la cour pour les conduire aux "timbres", ces grands abreuvoirs, plus que centenaires, taillés dans le granit où de l'eau avait été pompée à partir du puits.

Le.6 JUIN 1944.
Ce jour là commençait comme les autres. Les gars des villages qui mangeaient sous le préau avaient, comme d'habitude, accroché leurs "goujettes". On s'était mis en rang par deux devant la porte pour entrer dans la classe. Mais après la récréation du matin les grands de l'école des gars furent tout surpris de se voir emmenés par Mr Bouillaud le directeur en dehors de la classe pour écouter son poste de T.S.F.

Il se passait sûrement quelque chose d'extraordinaire pour que l'école s'arrête, que Mr Bouillaud nous installe tous dans la cour devant sa maison. Il avait ouvert la fenêtre et il avait disposé sur le rebord extérieur un petit poste de radio nasillard et grésillant. C'était pour nous faire entendre "le débarquement".

Nous les enfants, nous avions souvent entendu les hommes discuter en prenant un verre à la cave: " Les Américains? Je te parie qu'ils débarqueront". D'autres disaient "Je te parie qu'ils ne débarqueront pas". Pour beaucoup d'entre nous, leur papa était prisonnier en Allemagne. On avait beaucoup grandi depuis son départ en 1939 et on ne savait plus très bien que ce que c'était que d'avoir un papa.

Là, c'était sûr, les Américains avaient débarqué. C'était important qu'on l'entende tout de suite et Mr Bouillaud nous a fait asseoir dans la cour, tout le reste de la matinée, sur des bancs apportés de la salle paroissiale et disposés devant la fenêtre au coin de la maison.
Le vent soufflait dans les grands tilleuls et il faisait voler la poussière où nous avions tracé des serpentins car c'était la saison où l'on jouait aux billes durant les récrés. On n'entendait pas grand chose de ce que disait la radio: il y avait tellement de parasites et le poste était faible mais Mr Bouillaud était très ému et nous le ressentions. Avec sa famille il faisait partie des réfugiés venus du Nord. Le débarquement, c'était aussi pour lui l'espoir de revoir son pays natal.

Quand le père Abert, sacristain, vint sonner l’Angelus de midi, dans toutes les maisons du bourg on parlait du débarquement car plusieurs possédaient des postes de radio. Le soir au retour dans les villages qui n'avaient pas l'électricité et donc pas encore de T.S.F. les enfants pourront raconter.. Peut être bientôt la fin de la guerre et le retour des prisonniers? Ce serait un grand bonheur de revoir un papa dont maman parlait tant, mais dont on ne se souvenait même pas, puisqu’il était parti depuis 5 ans et que la guerre continuait.

Le retour du prisonnier
Presqu’un an après, en conséquence du 8 mai 1945, les prisonniers commencèrent à pouvoir rentrer mais lui, Fernand Babarit était loin en Allemagne, du côté de Dresde et à proximité de la Tchécoslovaquie. Avec d'autres il avait fait 100 kms à pied pour être libéré par les Américains, réputés moins violents que les Russes. A la Turpinière les semaines d'attente paraissaient des mois et on ne recevait plus de lettres du prisonnier.

Pour tuer le temps, Claude et Guy allaient jouer dans la " loge " où il y avait deux grandes charrettes à boeufs et un tombereau. On escaladait les échalias (ces petites échelles peu larges et articulées pour retenir les gerbes à l'avant de la charrette). On grimpait sur les hausses .
L'impatience nous gagnait. De retour à la maison: " Maman je ne sais pas quoi faire. " Réponse « Quand votre père sera revenu, on ira se promener avec lui. »

Enfin un télégramme, daté du 20 mai à Metz, arrive par le porteur habituel depuis la poste Flocellière jusqu'à la Turpinière. Tampon du bureau de poste de la Flocellière: le 22 mai à 19 h porté à domicile le lendemain 23. Trois jours pour transmettre une nouvelle tellement attendue!

Nous en avons donc conclu qu'il se trouvait à Metz mais combien de temps faudrait il encore pour qu'il arrive?. Serait il retenu pour une visite sanitaire? Etre un enfant de 10 ans, sans autre image de son père que d'énigmatiques photos, voilà qui creusait l’attente des enfants qui allaient enfin avoir un père dans la maison.

A l'école on avait remplacé le traditionnel béret basque des écoliers, par des calots kaki qu'on avait teints en noir, afin de ressembler aux résistants ou aux valeureux soldats qui avaient donné, bien malgré eux, 5 ans de leur vie dans la guerre. On y accrochait des cocardes tricolores.
Avec les camarades d'école on n'échangeait plus des billes mais des douilles de cuivre que nous donnaient les F.F.I. de la commune et qui nous impressionnaient avec leur uniforme.

Comment accueillir le prisonnier ?
Enfin ce père allait arriver. Il fallait se préparer à bien le recevoir. Comment faire pour qu’il ne soit pas choqué puisque son épouse ne pourrait pas se lever pour l'accueillir ?
En effet Angèle était immobilisée avec une jambe dans le plâtre, suite à une chute de vélo le 13 mai 1945. C'était arrivé le matin au retour de la messe de 6 heures. Le manteau posé sur le guidon s’était accroché dans les rayons et ce fut la chute entre l'église et l'école. Pied tourné et jambe cassée, tibia et péroné. Heureusement Marguerite Gelot habitait juste à côté. On l'y porta pour les premiers soins, avant le transfert à l'hôpital de Cholet.
Cet accident faisait suite à un autre survenu le 21 décembre 1944. Un coup de pied violent reçu en trayant les vaches. Il s’en suivit une double fracture du bassin ainsi qu'une fêlure de la hanche, à une époque où, à cause de la neige, les voitures ne circulaient pas. Le médecin n'avait pas pu se déplacer. Et là ni hôpital, ni radio. Souffrances sur le lit à la maison dans l'hiver sans autre chauffage dans les chambres que des bouillottes et où l'on s'éclairait au mieux avec des lampes à pétrole ou seulement à la bougie ou encore la petite lampe pigeon, à la flamme incertaine.

Cette dernière chute de vélo obligeait l'accidentée à garder la chaise longue. Pour accueillir le prisonnier, nous serions tous là à l'entrée de la cour mais elle, il ne la verrait pas. Nous redoutions ce choc. Et pas le temps de lui expliquer.

Pourrait-elle se poster à l'entrée de la grande pièce, à l'étage devant l'escalier dans l'encadrement de la porte ? On décida qu'on la laisserait à sa place habituelle sur sa chaise longue à proximité de la fenêtre, un peu en arrière.
D'ailleurs quand arriverait il? De jour ou de nuit ? Tout seul à pied et par surprise en faisant une entrée impressionnante? Il n'y avait pas de comité d'accueil en gare. En fait,quand il descendit du train un passant lui dit qu'il devait s'adresser chez Vendé le coiffeur à Pouzauges. Celui ci téléphona à René Germain, un boulanger de la Flocellière qui avait reçu des bons d'essence pour aller chercher les prisonniers.

R. Germain prend avec lui Armand Soulard, un ancien prisonnier déjà rentré. Ils arrivent chez Vendé et disent à Fernand: " On t'emmène chez toi. " C'est ainsi qu'il arriva " à la basse heure" comme il dira, c'est-à-dire sur le soir. La camionnette du boulanger s'arrête à l'entrée de la grande cour. C'était le 24 mai 1945. Il était parti de Komotau le 8 mai jour même de l'Armistice. Plus de 15 jours pour rentrer à la maison.

Auparavant il avait séjourné à Brük que les anciens nommaient Machten. C'était en Bohème et non en Moravie, précisera t il. Tout au long de ce voyage, avec des séjours interminables dans les camps, il est nourri par des rations que distribuait l'année américaine. (voir le récit plus haut).
Quel avenir pour cet ancien prisonnier ?
Quel avenir pour le revenant des camps ? Va t il s'engager dans la gendarmerie, bénéficiant des années de guerre qui comptent double. Ce qui ferait déjà 14 ans, si on y ajoute le service militaire. Intéressant pour une demi-retraite? Va t il s'installer dans la propriété de famille de la Tréquinière? Mais on ne peut pas déloger l'oncle Marcel Puaud qui est handicapé et dont les enfants sont encore bien jeunes.
Et puis si Maurice Boudeaud, son beau frère, qui a déjà 38 ans ne se marie pas, l'avenir de Fernand est peut être à la ferme de la Turpinière? Les années qui suivent le confirmeront.

Double fête
On faisait une fête dans chaque famille pour le retour du prisonnier.
A la Turpinière il fut décidé que l'on fêterait tout ensemble la "grande communion" de Claude et le retour de son père Fernand. Ce qui retarda de presque un an la fête du retour. Cela paraissait très long à un enfant cet âge.

Mais ce fut une grande fête. On tua les chevreaux spécialement élevés pour ce jour. Mr Le Curé Soulard et son vicaire vinrent déjeuner à la maison ; Il y avait plus de 80 personnes. Pour le plus grand bonheur des grand'parents Boudeaud qui avaient la haute main sur tout à la maison.

Le repas somptueusement préparé par Mme Dubreuil, spécialiste des banquets, dut se terminer vite à cause des vêpres à l'église où l'on devait tous se rendre. Mr le Curé s'en alla devant avec son auto. le grand père Boudeaud emmena le communiant et son étendard blanc, dont la hampe dépassait toutes les autres. Ainsi l'avait voulu le grand oncle Henri Puaud, menuisier aux Herbiers et qui compensait comme il le pouvait le regret de ne pas avoir d’enfant.

A la messe de communion, Claude a été choisi pour lire à l'église "les Actes après la communion" selon l'usage. Car on choisissait celui qui était le premier au catéchisme. Qu'on l'interroge à n'importe quelle page du livre et même du supplément dans les petites lettres, la réponse venait automatiquement. Timidement et de sa voix de soprane, il lut les actes dans une église comble . A l'époque il n'y avait pas de micro et on ne l'entendit guère.
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LES VEILLÉES D’HIVER AU COIN DE LA GRANDE CHEMINEE

Le soir tombant très tôt l'hiver, l'absence d'éclairage électrique nous plongeait dans l'obscurité. Dans la grande pièce, il y avait la cheminée qui donnait une bonne flamme et le soir on y mettait une énorme bûche, parfois un arbre quasi entier.

Pendant la guerre pour y voir plus clair soir et matin, on installa une batterie de voiture contre le poteau central de la pièce avec une ampoule de 12 volts. Quand la lumière baissait on partait la batterie chez le garagiste pour la recharger, ce qui nous laissait encore dans la pénombre durant deux ou trois soirs.
Pour aller coucher les enfants, la maman prenait la lampe pigeon, avec sa mèche toujours sans verre, ou la lampe à pétrole sur pied et dont le verre s’enfumait.
Avant d'éteindre tout, il fallait aller "voir aux bêtes" une dernière fois. L'homme qui se couchait le dernier allumait la lampe tempête Il faisait le tour des écuries avec une particulière vigilance, surtout à l'époque des vêlages. Quand un vêlage difficile survenait la nuit, les deux ou trois hommes devaient se lever. Il n’y avait pas de téléphone, à moins de 4 kilomètres pour appeler un vétérinaire.

Les soirées à la maison n'étaient pas tristes. Les enfants apprenaient leurs leçons au coin de la cheminée. Rentrée de "tirer" les vaches, Angèle, la jeune maman chantait souvent avec sa mère, pour la plus grande joie des petits enfants. Ou bien elle récitait des comptines du genre : " La poule noire de grand mère a douze poulets gris ... Douze poulets n'ont qu'une mère.... Moi j'ai mon père et j'ai ma mère , ah combien je dois les chérir" ou bien: " Petit pot à beurre quand désapotabeurreras tu?.."

La mère et la fille avaient les mêmes chansons qu'elles tenaient elles-même de leur mère et grand mère. Elles chantaient, souvent pour aider les enfants à manger d'un plat qu'ils n'aimaient pas. Elles chantaient aussi quand il y avait quelqu'un d'autre à la maison: par exemple la tante Florestine qui venait en journée (de travail) et qui restait dormir certains soirs.
A la TURPINIERE, l’hiver, il faisait très froid dans les chambres et on n'allait pas dormir sans apporter sa brique chauffée dans le four de la cuisinière à bois, puis enveloppée dans du papier journal avant de la glisser au fond du lit. Parfois une véritable bouillotte, mais gare à ce que le bouchon ne se défasse pas entre les draps.
Florestine LANOUE, soeur de Pierre Boudeaud, née aussi à la Turpinière et restée veuve avec deux enfants durant la guerre 14 18, avait dû aller dans le bourg habiter "un creux de maison" comme l'on disait, près de Lorette. Elle y élève avec beaucoup de courage et de dignité Clément et Mathurin, qui deviendront tonneliers, établis l'un à Chantonnay et l'autre à l’Herbergement. Dur destin : il n'aura pas suffi que ces enfants aient perdu leur père à la guerre. Eux mêmes auront subi 5 ans de captivité en Allemagne!
Florestine accueillait, les jours de fête, son frère Pierre et toute la famille de la Turpinière, pour le petit déjeuner. En effet ces jours-là tous communiaient et c’était entre deux messes. Après le petit déjeuner tous venaient à la grand’messe, à 11 heures et là personne ne communiait sauf les enfants le jour précisément de leur « Communion ».. .
Chaque dimanche les enfants qui étaient tenus de rester à la cérémonie des Vêpres à 14 heures prenaient leur repas chez « tante Florestine ».
Un jour il fut décidé d’un voyage qui devait demander deux jours de voiture à cheval pour aller et autant pour revenir. C’était pour aller prendre des nouvelles du petit « Jean » Lanoue à l’Herbergement, né juste avant la guerre et l’unique petit-fils de Florestine, à l’époque où son père était prisonnier de guerre. Il y avait 50 kms. Ce qui faisait deux jours de voiture à cheval. Il fallait passer auprès du mont des Justices, occupé par l’armée allemande. Il aurait été imprudent de rouler de nuit. Les voyageurs feront étape à mi-course à Vendrennes chez le beau-frère de Pierre, Paul Puaud.

Pratique religieuse intense
La vie religieuse rythmait les activités de la journée et de la semaine. Il arrivait que les femmes aillent à la messe de 07 h. le matin, dans la nuit, sans éclairage et à jeun pour communier après 4 kms de route à pied. Chaque jour au lever chacun devait faire sa prière individuellement mais le soir il en était tout autrement.
A la veillée, quand tout était rangé, la table débarrassée après manger, on récitait le chapelet. C'était le grand père, Pierre Boudeaud, qui commençait la première partie. Tout le monde répondait : « Sainte Marie, Mère de Dieu… » . Maurice, son fils, lui, jetait un oeil sur le journal tout en répondant distraitement. Après le chapelet on enchaînait les Litanies à la sainte Vierge entonnées par la grand mère.

Ensuite, pour la prière principale, tous se mettaient à genoux, l'un devant la pendule, l'autre au pied du poteau central, un autre sur la pierre de la cheminée, plusieurs sur les chaises qui devenaient des prie-Dieu pour la circonstance. C'était la grande prière qui allait du « Notre Père, Je vous salue Marie, Je confesse à Dieu, Je crois en Dieu, les Actes de foi, d’Espérance, de charité, de contrition et d’adoration, jusqu’au « Souvenez vous » et à la prière à Saint Joseph, sans compter la prière pour la bonne mort, quand il n'y avait pas aussi les Commandements de Dieu et de l'Eglise.
L'hiver il y avait plus de temps pour la religion. Tous les 7 ans en principe était donnée la grande Mission prêchée à la paroisse. Le soir, à la nuit, tout le monde se mettait en route après dîner, à pied, munis de lampes tempête, pour aller suivre les instructions et voir les illuminations de l'Eglise. Les sermons contradictoires, quand deux missionnaires argumentaient l'un contre l'autre étaient assurés du plein succès.
Lors des missions qui duraient en général trois semaines, les écoliers restaient dormir au bourg chez Marguerite Gelot. Les enfants de l'ombre que nous étions tout l'hiver à la campagne, étaient éblouis par l'ampoule électrique brillant au dessus de la table ou au milieu de la chambre.

Travaux du soir
Après quoi, les soirs d’hiver, les hommes faisaient des paniers et les femmes du tricot. Les hommes apportaient de l'osier et du châtaignier qui avait déjà été spécialement élacé, chauffé, tourné. Un étalement sur toute la surface de cette grande pièce qui mesurait près de 50 mètres carrés. On y faisait des paniers à « coûtes » ( à côtes) et des paniers en "oisie" . Des paniers pour ramasser les pommes de terre, les topinanbours et pour tous usages à la ferme. Les paniers les plus élégants étaient destinés à porter le beurre au marché, le lundi à SAINT MESMIN, le jeudi à POUZAUGES, le mercredi aux HERBIERS . Quand il y avait aussi des poulets ou des lapins à vendre, ces paniers étaient suspendus à l’arrière de la voiture à cheval.. Au début du 20° siècle c’était à pied que se rendaient avec leurs paniers au marché de Pouzauges ou de St Mesmin.
Les femmes passaient aussi beaucoup de temps à faire le beurre, à le mettre en boule ou en des moules avant de le livrer aussi à des clients du bourg après la messe dominicale.

Veillées dans le voisinage
Dans la saison d'hiver, certains soirs on se recevait entre voisins: Les MOULIN AU CHAT, les petites BRENONIERE, les BERNEGOU, THEURAT et d’autres encore selon les affinités.
On devait leur rendait la pareille. On partait ainsi à pied dans le voisinage, en s’éclairant de la lampe-tempête quand il n’y avait pas de lune.
Chaque fois, c’était les cartes : on se tapait une coinchée. Puis les hommes descendaient à la cave pour y faire le tour des barriques de vin. Dans les bonnes années il y avait une bonne vingtaine de barriques de chacune 220 litres dans la cave de Pierre Boudeaud, sans compter trois grandes tonnes en chataigner de 600 litres chacune. C’était un rituel bien établi : un seul verre qui se passait de main en main avec un commentaire approprié pour souligner la différence entre les barriques : ce qui ne manquait pas de s’éterniser. On passait du moins bon au meilleur. Les femmes, restées au coin de la grande cheminée, préparaient le chocolat chaud pour tout le monde quand les hommes seraient remontés de la cave.

Fressure et jambon - Retour au quotidien.
La plupart des cochons sont vendus à la foire de Pouzauges ou de St Mesmin. On les y conduit en des « harasses » qui sont comme de grandes cages avec des barreaux de chataigner. Le moment venu on tue le cochon que l’on a gardé pour la consommation familiale. En vue de cette opération, on a nettoyé la chaudière, celle qui servait habituellement à faire cuire les pommes de terre, quand ce n'est pas celle qui servait à faire bouillir la lessive dans la cave. On plante un grand piquet (une barre de fer, fichée dans la cour) près de la grange pour attacher l'animal avant de l'assommer d’un coup de masse.

On va chercher la bête dans le toit aux cochons (démoli en 1992). On l'amène, attaché au bout d'une corde qui l'étrangle un peu. Le père Clovis Giffaud de Chateaumur est là avec son grand couteau de boucher. Un homme donne des coups de masse sur la tête du cochon qui pousse des cris effrayants. Dès qu'il est assommé, on lui enfonce le couteau dans la gorge.
Une femme s'approche avec un récipient pour recueillir le sang qui sera mis dans la grande chaudière avec du pain et qui va bouillir pour faire la fressure qu'on pourra manger pendant plusieurs semaines. Elle sera conservée au frais dans de grands pots de terre où elle se dessèche comme prévu.
Puis au milieu de la cour, avec un bouchon de paille, on brûle toute la peau du cochon pour faire disparaître les poils. Odeur de roussi. La couenne servira aussi à la fressure avec le sang et les abats.

Pour vider complètement l'animal, car « dans le cochon tout est bon » et pour le découpage de la viande, le boucher attache la carcasse sur une échelle que l'on dresse contre le mur.

Le cochon est ouvert par le milieu sur toute sa longueur. Les enfants qui ont demandé que ce soit un jour où il n'y ait pas d'école, attendent avec impatience qu'on leur remette la vessie qu'ils vont gonfler comme un ballon. On la mettra à sécher pendant quelques jours dans la cheminée et l'on pourra jouer avec.
Le chien attend pour dévorer ce qui lui revient. Les boyaux bien lavés seront remplis pour faire des boudins à cuire.
Les quatre jambons sont découpés et assaisonnés aux herbes notamment du laurier, du thym, du romarin, du persil avant d'être déposés dans le sel au fond d'une « maie » qui servait en d'autres temps à préparer la pâte du pain à boulanger. Quand le sel les aura asséchés ils finiront pendus dans la cheminée en attendant qu'on y taille de grandes tranches au jour le jour pour cuire avec la mojette. On s’interdit d’en manger le vendredi. . Pourtant les jours de batterie, alors qu'il y plus de 50 personnes à nourrir, Mr le Curé accorde bien volontiers la permission de servir de la viande ce jour-là.

La grande chaudière en fonte est presque pleine. La tante Florestine Lanoue amène les fagots de menu bois pour soutenir le feu et l'on se relaie pour "brasser la fressure" à l'aide d'une grande tige de fer, élargie au bout ; Il faut constamment gratter le fond pour empêcher qu’il n’attache. .
C'est une fête pour tous et l'on fera cadeau d'un pot de fressure aux proches de la famille et à quelques amis.

De longs hivers :
L'hiver, les hommes passaient la plus grande partie de leur temps, d'abord auprès des animaux dans les écuries, puis dans les champs.
Chaque jour il faut aller « couper les choux » la seule nourriture fraîche en cette saison et que les animaux apprécient. Une charrette et une paire de grands bœufs. Devant la charrue par contre, c’était trois paires de bœuf que l’on alignait. Les grandes charrettes aux roues ferrées s'enfonçaient profondément dans les charraux de champ jusqu'au moyeu parfois, mais les bœufs les arrachaient toujours.

Pour aller « aux choux » l’hiver chaque jour, les hommes entouraient leurs jambes de bottes de paille pour ne pas "enfondre" et ils portaient sur leur dos les fagots de choux serrées par des rôtes, dont certaines, 30ans après étaient encore accrochées au sommet de la grange, dite " DE LA VALLEE", par opposition à la grange "DE LA MONTÉE" à l'entrée du village.

Ils passaient aussi beaucoup de temps à "faire le bois".
Car il en fallait énormément pour alimenter les chaudières qui allaient chauffer les chaudronnées de patates pour les cochons, ou la chaudière qui servait à la lessive ou à la fressure. Il fallait de la "foumeuille" aussi pour alimenter le four à pain.

Avant la guerre de 39-45, le boulanger passait livrer le pain, mais avec la pénunrie, les cartes d’alimentation et les restrictions dûe à l’occupation allemande, le grand père BOUDEAUD avait repris à faire le pain. Même quand les récoltes de blé étaient réquisitionnées par le gouvernement de Vichy et l'occupant allemand, on s’arrangeait pour garder ce qu'il fallait de blé, en vue de faire son propre pain et ne pas être soumis au rationnement des cartes de pain. Joseph Gaborit et son fils Georges, les meuniers du Moulin au Chat, tout proche, continuait de faire tourner leur moulin, dans la discrétion, pour ne pas alerter les Allemands, stationnés aux Justices. Et la farine n'a jamais manqué.

Le grand père boulangeait une fois par semaine et l'on faisait une grande fournée de laquelle on gardait un pain pour Louis CAILLAUD, l'horloger du bourg à la FLOCELLIERE, un cousin.

Dans les fermes on se suffisait à soi même pour la nourriture. Même débrouillardise quand le gouvernement de Vichy demanda de rendre les fusils de chasse en mairie. A la Turpinière il y en avait deux accrochés au-dessus de la cheminée. On en déclara un seul et en envoya le moins bon, en espérant que personne ne nous dénoncerait car la menace planait tout au long des années de guerre.

Retour à la partie ancienne de la maison :
Avant que l'on habitât la grande maison, vers 1940 nous étions installés en bas dans la maison neuve, construite vers 1913. Imprudemment le bois coupé avait été entassé dans un coin de la grande pièce du côté de la cheminée. Ce bois coupé en rondins pour la cuisinière s'élevait sur plusieurs mètres de hauteur. Une nuit on entend un grondement sourd. Sous le poids du stock de bois, toute la réserve passe dans la cave, le plafond s'étant écroulé sur 10 m2 au moins. Une poutre avait cédé.
En pleine guerre la famille décide de rénover cette grande pièce ancienne. On rapièce le carrelage. On pose une cloison en bois, afin de diviser en deux cette surface de 63 mètres carrés. Un second escalier extérieur est construit. Il porte la date de 1943. La fenêtre à meneaux est transformée en porte fenêtre. On vécut là quelques années, puis cette pièce fut à nouveau désaffectée et l'on revint dans la maison du bas.
La grande pièce du haut demeure la chambre du domestique qui s'y trouvait bien. Notamment André Briffaud, jeune homme encore et qui deviendra facteur aux Epesses. André s'était acheté un phonographe. Il nous faisait écouter des disques le dimanche après midi. Des 78 tours pour lesquels il fallait remonter le ressort après chaque disque qui ne durait que quelques minutes. A la fin le disque se mettait à "pleurer" et s'arrêtait en douceur.

Dans la maison du bas on était plus à l'étroit.
Les grand'parents Boudeaud qui ont longtemps partagé leur chambre à l'étage avec leur fils Maurice ont descendu lit et armoire dans la pièce du bas. Le reste de la grande pièce était occupé par la grande salle à manger " Henri II" , une oeuvre de l'oncle Henri Puaud , menuisier aux Herbiers et qui l'avait cédé à sa nièce Angèle Babarit. C'est dans cette grande pièce du bas que finira ses jours la grand mère Angèle Boudeaud, en quelques heures, suite à une crise cardiaque en janvier 1955, à 70 ans. Dans la même pièce, 6 ans plus tard, le grand père Pierre Boudeaud en l'été 1960, au bout de trois semaines de semi coma, à l'âge de 82 ans. A cette époque là il n'était pas dans les usages d'hospitaliser les personnes âgées malades.

Les chevaux de Pierre Boudeaud
Il arrivait parfois que, Pierre BOUDEAUD, le grand père, sexagénaire alerte dans les années 40, sortait avec son cheval et sa voiture et faisait coïncider son retour avec l'heure de la fin de l'école. Guy et Claude en profitaient.

Pierre avait toujours des juments très rapides, réputées pour être d'excellentes trotteuses et qui faisaient sa fierté. On disait que la jument savait tellement bien son chemin qu'il n'avait pas la peine de lui donner un coup de guide pour qu'elle tourne aux croisements de route.

L'une d'entre elles, la jument grise ne pouvait pas supporter l'approche d'une auto. Au premier bruit d'un moteur elle s'emballait et il fallait toute l'énergie du conducteur pour la maîtriser. Combien de fois ne l'a t elle pas conduit au fossé ? Aussi l'attelait il à une carriole plutôt qu'à la voiture à capote et tablier de cuir. Pour que cette jument ne voit pas ce qui pouvait l'épouvanter, Pierre Boudeaud lui mettait de larges oeillères et, au moment de l'atteler, un sac de jute sur les yeux.

Le grand père BOUDEAUD était souvent sur la route. Il assistait à tous les enterrements des communes voisines, du moins quand on y avait été 'prié". Ce qui était fréquent. Il allait aux foires, St Mesmin, Pouzauges, les Herbiers et là il fallait bien deux à trois heures pour parcourir les 17 kilomètres nous séparant de cette ville, au delà des collines du haut bocage.

Accident sur la route
Un jour de 1942 ou 1943, il était allé aux Herbiers avec Angèle sa fille. La nuit était déjà bien avancée et à la Turpinière nous attendions avec inquiétude leur retour. La grand mère tentait de rassurer les enfants qui n'arrivait pas à dormir.

On a appris très tard dans la nuit qu'une auto, dans la côte des JUSTICES, conduite par Mr BERTRAND, boucher aux HERBIERS, avait accroché par l'arrière, la voiture de Pierre. Mr Bertrand n'a sans doute pas vu la lanterne rouge de la voiture à cheval, une lanterne éclairée par une simple bougie. Le choc fut violent, les brancards coupés, le cheval projeté dans le fossé Angèle était tombée sur la route, elle s'est relevée avec une large plaie au front.

La jument restera sur les lieux, victime d'une hémorragie. Le lendemain elle fut enterrée dans le pré voisin. Maurice Boudeaud, le fils de la maison qui avait eu la chance de fuir l'avancée allemande lors de la débâcle, alla chercher ce qui restait de la voiture. L'une des grandes roues était brisée. Ses rayons en bois servirent à faire du feu. Ce fut le plus grave accident de voiture que nous ayons connu.
Chevaux de course
Par un très mauvais hiver de la guerre 39 45 le Marquis de HILLERIN vint proposer à Pierre Boudeaud de placer chez lui son écurie de course. Pierre accepta d'installer des barrages pour faire des boxes, là où auparavant étaient les génisses. Par beau temps les chevaux séjournaient dans les prés qu'on appelle les MARAIS entre la Bernegou et le "Vieil Étang". Nous voyions alors souvent le Marquis de HILLERIN venir à la Turpinière avec sa voiture de sport et y parlementer avec le grand père Boudeaud.

Celui ci avait collectionné de nombreux prix à des concours hippiques. Les plaques commémoratives sont restées longtemps à la Turpinière sur la poutre maîtresse de l'entrée de la grange.
Il mettait sa fierté dans le dressage des chevaux. Il les aimait et ceux ci le lui rendaient bien. Les marchands lui confiaient les plus difficiles. Il les prenait et savait les dompter, sauf peut être cette grande jument grise qu'on lui avait confiée un peu tard, alors que l'animal était à l'âge adulte.
Il savait parler aux animaux et s'entendre avec eux. Mais avec les hommes il avait une étonnante faculté d'écoute et de dialogue, souvent ponctué par ce "vontêbé", (peut être bien) par lequel il prenait en compte l'opinion d'autrui.
Nous aimions nous les enfants, ces conversations avec Mr Chapeau, père et fils, l'assureur et ami, qui arrivait dans sa Citroën 5 chevaux, décapotable, à l'arrière pointu. Il y avait aussi le marquis de la Flocellière ou les marchands de bêtes, volubiles à souhait. Nous aimions ces palabres qui n'en finissaient pas autour du prix d'une paire de boeufs, d'une vache ou d'une génisse. Il fallait souvent plusieurs heures avant de conclure un marché, avec de nombreux " va et vient " de l'écurie à la cave et retour.


La Vie devant soi des années 50
1950 : naissance annoncée de Jacques. En ramenant Claude aux vacances de Pâques, après le car qui venait de Chavagnes et dans la voiture à cheval à la hauteur du Champ des Ajots, au lieu dit "le Cerisier des danses" la grand mère et la maman disent à Claude " tu vas avoir un petit frère ou une petite soeur".

16 Août 1950, naissance à Fontenay comme indiqué plus haut. Jacques grandit à la Turpinière. Il n’y a pas encore de ramassage scolaire. Sa maman le conduit souvent sur le porte-bagage de son vélomoteur. Claude est au Séminaire des Herbiers, puis entre au Grand Séminaire de Luçon en 1954. Guy poursuit une formation agricole en alternance tout en travaillant à la ferme avec son père.
En mai 1956 Claude est appelé au service militaire à Angers, au 6° régiment du Génie.
De 1957 à 1960 Claude et Guy se succèdent en Algérie pour près de 5 ans de service et de guerre à tous les deux. Un lourd tribut, après les 7 ans de leur père Fernand, et les 8 ans du grand père Boudeaud dont 4 en 14 -18. Trois générations qui n'avaient pas choisi de faire la guerre.

Modernisme
A la ferme un tracteur Renault flambant neuf était arrivé dès les années 50, car les Boudeaud étaient souvent des précurseurs dans la modernité sur la région, poussé en cela par Pierre Boudeaud, le fils aîné.
Ce dernier n'avait il pas acheté une voiture Rosangard ? dans les années 30, au grand scandale de ses voisins prétendant qu'il allait vite se ruiner, Mais lui allait de l'avant avec des trésors d'ingéniosité. Pendant la guerre plus de voiture et plus d'essence. Alors il remplace les roues, cerclées de fer, de la voiture à cheval par les roues de son auto. D’où un singulier confort par rapport aux grandes roues qui cahotaient sur les routes à nids de poule..

Dans les années 50 Pierre avait acheté, avec son frère Maurice et son beau-frère Fernand, tracteur, moissonneuse lieuse tractée, puis moissonneuse batteuse tractée. Mais la technique évolue très vite et chaque matériel est rapidement dépassé. Avec le départ de son fils Guy à l'armée, Fernand Babarit cède sa part de matériel motorisé et retourne aux attelages de boeufs.

Son fils étant en Algérie,Fernand se voit obligé de prendre un domestique: Hilaire Morin, un voisin. Au retour de Guy, il s'équipe d'un tracteur Hanomag et la vente des boeufs paie une "deux chevaux Citroën" neuve. Angèle, la cinquantaine passée, venait d'obtenir sans problème le permis de conduire. Fernand est toujours handicapé par ses oreilles n’apprend pas à conduire. Quelques années plus tard une opération devient possible grâce à l'évolution de la technique chirurgicale et Fernand retrouve une audition normale mais il n'est plus temps de passer le permis de conduire.

1960 : Mutations
En 1961 événements dans la famille. Claude est ordonné prêtre le 28 juin et Guy prépare ses fiançailles. Claude établit un plan pour qu’à l’étage de deux chambres on en fasse quatre. Des cloisons sont montées. On installe au rez de chaussée deux cuisines et une salle à manger, ainsi qu'une salle d'eau au bout de la cave.
Mariage de Guy et Renée, puis naissance des enfants.Anne-Claude (1963) et Cyrille (1968) . Les chambres sont à l'étage et cela fait beaucoup d'allées et venues par le grand escalier de granit.
1970
Angèle et Fernand, désormais grand'parents, décident de s'aménager cuisine et arrière cuisine et sanitaire à l'étage dans la vieille maison.
Chacun des deux ménages aura ainsi plus d'autonomie. Cet espace va se développer comme l’indique le courrier suivant.

Le 25 9 1973 Jacques Babarit écrit: "les travaux dans la vieille cuisine doivent commencer la semaine prochaine. Il est question de faire autour de la cheminée un niveau plus bas que le reste, soit en demi cercle soit en rectangle, d'une dimension qui reste à préciser. Ceci aurait pour intérêt de ne pas cacher les belles pierres du bas de la cheminée et de mettre en valeur l'ensemble de la cheminée." Un carrelage est alors posé dans la grande pièce du haut sur un socle de ciment.
"Nouvelles acquisitions: un congélateur (achat provoqué par une bête qu'il a fallu abattre pour une fracture, et une machine à traire) toujours d'après la lettre de Jacques, citée plus haut.
Crépis des murs dans les grands escaliers, réfections des portes et fenêtres. Nettoyage des poutres.
A l'étage supérieur, aménagement de deux chambres avec rangements et lavabos pour Claude et Jacques ainsi que d'un grand séjour. Jacques, encore étudiant installe l'électricité dans ces pièces. Claude de retour en Vendée, après 12 ans de région parisienne, colle du papier sur les murs, installe de la toile de jute et décore les lieux avec les jougs qui ont servi autrefois pour les attelages de son père et grand-père.
En 1982 Claude est nommé curé à St Hilaire de Loulay. Aumônier diocésain de jeunes il rejoint la Roche sur Yon en 1985. Il vient chaque dimanche soir et lundi.
D'année en année, janvier réunit toute la famille, chez les grands-parents, dans la grande pièce où les flammes dansent dans la cheminée.
Ainsi le dimanche 5 janvier 92, la famille est au grand complet.
Eric et Anne avec Constance, dans ses 3 mois.
Jacques Emmanuel et Agnès nous donnent ensemble un air de violon.
Marie Thérèse Rautureau, de Bel Air chante "La Michelaise". Aurélien réalise sur place un dessin de la maison avec le premier ordinateur de Claude. Échange de cadeaux.

LUNDI 6 janvier 92 : Fernand Babarit, 85 ans, mais en bonne forme, fend des bûches à Sainte Anne. On entend résonner les coups de haches sur les coins en fer qui s'enfoncent dans les troncs d’arbre.. On déplace un marronnier, nouvellement planté, lui donnant plus d'espace à distance du mur du jardin.

LUNDI 20 : Angèle le lundi, prépare le linge qu'elle a lavé et repassé pour Claude comme elle le fait depuis 50 ANS pour son fils.
En même temps elle annonce les provisions : aujourd'hui ce seront les oeufs: une douzaine, car les "poules de Sainte Anne ont recommencé à pondre." Mais aussi du riz au lait, des choux de Bruxelles. La compote "maison" c'était la fois d'avant: ce qui a permis de libérer complètement l'un des trois congélateurs, celui qui se trouve dans le pressoir.
Fernand monte régulièrement des sacs remplis de bûchettes pour le poêle.
Cet après midi il va creuser une tranchée pour l'écoulement du bassin. Il lui faut tailler à la pioche une racine de saule pleureur qui envahit les canalisations.

Angèle regarde au magnétoscope la messe de la nuit de NOEL à ST ANDRE d'Ornay où Claude est toujours curé de paroisse. On voit aussi sur l'écran les premières apparitions de Constance, la dernière née de la famille qui, à trois mois s’est bien fait entendre, à la réunion du 5 janvier.

Adieu à la Turpinière.
Avec le concours d'une aide familiale Angèle et Fernand, octogénaires, habitent la Turpinière jusqu'en mai 1995. La maison de retraite, on y pensait, on en parlait. Un jour la directrice de la maison de retraite de la Flocellière téléphone pour dire qu’il y a une chambre disponible pour deux personnes et l’occasion ne se représentera pas de si tôt. Angèle et Fernand se donnent une semaine de réflexion et finalement téléphonent leur accord. Ils vendent leur voiture, une Micra, japonaise, automatique. Ils y résideront plus de 5 ans jusqu’au jour où il leur faudra quitter ce monde, paisiblement, à dix jours d’intervalle, Angèle, à 93 ans, le 26 janvier 2001 et Fernand, le 6 février, à 94 ans.

Décembre 1996 : de nouveaux propriétaires à la Turpinière.
Les acquéreurs, en la personne de Bernadette de Chabot (et de son mari Alaster Neale), de la famille du Parc Soubise ne sont pas des étrangers au pays. Le grand père de Bernadette avait accueilli Jules Babarit, grand oncle de Fernand, quand il s'était établi comme garagiste à l'Oie. De plus, à la Flocellière à la "Sancta Casa" de Lorette, le nom des Chabot du Parc de Soubise est gravé sur une suspension, une lampe à huile en manière d'ex voto.
A propos de la maison de la Turpinière, Bernadette de Chabot écrit en nov. 97: « Notre unique but est de respecter autant que possible son style et les caractéristiques de l'époque de sa construction »

Au changement de siècle, en l’an 2000, la grande maison semble somnoler et ne se réveille vraiment que durant les mois d’été quand ses habitants reviennent des émirats arabes où ils ont leur travail tandis que leurs enfants poursuivent leurs études, durant l’année scolaire, en Angleterre.

-Guy assure la veille et entretient le jardin potager qui produit ses fruits à la saison.
Guy et Renée ont aménagé à leur goût la maison de la rue Général Bonamy à la Flocellière.

Leurs enfants se sont établis avec leur propre famille à Nantes pour Anne-Claude et son mari Eric, ainsi que leurs enfants Constance et Marius,

A Treize-Vents Cyril et son épouse Isabelle avec Yohanna et Théo.
Jacques et son épouse Anne sont établis à Pouancé. Leurs enfants, Aurélien, Jacques-Emmanuel et Agnès poursuivent des études.
Claude après une année de recyclage à la Catho de PARIS a été nommé, aux Brouzils en 1997.

5. ITINERAIRE perso CLAUDE BABARIT

Dans la famille Boudeaud-Babarit on était paysan depuis toujours : petits propriétaires terriens mais aussi fermiers et exploitants agricoles. Beaucoup d’initiative et d’une ouverture à la modernité du côté des Boudeaud-Puaud, dans la branche maternelle. Plus de réserve et de goût de la tradition chez les Babarit-Babarit, dans la branche paternelle.
Claude est né à la Turpinière, le dimanche 5 mai 1935, entre la messe de 9 h. et celle de 11 h. Sur le chemin de l’école, chaque jour 4 kms à pied et 4 kms retour et quelquefois aussi le dimanche quand la voiture à cheval n’était pas disponible. A l’initiative de la maman, encouragée par ses propres parents, Claude est orienté, bien avant la fin du primaire. vers des études . Mr le Curé Soulard l’inscrit au collège St Gabriel à St Laurent s Sèvre, un an avant la rentrée en 6°, sans qu’il ne se projette dans l’avenir. 1945 : Fernand son père, rentre de 6 ans de guerre et captivité en Allemagne.
Entrée en 6°
Entrée au petit séminaire en septembre 1947, suite au passage dans l’école primaire d'un prêtre chargé du recrutement, le Père Arnaud. Un recruteur des Frères de St Gabriel venait aussi parfois dans cette école, mais je ne me voyais pas « religieux frère. » Collège ou séminaire ? La décision est prise après une retraite fermée sur trois jours. On nous avait montré le film «La Relève » dans lequel un jeune garçon se lève pour remplacer son vieux curé défaillant. L’image du curé Soulard dans son presbytère de la Flocellière, avec sa vieille sœur comme gouvernante continuait d’habiter mon imaginaire. Mon père, envoyé par ma mère me pose la question « Veux-tu entrer au séminaire ? ». Ce sera bien St Laurent mais au petit séminaire St Michel plutôt qu’au collège St Gabriel. A cette époque, il était bien entendu que si l’on entrait au petit séminaire c’était parce que l’on était ouvert à l’idée de devenir prêtre. Nous sommes environ 90 répartis en trois sections de sixième scolaire.
Les 20 kilomètres sont parcourus dans la benne du GMC américain des carrières Sicot. L’essence était encore délivrée avec des bons. Un jerrican venait de la Turpinière sur des bons attribués pour un moteur agricole. Dans les allées de St Michel, l’une des premières 4 chevaux Renault, neuve et rutilante.
Installation des nouveaux à la salle d’études, tiroir du réfectoire avec son nom et place au dortoir. Je suis contre la cloison. Voisin immédiat Claude Bernard, qui deviendra le parolier de nombreux chants liturgiques en français. Tout en rangeant le linge du trousseau nos mères font connaissance. Ne manque t il rien? Les manchettes que l'on met pour ne pas salir la veste quand on écrit sur son pupitre. la grande pélerine bleue marine qui descend jusqu'au talon pour le moment, et dont on prévoit qu'elle pourra être passée à la teinture noire quand ces jeunes gens, 7 ans plus tard, entreront au grand séminaire de Luçon.
Il faut s’habituer à la vie d’internat. Grand silence de 5 heures du soir au lendemain 9 h.
Prière du chapelet individuel quand on marche en deux files dans les longs couloirs. Phobie de tout ce qui pourrait être contre les moeurs: fouille générale de tous les pupitres quand, au retour de vacances, une revue trop "illustrée" pourrait avoir été dissimulée. Chaque livre qui n'est pas au programme doit être contre-signé par un professeur. Ainsi le Larousse que m'offre ma grand'mère est censuré par l'abbé Bossard qui offre un cache-sexe, au crayon à billes, à toutes les statues gréco-romaines représentées ici ou là. 60 ans après ce dictionnaire en garde les stigmates. La discipline est rude, mais le bonheur à apprendre atténue les contraintes de l’internat.
Fugue Un matin d’hiver, grand émoi. A la prière du matin dans la salle d’études une place est vide, celle de Robert Lampérière. On le cherche partout dans le bois, sur la route. Le Père Bossard enfourche sa moto pour éventuellement le rattraper. Inutilement. Robert arrive chez lui à Vendrennes pour déjeuner.
1949 : Un an à Chavagnes pour la classe de 4°. Sans sortie ni promenade le dimanche. Le professeur principal nous annonce que le 3° dimanche du mois est consacrée à la préparation à la mort. La grande salle d'études donne sur le vieux cimetière de Chavagnes en voie de désaffection, ce qui accentue l'impression de tristesse, mais les grands moments de l'année, sont la fête de l'Immaculée Conception, au 8 décembre, la fête du Supérieur et la promenade de fin d'année où il est de tradition que les 4° enterrent une grammaire grecque dans le parc de la Rabatelière, situé derrière l'église. Enfermés dans les grands murs de Chavagnes nous rêvons du tout nouveau séminaire des Herbiers où nous serons l’an prochain dans un espace sans clôture. On nous a dit qu'en cette nouvelle maison la cloche serait remplacée par une sirène: ce qui nous parait un progrès considérable. Et même au-dessus des lavabos, il y aurait des glaces!

PETIT SEMINAIRE DES HERBIERS

1950 : bénédiction solennelle du séminaire des Herbiers par le Cardinal Roncalli, futur Jean XXIII.
il m’est donné de chanter comme soprane dans la chorale liturgique. Bourse partielle d’études à partir de la seconde aux Herbiers, ce qui va soulager les parents qui mettaient leur honneur à payer la pension complète. Bonne réussite scolaire, surtout en français.

Incertitude, quant à l’avenir mais indécision dans un sens favorable à cette vocation jusqu’à la Terminale : pourquoi pas, si on m’appelle ? La vocation se concrétise par l’appel de l’Eglise. On le verra plus tard avec les diacres permanents. Plusieurs n’y avaient pas pensé avant que quelqu’un, au nom de l’Eglise, ne les interpelle.
De plus lors des récollections et retraites de début d’année ou de trimestre on nous parlait souvent comme à des futurs prêtres qui devaient veiller à ne pas « perdre leur vocation. »

En classe de terminale, appelée alors classe de Philosophie nous étions 48, comme en témoigne l’image-souvenir éditée en fin d’année. L’enclenchement pour le grand séminaire pouvait se faire quasi automatiquement. Dès le mois de décembre, la maison Blanvillain d’Angers et en janvier la maison Meslier de Luçon nous envoient chacune leur commercial, pour prendre les mensurations, et choisir nos soutanes en vue de la rentrée d’octobre à Luçon. Nous étions convoqués, et parfois surpris, d’être mis si vite devant ce choix très concret. L’effet de groupe est important. On se concerte sur le meilleur choix pour une soutane, un surplis en nylon ou en fil, sur l’achat obligatoire de ce bonnet carré qu’est la barrette, à tenir par le petit doigt lors des liturgies quand on est debout. Il était difficile de laisser voir à ses camarades qu’on n’était pas forcément prêt dès décembre ou janvier à une telle décision pour 6 mois après.

Suivant la filière, plusieurs d’entre nous se retrouveront prêtres, sans peut-être avoir complètement mûri ce choix. Même au service militaire, le statut de séminariste protégeait énormément des risques ou chances de s’affronter au monde, à la féminité, à la vie hors d’une institution fermée. « Pas de blague je suis séminariste » avait clamé un jeune clerc invité à danser lors d’un mariage en famille.
D'ailleurs si l'on était invité à un mariage, même d'un frère ou d'une soeur, il était prévu que le séminariste prenne son repas au presbytère avec Mr le Curé.

GRAND SEMINAIRE DE LUCON

Cérémonie de la première tonsure au bout d’un an de grand séminaire, à 19 ans ce qui fait de nous des clercs inaugurant – mais comment le savoir ? - le décompte des 37 ans et demi pour le passage au statut de retraité.
Mais il faudra laisser repousser les cheveux pour retrouver le costume civil, en stage de moniteur pour colonie de vacances dès juillet. Plus de tonsure non plus, un an après au printemps 1956 pour 28 mois sous l’uniforme militaire.
Au 6° Génie d’Angers, formation à la construction de ponts, au maniement des explosifs… puis à la gestion. De sapeur-mineur-pontonnier je deviens gérant du Foyer à l’ EAG. Il s’agissait surtout d’accueillir les élèves-Officiers en dehors des heures de service.
Lors d’une permission, un samedi en stop, le jeune homme qui m’avait pris dans sa 4 chevaux Renault dérape dans un virage du Mont des Alouettes aux Herbiers. La voiture saute le talus. Par chance elle retombe sur ses roues en contrebas et je me retrouve à côté de la roue arrière-gauche, assis dans un champ de blé. Pas une égratignure. J’ai été éjecté par le toit ouvrant. LA passagère avant souffre d’une fracture du crâne.
Au bout de 14 mois, tout soldat sans handicap sérieux doit partir en Algérie. Le gradé qui voudrait bien me garder au service du « Foyer de l’Ecole » me demande si je n’ai pas de l’albumine ou quelque autre allergie aux vaccins. Ce n’est pas le cas.
EN ALGERIE
Juillet 1956. Débarquant à Alger, on saute dans les camions. On nous met entre les mains une arme que nous ne connaissions pas, la carabine US et les chargeurs adéquats, au cas nous tomberions en embuscade. Traversée des gorges de la Chiffa où les Fellagahs dressaient parfois des embuscades depuis le sommet des falaises. Rien ne se passe mais l’insécurité sera permanente dès que l’on sort du petit bourg de Ben-Chicao. J’y serai 14 mois dans les montagnes du sud de Médéa. Neige l’hiver. Canicule l’été. Je dors avec la mitrailleuse 12. 7 sous mon lit, prêt à « gicler », car nous sommes d’alerte une nuit sur deux et je suis adjoint au chef de patrouille.
Opérations de maintien de l’ordre. Sorties fréquentes en camions GMC.
Drôle de guerre
Lors d’une patrouille à pied dans les gorges du Fernen, Notre section se composait d’un sous-lieutenant d’active, un sergent, moi-même caporal-chef et une trentaine de gars. Le sergent et moi-même avions chacun 15 gars.
De l’autre côté du vallon où nous étions, dans une pente raide apparaît un homme seul, courant avec sa djellaba, sans doute pour se sauver. Le lieutenant me dit : « Vous êtes chef de pièce. Faites mettre en batterie. ». Le tireur pose le fusil-mitrailleur sur la béquille avant. « Ordonnez le tir » me dit encore le lieutenant. Le tireur était précis. Il prend tout son temps pour viser car rien ni personne ne le menaçait. L’homme roule au fond de la vallée. Je n’ai jamais oublié ce que je considère comme un ordre criminel.
Un havre de paix c’était la maison du P. François de l’Espinay à la Bouzaréah, dans les hauteurs d’Alger. Quand la place manquait pour loger les séminaristes de passage, lui François, tout aumônier général qu’il était, exigeait que je prenne sa chambre et lui dormait sur un lit de camp dans le couloir.
Pour se rendre à Alger, 100 kms en camion ou en jeep il était indispensable d’y descendre en convoi. Une fois on nous avait mis à nos pieds dans le GMC bâché, un soldat mort enveloppé dans une couverture. Le corps balloté passait d’un bord à l’autre, à même la taule, dans les tournants de la montagne. On le déposera à la morgue de l’hôpital.
En ville, il y avait les bus, mais pour circuler seul il était prudent de garder dans le porte-document, à côté de la Bible de poche et de la brosse à dents, un discret révolver de 9 mm. En 1958 il y avait des attentats quasi-quotidiens à Alger.
En France, de Gaulle revient au pouvoir. La guerre continue et nous sommes maintenus sous les drapeaux, de mois en mois, sans avoir aucune permission pour revoir le pays, car à chaque saison notre libération est annoncée comme prochaine, ce qui me fera 15 mois sans quitter plus de deux jours les collines de Ben-Chicao. Maigre consolation, la solde d’un caporal-chef équivalait à celle d’un sous-officier de carrière.
La torture
L’objection de conscience étant sévèrement réprimée et je n’avais d’autre choix que de me taire ou d’aller en prison.. Les « interrogatoires » se passaient dans le sous-sol de la mairie et les cris des « suspects interrogés » retentissaient dans tout le bourg , mais le lendemain personne n’en soufflaient mot. Parfois j’étais désigné pour la nourriture aux algériens qu’on avait torturés la nuit.
L’écoeurement, pour l’appelé que j’étais, était à son comble au moment où descendant porter la gamelle aux malheureux suspects, je voyais là trainer au sol, la magnéto et les autres outils qui avaient servi la nuit et que personne n’avait pris soin de ranger. L’odeur était nauséabonde car pour WC il n’y avait qu’un demi-fût en tôle, coupé par le milieu et posé dans un coin.
Au retour d’Algérie, 3 ans de théologie à Luçon. Les anciens soldats se sentent solidaires entre eux. Retrouver le règlement très strict de la maison est une épreuve difficile. Le chanoine P. Douillard, économe, assure chaque matin la messe des 10 ou 15 Religieuses au service de la maison. Il me reprend comme « servant de messe » et chaque matin, je suis à genoux, en soutane et surplis, devant la communauté des Sœurs de Mormaison, en leur chapelle. Tableau très pacifique après l’Algérie.
En fin de deuxième année de théologie, c’est le sous-diaconat où il est demandé un engagement par écrit au célibat, un acte grave qui décide de l’avenir.

PRETRE EN 1961
A 26 ans en même temps que Gabriel Préau, de la Flocellière. Nous sommes tellement nombreux, avec les sous-diacres et diacres, que les ordinations se font sur deux jours, les 28 et 29 juin. Première grand’messe à la Flocellière suivi d’un repas à la Turpinière avec de nombreux invités, famille et amis et des cadeaux selon l’usage comme on en ferait pour un mariage.
Vacances en famille. Travaux des champs, moissonneuse-lieuse pour le blé, mise en « chintias » des gerbes dans les champs », charroi et grands tas en vue des battages mais aussi tous les matins, la moto, une 125 Motobécane, pour aller célébrer la messe à la chapelle de Lorette.
Une feuille de nomination m’est remise par Mr le Curé, un matin après la messe.
Parmi les 25 ordonnés, près d’une diziane sont envoyés comme professeurs ou surveillants dans les séminaires et collèges. Paul Michaud et Armand Chevreau sont nommés tout comme moi à Chavagnes: On me confie d’être "surveillant" et »responsable de division des Quatrièmes, les grands, car il y aussi les 6° et 5°. En 1962 Jacques, mon frère, de 15 ans plus jeune, m’y rejoint après une année de sixième au collège de Pouzauges. Il est dispensé de certains cours pour rattraper le latin que ses 80 camarades avaient commencé dès la sixième. Apprécié de ses condisciples, il est élu par eux, à bulletin secret, pour être leur délégué à la fête patronale du 8 décembre.
En 1963 on y ajoute 20 élèves de 3°, faute de place aux Herbiers. Je préside au silence et j’organise les loisirs sur la cour et en promenade pour les grands : tous ces jeunes sont considérés comme pouvant devenir prêtres. Celui qui manifeste en cours d'année la volonté de ne pas poursuivre dans cette voie est orienté vers un collège. Ils sont 300 élèves à Chavagnes, de la 6' à la 4', tous ouverts à ce projet, sans compter l’annexe des 6° et 5° de la Flocellière.
J’édite un livret de prières. Je corrige les copies de grec pour le compte de l’abbé Clément Guitton. Il me revient aussi de prévoir chaque matin la lecture des titres du journal, par un élève au micro pendant le petit déjeuner, en silence, des 300 élèves.
Beaucoup de convivialité entre les 20 professeurs prêtres dans cette maison. Les plus jeunes d’entre eux font du catch dans les couloirs, du volley ou du foot avec les élèves les plus grands sur la cour et en promenade. Des matchs prof’ contre élèves rencontrent un franc succès.
Les maîtres se retrouvent autour d’un verre de muscadet pour l’anniversaire de l’un ou l’autre avant le repas avec les élèves. C’est au moment où nous fêtions la st Clément que nous apprenons l’assassinat du Président Kennedy.
La réforme liturgique de Vatican II n’est pas encore en place. Tous ces prêtres célébrent individuellement leur messe le matin avant le petit déjeuner, assisté chacun d’un servant. La plupart d’entre nous avons entre 5 et 20 « dirigés » que nous recevons individuellement, tous les 15 jours ou pour certains chaque semaine.
Les vacances d’été sont mises à profit pour assurer du service en paroisse. D’abord à Poissy sur une indication de Mgr Malbois la première année. Puis Cassis, près de Marseille durant deux saisons, suite à une annonce dans le journal La Croix.
La dernière fois où je porterai la soutane, c’est pour faire du stop afin de me rendre à Cassis. Un producteur de l’ORTF me prend à son bord dans le Massif Central. Il m’invite avec lui au restaurant mais le soir je n’aurai d’autre choix que de chercher un hôtel pour dormir.

A Cassis, le curé Dessous me demande d’assurer le « baptême » d’un bateau. Le parrain est l’acteur Fernandel. Une photo pérennise la sortie en mer. L’acteur de cinéma me souffle au bar de la Marine : « Mr l’abbé, si j’étais vous je dirais la messe avec du pastis. »
Je participe comme aumônier, à un camp-mission Thivollier, durant 3 semaines, d’abord au Tréport puis à St Jean de Luz. Garçons et filles sortent en boite le soir pour rencontrer d’autres jeunes et témoigner de leur foi. Le lendemain on fait le point. Dans la journée sur la pelouse verte on s’exerce à danser le rock et on discute beaucoup. Chaque jour aussi partage d’évangile et messe sous la tente bleue en plein camping. L’hiver les camps-missions prennent une autre forme avec le ski, notamment à Haute-Luce et à Combloux en Savoie.

1966 EN PAROISSE A LA ROCHE SUR YON :
Sur ma demande et pour ne pas rester indéfiniment en internat, premier poste de vicaire en paroisse. C’est à St Pierre du Bourg sous la Roche. Formation dynamique et ouverte, avec l'abbé Gérard Pouzet, nouveau curé. Accompagnement des équipes de JOC. 50. 000 jeunes au Parc des Princes pour Paris 67. parmi lesquels un car de la Roche sur Yon
Chaque été et durant 5 ans,avec Colette et Robert Bernard et une équipe de jeunes, dont Roland Gautreau, nous organisons un voyage de 15 jours subventionné par l’Office franco-allemand.
En 1969, besoin de prendre l’air du large, non pas comme « Fidéi Donum » en Afrique, comme Gabriel Préau, Raymond Brochard, Paul Michaud et bien d’autres, mais plutôt en région parisienne. Mgr Cazaux me demande d’attendre encore un an.
12 ANS EN REGION PARISIENNE

1970 . Contrat avec le diocèse de Corbeil Evry sur le modèle des « Fidéi Donum » . Mgr Malbois, le premier évêque de ce nouveau diocèse, qui connaît ma famille depuis mon enfance, se dit heureux de m'accueillir. Ce sera Draveil, au doyenné de Juvisy pour 3 ans : une équipe de 5 prêtres pour 30.000 habitants. Je suis chargé du quartier populaire des « Bergeries » un ancien parc de château transformé en cité HLM où tous les immeubles se ressemblent. Adossé à la forêt de Sénart, le bidonville de Draveil. C’est un chemin boueux, avec, de chaque côté, d’anciennes caravanes qui n’ont plus de roues et qui sont prolongées par des tôles ondulées. Il y a là beaucoup de Portugais. J’y suis accueilli un soir à dîner, à la lumière des bougies et dans les courants d’air. Quand la cité de la Grande Borne sur Grigny sera construite, le bidonville sera détruit. A proximité une caravane au milieu d’un pré en friche, trois femmes et un enfant. On ne les voit jamais, car elles font du ménage la nuit à Orly. Dès qu’elles auront amassé un peu d’argent de côté, elles retourneront au Portugal.

1973: Nommé à ND des Cités sur Viry-Chatillon, toujours au même doyenné pour 10.000 habitants, seul dans une cité nouvelle de fonctionnaires. Un presbytère avait été prévu pour deux prêtres et une employée. Il ne sera pas construit. On aménage deux salles de réunion pour en faire un logement. Dans ces cités la plupart des actifs sont absents dans la journée.Beaucoup travaillent sur Paris. De nombreux baptêmes, très peu de sépultures car pas de personnes âgées
Messe télévisée : Des responsables de l’émission « Le Jour du Seigneur viennent me demander si j’accepterais que la messe télévisée soit célébrée un dimanche en notre église. C’est d’accord. Ce sera le 8 décembre 1974 Voici la présentation qu’en fait le P. Dagonet pour les téléspectateurs :
« Viry Chatillon, au bord de l'autoroute du Sud, une petite ville en deux morceaux et on trois étages, faite en effet de la réunion de deux anciens villages : Viry sur Orge et Chatillon sur Seine; déployée de bas en haut sur trois quartiers : Viry- Bas, Viry-Haut, Viry-Plateau.

A Viry~-Haut, où nous sommes ce matin, les habitants ne sont pas tout à fait comme les autres.,Je veux dire par là qu'on y trouve le contraire du tout venant. Quelle cité, en effet, compte comme ici 47°% de militaires 30% d'agents de Préfecture de Police, 23% de personnels des PTT et de l'éducation nationale. Telle est pourtant, la, population particuliè rement homogène- qui vit dans ces grands ensembles autour de l'église Notre Dame des Cités.

Cette église a d'ailleurs une histoire qui n'est pas non plus comme les autres Quand on la connaît, on a envie de la raconter comme commencent les contes d'enfants : « il y avait une fois » Oui, il y avait une fois., soixante et onze chrétiens,.unis, généreux, efficaces. Tous vivaient dans ces immeubles neufs où ils éprouvaient le manque à gagner spirituel de leur dispersion . Sans incitation, sans mandat, ils envisagèrent un jour de 1966, de construire un lieu de culte qui les rassemblerait pour l'Eucharistie. Ce n'était pas un simple voeu pieux Une association fut créée dans ce but , le projet de l’église fut accepté en 1967, la première pierre fut posée en Mai 1968, une date qui n'est pas non plus comme les autres et le 14 Décembre 1969 la communauté s'y rassemblait pour la première fois.
C'est une belle histoire pleine de sens car si les autorités de l'Église ont eu bien sûr à donner leur accord, l'initiative est venue d'en bas, du peuple du peuple chrétien qui a de plus assuré lui-même la totale prise en charge financière .
Un peuple chrétien qui parce qu'il-était dispersé voulait se réunir, un peuple chrétien qui parce qu'il avait faim, éprouvait le besoin d'écouter ensemble la parole de Dieu et de se nourrir ensemble du Corps du Christ comme celui-ci nous y a invités hier comme il nous y invite aujourd'hui dans cette Messe du -deuxième dimanche de l'Avent qui commence maintenant et où nous n'oublions pas la Fête de l'Immaculée Conception. »

Le samedi après-midi 40 techniciens s’affairaient pour installer les cablages et les rampes d’éclairage. Trois camions et la voiture de la régie sont sur place. Malgré la grève des réalisateurs, la messe télévisée a bien lieu : Célébrant. Claude Babarit, assisté de Marcel Deloddère et de l’Abbé Bonnet qui donnera l’homélie. Chorale : Edouard Bonnet des Claustres.

Après la messe des lettres nous sont arrivées :
"Tous les dimanches, je suis la Messe à la télévision mais j'ai rarement été aussi émue que ce matin ! Votre Messe Notre-Dame des Cités était parfaite par le choix des lectures, homélie, prières et chants à la Vierge j'ai particulièrement aimé le cantique d'entrée... » (A.PH. Saint-Agnan Saône et Loire)

"Nous avons écouté ce matin, la retransmission à la télé de votre Messe de 11 h.
Mon épouse et moi-même (74 et 78 ans) ne pouvant plus nous déplacer et nous venons d'un commun accord vous féliciter de cette cérémonie de sa simplicité, dé son ambiance, de la vie Paroissiale qu'elle reflète avec sa chorale. Nous avons l'habitude d'écouter tous les dimanches cette retransmission et nous n'avons jamais vu pareille cérémonie.
Nous vous demandons de féliciter tous vos paroissiens… » ( L.P. -Saint-Julien Aube)

« Merci pour ce bol d'air si pur apporté par la messe diffusée de votre paroisse le dimanche 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception avec le sermon de l’abbé Bonnet (je crois) sur la SainteVierge. La beauté de cet office a apporté, à beaucoup un grand espoir. » (G.D. SAINT-ANDRE Pyrénées-Orientales)

Travail professionnel
Sans pour autant rejoindre la démarche des prêtres-ouvriers, je demande et j’obtiens l'autorisation de mes deux diocèses pour un travail professionnel à temps partiel. Quelques mois après, par une revue professionnelle, je trouve un emploi à mi-temps au Bureau d’Aide Sociale de la Mairie du 13° à Paris. Ce sera les après-midi. Je rejoins en voiture ou par le train de banlieue et métro.
Fonction: coordination des clubs du 3' âge ( 4 ou 5 club) ouverts tous les jours sur l'arrondissement. Gestion des vacataires intervenant au club des retraités de la Glacière. J’entre aussi en formation d'animateur socioculturel. Cette formation s’étale sur deux ans avec 3 stages théoriques de 3 semaines chacun . 4 unités : droit, gestion, pédagogie et techniques d’animation. Il faut choisir deux spécialisations. Ce sera : "la voix, chantée et parlée" et «l’organisation de voile-croisière ». Cette dernière formation me vaudra plusieurs stages à l’école de voile de Noirmoutier.

De plus, pendant 3 ans 1/2, chaque semaine, je me rends pour une demi-nuit (de 1h à 06 h) à Evry, comme écoutant bénévole à « Sos Amitiés ». Expérience forte et travail d'équipe très formateur, grâce à une relecture de ce qui résonne en nous des paroles entendues, par exemple sur la mort, la sexualité, etc. Ce groupe est piloté par un psy. S.O.S. Amitiés est cet espace où se déversent les confidences les plus stupéfiantes, encouragées par l'anonymat et où arrivent aussi les pires affabulations. L’écoute se veut non directive tout en étant positive et aidante.
Je suis engagé par ailleurs à l’aumônerie du secteur ACGF. qui comporte 40 équipes au doyenné de Juvisy.
Au service « Incroyance-Foi » une forme nouvelle de présence d’Eglise est proposée à l’Agora d’Evry dans un espace acheté par le diocèse et appelé « l’Aire Libre. » Yves Gernigon du diocèse de Paris en est le permanent. Un autre prêtre, Jacques Breton y enseigne la méditation dans l’esprit du zen. Il écrira plus tard : «Le Japon du silence et de la contemplation du Christ». De retour en Vendée, l’enseignement reçu me permettra de mettre en place des temps de méditation « zen » dans le cadre de la Pastorale de saison à la « Solitude » de Bourgenay, vers 1984-85 .
Pour la paroisse à N.Dame des Cités, dans ce quartier sans retraités ou presque, l’équipe des laïcs actifs assure une excellente gestion. Pour le prêtre que je suis, trois messes le dimanche dont une le soir à 18 h et une équipe de jeunes qui animent des messes. Cette équipe s’est donnée un nom : « Aube Nouvelle ». Un jeune deviendra prêtre : Xavier Brac de la Perrière.

Je suis également très présent à une association qui s’est créée pour aider à se rencontrer les personnes isolées : l’OREE, (Organisme de Relations et d’Echanges). A l’initiative de France-Inter et lors d’une journée de lutte contre la solitude, nous sommes une vingtaine, installés au Forum des Halles pour répondre à des appels qui viennent d’un peu toute la France. A l’initiative de François Arnold et de Chantal Deschamps, des activités multiples se développent pour les personnes isolées, célibataires, séparées ou devenues veuves. Groupe cinéma qui tournent une série de petits films en Super 8, retraçant par exemple la vie d’une banlieusarde, l’animation autour du canal St Martin, une demande en mariage à l’ancienne. Il m’est demandé d’animer des séjours de vacances, un premier à Rosporden en Bretagne, un autre dans l’arrière- pays de Cannes, au mâs du Calme, des sorties-nature en forêt ou dans la campagne.
Avec l’une ou l’autre famille, les Liger, les Chapelain, Men, Vialard et d’autres amis, les dimanches après-midi sont souvent consacrés à un parcours d’escalade sur les rochers de Fontainebleau. Il y a aussi les lundistes, avec des adhérents du Club alpin, souvent des commerçants parisiens qui ferment ce jour-là ou encore des confrères du diocèse de Corbeil, avec notamment l’évêque auxiliaire, Mgr Yves Bescond, qui grimpe avec beaucoup d’aisance.
Chaque été, courses en montagne dans l'Oisans, sommet des Agneaux, col des Ecrins, à Chamonix, la Tour Ronde, la traversée d'Elbronner, le refuge du Gouter et le Mont Blanc Chaque hiver, je rejoins l’équipe des skieurs à Valloire, inaugurée du temps où j’étais en paroisse à Draveil.
LE MONT BLANC 1981

Une ascension du Mont Blanc, cela se prépare. C’était en 1981. Nous campions près d’Argentière. L’un d’entre nous, Bernard Neveu, un religieux montfortain voulait absolument faire ce sommet avant d’avoir passé le cap des 50 ans. Il avait essayé plusieurs fois, mais les fenêtres météo n’avaient pas été favorables et ce matin-là il ne pouvait pas être du voyage. Nous sommes donc partis à 4, sans lui, au petit matin du 6 août. D’abord les alpages des Houches pour rejoindre le chemin de fer à crémaillère qui nous laissa à proximité du « Nid d'Aigle ». Sac au dos, et piolet en main nous rejoignons, à travers le désert de Pierres Rondes, le refuge de Tête Rousse à 3 167 m d'altitude.
Le lendemain, deux difficultés importantes nous attendaient: le passage du grand couloir et la montée à l'arête du Gouter. C'est au passage du grand couloir que se détachent en permanence des pierres, souvent très petites mais lancées à grande vitesse. Quand on les entend c’est qu’elles sont déjà passées. Il est prudent de se munir d’un casque. Nous y rencontrons les premières neiges. L'arête du Gouter, en revanche mieux exposée, n'est pas enneigée à cette période de l'année. Heureusement car son franchissement est sportif et relève souvent de l’escalade.
Arrivé sur le soir au refuge du « Goûter » (3 816 m) nous essayons de nous installer. Le dortoir est complet. Nous dormirons dans la grande salle. Il n’y a même pas de place pour s’allonger. Assis sous une table, j’aurai les pieds dans les jambes d’un japonais. On entend rêver dans toutes les langues. Peu après minuit, c’est le branle-bas. Chacun revisite son sac. Pour préparer un café sur le camping-gaz, il faut faire fondre de la neige et c’est très long.

Nous avions décidé de partir sans guide, munis de la seule carte et dans l’idée de suivre les traces de chaussures dans les neiges, après le départ des cordées conduites par un guide. Mais il faisait nuit noire et la neige qui venait de tomber effaçait toute trace. C'est vers 1 heure du matin, que nous partons par cordées de deux, depuis le refuge du Gouter. D’autres marchent devant nous, nous les suivons dans un brouillard compact et toujours dans l’obscurité.
Au bout de quelques heures la colonne s’arrête. Devant il y a un précipice. A cause du brouillard, on ne sait plus bien vers où se diriger. La question se transmet d’un bout à l’autre de la file : « Quelqu’un aurait-il un altimètre ? » Cela permettrait de préciser notre position sur la carte. Il ne s’en trouve pas. Par contre on dispose d’un thermomètre. On piétine et le froid remonte par les chaussures. En plein mois d’août, la température est de moins 18°
Avec le petit jour, le brouillard se déchire et sur notre gauche, apparaît sur une arête, le refuge Vallot. (4367). Dans la montée les cordées se séparent, certains accélèrent, d’autres ralentissent. Le refuge Vallot n’a de refuge que le nom. Portes et fenêtres n’existent plus et un vent glacial le traverse. L’autre cordée partie avec nous de Chamonix a disparu en avant. Mon équipière déclare ne pas pouvoir continuer et m’attendre ici, dans ce refuge ouvert au vent d’altitude. Je poursuis seul sur l'arête des Bosses. Le passage se rétrécit. Il y a sur la neige un gant, perdu par quelqu’alpiniste. Il serait dangereux de se pencher pour le ramasser, tant la pente est abrupte et le risque de déséquilibre important avec le sac sur le dos et les crampons métalliques sous les chaussures.
La dernière montée se fait très étroite. On ne pourrait pas croiser une personne qui descend mais tout à fait au sommet la calotte glacière s’élargit. De tous les côtés c’est le précipice. Deux jeunes gens, arrivés de plus grand matin, avaient planté un drapeau. Il est 9 heures. Un brouillard glacial vous tombe dessus. Il fait – 15°. Autant ne pas s’attarder, surtout en solitaire.
La descente apparaît plus facile mais demande une grande vigilance. Des ponts de neige peuvent recouvrir des crevasses. Il convient pourtant d’accélérer le pas pour retrouver, au refuge Vallot, une équipière quelque peu frigorifiée.
Le parcours se poursuit à deux et en cordée jusqu’au refuge du Goûter. La neige se ramollit quelque peu. Le risque se fait plus sournois. Si un pont de neige s’effondre sous le poids d’un équipier, l’autre, à distance, essaiera de le retenir. Au refuge du Goûter, toujours a demi enseveli sous la neige, on retrouve un peu de chaleur, et c’est le moment de sortir les sachets de purée mousseline, anormalement gonflés par la baisse de pression atmosphérique.
Puis on enchaîne la descente sans s’arrêter au refuge de « Tête Rousse ». La progression est rapide, dans l’euphorie d’avoir bien terminé cette course. On arrive assez tôt aux Houches pour rejoindre les amis qui nous attendaient en bas et partager une raclette dans une auberge de la vallée. Que la nuit sera bonne dans un duvet et sous la tente ce soir !
1980 Massy. Un deuxième mandat au conseil presbytéral me permet d’être au contact de la plupart des prêtres du diocèse de Corbeil, pour lequel nous votons le transfert de l’évêché de St Germain les Corbeil à Evry.
Résident dans ce grand ensemble construit sur les deux communes de Massy et Antony, je vis seul dans un appartement occupé, quelques années plutôt, par 4 prêtres, dont Henri Durand, Jacques Pé. Dans le même escalier, Pierre Juquin, alors candidat du P.C. à la présidence de la République.

Je rejoins chaque jour une équipe de 4 ou 5 collègues pour le repas du midi au Vieux Massy et le partage des activités paroissiales.
En mars 1982, une jambe cassée au ski me contraint à porter des cannes anglaises sur 4 mois. Activités paroissiales reprises après un mois de repos, en partie à Nice et en partie à la Flocellière. Jusqu’en juin, je ne me déplace qu’avec des cannes anglaises. Un samedi après-midi de juin, il me faut célébrer 4 mariages à la suite en l'église de Massy. Ce sera sans quitter le siège du célébrant….

RETOUR EN VENDEE , après 12 ans de région parisienne
Printemps 1982 Pierre Hervouet, vicaire épiscopal de Luçon, insiste pour mon retour en Vendée:" un contrat temporaire" par définition doit s'arrêter. Or il a déjà été renouvelé 3 fois. Il se dit d'accord pour qu'à mon retour je puisse travailler à temps partiel dans le socioculturel. Ce qui va s’avérer difficile à mettre en place.

Nommé à St Hilaire de Loulay. Tout en étant curé, je poursuis la formation DEFA , avec comme technique d'animation, la voile. A terme " Jeunesse & Sports" m’accorde le diplôme "d'aptitude à l'organisation et à l'animation de croisières".
Ceci me permet d'emmener en mer, à partir de 1988, de nombreux jeunes de milieu populaire à la Roche sur Yon, avec les maisons de quartier de cette ville, notamment quand je ferai partie du C.A. des « Lauriers », du C.A. de « Vivre à St André » et du C .A. de « Handisport Vendée. »

Au secteur de Montaigu, j’accompagne des jeunes, notamment à partir de messes mensuelles. De ce fait l’abbé M.Jo Sellier vient me chercher pour lui succéder au poste d’aumônier diocésain de la J.l.C.F (Jeunesse Indépendante Chrétienne Féminine). Au bout d’un an de cette fonction il est souhaité que je sois dans un lieu plus central et j'arrive dans l’équipe St Louis à la Roche sur Yon. C’est la paroisse la plus urbaine de la ville et en même temps , nous avons notre vigne et notre vin chez les parents de Gérard Papin, curé-doyen. Aussi chaque année, armés de sécateurs au sortir de l’hiver pour tailler la ville, et munis de baquets à l’automme, c’est une douzaine de prêtres qui arpentent les rangs de vignes à Bretignolles. Pour l’essentiel je partage mon temps entre la paroisse et l’aumônerie de J.I.C.F.

1987: Il faut un curé à St André d'Ornay. Paul Groisard qui s'y trouve vicaire est consulté. Il vient me voir pour vérifier nos compatibilités. Déjà deux ans auparavant on m'avait dit:" il va falloir un curé à St André. On t'en parle". Je ne suis donc pas surpris de la demande.
On peut lire dans le bulletin paroissial de St André en septembre 1987

« Deux prêtres habitent le presbytère Saint André: ce sont désormais Claude BABARIT et Paul GROISARD, qui sont à votre disposition sur le quartier. –Claude assure également une responsabilité comme au dans les milieux indépendants, au service des Mouvements d'Action Catholique dans ces milieux( ACI M.C.C.); il demeure en particulier aumônier diocésain de la J.I.C.F.(Jeunesse Indépendante Chrétienne Féminine) Paul, de même, assure une responsabilité comme aumônier dans le milieu ouvrier, au service des Mouvements d'Action Catholique dans ce milieu (A.C.E.,J.O.C, A.C.O.)

Deux prêtres viennent de quitter le presbytère: Alain GILBERT(remplacé par Claude Babarit) qui était ici depuis 12 ans, à qui nous souhaitons une bonne année de formation à l’institut catholique d’Angers. Jean LIMOUSIN, au travail à mi temps, qui résidait au presbytère de St André depuis 6 ans, reste délégué diocésain à la Pastorale de la Santé, et va habiter en maison particulière au Bourg sous la Roche. »
N'ayant pas trouvé le temps d'un travail professionnel à temps partiel et ne voyant pas bien comment cela pouvait se faire tout en étant curé de paroisse, je m'investis à la maison de quartier qui coordonne des activités "voile en mer" pour des jeunes de divers quartiers. Je suis aussi au C.A. de l’association des Lauriers qui gère l’accueil et l’hébergement des jeunes hors de leur famille. Avec des éducateurs nous emmenons en mer pour un jour ou pour une semaine des jeunes en difficulté sociale et qui sans cela n’aurait jamais eu accès aux sports de mer.  La dure vie en équipage met à nu les caractères. Chaque été l’association «  Grand largue » les  conduit de Pornichet  à l’île d’HOEDIC  dans les premières années  sous l’égide de Tabarly, le taiseux qui nous impressionne par sa présence tranquille.  Par  la suite le parcours  de  « Grand Largue » s’établit des Sables à l’ÏLE  d’YEU, sauf mauvais temps qui condamne skippers et équipages à  s’en tenir à « des ronds dans l’eau » devant les Sables, avec prise de riz dans la Grand’ Voile et mal de mer assuré pour beaucoup.

L’association « Handisport » se cherche un président. J’accepterai seulement d’être au bureau et je fais appel à de nouveaux membres pour renforcer l’équipe.

Juin 1990 : le vicaire épiscopal me demande si j'accepterais de devenir curé en même temps des deux paroisses Ste Thérèse et Saint André. Cela nécessiterait que j’habite à Ste Thérèse. Je ne donne pas suite. C’est alors que Damien Papon accepte de venir à Ste Thérèse. Nous travaillons ensemble de plus en plus sur les deux paroisses. Pour les vacances d’été, cette année-là avec une association, j’embarque sur un voilier à Antibes. Première escale au petit matin en Corse avec une première nuit de gros temps. Au bout d’une semaine nous arrivons à Dubrovnic, l’ancienne Raguse des Romains, qui n’avait pas encore été abîmée par la guerre en Croatie. Retour par avion.
Chaque été par ailleurs, la Pastorale de saison organise des temps et lieux d’accueil sur la côte vendéenne pour les jeunes travailleurs comme pour les jeunes vacanciers. C’est ainsi que je passe un mois, en résidence dans un presbytère, à Croix de Vie, puis aux Sables. Souvent deux filles, en JICF et venant d’un autre diocèse sont accueillies pour animer les temps forts. Ainsi nous organisons des rencontres entre jeunes, à partir de la plage aux Sables, dans les dunes à St Gilles, dans l’enclos « Stella Maris » à Jard, à la Chapelle de la Grière à la Tranche ou sur le parvis de la chapelle à Bourgenay.
Il arrive même qu’après la réunion de St Gilles, la nuit soit mise à profit pour descendre à la voile sur le « Ventôse » avec l’arrivée au petit matin dans le port des Sables. Cette fois-là, le moteur hors-bord n’ayant pas redémarré, il a fallu que ce soit la police qui nous remorque jusqu’à la place de port attribuée à « Cap Vrai. »
Le dériveur léger, un Goutteron 4m85, pour trois personnes me suit sur la côte. Nous sortons en mer. Hors saison il est toujours prêt à aller sur l’eau au barrage de Moulin Papon à la Roche et les jeunes apprécient. On y ajoute souvent une planche à voile.
A St André, Madame Odette Guilé forme des jeunes musiciens à la musique d’orgue, Olivier Tesson, Jérôme Billaud, Vincent Bély, Jean-Pierre Boudeaud et bien d’autres. Les mêmes suivent des cours au conservatoire de la ville. Odette crée un climat de convivialité entre ces jeunes. Elle les accueille, les écoute, les stimule. Ils lui en garderont une vraie reconnaissance.

1994 Au bout de 7 années plutôt heureuses avec un excellent coéquipier, Paul Groisard, on m'appelle pour un autre poste. Après 13 ans à la Roche sur Yon, sur trois paroisses en trois séjours, ce sera les Sables d’Olonne.
Me trouvant au C.A. de la maison de quartier à St André d’Ornay, l’association anticipe sur la paroisse pour des adieux où m'est remise la médaille de la Ville de la Roche, en raison sans doute des activités auprès des jeunes de milieu populaire.
Le 2 septembre 1994, un au revoir très officiel et très amical est organisé avec ce message du maire adjoint :
« Chers amis, VIVRE A SAINT ANDRE a eu l'excellente idée d'organiser cette soirée d'au revoir à l'Abbé Claude BABARIT curé de la paroisse.
7 ans déjà que les paroissiens entourent leur pasteur et que les ornaysiens, toutes opinions confondues apprécient le militant associatif, membre élu du CA de VASA. Ce dédoublement qui n'en est pas un, fait partie des multiples facettes du personnage Claude BABARIT : prêtre, militant, éducateur, sportif.
Prenant le relais de l'Abbé GILBERT à la paroisse comme à l'association de quartier, Claude BABARIT a su mener de pair son ministère et sa passion pour la voile. Cette action en direction des jeunes notamment a été combien enrichissante et je puis témoigner que plusieurs ont vu leur horizon s'élargir, au double, voire au triple sens du terme.
Avec la mairie annexe, la paroisse a travaillé en bonne intelligence. C'est sous le ministère de Claude BABARIT et dans un climat de grande franchise que nous avons rénové l'église, ouvert le haut du narthex, réalisé les éclairements pour les fêtes de Noël, entretenu le patrimoine religieux disséminé sur le territoire ornaysien, et qui atteste du passé de notre collectivité presque millénaire.
Sans doute reste t il à faire et le Conseil Paroissial m'a adressé à la veille des vacances la liste des ses désidérata que nous ne manquerons pas d'étudier avec l'Abbé BOUDAUD, dès son installation.
Claude, Tu pars dans une paroisse prestigieuse Saint Pierre des Sables.
Ton prédécesseur avait lui rejoint Saint Michel des Sables, berceau de la JOC Vendéenne en décembre 1936.
Cela me semble tout à fait naturel puisque Saint André constitue la porte yonnaise de la CÔte de Lumière.
En ce qui te concerne, tu y auras certainement vu un appel ou plutôt un clin d'oeil vers le large.
Quant à nous ce soir ton départ nous fait osciller entre la nostalgie et l'espoir. Nostalgie de voir un ami s'éloigner. Espoir de partager ta joie de mieux encore t'accomplir, aussi bien dans ton ministère que dans ta passion rayonnante.
C'est un grand merci que nous te disons et pour le concrétiser nous t'offrons la médaille de la Ville qui te permettra de ne pas oublier tes nombreux amis yonnais.
Alors bon vent, et quand tu repartiras vers ton bocage natal : ami, il n'est pas interdit de faire une pause ?
Marcel Quintard : (on lira avec intérêt le récit qu'il a publié sur son propre parcours).
Selon une tradition et, bien qu’ayant fait savoir que je voulais qu’on s’abstienne, l’équipe d'animation paroissiale organise une collecte d'adieu récoltant une somme de 17.000 Fr. et deux télévisions ainsi qu'un magnétoscope. L'oeuvre de Mère Térésa bénéficiera aussi de ces générosités paroissiales.
C’est une opportunité pour passer la main à l’équipe diocésaine du diaconat permanent et à l’aumônerie de la JICF qui sera reprise par Thierry Piet en même temps que la J.I.C.
Le diocèse m'avait demandé si j'acceptais d'aller aux Sables d'Olonne, pour un temps à la paroisse et un temps à l'aumônerie de l'enseignement public. Je réside au presbytère St Pierre. Le premier lundi de permanence je dois assurer trois sépultures en trois églises différentes, ce qui n’est pas simple quand il n’y a pas de sacristain pour préparer les lieux. A la pastorale des jeunes sur la lancée créée par Marie-Jo Seiller, l’aumônerie garde une messe mensuelle. Avec les animatrices nous avons l’autorisation de rencontrons les jeunes à l’intérieur de chaque collège, mais ils sont peu nombreux à se manifester. Un grand moment aura été un week-end, à Port Olona, sur deux voiliers et notamment sur la goélette, un Chassiron, de Jean Van Den. Les pages de l’évangile et des Actes ou l’on parle de la mer de Galilée ou des navigations de l’apôtre Paul s’en trouvaient plus parlantes. De même avec les équipes du scoutisme, « Louveteaux » mais aussi « Pionniers »
C'est alors le moment de développer avec l'association "Cap Vrai" des temps forts sur la mer. Les " routes maritimes" d'été nous permettent de partir pour une semaine ou plus avec deux ou trois voiliers vers les îles de Noirmoutier, Yeu ou Ré et Oléron, à Pâques ou l’été.

A L'ILE DU PILIER
L'été, avec des jeunes vacanciers, nous embarquons chaque dimanche soir vers la troisième île de Vendée, assez peu connue, car protégée par des récifs: l'île du Pilier, au large de Noirmoutier. Nous embarquons à l'Herbaudière sur les 17 heures. Quand la mer est basse, on nous fait d'abord descendre dans un canot pour aborder sur l'une des plages de l'île. Chaque fois, installation dans le sémaphore. Dans la grande salle qui donne sur les 3/4 de l'horizon, nous commençons par une présentation de chacun, ce qu'il est, ce qu'il fait.
On passe au pique-nique et on installe les duvets, sur le plancher, où dormait autrefois la troupe. Deux dortoirs avec chacun leur échelle de meunier, séparés par un énorme mur.
Puis la veillée commence. Chacun ouvre l'évangile, reste en silence, sur un rocher ou sur le sable, face à l'océan. Le partage arrive ensuite, puis les chansons accompagnées à la guitare.
Dans la nuit le feu est allumé sur la plage. Sur l'île il n 'y a qu'une herbe rare dévorée par les lapins, mais on trouve toujours du bois apporté par la mer et échoué dans les rochers. Sous la lumière qui tombe des étoiles ( il n'y a pas d'électricité) on se sent bien. On retrouve les duvets et au petit matin, après le petit déj' c'est la reprise du temps de partage et de la méditation face à l'océan.
Sur les 11 h 30 on aperçoit le bateau qui amène quelques touristes venus passer la journée au calme. Le même bateau nous dépose à l'Herbaudière. Du dimanche soir au lundi, en juillet et août, 10 à 30 jeunes, chaque fois, sont ainsi allés pour un temps de désert à l'île du Pilier.

Septembre 1996 A LA CATHO DE PARIS :
Le diocèse me permet d'aller faire l'AFM (année de formation aux Ministères)
Commence alors une riche année de formation, avec insertion à la paroisse Notre Dame des Champs, à deux pas de la Catho à Paris. Avec près de 50 autres, prêtres, religieux, religieuses et une laïque : Sylvie Simon. (Avec son mari Alain, Sylvie viendra souvent, naviguer en Vendée et participer au groupe « Mer & Bible ».)
A l’AFM, de septembre à juin des experts défilent, semaine après semaine, dans nos cours. Nous ne manquons pas non plus d’exercice physique. Pour accéder au cours il nous faut grimper 7 étages sans ascenseur plusieurs fois par jour. Circulation en vélo dans Paris entre les restaurants universitaires et immersion dans le milieu étudiant. Un bain de jouvence et une ouverture inégalable. Cette formation se conclut en juin par une semaine à Nazareth et deux semaines à Jérusalem.
Tout au long de cette année, pour mes parents bientôt nonagénaires, en maison de retraite, à la Flocellière, je descends tous les 15 jours et assure avec eux une célébration le dimanche.

Septembre 1997 LES BROUZILS
Il m’est proposé un poste de coopérateur, avec résidence aux Brouzils . L’équipe pastorale que nous allions constituer en septembre me paraissait sympathique. J’accepte. Je serai chargé aussi de la Copechagnière.
Septembre 97 : démarrage de la nouvelle paroisse " Louis Marie Baudouin" avec Auguste Rambaud, Jacques Briffaud et Louis Raynaud, diacre permanent, Major de la gendarmerie, en retraite aux Brouzils. Le presbytère des Brouzils s’anime. Des paroissiens y défilent, notamment ceux qui s’occupent des différents services, liturgie, chorale, permanences d’accueil, accompagnement des familles en deuil. En juillet 97 le P. Monnereau est « déclaré Vénérable » par une décision signée de Jean-Paul II. Pour célébrer l’évènement, la paroisse embellit l’espace auprès du tombeau de l’illustre curé des Brouzils. Déplacement des confessionnaux vers le fond de l’église. Réalisation d’un lambris contre le mur. Des Religieuses qui ont du talent réalisent un panneau mural retraçant la vie du fondateur.
CHRONIQUE D'UN HOSPITALISE
Ce dimanche 27 avril 2003 à Nantes, un homme marche en solitaire sous les ombrages qui vont de la gare SNCF à l'hôtel-Dieu.. Au passage du canal St Félix un canot à pulsion électrique s'engage silencieusement dans le tunnel qui rejoint la rivière de l' Erdre vers le cours des 50 Otages. Lui, le marcheur en voie d'hospitalisation s'enfoncera au rez de chaussée bas, du service orthopédique du CHU. "Votre chambre est prête", dit l'infirmière de garde. Tout de suite, changement de décor. Derrière la porte le prix moyen de journée est affiché : 558 € (4.142 FR). La santé n'a pas de prix. Elle a un coût. La solidarité nationale y tiendra t elle?
Dîner dans la chambre et première préparation en vue d'une ablation pour une tumeur osseuse sous le bassin. " On viendra vous chercher demain". Au petit matin première potion en vue de l'endormissement, puis doucement le lit glisse vers le bloc opératoire. Une fois à gauche, une fois à droite. Ouverture et fermeture automatique des portes. Autour de l'homme allongé des ombres s'agitent. Puis plus rien. Le temps se serait-il arrêté ou aurait-il brusquement accéléré? Des voix, tout autour, lui font ouvrir les yeux. 12 heures à l'horloge en face. Les silhouettes se font de plus en plus précises. Tel la barque sur l'Erdre, le lit glisse à nouveau dans le long couloir, piloté par deux soignants.
Dans la chambre on parle. Cette femme a une heure de voiture pour prendre son service à l'hôpital. Pas toujours simple en hiver à 6 heures du matin.
Cette autre demande: "Quel métier faites-vous, Monsieur?" – Réponse: "Moi, je suis prêtre"
Elle poursuit " J'ai toujours regretté que ma mère ne m'ait pas élevé dans la religion… Quand j'étais toute petite j'avais décidé que personne ne mourrait dans ma rue. Un jour mon père me prend par la main et me dit: "Notre voisin vient de mourir". J'ai eu beaucoup de peine."
Et puis ma mère est morte quand j'avais 18 ans. J'y pense toujours. Si je connaissais la religion, cela m'aiderait peut-être, mais je ne sais pas comment faire.
Une autre soignante, regardant avec nostalgie le soleil qui joue avec les nuages. " Nous on vient d'acheter un mobil-home aux Sables d'Olonne. Dès qu'on a trois jours avec mon mari on y va".
Cette parole entre soignants et patients fait aussi partie de la fonction de l'hôpital qui ne se résume pas à des prestations techniques et médicales.
Il y a aussi les bénévoles. Une femme entre. Elle n'a pas la tenue des soignants. Elle porte un badge et s'adresse au malade. Je viens vous proposer les services de l'Aumônerie." – "Madame, vous prêchez à un converti, puisque vous vous adressez à un prêtre." Et signe des temps, ce sera cette femme, laïque qui donnera la communion à ce prêtre quand elle reviendra, un moment après. Temps fort où l'on commence par ouvrir ensemble le livret "Prions en Eglise" à la page de l'évangile du jour.
La nuit tombe. L'hôpital s'endort mais non pas tous ici. La façade est bleuie par la grande enseigne lumineuse: "Hôtel-Dieu" Il est heureux d'associer ces deux mots. Il y a quelque chose de divin dans ce service de l'humain au temps de la maladie.
"C'était nos souffrances qu'il portait" nous dit l'Ecriture. Avec un plateau technique impressionnant, des hommes et des femmes dont c'est le métier s'associent à cette tâche. Remis sur pied au bout de quelques jours pour commencer une convalescence, l'hospitalisé reste dépendant. Il aura besoin lui aussi, que selon l'évangile (Jean 21 18)" levant les bras, un autre lui mette la ceinture et l'emmène parfois où il aurait préféré ne pas aller."
On peut lire dans la revue Christus (n° 184) : « Ce m’est tout un que je vive ou que je meure » (Romains 14 7) avec l’image de cet heureux naufrage où le Seigneur des vivants et des morts nous attend sur la rive…. Nous y préparer, non pas en y pensant sans relâche, comme s’il fallait cesser de vivre avant que l’on soit mort, mais en vivant le moment présent comme un mystère pascal. Cette traversée, nul n’en connaît l’heure ni les circonstances »
Quelques mois plus tard, lors d’une visite de contrôle, le chirurgien est formel : cette affaire est close. Il n’y aura pas de conséquence fâcheuse.

L’APSECC
Prêtres, religieux et religieuses sont-ils des citoyens comme les autres dans ce pays ? Toujours est-il qu’a été créée en 1979 une association regroupant 3000 adhérents en France : « l’Association pour la Protection Sociale et Caisse des Cultes ». Deux objectifs : rejoindre nos concitoyens dans le Régime Général en solidarité avec tous et responsabiliser toujours plus chacun d’entre nous en ce qui concerne la santé et le vieillissement.. Un lieu de démocratie où chacun et chacune est pleinement associé aux décisions..Responsabilités  à la section de Vendée, puis à la région  et, en 2008, au bureau national.
En septembre 2004, Dans l’équipe LM Baudouin, à Chavagnes, Daniel Archambaud, 41 ans remplace Auguste Rambaud comme curé. A Chauché, René Bousseau 73 ans succède à Jacques Briffaud . Dans cette équipe je deviens le plus ancien dans la durée. Cependant l’équipe de jeunes « O’Viv « continue de me demander de l’accompagner pour un partage sur les textes bibliques et différentes animations de messes.
Il me demeure toujours possible d’aller sur la , ou plus près au lac de la Chausselière. En 1984 le club de voile de la « Chausss » battait son plein. Certains dimanches il y avait tellement de planchistes sur l’eau qu’on ne voyait plus la berge opposée. 20 ans après nous essayons de relancer le club avec Mr Poisson de Montaigu qui était aux origines mais le public n’est plus là, si ce n’est pour faire le tour du lac à pied. Il y cependant un important matériel en « Optimist » et X 4. J’y emmène les confirmands ou les jeunes du groupe « O’Viv qui s’en donnent à cœur joie d’autant qu’en raison de l’envasement du lac, il n’y aucun risque de perdre pied.


ANNEXE : A L L E R S U R L A MER avec le groupe « Mer et Bible »

Le groupe Mer et Bible des Sables d'Olonne est né de la rencontre d'adhérents de l'association "Cap Vrai" orientée vers une recherche spirituelle en lien avec la mer, et d'un groupe biblique parisien animé par Michèle Buret. Mer et Bible est en lien avec la Fédération « Cap Vrai ».
Cap Vrai, cette association s’origine à l’action du P. Yves Dominique Mesnard, dominicain. En 1982 il publiait "Mes racines sont dans la mer". Ancien aumônier de JOC à Juvisy, il a fondé "Jeunesse et Marine" et ouvert une escale "Cap Vrai" à Porquerolles. Ses amis ont prolongé son oeuvre, notamment en Île de France, Bretagne-Sud et Vendée.
Aux Sables d'Olonne, en 1990, des navigations Cap Vrai sont proposées sur deux voiliers avec deux prêtres, Denis Broussat et Claude Babarit (Week ends et semaines de vacances) où l'on prenait le temps de lire et d'échanger sur les textes bibliques évoquant la mer: Jésus, Pierre et les Apôtres, dans les barques de pêche, ou bien Paul, confronté au naufrage, lors de traversées en Méditerranée.

En lien avec « Cap Vrai » le groupe « Mer et Bible » permet  un ressourcement spirituel incomparable et un partage, ne nécessitant aucun savoir préalable sur la Bible ouvert à toute demande.


L’âge de la retraite ?
"Pour la première fois le prêtre vit une rupture. Auparavant ce qui était dit à 25 ans devait ne se rompre qu'avec la mort. Or voilà que la retraite est devenue possible pour le prêtre. Une retraite , manifestée socialement par la Camavic, qui provoque à une interrogation sur le statut et sur l'identité et qui a des répercussions sur la théologie elle même. (Louis Michel Rénier, doyen de la Faculté de théologie d'Angers).

En France et en Vendée les prêtres vieillissent et beaucoup ne sont plus remplacés. Ce qui est premier, c’est la communauté des baptisés. En 2000 ans d’histoire, les témoins se sont succédés. La communauté chrétienne n’a cessé d’évoluer et souvent de façon imprévisible. Ainsi dans l’Ouest au sortir des violences révolutionnaires. Comme le souligne Alain Gérard (Echo de l’Ouest 17 1 03) « L’édification d’une Vendée chrétienne, c’est à l’œuvre d’un Baudouin, d’un Monnereau qu’on la doit. Ils auront l’idée géniale d’appeler des gens du peuple à donner des prêtres à l’Eglise. » On pourrait ajouter des Religieuses.
Pierre. Monnereau a son tombeau dans cette église et LM Baudouin est le patron de cette paroisse. En 1814, Pierre Monnereau, ce jeune curé de 27 ans, arrivait aux Brouzils sur les ruines de la Révolution. Il confie à quelques paysans et paysannes d’être des relais pour la catéchèse dans les villages et hameaux. Il facilite l’instruction des jeunes filles qui vont à leur tour scolariser des milieux tenus encore à l'écart de l'instruction. Grâce à lui, ces jeunes filles s'organisent dans une Congrégation dont la jeunesse est maintenant à Madagascar.

.La société change. « Aimons ce temps tel que Dieu nous l’invente » comme le demandait Louis-Marie Baudouin.

Aujourd’hui un site Internet « Brouziliens » permet de voyager dans le temps à la rencontre de nos aînés et de ceux et celles que P. Monnereau a suscités.
Il m’a été donné d’être nommé aux Brouzils, au moment où le P. Monnereau était déclaré «Vénérable », el l'été 1997.
150 ans après son passage vers le Père la communauté paroissiale se souvient. le Jeudi-Saint 13 avril, sous la présidence de Mgr Michel Santier, évêque de Luçon.
Pourquoi ce jour? En mémoire du jeudi saint 1816, jjour du premier engagement des Soeurs, parmi lesquelles, la première Madame Massé qui devient Marie de l'Incarnation.
Le samedi, 1° juillet 2006, c'est toute la Congrégation qui s'est retrouvée autour des jubilaires en l'église des Brouzils.

Eté 2007 : Daniel Archambaud, curé de la paroisse LM Baudouin,sur sa demande, et après 3 ans de résidence à Chavagnes, est nommé à Tamnarasset.
Un nouveau responsable Michel Paquereau vient à Chavagnes. Il rentre du Brésil. René Bousseau, auxiliaire, résident à Chauché et moi-même coopérateur, aux Brouzils depuis ans, sommes appelés à faire de plus en plus équipe avec des laïcs. La dimension universelle de l'Eglise se vérifie au quotidien en notre paroisse.

Aux Brouzils, comme à la Copechagnière, mais aussi dans les autres relais la vie quotidienne d'une paroisse: le partage des joies et des peines, baptêmes, mariages, sépultures.
L'accompagnement spirituel de personnes qui le demandent et toujours la vie avec une équipe dans un doyenné où je suis désormais le plus ancien dans l'ordre d'arrivée sur ce secteur.

A la Toussaint 2007 un voyage en Algérie dont voici l'essentiel:
VOYAGE DE L’AMITIE FRANCO-ALGERIENNE Octobre-nov. 2007

Il n’y a pas de tourisme organisé en Algérie -Insécurité permanente oblige- L’ambassadeur de France décourageait fortement « Témoignage Chrétien » et l’agence « Terre Entière » de maintenir le voyage de l’Amitié franco-algérienne prévue du dimanche 28 octobre 2007 au dimanche 4 novembre. Cela a mal commencé : la grève des stewarts et hôtesses d’Air France a provoqué des annulations de vol. « Terre entière » n’a pas pu prévenir tous les participants, dont plusieurs étaient déjà à Roissy.
En décalant le départ d’un jour et en payant une deuxième fois les billets vers l’Algérie, Hubert responsable de « Terre Entière » et qui était du voyage a réussi à faire partir quand même le groupe des 78 inscrits. A défaut d’atterrir à Alger, ce fut Constantine. Deux heures de vol, puis 3 heures d’attente à l’aéroport de Constantine. Au guichet l’unique hôtesse, plutôt du genre policier, recopie chaque feuille déjà remplie par les passagers, ce qui prend bien du temps. Avec ce que nous supposons être des kalachnikovs les militaires sont bien visibles. Un véhicule de police précèdera nos deux bus et ne nous quittera jamais. Nous partons pour plus de 2500 kms vers le sud d’abord, dans la vallée du M’zad, avant de rejoindre Alger. A chaque changement de willaya les policiers se relayeront.
L’accueil dans les hôtels, les douars et villages sera toujours cordial et chaleureux. Les enfants, nombreux dans les rues, les hommes attablés à la terrasse d’un café, nous regardent avec étonnement : des touristes étrangers en car, cela est tellement rare. Nous sommes accompagnés de Sanhadja Akrouk, fondatrice du collectif 20 ans Barakat (collectif pour les droits des femmes) et de Mr Kasmimhand qui se fera appeller Momo. Ancien de l’ENA en Algérie, ce démocrate a tout de suite adhéré au thème de ce voyage promouvant l’amitié entre les deux pays.

En route vers Biskra. Visite de l’oasis et de sa palmeraie. Nous devions aller au barrage de Foum el Gherza, édifié en 1950. Malgré la présentation de toutes les autorisations requises, les gardiens nous refusent l’entrée. La rencontre prévue avec le maire de Biskra n’aura pas lieu. Le décalage du jour de notre arrivée, en raison des grèves d’Air France, y est sans doute pour quelque chose.

Mardi soir 30 octobre : nuit à Ouargla : ville bâtie autour d’un minaret. Ruelles étroites et maison à l’ancienne. Les femmes non seulement sont voilées, mais pour la plupart d’entre elles ne montrent qu’un œil, juste pour ouvrir leur chemin. Rencontre avec les représentants de deux grandes confréries musulmanes. Kadiana (Témoucine près de Touggourt) et Tijania. Les uns et les autres soulignent les valeurs communes qui font notre humanité et notre foi au Dieu unique et vrai. Ils sont applaudis quand ils nous disent l’importance de l’hospitalité en Islam. Repas en plein air sous les palmiers. L’eau coule près de la tente.
Chaque jour 200 à 500 kilomètres en car et toujours précédés par nos « anges gardiens » de la police. Nous passons beaucoup de temps sur des routes qui sont par ailleurs excellentes. Tant que nous serons dans le Sud, il sera possible aux cars de s’aventurer tard dans la nuit pour arriver à l’hôtel et au dîner. Alger est à 600 kms plus au Nord.

Mercredi 31 octobre nuit à Ghardahïa « la porte du désert » la plus importante et la plus visitée des villes du M’zab, avec sa grande mosquée d’inspiration soudanaise.
Parmi les cités anciennes dont fait partie Ghardhïa : Beni-Isguen, la Pieuse ; Mélika, la Reine ; Bou-Noura, La Lumineuse ; El Atteuf, le Détour. Sous les palmiers et dans la douceur du climat, Mr Bakelli tient une conférence sur la culture mozabite. Déjà se prépare activement la fête nationale de libération, fixée au 1° novembre en souvenir de l’Insurrection de 1954.

Vendredi matin 1° novembre départ dès 6 heures du matin pour 600 kms de route vers Thibrine et Alger. Beaucoup de voyageurs sont atteints de la « Tourista » : ce qui complique les longs parcours en car à travers le désert, où, malgré tout, il n’est pas tout à fait impossible de s’abriter, un instant, derrière un sillon de dunes ou une rare touffe de végétation. De temps en temps quelques chameaux et des nomades sous la tente, mais aussi les derricks de cette zône pétrolifère.

Après Gelfa, à l’approche de la Willaya de Médéa, renforcement du dispositif policier par la gendarmerie. Col de Ben-Chicao.
Ce paysage où j'ai "crapahuté" pendant 15 mois n'a guère changé. De pitons en vallées la population ne s'est pas developpée. Elle s'est plutôt agglutinée dans la banlieue des villes et ici Médea vers laquelle nous descendons. Dans l'inteminable banlieue de cette ville, les sirènes ouvrent la route à nos deux cars vers Notre Dame de l’Atlas.
Au monastère de Tibhrine, Jean-Marie, prêtre de la Mission de France. Ingénieur de formation, il était précédemment en mission au Caire. En début de semaine il se tient à Tibhrine dans cet espace vide tant que les conditions ne sont pas remplies pour y établir à nouveau une communauté à demeure. Jean-Marie s’est adapté à notre retard. Le grand portail s’ouvre pour nous laisser entrer à pied. Puis les portes se referment sur nous. Nous sommes conduits au cimetière de la communauté où sont enterrés les moines, sauvagement assassinés le 21 mai 1996, et, dont seules les têtes ont été retrouvées. Jean-Marie nous lit le très beau testament de Christian de Chergé. Silence et prière.
Les moines ont développé une école pour les enfants, des ateliers de travaux manuels pour les jeunes filles… La population continue de produire de la confiture que nous sommes conviés à acheter. Deux employés s’occupent de l’entretien des 7 hectares où un troupeau d’une trentaine de moutons « désherbe » écologiquement l’espace boisé. A l’extérieur, au dessus de nos têtes, l’armée veille. Les enfants se sont agglutinés près de nos cars. Un silence étrange pèse sur le lieu.
Il faut absolument traverser les gorges de la Chiffa avant que la nuit ne tombe sur les monts de l’Atlas. Dans la plaine de la Mitidja avec le flot des voitures qui enserrent Alger nous serons plus tranquilles. Arrivée à 19 h à l’hôtel Saphir, non loin du port d’Alger. Un hôtel surdimensionné qui dut être grandiose et garde un charme tout méditerranéen. Quelques hommes d’affaires, mais pas de touristes, semble-t-il.

Samedi 2 novembre : visite de la Casbah, « la plus grande cité médiévale du Maghreb, marquée par l’occupation turque et influencée par l’architecture sarrazine d’Espagne. » Nos accompagnateurs se font du souci quand l’un ou l’autre d’entre nous s’écarte quelque peu.
A l’hôtel Saphir, Madame Souibesse, professeur en socio-politique à l’université d’Alger donne une conférence sur la place de la femme dans le milieu socio-politique en Algérie. Cette femme souligne notamment qu’en études supérieures, les filles sont plus nombreuses que les garçons. C’est par là que la société évoluera. Interpellée sur le « code de la famille » qui interdit par exemple à une femme veuve de se remarier sans l’autorisation d’un tuteur, Madame Souibesse répond que c’est hors sujet. Hubert, de « Terre Entière » et Bernard pour TC, soulignent que nous sommes là pour débattre, sereinement sans doute et en s’écoutant mutuellement au bénéfice de tous. Ce qui advient, avec les interventions du mari de Madame Souibesse, et celles plus interpellantes de Sanhadja Akrouf, qui vit à Paris et à Alger et qui a un regard distancié sur les deux types de société.
Circuler à pied du côté de la Grande Poste, de l’ancienne rue d’Isly ou du boulevard Michelet n’est pas une mince affaire, mais on ne nous perd jamais du regard. Quelqu’un veut-il se reculer un peu pour photographier le balcon d’où le général De Gaulle a eu le fameux : « Je vous ai compris » ? Coup de sifflet et arrivée de policiers pour semoncer vertement la personne. Dans la rue chez les passants, une certaine gravité teintée d’inquiétude. Les enfants paraissent plus insouciants. Quelques jeunes filles, plus par choix libre que par bravade, ont les cheveux au vent. Apparemment toujours pas de touriste, en tous cas pas en groupe.
A Notre Dame d’Afrique Mgr Tessier nous attend pour la messe de ce dimanche. La cathédrale – l’ancienne cathédrale est devenue mosquée - est en restauration grâce à la contribution de nombreux organismes, dont l’Etat Algérien. L’archevêque souligne l’œuvre sociale accomplie aujourd’hui par les Religieuses dans les quartiers et les nombreux contacts avec la société algérienne. Des prêtres jeunes sont affectés en Algérie dont Daniel Archambaud, prêtre vendéen, nommé récemment curé de Tamanghasset, au diocèse de Laghouat.
Dernière conférence à l’hôtel Safir. Un jeune journaliste algérien sait se faire entendre, sans langue de bois, malgré une sono déficiente.
Entre les participants des deux cars, les Roses et les Jaunes, les contacts se sont multipliés au fil des jours. Pour le retour ce lundi 5 novembre nous sommes pris en charge par la Compagnie « Air Azur » qui nous avait acheminé vers Constantine à l’aller.
Il faut rendre hommage à Hubert Debbash et à son équipe de « Terre Entière » qui au prix de nuits sans sommeil et de démarches sans cesse à refaire, ont su remettre sur pied un programme totalement décalé, voire déconstruit par les grèves de certains personnels d’Air France. Momo, redevenu Mr Kasmimhand et dont nous avons apprécié l’érudition, en même que la capacité de contact, nous fait l’amitié de nous accompagner jusqu’à l’aéroport.
Les derniers passagers arrivaient à Orly lundi soir à 22 h 15 tandis qu’Hubert prenait trois jours de retraite à Tamanghasset. C.Babarit. Pour les photos voir : http://www.terreentiere.com


18.08.2007

Cop 39-45 les r

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